Archives Mensuelles: novembre 2012

J’y suis passée…

« On va tous y passer » émission animée par Frédéric Lopez  sur France Inter, du lundi ou vendredi – 11h/12h30 –

… Il fallait bien que ça arrive…

A force de ronchonner après ces émissions de radio qui se veulent visuelles, j’ai voulu juger sur pied – Pour être honnête, j’étais assise – donc j’ai réservé une place pour assister à l’émission de F. Lopez «  On va tous y passer » (émission dument commentée dans ce blog, toujours tellement à la pointe de la modernité médiatique) Et me voilà à la porte B de la maison de la radio. (Ceux qui écoutent Radio-France comprendront à quel point chaque seconde passée devant la porte B de la maison de la radio vaut son pesant de noix de cajou grillées… tous ces moments radiophoniques vécus en direct plutôt que depuis le bar de sa cuisine, c’est quand même  chouette). Première surprise (et de taille), il y a plein de gens qui, à mon instar, on quitté le confort douillet du bar de leur cuisine pour aller faire le poireau devant LA porte B. Ma dernière visite remonte à plus d’un an et les spectateurs n’étaient pas pléthore…
Seconde surprise : le public a rajeuni ! Comme si les fans de F. Lopez avaient quitté un moment leur TV adorée pour venir se lancer dans une bacchanale de sensations radiophoniques. Le studio 106 est plein et pas mal de gens ont l’air habitués. Je réussi à me trouver une place au premier rang (motivée) et me trouve assise à côté d’un monsieur qui a l’air très à son aise et salue des gens dans le public. A la question « vous venez souvent ? », il répond « oui, ça passe le temps ». C’est vrai que les sièges sont confortables et que l’on n’est pas trop dérangés par les pubs. Ca peut faire office de TV comme à la maison…
Une vieille dame habillée avec recherche de couleurs vives a sa place réservée au centre de la première rangée ; le frisson qui parcourt la foule m’averti que c’est une sorte de personnalité ici. Quelqu’un murmure avec respect « C’est Marie-Claude, elle est venue ». Marie-Claude existe donc ! Je pensais que c’était une comédienne qui jouait le rôle… Eh bien non, c’est une vraie dame et elle a l’air de connaître tous les animateurs. Hum, ça me fait penser que ses interventions sont de moins en moins fréquentes. Voir inexistantes.
Quelques poignées de secondes avant le début de l’émission, F. Lopez vient faire le … chauffeur de salle… Ben si! Comme à la TV. Nous avons droit à une explication assez désopilante sur les raisons de ce procédé destiné à faire croire aux auditeurs que l’émission est festive : Les animateurs et chroniqueurs nous voient.
Découverte.
Donc (je cite) « si on fait la gueule ou si on semble s’ennuyer, ils le voient et sont perturbés ». Et l’émission perd de son énergie. C’est pourquoi il faut sourire, rire, applaudir, en un mot : S’éclater !
Certes.
Mais ça, on le fait naturellement s’ils sont bons. A savoir drôles, pertinents, intelligents, talentueux, caustiques, ironiques, agréables, percutants, etc, etc… dans le cas contraire, pourquoi s’exciter ? Pour niveler vers le bas ? Pour faire plaisir aux animateurs, les rassurer ? Pour faire plaisir à F.Lopez ? Ou à France-Inter ?

Nous voilà à applaudir pour rien afin de bien comprendre comment faire le plus de bruit possible. Et on a intérêt à le faire… nous sommes observés… et si les applaudissements ne sont pas à la hauteur de ce qui est attendu, des gestes énergiques nous enjoignent à faire un effort. Le réalisateur de l’émission, Yann Chouquet, en plus de s’assurer que tout se déroule correctement et dans les délais impartis, est très actif sur le chauffage de salle. Auditeur, méfie-toi : les applaudissements sont des leurres… ils se rapprochent en cela des rires forcés. Mais je trouve que les rires forcés sont plus facilement détectables. Et du rire forcé, il y en a… J’ai même acquis la certitude que plus la blague est mauvaise, plus le rire forcé est fort. Comme s’il valait mieux souligner une vanne nulle que de la faire oublier aussi rapidement qu’elle a traversé la conversation…

Soyons clairs : il est extrêmement difficile d’être drôle au quotidien. Trouver la bonne vanne, le bon mot, la réplique pertinente, nécessite à tout le moins de l’entraînement, l’esprit vif et un minimum de talent, mais aussi… l’inspiration ; et on n’est pas inspiré sur commande. Raison pour laquelle sans doute la plupart des animateurs ne sont pas présents chaque jour. Mais est-on obligé d’être drôle tout le temps pour intéresser un auditoire ? Non, je reformule : est-on obligé de faire rire tout le temps  un auditoire ? C’est dur, de faire rire… la seule qui échappe à cette règle du « soit drôle ou tais-toi » est Michèle Guigon, dont les interventions décalées et flirtant avec  un je-ne-sais-quoi de poétique sont sans conteste les plus intéressantes. Sans être forcément drôles. Les autrespour faire rire, hélas, cuisinent au quotidien les mêmes recettes éculées à base de bêtise, de moquerie et de dessous de ceinture. Rien de nouveau, quoi.

Ceux qui veulent savoir à quoi ressemble M Previously seront ravis de le découvrir ici :

C’est moyennement radiophonique et sans valeur ajoutée, d’autant que la plupart des invités se laissent surprendre par la partie improvisée et sont rarement bons. On a bien compris qu’il est en caleçon et peignoir ; la question maintenant est de savoir quand il va se décider à apporter quelque chose à cette émission.

Quand à la partie scientifique, elle s’amenuise au quotidien, vu que les savants se sont suffisamment intégrés à l’équipe pour que leurs interventions fassent l’objet de blagues plutôt que de questions. Cette émission commence à donner l’impression d’exister uniquement pour permettre à une bande de gens de s’amuser entre eux ; le public, à part pour applaudir et manifester sa joie, n’est pas si important…

En conclusion, je me suis un peu ennuyée, je n’ai pas souvent eu envie d’applaudir. Mais j’ai appris que la tranche 11h-12h30 de France Inter était repassée devant celle de RTL. La concurrence fait rage… Et les auditeurs dans tout ça ?

Légendes urbaines – X-tine 12

Le début de la légende là.

Hier soir, lors d’une excursion périphéenne nocturne, j’ai vécu une aventure étrange.
Après la porte de Bercy, un radar oblige le commun des mortels pas trop aviné (vu qu’il dispose maintenant d’un éthylotest dans son véhicule, il a pu s’auto-vérifier) à ne pas dépasser les 80km/heures fatidiques au-delà desquels on encourt le courroux de la justice. Avant, ces radars étaient placés de face, pour identifier le conducteur sur la photo; il paraît que l’effet était saisissant. Cette disposition permettait aux pilotes de deux roues d’alimenter cette collection de photos prises sur le vif avec des images de chouettes attitudes, en toute impunité. Personnellement, j’avais mis au point un parcours spécial qui me permettait d’être photographiée gratuitement en différents points de Paris faisant le V de la victoire… C’était très amusant jusqu’au jour ou les radars ont été installés de façon à identifier les plaques d’immatriculation des motos. Je crois que c’est de là que viens l’expression fleurie « être pris par derrière » (pardon maman pour cette digression moyennement élégante, mais je n’ai pas pu résister).Bref.

Tout ça pour raconter qu’hier, à proximité ce traitre radar, une moto qui roulait manifestement bien au-delà des 80 km/h est passé en trombe à côté de moi. Un peu plus loin, ça n’a pas loupé : Le flash attendu a bien sûr surgi dans la nuit (pas comme le cavalier, elle ne courrait pas vers l’aventure au gAAaalooooop) Et c’est là que c’est devenu étrange : la moto et son pilote ont disparus. Je veux dire : après le flash, plus rien ; plus de moto, plus de pilote (l’éthylotest n’est pas encore obligatoire pour les 2-roues, mais je peux garantir que j’étais sobre). Evaporés. Hallucinant.
Dans la foulée, une voiture qui roulait aussi un peu vite s’est trouvée au niveau du susdit radar et là… flash, disparition ! Un truc de dingue. Le flash fait s’évaporer les véhicules ! J’ai d’abord cru à un tour de la maréchaussée pour éviter les excès de vitesse : tu vas trop vite ? PAF ! Tu t’autodétruis ! Mais pas sous le régime Hollande… non….

De retour à la maison, je me suis jetée sur mon ordi et ai démarré une exploration ouebienne en bonne et due forme. Il s’avère que des disparitions ont été signalées depuis à peu près trois semaines. A chaque fois,  le récit est le même : un véhicule et ses passagers ont subitement intégralement disparu, de nuit, à proximité de la porte de Bercy. Des recherches ont été lancées et sont restées infructueuses.
N’ayant pas beaucoup d’amis scientifiques ou savants vers lesquels me tourner pour m’ouvrir de cette découverte, surtout de nuit, j’ai donc essayé la seule personne qui pouvait éventuellement avoir des informations : j’ai envoyé un mail à X-Tine, qui (à ma connaissance) est toujours sous terre, à mettre au point une ville onirique pour les parisiens, accompagnée dans ce projets de savants et d’utopistes.

La réponse est arrivée très vite (à peine le temps d’entamer une danse tribale pour me maintenir éveillée) : oui, elle voit tout à fait de quoi il est question. Depuis un mois, son équipe et elle travaillent sur la téléportation. Ils ont réussi à mettre au point un système qui permet les déplacements par téléportation sur une distance pouvant aller jusqu’à 5 km. Le principe est un peu compliqué et en l’état actuel de l’avancement des travaux, ne peut fonctionner que s’il est implanté dans des radars… X-Tine et ses amis sont en train de peaufiner la technique, mais ils ne peuvent le faire que la nuit, aux heurs dites « creuses » (imaginez en plein jour, de multiples évaporations de véhicules…). D’où les effets de bord auxquels j’ai assisté.
Les personnes ainsi déplacées arrivent au niveau de la ville souterraine, dans un espace spécialement conçu pour recevoir des motos ou des voitures lancées à plus de 80km/heure. Ce sont des voies de métro désaffectées. Une fois les véhicules téléportés parvenus à l’arrêt, leurs passagers sont invités à rejoindre les habitants de la ville ; pour l’instant, ils n’ont pas le droit de regagner la surface, les expériences devant rester secrètes. Il semblerait qu’on les ait équipés de rev’holo et qu’ils soient tous partis batifoler dans leurs idéaux fantasmagoriques. Personne n’aurait pour l’instant manifesté l’envie de retourner en surface. Il faut dire que l’univers de X-tine a beaucoup évolué depuis cet été : l’air y est pur, les fleurs colorées, les aliments non-grossissants (même le chocolat), les vêtements seyants et les habitants, évoluant chacun dans leur univers rêvé, parfaitement heureux. Un peu comme si le monde parfait de chacun formait une bulles et que ces multiples bulles interagissaient sans jamais se gêner.

 Digression : Ca à l’air un peu abscons comme ça, mais pour avoir une idée plus précise, imaginez dix secondes que vous puissiez vivre exactement en adéquation avec vous-même sans jamais empiéter sur l’exacte adéquation des autres. Ca fait envie, non ? Ca relance le débat sur la possibilité d’existence d’univers parallèles, mais si on part du principe que le nombre de possibilités est fini et que le temps est  infini, statistiquement ça doit forcément exister. Mes expériences récentes de voisinages sont la preuve que je n’évolue pas dans la combinaison idéale, mais peut être qu’ailleurs une occurrence moi vit-elle en harmonie totale. Penser ça suffit à me satisfaire.
Fin de la digression.

La téléportation… Ce monde souterrain commence à me fasciner…

La suite par

Vie de quartier

Il y a des immeubles dans lesquels la fête des voisins est un vrai moment de ripaille, et des immeubles dans lesquels l’idée même de voisins est un vrai moment de solitude…
J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur les coutumes étranges de certains des aliens qui partagent mon lieu de vie. Il y a le dangereux délateur, là et le  play-boy local  ici.
Par extension, il y a ceux qui baissent les yeux en me croisant (pour des raisons obscures peut être liées à mes récentes tentatives pour devenir chanteuse à texte), ceux qui par vengeance (mais de quoi?) laissent leurs sacs poubelles pleins à côté de mon vaillant destrier (à moins qu’ils ne souhaitent que je mène une enquête sur leurs mœurs à partir de leurs déchets…) et la femme de mon voisin sexy, qui doit me lire parce que je détecte de la haine dans ses yeux à chaque fois que nous prenons l’ascenseur ensemble.

Un nouveau personnage s’est récemment greffé à cette galerie pittoresque en pleine expansion : Il s’agit de ma nouvelle voisine, coupable de relations sordides et abusives avec les mouches. En d’autres termes plus polis : une sodomiseuse de drosophiles. Pourtant elle a l’air assez innocent : à peu près 70 ans, le sourire, le tour de taille qui fleure bon les gâteaux maisons et les plats en sauce. Mais elle est redoutable. Elle a passé 3 semaines à réfléchir à son paillasson, me faisant part lors de nombreuses et palières discussions de toutes les solutions possibles pour éviter qu’elle ne trébuche sur le mien, dans le noir, sur les 65cm qui séparent sa porte d’entrée de l’interrupteur commun. On vit dangereusement… et sa chute inopinée serait totalement, incontestablement et sans protestation possible de MA faute.

Ce matin elle m’a asséné le coup de grâce en venant sonner pour se plaindre :
1-      Que ma poubelle (posée sur le paillasson en attendant d’être descendue) allait gêner ses invités sur le point d’arriver.
Oui, il y a des gens qui manquent de défaillir à la vue d’un sac poubelle gris. Faites-les roses avec des fleurs et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes…
2 – Que mes baskets, posées à côté du paillasson, allaient aussi gêner ses invités.
Alors là, je m’insurge. D’abord, ce ne sont pas des baskets quelconques, mais des baskets qui ont fait le marathon de New-York (2011), ensuite, je ne vois pas en quoi elles offensent la vue (ni l’odorat, je précise).
Je me demande bien à quoi ressemblent les gens qui peuvent se sentir dérangés par la proximité une paire de chaussures de sport. A part ceux qui ne mangent pas 5 fruits et légumes par jour et ceux qui n’ont pas (encore) de pèse-personne intelligent.

Mais bon, vu que j’ai découvert que selon Nietzche il est plus facile d’avoir mauvaise réputation que mauvaise conscience, j’ai préféré rester calme. Loin de moi l’idée de vous faire ici l’exégèse des principes Nietzchéens. Je n’ai pas le temps. Mais considérez simplement qu’il vaut mieux passer pour celle qui laisse traîner sa poubelle (et donc, fait le ménage) que de fomenter des vengeances tribales à l’encontre d’une vieille dame.

Oui, je vivrai mieux sans le poids de la poupée de cire à l’effigie de ma voisine, poupée dans laquelle j’aurais planté un à un tous les poils de mon paillasson et à laquelle j’aurais collé mes baskets (si, celles qui ont couru à NY) en travers de la tronche.
Et non, malgré une folle envie,  je ne veux pas vivre avec sur la conscience le poids de celle qui a, toutes les nuits de pleine lune, hurlé des chants sataniques sur de la musique disco, avec projection sur l’immeuble d’en face d’un mix des films de Bela Lugosi. Je préfère mille fois passer pour celle qui ne lit pas les cahiers du cinéma…

Pour conclure ces considérations fondamentales rédigées à l’attention de ceux qui, un jour, liront mes posts afin de mieux comprendre notre civilisation (hommes et femmes du futur, je vous aime déjà), je n’aurai qu’une phrase, mais percutante : Nietzche (je suis à fond en ce moment) a écrit « deviens qui tu es ». Comme je suis dyslexique, j’ai lu « devines qui tu es ». Depuis, j’ère sans fin dans les méandres de la toile gluante (autrement appelée « le net »), à la recherche de solutions pour mieux comprendre mon sur-moi.
Dans un temps pas trop éloigné, je vous entretiendrai de l’intrication quantique, grâce à laquelle je pense approcher la vérité.

 D’ici là, ashau heh kr’trkkla 
(« love and peace », en langage Vulcain, pour ceux qui se demanderaient…. source http://www.starbase-10.de/vld/ )

 

Ma nuit burlesque

 

Public-chéri-mon-amour (et je ne répéterai jamais assez à quel point j’eusse aimé être à l’origine de cette appellation…) je n’ai pas coutume de m’étaler sur ma vraie vie. Mais ce coup-ci, je vais m’immoler sur l’autel de l’égotisme, spécialement pour toi. Donc, parler de moi … Enfin, plutôt d’une récente expérience à laquelle j’ai participé…
Dans ma recherche effrénée d’expériences diverses, j’avais postulé à une annonce trouvée sur le site internet d’Arte ; il s’agissait de participer à la création live de la suite du film « Tournée » de Mathieu Amalric. Pour les puristes : participer à un Larp (Live Action Role Playing) qui serait filmé (en vue d’une diffusion, s’entend). Et ma candidature a été acceptée. (Ca fait plaisir, parfois, qu’une candidature soit acceptée…)

Pour ceux qui n’ont pas vu le film, « Tournée » raconte les tribulations d’une troupe américaine de cabaret new burlesque dans une série de villes portuaires françaises.
Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est le new-burlesque, petite citation wikipedia : « performances scéniques réalisées par des danseuses ou danseurs légèrement vêtus ou pratiquant le striptease »

Les échanges de mails concernant l’organisation m’ont mise à la tête d’une fiche personnage, d’un descriptif de la soirée à venir et d’un trombinoscope. L’expérience allait de dérouler de nuit (premier obstacle me concernant, surtout une nuit de pleine lune…). Dans le jeu, une audition était prévue. Soit: potentiellement, parmi les participants se trouveraient des performeurs « légèrement vêtus ou pratiquant le striptease ». Sur le coup, honnêtement, j’ai failli décliner (j’ai un grand sens du ridicule, surtout du mien), mais deux choses m’ont convaincue d’y aller : la fascination exercée par les shows extravagants et l’envie de participer à une expérience nouvelle. Et comme il n’était pas obligatoire de participer à l’audition… j’ai mémorisé les suggestions d’interactions avec certains personnages, essayé de repérer sur le trombinoscope ceux auxquels j’aurai à faire, fait deux ou trois tentatives de chant qui m’ont définitivement découragée de participer à l’audition, enfourché mon fidèle destrier et suis partie dans la nuit noire, en hurlant à la lune. Ca fait toujours son petit effet sur le périph’.

Donc me voilà sur place, le cœur dans la gorge et très moyennement sûre de moi. Le lieu est tout préparé pour l’évènement : un espace en-cas, une espace « loges » et la grande salle dans laquelle la majorité de l’improvisation se déroulera. Pas de décors (juste de quoi s’asseoir), un caméraman, une équipe technique.
Premier constat : l’ambiance est détendue, sympathique et ludique. Les organisateurs sont accueillants et ouverts, les pizzas sont chaudes. Ca fait sérieux.
Personne ne connaît la vraie identité des participants.L’atmosphère est rigolote, entre tenues de show, maquillage, derniers préparatifs et récapitulatif des rôles (salut, t’es qui, toi?). Petit tour de piste : les personnages sont remarquablement incarnés. Nous avons parmi nous un groupe de performeuses aux looks très pro, des patrons de salle, de cabaret, producteurs totalement crédibles, un commandant de bord (identifiable à son costume), une hôtesse de l’air (même remarque) et une kyrielle de personnages divers moins typés par leurs tenues (je me case dans cette catégorie) ; quelques rôles masculins sont tenus par des femmes, mais –me concernant- ça n’a fait aucune différence.

Après le brief et quelques exercices, la soirée débute par la projection du film, ce qui met l’ensemble des joueurs en condition pour la suite. Vers 23h30, le jeu commence. C’est-à-dire : on n’est plus soi. Et on improvise.
Chacun fait sa vie, en suivant plus ou moins les suggestions figurant sur les fiches personnages. Tout le monde semble être entré dans le jeu et les situations se créent petit à petit. 
Comme nous étions assez nombreux, il est difficile de raconter l’histoire qui a été montée dans sa globalité. Une intrigue principale tout à fait dans la lignée du film et manifestement des tas d’intrigues parallèles, dont quelques meurtres, trahisons, révélations fracassantes, tentatives de drague et sans doute des tas de choses dont je n’ai eu vent : présence d’extra-terrestres, élection d’un président de gauche, retour sur scène de Patrick Juvet, entrée dans les ordres de DSK, ouverture d’une brèche spacio-temporelle pour permettre à Marc Levy d’apprendre à écrire… mais je m’égare…
Le clou de la soirée a été sans conteste les shows burlesques présentés lors des auditions. Honnêtement ? J’ai été bluffée… il y a eu des performances pro (très pro) et des performances amateurs totalement impressionnantes. C’est-à-dire préparées, travaillées, étudiées… comme ça, juste pour le jeu ! Du vrai fun, de longs gants noirs, des paillettes, des guêpières, des tas de choses qui brillent, des bottes extravagantes et des plumes d’autruche… un vrai mirage si près du périphérique…
C’est là que j’ai eu une révélation : il est extrêmement difficile de se mesurer à des femmes à moitié dévêtues.
Oui, énoncé comme ça, ça a sans doute l’air évident… Mais j’ai sincèrement eu l’impression que la moindre tentative de numéro habillé (autre que chanté ou dansé)  aurait été … un peu comme un cheveu sur la soupe, une fille en tenue de ski au milieu de plagistes en bikini, un comédien parmi les hommes politiques (c’est à dire incongru)… ou alors il fallait être vraiment très bonne… ou sous l’emprise de substances diverses et non avariées…

Comme c’était une soirée placée sous le signe de la découverte, j’ai d’autres révélations fracassantes à vous faire :
–          Les gnistes sont parmi nous (oui, parmi vous aussi) ; ce ne sont ni des aliens, ni des androïdes espions, mais des gens étranges aux actes régis par des lois qui leurs sont propres. Ils ont l’air d’avoir de multiples talents et s’emploient à convertir les non-gnistes. Mais je n’ai pas eu l’impression que ce soit une secte ou une religion… Donc s’ils vous approchent, vous pouvez leur parler aimablement (les gnistes sont les participants aux jeux de rôles Grandeur Nature),
–          Les commandants de bord rament (ils sont pagaies),
–          Les informaticiens sont les mêmes dans la vie et dans les personnages de jeux de rôle… ce sont des gnistes qui s’ignorent. Je propose qu’ils soient déclarés « race à part » ; comme de toute façon ils ont un langage à eux…,
–          Les niples devraient être remboursés par la sécurité sociale, vu leur effet requinquant,

L’impro géante a duré près de 4 heures. Et oui, on tient parfaitement sur la durée… d’ailleurs après le signal de fin, c’est un peu difficile de trouver quoi dire… après tout, on débarque pour de bon à ce moment là….

Un grand merci aux organisateurs, aux participants, à tous ceux qui ont apporté leur contribution à cette expérience bluffante, inattendue et pleine de surprises. Et encore bravo pour tous les shows…