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Rébellion quantique – Part 8

Roxanne participe à des opérations menées par une organisation illégale dirigée par Franck, l’Asso. Ils empêche le gouvernement d’obliger les populations les moins aisées à quitter les villes pour le 3e cercle de banlieue. Roxanne pose des bombes dans des immeubles en construction, tout en étant sûre de ne pas se faire prendre: elle est un individu quantique, dont la vie se déroule à cheval sur plusieurs réalités. Sa nouvelle mission la conduit à organiser l’enlèvement du ministre de la vie en ville, pour faire plier le gouvernement. Le kidnapping réussi, elle effectue un bond dans le temps pour échapper à ses poursuivants. Dans sa nouvelle réalité, elle n’existe pas encore et doit profiter de son statut de fantôme pour aider l’Asso à diffuser des vidéos du ministre kidnappé. Mais lors dson dernier saut dns l’espace-temps, elle a emmené avec elle un petit garçon qui se révèle être le petit-fils de l’otage.

Le début se trouve par ici

*

– Franck ? Heu… on pourrait se voir ?

C’est la première fois que je sollicite une entrevue et j’ose imaginer que Franck va réagir assez vite. J’ai fini par reconstituer des faits dont j’estime qu’ils tiennent la route. Le petit garçon, Manuel, a peu connu son grand-père, avec lequel sa mère semble être fâchée. Il sait néanmoins que le ministre est son papi et il le voit de loin en loin dans les médias. Depuis quelques temps, sa maman a été emmenée et il a été confié à une famille qui ne lui donne pas assez à manger (j’imagine que c’est surtout par manque de moyens, mais le gamin ne peut pas comprendre qu’on le laisse avoir faim). C’est un gentil gamin fasciné par les engins de chantier et il m’a demandé à plusieurs reprises que je lui fasse visiter des sites en construction. J’envisage donc de solliciter de Franck une destruction d’immeuble et de profiter du saut dans le temps qui suivra pour emmener Manuel loin de la vie qui se profile pour lui dans ce monde-ci. Je n’ai bien sûr aucun argument pour échapper à mes responsabilité dans cette nouvelle réalité, et compte vaguement sur une idée miracle qui me traversera l’esprit en lui parlant.

– Certainement pas.
– Mais, Franck, on ne peut pas rester ici… je n’existe pas dans cette réalité, alors avec un gamin, c’est compliqué… on ne va pas tarder à attirer l’attention… et… euh… euh… (un flash me traverse : la contamination). C’est quoi, au fait, cette histoire de contamination ?

J’ai marqué un point, il a l’air gêné.

– On ne sait pas si c’est du flan ou si le danger est réel. Il y aurait des centaines de gens qui meurent d’arrêt cardiaque à cause d’une bactérie, les hôpitaux seraient pleins de patients en danger de mort , mais nous sommes incapables d’entrer en contact avec quelqu’un qui soit réellement proche d’une de ces soi-disant victimes. Le gouvernement se sert du principe de précaution et de la peur pour confiner les gens chez eux, les rationner encore plus, empêcher les rassemblements de plus de cinq personnes…. Le couvre-feu qui permet un contrôle des allées et venues, les tickets de transport distillés au compte-goutte, les tickets de rationnement… tout ça permet de tracer les activités des gens, sans compter le flicage permanent rendu possible grâce aux téléphones portables et aux ordinateurs. C’est pour ça que ta non-existence est un atout précieux ici.
– Et ça va durer longtemps ?
– Jusqu’à ce que la voix se manifeste, ta mission est de filmer et de protéger la caméra.
– Et si tout ça est vrai et qu’il y a un risque pour ma santé ? Je fais quoi, moi ? Je te rappelle que ma non-existence providentielle m’empêchera de me faire soigner, ou de faire soigner le gamin…
– Je ne sais pas quoi te dire à part reste chez toi, ne sors que pour faire les films ou si la voix te contacte
– Normalement, c’est là que tu raccroches.
– Je sais, mais là je suis devant toi.
– J’ai réussi à te faire sourire
– Bien joué

Nous sommes sur la même terrasse, face aux mêmes consommations insipides. Je me trémousse, incapable de savoir quoi dire ou quoi faire.

– Ca va aller ?
– J’ai pas le choix, si ?
– Non

*

Le ministre est éveillé, cette fois-ci. Il se tient raide sur sa chaise de bois, le visage tendu. Je suis assez mal à l’aise à l’idée de m’en approcher. Je ne sais pas si les membres de l’Asso ont eu connaissance de ma relation avec lui dans un autre monde.

– Ne perd pas de temps, Roxanne, il nous faut ce film dans moins de trente minutes

Je prends le parti de rester l’œil collé sur le viseur. Le ministre vieilli me fixe d’un œil éteint.

– Si tu crois que tes efforts pour dissimuler l’infâme traitresse que tu es portent leurs fruits, tu te trompes.

Je relève la tête, interdite.

– Je ne sais pas par quel miracle tu es restée si jeune, mais je te reconnais. Je te reconnaîtrai où que tu ailles, Roxanne…

Son ton n’est pas agressif, mais je n’aime pas la situation. Autour de moi, les gens ont interrompu leurs activité et la chappe de silence épais qui me dégouline dessus englue mes pensées.

– Tu le connais, Roxanne ? C’est le jeune geek, qui pour une fois, ne porte pas son casque audio, qui a parlé.
– Elle me connait…. Mais j’imagine que ça ne change rien à votre affaire. Allez, fais ton œuvre et finissons-en…

En silence, je fais la mise au point et commence la séquence. Malgré les liens qui le maintiennent captif, je me sens vulnérable face à lui.

– Puis-je parler ?
– Non, ça ira…
– Si, je veux dire quelque chose… même si je sais que vous couperez…
– Allez-y

Il respire un petit moment avant de regarder la caméra bien en face et de lâcher

– J’accepte d’être sacrifié.

Puis il tourne son regard sur moi et conclut :

– Tu crois tout savoir, mais tu n’es qu’une idiote. Je t’avais pourtant prévenue. Je ne veux plus te voir.

*

Je n’ai pas du tout aimé être traitée d’idiote devant des gens qui comptent sur moi. D’autant moins que je n’ai aucune idée de ce qu’il voulait dire par « je t’avais prévenue ». J’y ai bien réfléchi et suis arrivée à la conclusion que dans cette réalité ou une autre, il a eu vent de mes activités illégales.

– Franck ? Tu peux me dire quels sont mes liens avec ce foutu ministre, s’il te plait ? Je veux dire… quand je ne suis pas un fantôme…
– Vous étiez ensemble à un moment
– Oui, ça j’avais compris, merci, mais de façon plus détaillée ?
– Disons que vous formiez un couple de complaisance. Il a essayé de se servir de toi comme journaliste pour faire la propagande de ses idées et toi, tu profitais de ses accès aux données sensibles pour l’Asso.

Je ne comprends pas tout de suite que j’étais un agent double.

– Tu veux dire que c’est moi qui te donne les infos pour faire sauter les immeubles ?
– C’est ça.
– Tu veux dire que c’est moi « Moi en vrai » qui choppe les infos et moi « Moi fantôme » qui m’en sert…
– Pourquoi crois-tu que nous t’ayons choisie ? c’est mieux en circuit fermé, ces opérations.
– …
– Roxanne ?
– Je vais pleurer, là, laisse-moi…
–   Roxanne, sois sérieuse, il faut en finir avec cette opération
– Laquelle ? Celle où je suis une traitresse, ou celle où je suis un fantôme filmeur ? Quand je pense que l’idée m’avait effleurée que c’est toi qui accédais aux infos… Et s’il m’a reconnue, ça veut dire que d’autres le peuvent aussi. Et donc que je suis en danger. Enfin, que le « Moi vrai » est en danger.
– On sait ça, Roxanne. Pourquoi crois-tu qu’on t’oblige à te calfeutrer en permanence ?
– Pour que je ne risque pas de me croiser ?
– Exact
– Et quelle est ma porte de sortie ?
– Je te l’ai déjà dit : la voix.
– Mais la voix me ramène dans un monde où je suis déjà…
– Tu n’y reste jamais assez longtemps pour être en danger.
– Je suis qui, Franck ? Je suis quoi ?

J’ai du mal à croire qu’il ait raccroché.

– Roxanne ? Il est où, le chocolat ?
– Chez papi.

Ca m’est venu sans que j’y réfléchisse. Et maintenant, le petit dans une main, mon trousseau de clés dans l’autre,  je suis face à la porte de l’appartement du ministre.

*

Rébellion quantique – Part 7

Roxanne participe à des opérations menées par une organisation illégale dirigée par Franck, l’Asso. Ils empêche le gouvernement d’obliger les populations les moins aisées à quitter les villes pour le 3e cercle de banlieue. Roxanne pose des bombes dans des immeubles en construction, tout en étant sûre de ne pas se faire prendre: elle est un individu quantique, dont la vie se déroule à cheval sur plusieurs réalités. Sa nouvelle mission la conduit à organiser l’enlèvement du ministre de la vie en ville, pour faire plier le gouvernement. Le kidnapping réussi, elle effectue un bond dans le temps pour échapper à ses poursuivants.

Le début se trouve par ici

*

– Je n’arrive pas à y croire ! Tu fais n’importe quoi, tu mets l’Asso en danger, tu te mets en danger, sans compter ce gosse !

Comme me retrouve face à Franck qui me fixe avec fureur, je suppose La patate m’a envoyée dans un nouveau monde. Nous sommes installés comme d’habitude, à une terrasse de café, mais cette fois-ci l’ambiance est morne. Cernés par la nuit, nous sommes à peine éclairés par un étrange lampadaire aux allures de feu les lucioles, avec son haut massif équipé de caméras sphériques et son bas qui diffuse une lumière verdâtre dont je suppute qu’elle me donne une mine affreuse. La table et les chaises sont fixées au sol, les boissons (un gruau brunâtre pour moi et un verre de liquide transparent (de l’eau ?) pour Franck, n’ont rien d’engageant. Je me sens faible, les sauts rapprochés dans le temps et l’espace ne me valent rien de bon. J’ai mal au cœur, aucune envie de me faire engueuler, surtout après avoir réussi ma mission. Après tout, le ministre est capturé, c’est ce qu’il voulait, non ?

– Oui, je confirme

Je n’ai pas l’impression d’avoir parlé à voix haute. Franck s’aperçoit de mon étonnement.

– Dans ce monde, avec un peu de moyens, on peut lire les gens. Ça simplifie les rapports. Non, arrête tout de suite avec ce vocabulaire ordurier.

Dans un autre monde, il aurait ri de sa moquerie. Quelque chose de sourd en moi s’alarme et achève de me réveiller. Alors que mon regard s’arrête sur un groupe de gens a l’air éteint, je sens un poids en mouvement sur mon ventre. Je sursaute et pousse un petit cri. L’enfant. Le petit garçon affamé qui s’est jeté sur moi avant le saut. Il est toujours sur mes genoux et me fixe avec angoisse. Il tient à la main un morceau de patate et je me rends compte que mes doigts sont encore crispés sur l’assiette dans laquelle le sandwich tout fin vient de faire un saut spatio-temporel

– Je peux la manger ?

J’entends Franck prononcer la phrase la plus étrange puisse adresser à un petit enfant:

– Evite cette patate, j’ai peur qu’elle ne te fasse disparaître… Prends plutôt le sandwich. Ca va ? Tu te sens comment ?
– J’ai faim… on est où, là ? On va me rendre ma maman ?
– Ta maman est partie faire une course, on va la retrouver. En attendant, tu vas aller avec Roxanne te mettre au chaud, tu es d’accord ? Elle va te raconter une histoire, tu vas voir, Roxanne est très forte pour inventer des histoires…

Le petit a l’air content à la perspective de partir avec moi et je ne suis pas d’humeur à relever la dernière bassesse de Franck, qui reprend le cours de la conversation.

– A toi de te débrouiller avec ça. Tu as gardé la caméra ? Celle qui était derrière les cannettes ?
– Oui… elle doit toujours être dans mon sac, je la sens contre mon dos…
– Très bien. Cette caméra venant d’une époque plus ancienne, elle n’est pas détectable par les systèmes de ce monde. Tu vas pouvoir t’en servir pour filmer le ministre sans danger et on diffusera les images via un réseau crypté.
– Tu veux dire que le ministre est ici aussi ?
– Oui, il est plus vieux, mais tu vas le reconnaitre.

*

Il a bien pris vingt ans. Ses cheveux sont blancs et son visage est plus froissé que dans le monde d’avant, mais c’est lui. Quand je m’approche, la caméra à la main, je me demande s’il va me reconnaître. Je le vise et fais la mise au point. Il semble dormir. Je capture 10 secondes de son sommeil d’otage et éteins la caméra. Le petit groupe qui m’a guidée jusqu’à lui me fait signe de reculer et de parler bas.

– OK, c’est déjà ça, pas plus de 15 secondes… on va diffuser
– Vous ne voulez pas le réveiller ? Ca prouverait qu’il est en vie…
– Oui, mais plus tard, il est sous sédatif… là, on veut marquer le coup vite et de façon efficace.

Je sors la carte mémoire du boîtier et la donne à un jeune homme vêtu de noir qui manipule une série d’ordinateurs, d’écrans et de systèmes sophistiqués. Il la saisit avec avidité.

– Ah oui, quand même… on m’avait prévenu, mais je ne m’attendais pas à ça…

Pendant que je me demande en quelle année on est, il trifouille dans un tiroir et en sort divers connecteurs et câbles, finit par extraire un boitier de plastique gris sur lequel il souffle avant d’y glisser ma carte.

– On est en 2051. Ca fait plaisir de manipuler ces vieux trucs…

Je ne vais pas pouvoir m’habituer à ça, je préfère ignorer ces gens qui ont l’air de me lire à livre ouvert, d’autant que je croyais qu’il fallait des moyens pour ça, pas que tout le monde pouvait se targuer d’en être capable. Je désigne le ministre avachi sur sa chaise de bois.

– Tu parles de lui, là ?

Tout absorbé par la contemplation de la vidéo qu’il a déchargé de ma carte, il ne rit pas à mon humour décapant.

– C’est parti… Et non, je ne suis pas riche. Je suis doué en piratage, c’est tout. T’inquiète, nous ne sommes pas très nombreux ici, à lire les gens.
– Tu es sûr que ce sera intraçable ?

L’homme qui a parlé est plus âgé, il porte une tenue militaire usée et semble inquiet.

– Je nous voudrais pas qu’ils remontent jusqu’à nous… c’est notre dernière planque…
– Sois tranquille, ce truc est si obsolète qu’ils ne vont même pas comprendre comment on diffuse les images !
– Vous pouvez partir maintenant, vous reviendrez avec la caméra demain matin.

Je ne comprends pas de suite qu’il s’adresse à moi.

– Roxanne ?
– Hein ?
– Allez-y…
– Mais… je garde la caméra ? vous ne préférez pas l’avoir sous la main, au cas où…

Je préfère n’avoir aucun argument.

– Non, vous seule êtes un fantôme ici, la caméra reste avec vous. Débrouillez-vous pour la garder en état de marche et rester un fantôme.

Et il se tourne avant de quitter la pièce. Le jeune homme, ce qui ressemble à un casque audio sur les oreilles, me rend la carte mémoire et revient vers ses écrans. Je reste plantée au milieu de la salle, incapable de savoir quoi faire. A quelques mètres de moi, le ministre dort toujours, les traits empreints de la vulnérabilité conférée par le sommeil.

– Vous devriez y aller, sinon vous n’aurez pas le temps de rentrer chez vous avant le couvre-feu.
– Avant le quoi ?
– Le couvre-feu, il vous reste moins d’une heure pour regagner votre appartement… Avec un peu de chance, vous trouverez de quoi manger sur le chemin, nous n’avons rien à vous donner, désolé.

L’homme qui s’adresse à moi me tend mon sac et ma veste, ainsi qu’un rectangle de carton orange.

– C’est un ticket pour le tram. Ne l’utilisez que si vous ne pouvez pas faire autrement, nous n’avons droit qu’à un ticket tous les deux jours.
– Et celui-ci, vous l’avez eu comment ?
– C’est mon dernier…

Il sourit et me pousse gentiment vers la sortie.

– Prenez soin de vous et de la caméra, toute l’Asso compte sur vous. Merci

La porte claque et je me retrouve seule dans la rue déserte. Si je suis un fantôme, cet endroit est aussi lugubre qu’un cimetière. Je le reconnais, pourtant : dans un monde qui me semble effroyablement lointain, ce coin de rue était sur mon chemin pour aller me promener au bois. Je sais que je dois marcher 40 minutes pour rentrer à la maison. Il ne faut pas traîner. Je préférais plastiquer des immeubles et m’échapper en sautant dans le temps. Je déteste ce monde et cette histoire de kidnapping me déplait au plus haut point.
A l’aller, occupée à manipuler la caméra dans la voiture qui était venue me chercher, je n’avais pas prêté attention aux changements. A pied, j’ai tout le loisir d’observer. Là où de jolies maison de meulière aux fenêtres décorées de mosaïques et de céramiques prenaient l’air dans des jardins aux arbres élégants, de gros blocs de béton incongrus pris place. La moindre parcelle de nature a été éradiquée. Le ruban gris des trottoirs n’est brisé que de loin en loin par des blocs hérissés de pointes. Aucun espace n’est laissé libre pour se grouper, s’assoir ou converser. Des caméras semblent ausculter le moindre centimètre carré de rue. Comme je me hâte vers chez moi, je réalise à quel point le silence est pesant. Rien. Pas de véhicule, pas de piéton. Pas d’oiseau, pas même un chat errant.
Tous les six ou sept mètres, des panneaux rétro-éclairés diffusent des messages alarmants ou il est question de respecter le couvre-feu, de ne pas s’exposer à la contamination et surtout de ne pas chercher à entrer en contact avec des personnes inconnues.

La contamination ? Un frisson me parcourt le dos. Ah… et sur ce chemin, il n’y a aucun endroit pour trouver à manger… En général, l’Asso prend soin de remplir les placards, ça devrait aller. De toute façon, je n’ai pas le temps de dévier de mon trajet.

Devant moi, le buste d’une femme penchée par-dessus une rambarde secoue une nappe. Comme j’arrive à son niveau, elle me fusille du regard et referme précipitamment la fenêtre, comme si ma simple présence représentait un danger. Je me sens pestiférée. Une vibration dans ma poche, mon téléphone portable se manifeste. Sur l’écran, un message s’affiche « il vous reste moins de 15 minutes avant le couvre-feu. Si vous êtes trop loin de chez vous, prenez immédiatement contact avec les autorités et restez où vous êtes. Vous serez collecté.e et mis.e en quarantaine dans un sas de sécurité. N’opposez aucune résistance et n’essayez pas de vous dérober à la loi . Vous connaissez les risques en cas de non-obtempération ». Je ne connais pas les risques, mais je n’ai pas trop envie de les découvrir. Je hâte encore le pas, puis me mets à courir.
Quelques minutes plus tard, à l’abri de ma cuisine, je retrouve le petit garçon brun, occupé à vider avec beaucoup de concentration un paquet de biscuits qu’il enduit de pâte au chocolat, ce qui me rassure quant au remplissage de mes placards. Captivé par son activité, il ne m’a pas entendue rentrer. Je décide de mettre de côté le sujet désagréable de la contamination et de m’occuper de cet enfant d’un autre temps

– Tout va comme tu veux, petit ?

Il sursaute à peine et lève vers moi un visage barbouillé au milieu duquel se dessine un sourire radieux.

– Je vois que tu as trouvé de quoi t’occuper

Il se lève et me tend un biscuit après l’avoir tartiné de chocolat

– C’est bon ! Tu en veux ?
– Merci, c’est pas de refus

Ce gamin n’avait jamais goûté au chocolat. Je vais le laisser vider le pot, si ça lui fait plaisir. Comme nous nous asseyons sur le canapé, j’envoie valser mes chaussures à l’autre bout de la pièce.

– Je peux allumer la télé ?
– Oui, bien sûr, si tu trouves comment on fait…

J’avais essayé quelques heures plus tôt, mais n’avais réussi à mettre la main sur aucune télécommande, prise ou autre système de mise sous tension et renoncé. Le petit me jette un œil offensé et claque des doigts en disant « 2 ». L’écran scintille et, à ma grande horreur, apparaît en grand format la vidéo du ministre endormi, sous-titrée « de dangereux extrémistes menacent la vie d’un membre du gouvernement – signalez tout comportement suspect autour de vous »

– Pourquoi y a papi à la télé ?

*

 

La suite est par

Rébellion quantique – Part 6

Roxanne participe à des opérations menées par une organisation illégale dirigée par Franck, l’Asso. Ils empêche le gouvernement d’obliger les populations les moins aisées à quitter les villes pour le 3e cercle de banlieue. Roxanne pose des bombes dans des immeubles en construction, tout en étant sûre de ne pas se faire prendre: elle est un individu quantique, dont la vie se déroule à cheval sur plusieurs réalités. Sa nouvelle mission la conduit à organiser l’enlèvement du ministre de la vie en ville, pour faire plier le gouvernement.

Le début se trouve par ici

*

Franck m’énerve, avec cette manie désagréable de me raccrocher au nez. Comme je n’ai rien de plus intelligent à faire, je sors la boîte d’œufs de mon sac, y prélève de quoi faire une omelette et me mets aux fourneaux. C’est la façon la plus étrange de préparer un kidnapping. Les œufs ont des coquilles bleues et le jaune rouge. En d’autres circonstances, cet assemblage primaire m’aurait enchantée, mais là, je trouve la plaisanterie de mauvais goût. L’odeur qui se dégage de la mixture une fois mise dans la poêle chaude est désagréable et me fait tourner la tête. Je vacille.

Je reprends conscience avec la sensation bizarre de ne pas être moi-même. Cette omelette doit avoir un rapport avec ma mission et quelque chose a dû changer en moi. Je me lève avec difficulté et, les jambes flageolantes, m’approche du miroir de l’entrée. En avançant dans l’appartement, je réalise qu’il s’agit de celui de la réalité d’avant. Je me sens stupide de penser que cette omelette serait un canal spatio-temporel qui m’a renvoyée dans le monde d’avant, mais un regard par la fenêtre me convainc que je suis revenue en arrière. Il doit y avoir une raison. A part l’omelette, je ne vois pas… Je regarde l’heure, il est 13h27. 33 minutes avant le kidnapping. Pour la première fois depuis que j’ai joint l’Asso, je vais échouer. Comme pour surligner cette offensante réalité, le visiophone couine et il ne fait pas de doute pour moi que ce sont des policiers qui viennent m’arrêter pour m’exécuter. Je n’ai même pas à appuyer sur le bouton du visiophone: les forces de l’ordre ont le droit de rentrer où elles veulent à toute heure du jour ou de la nuit. Je n’ai plus qu’à les attendre, résignée. La porte s’ouvre et j’hésite à tendre les mains pour qu’ils me menottent, mais à ma grande surprise, c’est un homme en costume élégant qui entre.

– C’est bon, tu es prête ?

Comme je ne réponds rien, il me prend par le bras et me pousse devant lui.

– Tu es encore sous tranquillisants ? Tu aurais pu faire attention, tu sais à quelle point cette cérémonie est importante pour moi…

Mais qui est ce type et que me veut-il ? Il est déjà dans la pièce d’à côté, et fouille dans un placard pour en sortir une jupe et une veste.

– Tu ne peux pas y aller comme ça, change-toi s’il te plait

13h28. Pas trop de temps pour m’interroger sur les circonstances qui m’ont amenée à me laisser dicter une façon de m’habiller. J’ai appris à faire confiance à l’Asso. Ce type doit avoir un rapport avec ma mission dans l’autre monde.

– Roxanne ? Réveille-toi, s’il te plait, nous sommes en retard pour la cérémonie. Le chantier est à 20mn, je suis l’invité d’honneur, je ne peux pas me permettre d’arriver en retard ! On dirait que ça te fait plaisir de me foutre dans la merde. Je me demande ce que je fais avec toi, tu n’es même plus journaliste…

Donc, en suivant la logique très bizarre dite « de l’omelette », je suppose que voilà le ministre de la vie en ville et que j’ai été un jour journaliste. Je ne veux surtout pas savoir comment, mais on se connait assez pour qu’il se croit autorisé à fouiller mes placards. Je crois que, sur le coup, ça m’énerve encore plus que le fait qu’il se permette d’obliger des gens à quitter les villes. 13h29. J’ai toujours à la main la poêle qui m’a servi à cuire l’omelette qui permet de changer de monde. L’homme est de dos, il tripote des sous-vêtements. Tant pis pour lui. Je m’approche en silence et lui assène un coup de poêle sur le haut du crane. Il s’effondre en silence, les doigts pleins de bas et collants que je lui ôte des mains afin de le ligoter. En quelques minutes, je l’immobilise et lui fourre une chaussette (propre) dans la bouche. Je viens de kidnapper le ministre de la vie en ville. Me restent 15 minutes pour le ramener dans le monde d’où je viens, de préférence sous les caméras. Pour la première fois, je dois voyager avec quelqu’un et vers une destination précise. Je connais assez l’Asso pour savoir qu’ils ne laissent rien au hasard.

– Franck ? C’est fait. Comment je rentre, s’il te plait ?
– Tu trouveras une poule rôtie dans le frigo. Prends-en un morceau et débrouille-toi pour que le ministre en mange aussi. Surtout, accroche-le à toi.

Vu que je suis venue du futur en mangeant des œufs, il y a une forme de logique à ce que j’y retourne en avalant une poule. En temps normal, voyager dans le temps grâce à de cuites gallinacées m’aurait amusée, mais là je trouve ça limite méprisant. J’aurais préféré du champagne… J’avale une cuisse rôtie froide, sans ketchup, et choisis un bout d’aile pour le ministre. Il a repris conscience et me regarde avec des yeux effarés. Je lui fais signe de rester calme et, comme il opine du chef, ôte la chaussette qui lui décore le sourire.

– Vous allez être bien gentil, vous allez manger ce bout de viande
– Mais enfin Roxanne, tu es devenu complètement folle ?
– Pourquoi ? Vous seriez végétarien ?

Sans attendre de réponse, je lui fourre la viande dans la bouche et attrape une de ses main. Je n’aime pas qu’on me tutoie sans me demander mon avis. 13h55. Une douce torpeur me prend. Le ministre a du mal à mâcher, mais il a l’air d’avaler un peu de viande. Je m’accroche à sa main avec force, lui plantant mes ongles dans la paume. Il couine et je m’évanoui.

*

Je suis assise dans de la boue, ma main serre une chose molle et tiède, qui s’évère être celle du ministre, dont les yeux exorbités trahissent peur, incompréhension et un légère incrédulité. Il a encore dans la bouche un morceau de viande blanche, ce qui lui confère un air stupide en plus. Je le comprends, mais le moment est mal venu de s’apitoyer. A quelques mètres se trouve une estrade garnie de micros, le tout survolé par des drones. 13h58. L’enlèvement. Cette estrade doit être celle d’où il va prononcer le discours dans lequel il justifie le besoin d’éloigner de braves gens de leurs lieux de vie.

Mais je n’ai pas trop de temps pour réfléchir. Un frémissement dans la foule précède des voix qui s’élèvent et quelques personnes commencent à courir dans notre direction. Le vol des drones a changé de direction, ils seront sur nous dans une poignée de secondes. Un gémissement de désespoir se fraie un chemin entre mes amygdales. Je rassemble mes forces pour me lever et tenter de partir en courant quand des bras sortis de nulle part me soulèvent du sol et me trainent dans ce qui ressemble à un souterrain. « Accroche-toi, c’est bientôt fini ». Je m’accroche (à la main du ministre) et me laisse emmener. Nous dérivons dans un tunnel boueux, portés par plusieurs personnes. A mes pieds, un groupe tire sur les drones pendant que quelques personnes bouchent l’entrée du tunnel. On dirait que le kidnapping a été un succès.

Les bras me posent sur une chaise et une main m’oblige à lâcher le ministre. Nous nous trouvons dans un espace sombre qui s’apparente à une cave ou à un bout de souterrain. Je sens autour de moi des gens qui s’agitent et commentent, mais je ne parviens pas à les distinguer.

– Merci, vous devez repartir vite, maintenant, il ne faut surtout pas qu’on vous trouve ici, ça pourrait compromettre l’opération.

Je suis encore groggy par un double saut (au poulet) dans l’espace-temps et ces types veulent se débarrasser de moi. D’un autre côté, je préfère leur laisser gérer la situation.

– Mais vous pouvez manger et boire un peu, si vous le souhaitez, on ne sait pas où vous aller atterrir et trouver de la nourriture devient difficile.

En effet, les gens qui m’entourent ont l’air plutôt pâles et maigrichons. Une femme s’approche avec une assiette de pommes de terre et un sandwich assez fin pour qu’on puisse voir au travers. Elle est accompagnée par un petit garçon aux yeux noirs qui me regarde porter une patate à ma bouche. Son air exténué me fait pitié, il doit avoir faim pour qu’une patate bouillie lui fasse cet effet.

– Dépêchez-vous, s’il vous plait, vous nous mettez en danger.

C’est la femme qui s’est exprimée, d’une voix rude. Comme je m’exécute et commence à grignoter le tubercule, le gamin se jette sur l’assiette. Un réflexe me fait saisir la main du petit et l’attirer à moi pour le protéger du coup que va lui asséner la femme. Il tombe sur mes genoux et un cri de désespoir accompagne notre chute.

*

La suite : par là

Rébellion quantique – Part 5

Roxanne participe à des opérations menées par une organisation illégale dirigée par Franck. Coincée par ses dettes, elle ne peut faire autrement que d’accepter la prochaine intervention:  stopper l’urbanisation sauvage, permettant ainsi aux populations les moins aisées de conserver leur place dans les villes. Elle pose des bombes dans des immeubles en construction, tout en étant sûre de ne pas se faire prendre: Roxanne est un individu quantique, dont la vie se déroule à cheval sur plusieurs réalités. Après avoir fait exploser une résidence en construction, elle se retrouve dans un nouveau monde, face à son contact: Franck qui l’informe que ce nouveau saut l’a emmenée vers un monde plus dangereux, dans lequel sa mission sera plus complexe.

Le début se trouve par ici

*

Je n’ai pas eu le temps d’en perdre. Ce matin, alors que je peinais à faire fonctionner ma nouvelle machine à café, mon téléphone a sonné. C’était la première fois que je redoutais d’entendre la voix, même si, objectivement, je n’avais pas eu le temps de dépasser des échéance de paiement.

« Chère cliente, vous n’avez pas rempli vos obligations pour la journée, si vous ne souhaitez pas être mise sous surveillance immédiate, merci de régulariser ce jour, le 02 Février »

– Franck ? C’est quoi, cette menace de surveillance ?
– Tu n’as pas trouvé l’enveloppe qu’on t’a laissé ?
– Quelle enveloppe ? Non, je n’ai pas trouvé d’enveloppe, qu’est-ce que je dois faire ?
– Techniquement, dans ce monde tu es obligée de travailler, même si tu n’as pas de travail. Tu dois te rendre au lieu dont l’adresse figure dans l’enveloppe et y passer la journée. S’ils ont un boulot à te confier, ils t’en avertissent sur place. S’ils n’en ont pas, tu dois rester. C’est une façon à peine détournée de garder sous contrôle les personnes inactives…

Il doit m’entendre m’étrangler, parce qu’il ne me laisse pas le temps de prendre la parole.

– D’un autre côté, si tu as reçu un coup de fil et que tu n’as pas d’enveloppe, ça veut dire que tu dois agir aujourd’hui…
– Mais je devais être préparée à ce nouveau monde dangereux ?
– Il te reste quelques heures… Je ne peux pas t’en dire plus, rends-toi au lieu de rendez-vous de l’Asso.

Il a raccroché avant que je n’aie le temps de lui demander où est ce fameux lieu de rendez-vous. C’est n’importe quoi, cette histoire. Je regarde autour de moi, à la recherche d’un document qui m’aurait échappé hier en arrivant. Rien. Le seul truc qui m’attendait était une photo de ville, dont je me suis servie comme marque-page. Je prends mon livre et en sors la photo, que j’observe attentivement. Elle représente un immeuble qui ressemble à s’y méprendre à celui que j’ai sous les yeux depuis la fenêtre de mon salon. La photo montre aussi l’autre côté de la rue et une petite supérette tout ce qu’il y a de plus banal, surmontée d’une bannière publicitaire qui indique « 0202 The Place To Be ». Un coup d’œil à la supérette m’apprend que ce panneau n’existe pas dans la vraie vie. C’est marrant, ce 0202, alors que nous sommes le 02 Février. Je me demande si demain, par la magie de la technologie de ce nouveau monde, la bannière de la photo indiquera « 0302 The Place To Be ». Et c’est là que j’ai un éclair. Je descends les escaliers à toute vitesse pour me rendre à la supérette, me demandant comment je vais reconnaître ceux qui me font travailler.

Le petit magasin a l’air vide et je dois forcer sur la porte pour qu’elle s’ouvre. Un distributeur de boissons diffuse une lumière bleue qui baigne l’espace silencieux d’une ambiance étrange. Sur les rayons, des restes de sachets éventrés, quelques articles périmés. Le coin caisse est entouré de portants de barres chocolatées, mais pas de caissier en vue. Le distributeur couine et tremble. Si je dois rencontrer les membres de L’Asso ici, ils sont soit tout petits, soit pas encore arrivés, soit j’ai mal interprété la photo, soit il y avait une heure  à respecter et j’ai raté mon coup.… Par acquis de conscience, je fais le tour du distributeur, mais rien ne se trouve derrière. Au moment où j’amorce un demi-tour pour quitter cet endroit inhospitalier, un bruit mat venant du distributeur brise le silence. C’est une canette qui a glissé vers le tiroir servant à récupérer les boissons. Il me semble évident de la prendre, et si la boire est à peu près hors de question, au moins de regarder ce qu’il y a écrit dessus. « Asseyez-vous » lis-je sous un dessin de fruits souriant de manière grotesque. J’obtempère en me demandant si je dois avoir peur, mais j’ai l’intention de ne pas me laisser faire. Je trouve que j’ai déjà du mérite d’avoir compris le rendez-vous. Je continue ma lecture.
«  Qu’avez-vous fait ? On vous attend depuis ce matin… Maintenant, on a plus de temps pour vous préparer à l’intervention, il vous reste moins de deux heures… ».
C’est bien la première fois qu’une canette de soda me fait des reproches… Intriguée, je regarde les phrases suivantes se former sur le métal bleu foncé.
« Pour faire céder le gouvernement sur leur politique d’éloignement des gens les moins bien notés vers le cercle de 3ème banlieue, nous avons décidé de kidnapper le ministre de la vie en ville. Ils auront 48 heures pour annuler les accords d’éloignement, les transferts prévus, et redonner aux gens un niveau correct de notes et de vie. »

Je n’ai pas le temps de m’interroger sur ce concept de « ministre de la vie en ville… », ni sur ce qu’il adviendra au delà des 48h. Peut-être sera-t-il évincé de la vie politique à cause d’une vidéo ordurière diffusée à l’échelle mondiale… J’espère juste ne pas avoir à tremper dans ce type de manipulation…  la suite s’affiche sous mes yeux ébahis.

«  Le ministre doit visiter le chantier situé à 50 km au nord de la ville, aujourd’hui à 14h. Il sera filmé pendant qu’il fait son odieuse propagande. Afin d’avoir plus de poids, le kidnapping doit avoir lieu en direct, sous les drones et les caméras. Vous trouverez le matériel derrière les canettes vertes du distributeur »

Hein ? mais je ne suis responsable que d’explosions, il n’a jamais été question de prendre des otages… Et filmée, de surcroit… Je fixe la canette comme une poule fixant un couteau. Comment répondre à ce truc bleu ? Dans le doute, j’énonce à voix haute la seule question qui me traverse l’esprit.

– Dites-moi où je dois poser les explosifs.

« Les explosifs ? Quels explosifs ? Personne ne doit être blessé dans le kidnapping, on nous a assuré que le contact envoyé par l’Asso serait rodé aux enlèvements. »

Ce truc m’entend. Il doit y avoir des micros pas loin et sans doute des caméras.

– Vous vous trompez d’interlocuteur, je ne sais que faire sauter des bâtiments.

« Vous êtes bien Roxanne ? »

– Oui

« Alors, non, on ne se  trompe pas. »

Et la canette s’éteint. Plus exactement, le texte qui présente les dangers auxquels s’exposent les consommateurs réapparaît. « prise de poids, caries dentaires, gaz,… », beuark. Assise sur le carrelage froid et sale, l’objet devenu mutique à la main, je me demande comment je vais m’en sortir, cette fois. S’il n’y a pas d’explosion, je ne vais pas pouvoir changer de monde et je risque de me faire prendre. Il me reste moins de deux heures pour trouver une façon de kidnapper un ministre en direct et échapper à une mort certaine. Je vais regarder ce qui se trouve derrière les canettes vertes. Une boîte d’œufs et une caméra, que je mets dans mon sac à dos. Je vais y ajouter la canette bleue qui communique avec moi, au cas ou, mais un message s’y affiche, pas spécialement aimable. Il dit: « Laissez la canette bleue au sol, Roxanne, elle ne vous servira à rien »
J’obtempère, énervée qu’un objet aussi ridicule me donne des ordres.

*

– J’ai besoin d’aide
– Je sais, c’est le moment de te faire une omelette.

*

La suite est

Théâtre!

Il est venu, le temps de réserver 😜

https://www.billetreduc.com/251101/evt.htm