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Dérapage incontrôlé

Lecteur-chéri-mon-ticket-de-bus, il ne m’arrive pas souvent de prendre les transports en commun, qui n’ont de « transports » que le nom (on est loin du transport amoureux dans le métro) et de « commun » que la pire définition (cf le Larousse: qui manque de distinction, d’élégance, vulgaire). On y croise de gens que l’on ignore royalement et que l’on se met même à détester, s’ils prennent la place que nous avions convoitée.
Parfois certains individus y parlent plus fort que les autres. Soit ils veulent de l’argent, soit ils sont en pleine crise de folie (il y a aussi les impolis). Laisse-moi te retranscrire le récit poignant de celui que j’ai croisé la semaine dernière. Débraillé, maigre, perdu, il aurait néanmoins pu être toi ou moi.

« Bonjour messieurs-dames, désolé de vous déranger pendant votre voyage. Vous partez sans doute vers votre lieu de travail… si vous saviez comme je vous envie ! Il n’y a pas si longtemps, à cette heure, moi aussi je partais sur mon lieu de travail. Comme vous, je m’étais habillé avec soin, rasé, coiffé, j’avais un téléphone qui sonnait toutes les deux minutes et je me sentais important. Certainement plus important que la plupart d’entre vous, d’ailleurs. Maintenant tout ça est derrière moi et moi, je suis là, à implorer un regard. Si vous ne me regardez pas, je ne vous en voudrai pas : à votre place, je ne m’accorderais pas un œil, je ne vous entendrais même pas. Vous n’existeriez pas pour moi. Je suis comme vous, je vous comprends.
Laissez-moi vous raconter une histoire. La mienne.
Il y a un an, je dirigeais une entreprise de volailles. Je vendais des poulets et des œufs. Je tiens à préciser que jamais il ne me serait venu à l’idée d’en consommer. C’est une de mes nombreuses erreurs. Comme quoi, dans la vie, on ne réalise ses erreurs qu’à postériori. Même quand on le sait. C’est tellement plus simple de ne pas réfléchir qu’on n’y pense même plus.
Voilà ce qui s’est passé:
Un jour, des activistes verts sont venus visiter les batteries et, écœurés par ce qu’ils ont découvert, m’ont pris en otage pour me punir. Ils m’ont attaché sur une étagère parmi les poulets et se sont mis à me nourrir comme eux. Comme les poulets, je veux dire. Au bout d’un mois, j’avais tellement gonflé et pris de poids que l’étagère s’est cassée et que j’ai pu m’enfuir. De nuit, j’ai traversé les champs voisins. Comme j’étais très affaibli et beaucoup trop gros, je n’ai pas pu aller loin.
A ce moment, un passager a sorti des documents d’une sacoche. L’homme s’est mit à se comporter comme s’il était possédé. Les gens se sont reculés, affolés. Il n’a rien remarqué, tout à sa transe.
Oh ! Une sacoche, des dossiers ! S’il vous plait monsieur, laissez-moi  sentir, respirer l’odeur de l’encre…
Il s’est approché, implorant. L’homme, voulant s’en débarrasser sans générer d’esclandre, lui a tendu une feuille.
Merci… oh… un compte rendu… comme c’est émouvant…
Faites voir votre sac ? il est plein…c’est bien… je peux prendre une bouffée ?
L’homme a jeté un œil autour de lui, guettant de l’aide parmi les voyageurs. Comme tout le monde détournait la tête dans un bel ensemble, il lui a passé le sac ; immédiatement, le fou a fourré son nez dedans et a inspiré à grand bruit
Oh comme c’est bon ! J’avais oublié comme c’est bon… Merci monsieur ! Vous venez de me rendre heureux pour la journée !
Où est-ce que j’en étais ? Ah… l’évasion…
Il s’est installé contre la barre centrale, s’y est adossé et a continué son histoire. Les gens, fascinés, l’ont écouté religieusement.
Je me suis retrouvé dans un village et j’ai frappé à la première porte venue. Les gens qui m’ont ouvert m’ont vu là, énorme et nu et pris pour un fou ; c’était un médecin et sa famille. Ils ont décidé de faire des expériences médicales sur moi. Ils m’ont kidnappé et enfermé dans leur cave. J’y suis resté 2 mois, au pain sec et à l’eau, soumis à des injections de produits qui m’ont rendu malade. J’ai tellement maigri que j’ai pu m’enfuir en passant à travers les barreaux de la fenêtre. Je ne sais pas ce qu’ils m’ont mis dans le sang, mais depuis je fais des bonds, il m’arrive souvent de trembler et parfois mes paroles perdent en cohérence. Je me mets à raconter n’importe quoi.
Utilisant la barre comme une barre de pole dance, il s’est mis à se tortiller langoureusement, à se frotter et à exécuter des pirouettes. Au bout de 2 stations, il a repris son récit, suspendu par une jambe, le dos cambré vers l’assistance qui ne cessait de grossir.
J’ai encore marché, enroulé dans une vieille couverture puante. Je suis arrivé dans une petite ville à l’heure de l’ouverture de l’école. Comme j’étais nu sous ma couverture et que mon visage faisait peur, les parents qui accompagnaient leurs enfants m’ont pris pour un pervers. Ils n’ont pas voulu m’écouter et m’ont fait mettre en prison.
Il est descendu de la barre, s’est emparé de la sacoche du passager et a reniflé un grand coup dedans
Aaaaahhh…. ça fait du bien…  si vous saviez à quel point ça m’a manqué, en prison…
Les autres détenus m’ont tellement molesté que j’ai été dans l’incapacité de parler pendant 1 mois, que j’ai perdu un œil et la motricité de mon bras droit. J’ai profité d’un transfert vers l’hôpital pour m’enfuir. Je suis resté à errer, la nuit, dans une ville étrangère dont je ne connais pas le nom. Je crois que c’était dans le neuf-trois, mais les autochtones m’ont trop effrayé pour que je tente d’entrer en communication avec eux. Méfiant, je suis resté à l’abri dans des endroits sombres, ou j’ai attrapé des maladies qui m’ont fait perdre les cheveux et m’ont rendu à moitié sourd.
Un portable a sonné, une passagère l’a sorti de son sac pour prendre la communication.
Oohhhh… un téléphone portable ! Laissez-moi m’approcher s’il vous plait, ça fait tellement longtemps… Oh, ces petites lettres, cet écran, cette lumière… il est beau le vôtre ! Le mien était beau aussi, mais j’ai dû l’abandonner… je m’en veux, mais je n’ai hélas pas eu le choix. Oh… un message vient d’arriver ! Comme c’est émouvant…
La passagère a rapidement rangé son téléphone. Il était extatique.
Merci madame, merci ! Ca me fait toujours plaisir d’en voir un, le mien me manque tellement…
Je fini mon histoire. Après quelques jours d’errance, tel un chien abandonné sur l’autoroute, j’ai repris le chemin de ma maison et après des jours de marche et de misère, j’ai ouvert la porte pour trouver ma femme au lit avec mon frère.
Comme j’avais disparu depuis de nombreux mois, ils m’avaient déclaré mort, m’avait symboliquement enterré et dépossédé de mes biens. Ils n’ont pas voulu me reconnaître, m’ont traité de menteur et m’ont chassé à coup de pierres. Je suis sûr que ma femme m’a quand même reconnu, parce qu’elle m’a lancé un poulet de mon usine en criant : prend ça, sale clochard, c’est encore trop bien pour toi !
Même affamé et affaibli, je n’ai pas pu me résoudre à manger le poulet…
J’ai fini par me rendre dans une station de métro, où j’ai pu, pour la première fois depuis des mois, dormir à l’abri et au sec. J’y vis depuis 3 jours. Je vais maintenant passer parmi vous pour vous demander une petite pièce, un ticket restaurant ou une cigarette. Quand j’arriverai à votre niveau, dites-vous bien que la vie est capricieuse et que demain, vous aussi, vous pouvez tout perdre. »

Lecteur-Chéri-My-Love, je te laisse méditer sur le sens de la vie…

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Le parisien est maso

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Lecteur-Chéri-Mon-Amour,  si tu es parisien et prends le métro, tu n’auras pas manqué de faire un constat édifiant. (Si tu es en province ou à l’étranger ou sur une autre planète, je te rassure le même constat va venir vers toi -au passage, si tu es d’une autre planète et me lis, je te fais ici une vibrante déclaration d’amour virtuel. Sache néanmoins que je ne suis pas représentative de la moyenne, ne t’inquiètes pas. Les autres sont beaucoup plus tordus-)

Pourquoi le métro? Par ce que c’est l’endroit par excellence où on a le temps de regarder les affiches publicitaires. Spécialement les grandes mosaïques qui présentent les spectacles en cours. Si tu es parisien mais ne prend pas le métro, tu auras aussi peut-être fait ce constat, mais pour ça, il faudrait que tu t’intéresses aux colonnes Morris. Le problème, c’est que tu as moins de temps de cerveau disponible pour t’en imprégner, vu que tu est totalement absorbé par la bordée d’insultes que tu envoies (ou reçois), le coup de fil que tu passes (ou reçois), le regard de velours que tu envoies (ou reçois) au type qui occupe la place de l’abribus que tu convoites (la place, pas le type).

Donc, le théâtre à Paris.

Si on aborde le sujet d’un point de vue statistique, c’est un tantinet effrayant. 80% des spectacles actuellement proposés aux parisiens traitent
1) des vicissitudes de la vie de couple,
2) des vicissitudes de la vie de célibataire.
Sachant que ces derniers ne visent qu’à former un couple, par transitivité on est au 1). Le reste sont des one-man/one-woman shows qui s’expriment globalement sur eux, leur vie de couple, leur vie de célibataire et parfois sur l’actualité, mais comme ça demande à être renouvelé, c’est moins fréquent. Bravo au passage à Frederick Sigrist pour son spectacle, qui m’a fait hurler de rire. Même si (je confesse) il parle un peu de sa vie de couple.

La preuve de ce que je raconte, Lecteur-Chéri-Mon-Loukoum? la voilà, aimablement fournie par un lecteur assidu, que je nommerai PTPL et qui se reconnaîtra peut-être. Sache, lecteur assidu, que grande est ma gratitude pour ce cliché pris au péril de ta vie.

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C’est triste, non? La folle vie nocturne de la capitale tourne autour de la pénibilité du couple. Comme on n’oblige pas le public à aller au théâtre, on peut imaginer que le dit public aime, lorsqu’il sort le soir, s’entendre raconter son quotidien, et plonger joyeusement le nez dans sa propre merdre. Il fait même ça de son plein gré. Un peu comme si, en sortant d’une réunion de travail bien pénible, on choisissait de prendre un café pour faire un break salvateur, mais avec les participants de cette réunion, pour « debriefer ». (Si ça fait résonner des trucs chez toi, Lecteur-Chéri-Ma-Pâte-à-crêpes, c’est normal. Ca fait AUSSI partie du quotidien).
On se plaint, mais on en redemande.
Ou alors, comme c’est tout ce qu’on maîtrise et que (c’est bien connu) l’inconnu fait peur, on marine dans le connu et on se sent en sécurité. Et, je te le donne en mille, on est content d’aller, le soir, s’assoir dans une salle aux fauteuils de velours rouge, rire plus fort que tout le monde à ce qu’on voit sur scène et qui présente ce qu’on n’ose pas dire à l’autre. (« L’autre » désignant pudiquement ici le conjoint, cet être honni qui se trouve assis juste à côté de soi et qui rit aussi, pour ne pas pleurer de désespoir).

C’est un cercle vicieux: Si le public n’aimait pas, on peut supposer qu’il n’irait pas voir ces spectacles et que donc, par effet de bord, les thématiques présentées changeraient. Mais ces spectacles fleurissent et attirent de plus en plus d’incontournables vedettes, qui se font donc le vecteur de la merde, vu que le public, ce gentil chien-chien obéissant, va où on lui dit d’aller et de préférence renifler le derrière des vedettes. Qui se prélassent dans les émissions de télé et de radio, attirant par là encore plus de public avide de merdes, et de vedettes avides de succès.
Le public serait donc un maso qui aime se rouler dans la boue formée par ce que sa vie à de moins enviable? (D’un autre côté, on ne l’oblige pas non plus à lire Marc Levy et Paulo Coelho… )
Corollaire: les salles sont pleines de gens qui viennent se repaître de la merde des vedettes (qui on peut le supposer, sont comédiens, et donc ne vivent pas, eux, ces situations) avant de rentrer chez eux réfléchir à l’intrusion soudaine de l’art dans leur salon (voir leur chambre à coucher). Car oui, à ce niveau, on peut dire que l’art (si c’en est) a une vertu, thérapeutique, à l’instar de l’eucalyptus pour le koala. Cette forme d’art crée une accoutumance qui permet de s’immuniser.

Mais alors, si on veux s’immuniser contre les cons, me feras-tu remarquer, Lecteur-Chéri-Ma-Fleur-En-Sucre, toi qui penses à tout, c’est simple, il faut s’entourer de cons et de conneries?
Je te laisse seul juge de ce que tu fais de ta vie…

Sur ce, j’te bise…

Lézard en vacances

Transports en commun

La neige est l’ennemi du scooter ; c’est beau la neige, mais pas en deux roues.
Là, évidemment, ça ne semble plus d’actualité ; mais si vous regardez une semaine en arrière, vous verrez la neige molle, la bouillasse sur les trottoirs, les pieds maculés de couleurs moches, les bas de pantalon en berne et … le métro obligatoire pour les motards. Dans le métro, les désagréments sont nombreux, mais déjà décrits ici: https://geckobleu007.com/2010/03/06/underground-de-banlieue/
C’était il y a trois ans et hélas rien n’a changé…
En plus de tout ça, vu la concentration humaine dans les territoires souterrains, la concentration microbienne est accrue. Et le joyeux pilote de deux-roues, qui vit à l’air libre et le sourire aux lèvres 365 jours par an se trouve être totalement sans défenses et démuni face aux attaques de ces traîtreuses formes de vie. En bref : il choppe la crève. Merci la RATP.

Le motard malade et migraineux qui de surcroît doit prendre le train va, pour sa plus grande joie, se heurter à un autre phénomène joyeux : il va entrer en contact avec les visiteurs du salon de l’agriculture. Pas de bol. Pas de bol parce que le trajet commun dure 4h. Et que le groupe de joyeux agriculteurs (12 personnes tous sexes confondus –hommes, femmes, indéterminé -) est particulièrement joice de retrouver sa campagne et tient absolument à faire participer tout le wagon à sa joie. Joie arrosée de multiples packs de bière, ponctuée de blagues débiles proférées à haute et intelligible voix.
Le phénomène du groupe a ici pris toute sa dimension : sûrs de leur suprématie, nos agriculteurs ont rapidement pris le contrôle du wagon, se sont mis à chanter puis à bien rigoler en expliquant à tous les passagers que de toute façon, ils n’auraient d’autre choix que de les supporter jusqu’au bout. Mais qu’ils accepteraient de partager leurs bières. Trop cool. Les gens (normaux) ont commencé à couiner, mais la moindre réflexion générait un concert de rires gras et de considérations stupides sur les différences entre les gens des villes et des gens des campagnes. Nous avons donc appris que les citadins sont des idiots coincés et qui ne savent pas vivre et que les agriculteurs sont heureux de l’être et de le faire savoir. Nous avons aussi eu droit, par le menu, au détail de leurs achats. Principalement du saucisson, mais répété tant de fois que j’ai cru qu’ils avaient découvert de nouvelles façons d’accommoder le cochon.

Seule une vieille dame a osé faire partager sa fureur, (bravo madame et merci), mais elle a perdu de l’énergie et du temps pour rien. 12 agriculteurs en joie sont aussi intenables qu’un groupe de supporter de foot.  Avant que le wagon ne se transforme en ring et que les passagers ne s’écharpent pour de vrai (soit 35mn après le départ du train), les contrôleurs ont enrayé la rixe en proposant aux joyeux agriculteurs de s’installer « au salon », où ils pourraient faire –je cite – « tout ce qu’ils voudraient ») « Partouze ! » ont clamé les douze (parce que maintenant je m’exprime en rimes). Tellement fin, tellement inattendu qu’on se pince pour être sûr d’avoir bien ouï… Les 12 sont partis en riant et buvant des bières vers un endroit « privilégié et tranquille ».

 Deux conclusions à tirer de ce menu évènement :
1- Pour bénéficier de privilèges, il faut être grossier, être ivre, parler fort ou se montrer menaçant. Et de préférence en groupe. Je me demande si cette règle s’applique aussi aux « grands de ce monde ».
2- En nous quittant avec force commentaires triviaux, les 12 paysans ont tout de même pris soin de bien emporter toutes leurs affaires, avec un « hahahaha… on n’est pas idiots, hein… », qui laissait entendre que les autres passagers, hystériques et mesquins, allaient se jeter sur les valises et les manteaux pour les saccager. Donc, ils avaient bien conscience de passer les bornes. Mais rendus aveugles par le nombre, ils n’en n’avaient rien à faire. Je me demande derechef si cette règle s’applique aussi aux « grands de ce monde »…

Légendes urbaines – X-tine 10

Le début

Comme vous l’avez sans doute remarqué, observateurs que vous êtes, il fait un peu chaud. 36° claironne Google. Comme je ne recule devant rien, j’ai été vérifier sur mon thermomètre extérieur, qui est beaucoup plus raisonnable ; il proclame 34°. Pour 19h, ça paraît honnête, mais là n’est pas le propos.
Le propos du jour m’a été soufflé par une émission radio au cours de laquelle l’invité parlait des « nez ». Il a eu cette remarque stupéfiante de réalisme : « pour les « nez », prendre le métro est un agression olfactive » ; c’est tellement vrai.
Même pour les « non-nez ». Du coup, j’ai effectué quelques recherches sur le net et essayé de trouver une station de métro qui ne soit pas une agression olfactive. Sur le net, pas en vrai. Je tiens à mon nez. Même s’il est de structure pyramidale, mais c’est un autre débat. Je m ‘égare.

Au fait, en parlant d’égarement, vous connaissez ça :
http://www.youtube.com/watch?v=-lkNPnKnzIA ? ça m’a été soufflé par une voix qui est aussi une oreille. Mais pas un nez. On ne peut pas tout avoir.

Donc, revenons au métro. (C’est une image. Je n’aurai pas la cruauté de vous trainer dans le métro un soir de canicule. Autant vous obliger à lire du Marc Levy en portant des chaussettes à losange. Si, ça existe toujours….). RAS niveau odeurs (enfin, RAS de plus que « ça pue la mort, le fer chaud et la poussière, sans compter les émanations humaines »), mais j’ai fait une découverte intéressante : il y a des gares désaffectées et des portions de tunnel laissées à l’abandon. Trop de la balle, non ?
En cherchant encore un peu (comme il fait chaud et qu’il est impossible de dormir, autant s’occuper sainement), j’ai fait une autre découverte on ne peut plus intéressante : il y aurait des gens qui habitent là-dedans. Plusieurs articles sont convergents : sous Paris, dans la poussière grasse et les émanations RATPesques, un groupuscule de gens a élu domicile. Pas des clodos ou des gens perdus ou des fêtards ivres, non. Des gens qui ont choisi de tenter l’expérience suivante : créer sous Paris une bulle de vie bio, propre et fraîche.
Dans le métro.
Dingue, non ?

Il semblerait qu’ils soient menés par une femme. Cette dernière est décrite comme grande, blonde, remarquablement costaud et de caractère ombrageux. Ca vous rappelle quelqu’un ?
(non, je parle de ça : https://geckobleu007.com/2012/04/01/legendes-urbaines-x-tine-9/ …pffff….).
On dirait que X-tine a refait surface (façon de parler). Je me suis immédiatement jetée sur ma messagerie pour lui faire signe. En substance, j’écrivais « Quoi de neuf ? Tu prends des vacances ? », estimant que c’était un excellent moyen détourné de lui faire oublier que nous n’avons pas communiqué depuis plusieurs mois… Le subterfuge a remarquablement fonctionné : quelques minutes après, le temps d’invoquer les Dieux de la pluie en interprétant une danse idoine sur fond de Patrick Juvet en tenue de k-way (je suis vraiment prête à tout pour éviter d’avoir à arroser mes plantes et courir le risque de faire dépérir mes tomates), j’avais une réponse :

« Objet : mission Paris-propre
De : XT
A : GB7

Suis en pleine restructuration de mes circuits ; j’ai décidé de me lancer dans la sauvegarde de l’humanité. Je lance la construction d’une ville saine sous la ville Seine et j’espère bien pouvoir y recevoir rapidement tout ceux qui en ont marre que les abrutis jettent des trucs par la fenêtre de leurs 4X4 – entre autres- avec l’air pincé de ceux qui ne remarquent rien. »

« Restructuration » semble léger. Rien qu’au ton, employé et à l’orthographe, remarquable, on dirait que X-Tine a fait d’immenses progrès en … tout…

Quelques échanges avec elle m’ont permis de reconstituer ce qui s’est produit ces derniers temps : Après une rixe dans un cinéma au cours de laquelle elle a détruit les téléphones de tous les spectateurs qui jugeaient Facebook ou leurs boîtes mail plus intéressants que le film (pourtant, « Ice Age 4 », ça déchire …), elle a été recueillie par un spectateur qui s’est avéré être un scientifique de haut niveau. Il a dû faire quelques ajustements sur le clone et ils se sont associés pour le projet de ville souterraine. Mais il lui a laissé les seins, les jambes et le caractère d’origine. Comme quoi ça peut plaire. Il s’agit d’un certain Dr Sh. Cooper. (pour les adeptes)

Ils en sont à construire une bulle de nature autonome, qui produira sa propre réserve d’oxygène et passent acteullement leurs nuits à collecter les espèces animales qui hantent la capitale pour en démarrer le peuplement. X-tine ne semble pas avoir cessé ses activités de redresseuse de torts, puis qu’elle m’a avoué être à l’origine de plusieurs hospitalisations de personnes indélicates qui laissent traîner des restes de pique-nique dans les bois. Elle leur a fait avaler les canettes et leur a enfoncé de force les papiers gras « partout où c’est possible «  (je paraphrase à peine).

Tout ceci semble bien exaltant. A suivre…

Pour ceux qui seraient curieux au-delà de la norme, l’émission susnommée est là : http://www.franceinter.fr/emission-les-savanturiers-philippe-charlier-medecin-legiste

 La suite ici

 

Estivale promiscuité 2

Le début par

Les périodes de vacances  présentent de multiples occasions de se rapprocher de la gent humaine. Dans les transports, par exemple. Prenons le métro (ceci est une allégorie, bien sûr ; il n’est pas question que vous et moi prenions ensemble le métro… ce serait par trop indélicat de ma part de vous infliger une telle expérience pendant la période sacrée de votre repos annuel…). Donc, le métro. Il ne vous aura pas échappé qu’en période estivale les tenues citadines se donnent des allures de tenues de plage. On croise des filles en micro-shorts, en micro-débardeurs, en micro-jupes, en micro-sandales. Et paradoxalement, des garçons en méga-shorts, en méga-débardeurs, pas de micro-jupes, mais des …tongs… la vraie tong,  celle en plastique qui s’encrasse et offre une surface glissante dès que la température ambiante dépasse 25°, ce qui est fréquent dans le métro en Juillet… donc si on se trouve dans la totale obligation de prendre le métro en fin de journée, on assiste malgré soi à un festival de mollets poilus, aisselles dégagées et tongs crado sous pieds sales. La classe. Pour les filles, c’est mieux : ça donne mollets bronzés, pieds sales mais aux ongles vernis de fluo (très tendance cet été) sur tongs crado. La palme du pire pour le RER B aux sièges en plastique détendu et dont les rames passent la moitié de la journée au soleil. On est inévitablement collés dessus… pour peu que l’on porte une jupe ou un short un peu courts, on pose ses cuisses sur un plastique mou et chaud au contact duquel des dizaines de cuisses ont transpiré avant nous…

L’été, les gens partent en vacances ; il est donc fréquent de croiser dans les interminables couloirs du métro des personnes chargées de valises, sacs, emballages Disney, paquets divers et … sacs à chien … Vous savez, ces sacs en molleton moche, aux imprimés souvent inspirés des redoutables années 80, que les mémés serrent fort contre elles et qui laissent entrevoir une tête moitié aimable de petit clebs hirsute et souvent aux yeux globuleux, les canines acérées et la salive gluantes affleurant les babines… le genre qui mord sans raison et aboie à tout bout de champs et de préférence pour rien.
Mais quand même…

L’autre jour j’ai vu une de ces mémés, qui trimballait une valise, un gros sac  à main et un sac à chien, dans les couloirs de l’infinie station Montparnasse (oui, c’est bien celle où les couloirs interminables semblent mener tout droit en enfer et où on se trompe systématiquement d’entrée, s’obligeant par-là à affronter des kilomètres d’embouteillages piétonnier…), contrainte de se débrouiller seule dans les escaliers alors qu’elle était entourée d’au moins 10 personnes jeunes et vigoureuses qui auraient pu lui donner un coup de main. J’estime faire partie des personnes « jeunes et vigoureuses », mais étant de mon côté considérablement encombrée, je n’ai pas pu faire la BA du jour. J’ai essayé tout de même en attirant l’attention d’un jeune auquel j’ai fait remarquer que « la dame semblait un peu faible pour son chargement », mais n’ai récolté qu’un sourire charmant et chargé de « ah ouais, je vois, la pôôôvre… pas cool, la vieillitude ! ». Crétin.

Après cela, j’ai croisé des gens forts étranges qui trouvaient que s’exprimer en hurlant dans un train de grande ligne était normal et tentaient de communiquer avec une personne restée à l’extérieur du train. Mais si tu l’aimes tant que ça, le monsieur, il faut l’emmener avec toi… ou t’installer ici, avec lui… non, en fait, casses toi loin avec lui…

Dans le même wagon sont montés des touristes belges (donc doublement excusés) qui ont joyeusement pris place en cherchant les meilleurs sièges pour ne pas « vomir sur les autres ». Ouais, choisis bien ton siège la grosse en fluo, sinon je vais trouver le moyen de te faire réingurgiter ton big-mac de force et sous les yeux pleins de larmes de gratitude des passagers normaux.

Après quoi arrivent des québécois, reconnaissables à leur accent chantant, qui se sont enquis de la possibilité de fumer dans ces trains ; je leur aurais bien suggérer de fumer à proximité des belges, mais c’eut été par trop risqué pour la santé olfactives des autres passagers… après quoi ils ont ri comme des baleines asthmatiques à l’idée de descendre aux différents arrêts pour fumer. Mais n’ont pas pris le risque.

Toujours dans le même wagon, décidemment très pittoresque, ont fini par monter une demi-douzaine d’individus vêtus de t-shirts rouges, qui revenaient manifestement d’une compétition sportive, et ont passé la fin du voyage à s’amuser avec une corne de brume. Très frais pendant 45 minutes.

Quand je suis arrivée, les boules Quiès enfoncée dans les oreilles jusqu’à ce qu’il me reste de cerveau, j’avais nerveusement rongés mes ongles pour éviter de griffer au sang les belges, d’arracher un par un les ongles des québécois et de taper avec les sportifs sur les hurleurs… j’étais à point pour le dernier bus…