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Rébellion quantique – Part 2

Roxanne vit en marge d’une société qui ne lui convient pas. Pour subsister, elle participe à des opérations menées par une organisation illégale dirigée par Franck. Coincée par ses dettes, elle ne peut faire autrement que d’accepter la prochaine intervention.

Le début se trouve par ici

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Le plan est simple. Il s’agit de faire sauter des immeubles en construction. Le chantier est sur un terrain d’où ont été délogées les dernières familles y possédant des maisons et qui empiète sur la forêt pelée en bordure des accès autoroutiers. Depuis quelques mois, ces chantiers pullulent, monstrueux berceaux d’une architecture malade, blocs gris à la triste géméllité, sourires édentés de fenêtres aux allures de meurtrières, cicatrices qui dégradent des façades sales avant même d’être terminées. Ces cages sans joie sont prévues pour servir de refuge aux familles contraintes de quitter les citées. La concentration de population dans les secteurs urbains ayant rendu l’atmosphère irrespirable et la circulation apocalyptique, la loi s’est durcie : ont le droit d’occuper les villes les personnes en mesure de justifier d’un niveau élevé de revenus, les personnalités politiques et, par effet de bord, tous ceux qui ont assez de réseau pour s’accrocher à leurs précieux mètres carrés. La majorité se retrouve sans autre choix que de se rabattre sur le troisième cercle de banlieues, paysages urbains aux vertigineuses hauteurs de béton dans lesquelles ils se retrouvent entassés, avec pour seul critère d’attribution de l’espace un numéro sur une liste. L’affectation d’un logement est automatique et unique, sans possibilité de recours, et ce qui restait d’humanité agonise, démembré sans concession. Les cercles amicaux et familiaux sont brisés, les lieux de travail ridiculement éloignés épuisent les usagers des transports. Les personnes identifiées comme « à risque », en suivant des classifications à l’obscénité douteuse, sont les plus pénalisées, qui se voient repoussées aux tréfonds de ces effrayants paysages de ciment, rendant inaccessible l’idée même de rébellion.

Mais il y a une faille dans la loi : les gens affectés ne peuvent être déplacés vers leur nouveau logement qu’une fois celui-ci terminé et reconnu valide. Et comme l’affectation est réputée unique, tant que leur logement n’est pas validé, ils ont le droit de conserver leur appartement en ville. C’est dans cette faille que Franck et ses équipes interviennent : en détruisant les nouveaux immeubles avant validation, ils permettent aux gens de rester chez eux. Les dynamitages ont commencé depuis quelques mois et, bien que la police soit à nos trousses, continuent de façon régulière.
Et continueront.
J’en suis sûre, parce que c’est moi qui m’en charge et que moi, les flics ne me débusqueront jamais, même s’ils trouvent mes empreintes ou une quelconque trace de mon passage dans les décombres que je laisse derrière moi.

Tout simplement parce que je n’existe pas.

Je suis affectée d’une particularité dont j’ai fait la découverte il y a quelques mois, lors d’un accident de voiture. Ma voiture filait sans direction, ses freins avaient lâché, et je fonçais sous une pluie battante droit sur un camion lancé à pleine vitesse. J’ai entendu l’explosion, senti la violence inouïe du choc et vu le feu envahir l’habitacle de ma voiture alors que mes mains sur le volant devenaient rouge brique. Mais au moment qui a suivi, je me suis retrouvée à la terrasse d’un café, en train de boire un coup avec Franck. Le monde autour de moi avait changé de façon si ténue que tout d’abord j’ai cru de j’étais devenue dingue. Mais comme tout était très tangible, que les brûlures de mes mains me rappelaient avec insistance l’accident, il fallait qu’il y eût une explication autre que celle d’un au-delà dans les nuages où s’ébattent des individus ailés vêtus de blanc.
Il s’est avéré que nous étions dans une réalité parallèle. Enfin, c’est ce que Franck m’a dit et je l’ai cru. L’explosion m’avait envoyée dans une réalité parallèle, où tout était quasi identique à la réalité dont je venais d’être éjectée.

– Laissez-moi vous poser une question, Roxanne…
– …
– Avez-vous payé votre téléphone et votre énergie ?

Franck a la petite cinquantaine bonhomme, la tranquillité apaisante et un gros flingue à la ceinture. Je n’avais pas de raison de mentir, même si je trouvais ce premier contact hardi et un tantinet mortifiant.

– Heu… non, je suis un peu short en ce moment, niveau revenus et j’attends d’être payée pour pouvoir régler…
– Donc, vous avez reçu des messages de relance ? Je veux dire : des messages enregistrés qui vous enjoignent de payer ? Enoncés par une voix lénifiante, toujours la même?
– Oui, ce matin même, par téléphone…
– Cette voix, c’est le signe. Souvenez-vous en.
– Le… signe ?
– Le signe que votre vie va être interrompue par une explosion et que cette explosion va vous propulser dans une réalité parallèle. C’est pour ça que je suis là.

Et avec un naturel confondant, Franck m’explique que j’ai été choisie pour poser des charges explosives dans des immeubles du troisième cercle de banlieues, les déclencher et m’évaporer dans la foulée.

– Vous êtes la criminelle idéale. L’Asso va vous loger, vous fournir l’argent nécessaire. Nous vous demandons seulement de ne pas vous occuper de régler vos factures. Dès que vous recevrez des relances, contactez-nous.

Et avant que j’aie pu m’insurger sur les critères de sélection qui avaient fait de moi une élue, il a disparu. Enfin, pas disparu-disparu. Mais le temps d’un clignement de paupières et il n’était plus là. Il m’avait laissé de l’argent pour régler nos consommations, un papier avec une adresse et des clefs, ainsi que le sentiment étrange de n’avoir pas compris ce qui était en train de m’arriver. A ce moment-là, j’ai presque regretté que les petits mecs ailés vêtus de blancs n’existent pas.
N’ayant d’autre choix, je me suis rendue à l’adresse indiquée, y ai trouvé un appartement identique au mien (dans un autre monde hélas inaccessible) à ceci près que le ménage était fait et le frigo rempli, des vêtements à ma taille, tous les documents attestant de mon existence à mon nom, celui que je porte depuis mon arrivée parmi les humains. J’y ai pris mes quartier, mais tout m’était étranger. Je ne connaissais personne, n’avait pas d’activité professionnelle, les voisins et commerçants du coin agissaient comme si j’étais transparente. Dans ma nouvelle vie parallèle à ce monde parallèle, je me sentais un satellite orphelin.
Venant de pire, je m’y suis lovée et accommodée avec une facilité confondante,  me suis auto-proclamée Rebelle Quantique.
Y a pas de mal à se faire un peu de bien. Et j’ai appris à poser des charges explosives.
Chaque explosion a fini pareil : un appartement dans une réalité que je ne cherche même pas à identifier ou à situer, une identité commune, une rencontre avec Franck, de l’argent, des impayés, la voix, de nouveaux immeubles à détruire.

Alors… je guette la voix et je pose des bombes. Comme je ne sais jamais combien de temps je vais rester dans un même endroit, je ne noue aucun lien amical, ne rencontre qu’un minimum de gens et lis beaucoup. J’ai d’ailleurs pris l’habitude d’avoir toujours sur moi le livre que je suis en train de lire, histoire de l’emmener en cas d’explosion. Il n’est pas évident de retrouver un roman dans un autre monde… Et un bon roman, ça ne se lâche pas.

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Tous Ego!

 

Lecteur-Chéri-Mon-Hirondelle… C’est le cœur serré, la larme à l’œil et des trémolos dans la gorge que je t’annonce le report de Tous Ego!

Outre le fait que les comédiens devraient partir à 6h du matin,  traverser un Paris devenu jungle de la route et arriver stressés pour monter sur scène, je ne suis pas assez cruelle pour demander aux spectateurs de risquer leur vie, leurs nerfs et la boîte de vitesse de leur auto restée dans le garage depuis les vacances d’été juste pour venir nous voir…

Infos à suivre

 

 

 

 

Lecteur-chéri-ma-bûche-presque-en-grève-à-l’heure-où-j’écris,

Avoues, tu te demandes ce que je fais, vu que ça fait au moins longtemps que je n’ai rien posté et que ce n’est pas dans mes manières.

Sois rassuré, j’ai plein de trucs à dire et d’histoires à raconter mais, à l’instar de tout le monde, je manque de temps.
Et à quoi occupais-je mon temps t’interroges-tu?
La réponse est simple:  à mettre sur un plateau le contenu de mon cerveau malade. Le résultat (très propre, rassure-toi) s’appelle  Tous Ego! et se joue très prochainement en la belle ville de Malakoff

Je t’invite par la présente à venir applaudir le live qui se cache derrière l’écran 😉

Japon – jour 18 – Tokyo

Où l’agitateur se transforme en calme baguenaudant (Nakano, Kōenji)

Ça manque un peu de carpes, mais on y croise de drôles de bestioles

Japon – jour 17 – Tokyo

Jour de théâtre,

Déjeuner en sous-sol et en cage 😉,

Jour de nuits

Japon – jour 16 – Tokyo

Oú la culture, c’est aussi une question de point vue et où le chemin le plus court entre 2 points (de vue) s’apparente à un vortex craché par dragon brodé