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Légendes urbaines – X-tine 13

Le début de la légende là.

Ca faisait longtemps. Trop longtemps. Tellement longtemps que je dois admettre l’avoir un peu oubliée, elle et sa ville magique, ses expériences de téléportation et son combat de justicière.
Je me permets donc un petit retour en arrière, une percée dans le trou noir de la vie ouebienne. X-tine, ce clone issu d’une opération de crowd-funding, a transformé brillamment sa condition de clone-sexy en super-justicière-révolutionnaire et baguenaude maintenant (non pas dans les pâturages) sous terre, occupée à la création d’une idéal pour l’humanité. Pour une fois que les fonds communs sont utilisés à bon escient, on ne va pas se plaindre.
Mais il semblerait que la science ne soit plus sa préoccupation première. J’ai en effet reçu samedi dernier cet étrange mail:

« Salut, je vais gagner l’Eurovision l’année prochaine, mais j’ai besoin d’aide. As-tu une idée? »

Ah…. Pour gagner l’Eurovision, il faut soit être transgenre, soit homophobe mais beau (c’est là) et chanter en anglais. C’est bien aussi  porter un costume à paillettes, de faire peur ou d’avoir l’air illuminé.  Gros challenge…

eurov

J’ai donc pris ma plus belle plume et conseillé à X-Tine de se rencarder sur ce qui se fait de plus ringard et provoco-débile, afin de préparer sa prochaine victoire. Un peu de sex-attitude de bas étage, un costume à la frontière de la production Disney et de l’univers de Tim Burton, des paroles dignes d’un élève de CE2.

Elle m’a remercié et m’a posé la question suivante « et comment provoquer de l’émotion? ». Vaste question. En effet, lors de sa conception, X-tine n’a reçu que du fonctionnel; fonctionnel qu’elle a élaboré et transformé tout à son honneur, mais qui reste éloigné du concept de sentiment et d’émotion. Et d’abord, des gens seraient-ils disposés à payer pour intégrer de l’émotion à un clone? Et quelles émotions? J’étais plongée dans un abîme de perplexité et un bain moussant jaune quand le message suivant est arrivé: « je veux chanter une chanson d’amour, mais je ne sais pas ce que c’est ». Arghh… Par définition, « chanson d’amour à l’eurovision » évoque aussitôt des dégoulinures sucrées dégueulasses, pas de vestes à paillettes et pas de chorégraphie de l’enfer. Un truc chiant. Aucune chance de gagner. Et comment expliquer l’amour à un robot? Aucune idée, ça me paraît aussi impossible que d’inculquer la notion de « sentiment » à un téléphone portable ou de « délicatesse » à une box SFR. Ou encore de chercher la rédemption sur netflix. Dans notre univers geek, il faut s’asseoir sur l’essence de l’humanité. Et dans notre univers de téléréalité, se double-asseoir  sur les notions de culture et d’intelligence.

Perdue dans ces conjectures, je me suis mise à imaginer la combinaison parfaite pour que X-tine gagne le prochain concours.
Du sexe, de la violence, un zeste de revival années 80, de la testotérone, des démons surgis de l’enfer de nos passées, de la technologie, l’héroïsme nécessaire à notre survie dans ce monde de crise, le tout piloté par des informaticiens fous, gavés de sucre de palme et de bière japonaise.
Forte de ces conclusions édifiantes, je lui ai conseillé de se mettre au karaté et d’oublier tout velléité de sentimentalisme. Et j’ai continué mes agonies aquatiques aux couleurs d’eau croupie. (comprenne qui pourra, j’écris ici pour un public averti, qui lui, saura).

La réponse m’est parvenue dans la nuit, X-tine affirme avoir trouvé son gourou, l’homme qui va faire d’elle une nouvelle égérie pop. Dithyrambique, elle me décrit avec force commentaires élogieux son nouveau héro et joint une vidéo de « Celui qui Sait ».

https://www.youtube.com/watch?v=ZTidn2dBYbY

Si tu observes attentivement, tu verras arriver la petite pub pour la bière. L’association « survivor » + picoler du houblon me laisse pantoise, mais laissons l’humanité se construire à sa façon. Tremble, Suède, la France se réveille (et plus de Waterloo qui tienne)

Bon, si par hasard tu n’as vraiment rien de mieux à faire, je te conseille ce pur moment de nostalgie…

https://www.youtube.com/watch?v=mSYpXal_QcA

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Légendes urbaines – X-tine 12

Le début de la légende là.

Hier soir, lors d’une excursion périphéenne nocturne, j’ai vécu une aventure étrange.
Après la porte de Bercy, un radar oblige le commun des mortels pas trop aviné (vu qu’il dispose maintenant d’un éthylotest dans son véhicule, il a pu s’auto-vérifier) à ne pas dépasser les 80km/heures fatidiques au-delà desquels on encourt le courroux de la justice. Avant, ces radars étaient placés de face, pour identifier le conducteur sur la photo; il paraît que l’effet était saisissant. Cette disposition permettait aux pilotes de deux roues d’alimenter cette collection de photos prises sur le vif avec des images de chouettes attitudes, en toute impunité. Personnellement, j’avais mis au point un parcours spécial qui me permettait d’être photographiée gratuitement en différents points de Paris faisant le V de la victoire… C’était très amusant jusqu’au jour ou les radars ont été installés de façon à identifier les plaques d’immatriculation des motos. Je crois que c’est de là que viens l’expression fleurie « être pris par derrière » (pardon maman pour cette digression moyennement élégante, mais je n’ai pas pu résister).Bref.

Tout ça pour raconter qu’hier, à proximité ce traitre radar, une moto qui roulait manifestement bien au-delà des 80 km/h est passé en trombe à côté de moi. Un peu plus loin, ça n’a pas loupé : Le flash attendu a bien sûr surgi dans la nuit (pas comme le cavalier, elle ne courrait pas vers l’aventure au gAAaalooooop) Et c’est là que c’est devenu étrange : la moto et son pilote ont disparus. Je veux dire : après le flash, plus rien ; plus de moto, plus de pilote (l’éthylotest n’est pas encore obligatoire pour les 2-roues, mais je peux garantir que j’étais sobre). Evaporés. Hallucinant.
Dans la foulée, une voiture qui roulait aussi un peu vite s’est trouvée au niveau du susdit radar et là… flash, disparition ! Un truc de dingue. Le flash fait s’évaporer les véhicules ! J’ai d’abord cru à un tour de la maréchaussée pour éviter les excès de vitesse : tu vas trop vite ? PAF ! Tu t’autodétruis ! Mais pas sous le régime Hollande… non….

De retour à la maison, je me suis jetée sur mon ordi et ai démarré une exploration ouebienne en bonne et due forme. Il s’avère que des disparitions ont été signalées depuis à peu près trois semaines. A chaque fois,  le récit est le même : un véhicule et ses passagers ont subitement intégralement disparu, de nuit, à proximité de la porte de Bercy. Des recherches ont été lancées et sont restées infructueuses.
N’ayant pas beaucoup d’amis scientifiques ou savants vers lesquels me tourner pour m’ouvrir de cette découverte, surtout de nuit, j’ai donc essayé la seule personne qui pouvait éventuellement avoir des informations : j’ai envoyé un mail à X-Tine, qui (à ma connaissance) est toujours sous terre, à mettre au point une ville onirique pour les parisiens, accompagnée dans ce projets de savants et d’utopistes.

La réponse est arrivée très vite (à peine le temps d’entamer une danse tribale pour me maintenir éveillée) : oui, elle voit tout à fait de quoi il est question. Depuis un mois, son équipe et elle travaillent sur la téléportation. Ils ont réussi à mettre au point un système qui permet les déplacements par téléportation sur une distance pouvant aller jusqu’à 5 km. Le principe est un peu compliqué et en l’état actuel de l’avancement des travaux, ne peut fonctionner que s’il est implanté dans des radars… X-Tine et ses amis sont en train de peaufiner la technique, mais ils ne peuvent le faire que la nuit, aux heurs dites « creuses » (imaginez en plein jour, de multiples évaporations de véhicules…). D’où les effets de bord auxquels j’ai assisté.
Les personnes ainsi déplacées arrivent au niveau de la ville souterraine, dans un espace spécialement conçu pour recevoir des motos ou des voitures lancées à plus de 80km/heure. Ce sont des voies de métro désaffectées. Une fois les véhicules téléportés parvenus à l’arrêt, leurs passagers sont invités à rejoindre les habitants de la ville ; pour l’instant, ils n’ont pas le droit de regagner la surface, les expériences devant rester secrètes. Il semblerait qu’on les ait équipés de rev’holo et qu’ils soient tous partis batifoler dans leurs idéaux fantasmagoriques. Personne n’aurait pour l’instant manifesté l’envie de retourner en surface. Il faut dire que l’univers de X-tine a beaucoup évolué depuis cet été : l’air y est pur, les fleurs colorées, les aliments non-grossissants (même le chocolat), les vêtements seyants et les habitants, évoluant chacun dans leur univers rêvé, parfaitement heureux. Un peu comme si le monde parfait de chacun formait une bulles et que ces multiples bulles interagissaient sans jamais se gêner.

 Digression : Ca à l’air un peu abscons comme ça, mais pour avoir une idée plus précise, imaginez dix secondes que vous puissiez vivre exactement en adéquation avec vous-même sans jamais empiéter sur l’exacte adéquation des autres. Ca fait envie, non ? Ca relance le débat sur la possibilité d’existence d’univers parallèles, mais si on part du principe que le nombre de possibilités est fini et que le temps est  infini, statistiquement ça doit forcément exister. Mes expériences récentes de voisinages sont la preuve que je n’évolue pas dans la combinaison idéale, mais peut être qu’ailleurs une occurrence moi vit-elle en harmonie totale. Penser ça suffit à me satisfaire.
Fin de la digression.

La téléportation… Ce monde souterrain commence à me fasciner…

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Légendes urbaines – X-tine 11

… la ville prend forme…
Le début de la ville ici.
Le début de la légende là.
La chouette musique là.

 Aux dernières nouvelles, l’équipe chargée de sa construction travaille sur un concept onirique ; quelques échanges de mails m’ont permis d’en reconstituer les grandes lignes.
Tout d’abord, X-tine et ses associés ont eu la surprise de voir défiler un grand nombre de prétendants à l’hébergement dans leur bulle ; il a fallu réguler les entrants en imposant une durée de séjour maximale. Comme il n’est pas question de faire de la ségrégation, du favoritisme ou de filtrer, pour l’instant tout un chacun est bienvenu ; il suffit de se montrer poli, de ne pas figurer sur la liste des possesseurs de 4X4, de ne pas lire Marc Levy ; une écoute attentive de Patrick Juvet serait un plus.
Actuellement, on peut rester jusqu’à 4 heures sous la bulle. Et à priori ça vaudrait le coup: Les scientifiques auraient mis au point un dispositif holographique sous forme de casque. Ca s’appelle le Rev’holo.
La personne qui porte ce casque se retrouve immédiatement projetée dans l’univers de ses rêves. Si, par exemple, vous rêvez de plages paradisiaques comme dans « Madagascar 1 », entouré de tous vos amis, vous vous retrouvez à évoluer dans ce décor :

Si, au contraire, vous vous rêvez en pilote de vaisseau spatial, volant entre les étoiles et les planètes, vous arrivez là :

Le casque est muni d’un détecteur de zones cérébrales actives qui permet d’éviter tous débordements…ceux qui rêvent de milliers d’infirmières lascives aux tenues plus courtes les unes que les autres peuvent passer leur tour…
Donc il existe sous Paris un endroit magique où les rêves peuvent momentanément prendre vie. Il parait que les illusions créées sont d’un réalisme impressionnant. Pour l’instant, le système est en version de test : les interactions entre les « passagers » sont encore mal gérées.
Pour reprendre les exemples ci-dessus, vous pouvez batifoler sur une plage de rêve en bikini blanc façon Ursula Andress

et croiser le chemin d’un capitaine de vaisseau assez … inattendu…

ll est évident que les dialogues peuvent déraper…

UA           – Euh… Aloha charmant inconnu, voulez-vous partager le produit de ma pêche ?
S              – La raison le voudrait, plagienne, mais je suis perdu dans un dilemme Hamletien… dois-je ou ne dois-je pas ? Est-ce risqué ? Souhaites-tu m’empoisonner ? Se cacherait-il un démon barbare derrière cette tenue étrange et peu seyante?
UA           – Mais, admirable homme aux oreilles pointues, pourquoi voudrais-je tefaire du mal ? Tout est si parfait ici, tu ne peux être que bon… et je trouve ma tenue plus que parfaite au vu des circonstances et du cours de la bourse…
S               – Parfait, Bon ? Ha… je vois… mélangeons nos pensées un moment… en effet, ce que laissait entendre ton étrange couleur de cheveux se révèle un bon indice… tu n’es pas capable de malice…
UA           – Viendrez-vous avec moi courir dans les fleurs et chanter des chants allégoriques ?
S                 – Non, je préfère rester et jouer du luth vulcain, ne m’en veux pas, femme, mais je dois momentanément t’empêcher de me distraire…
Et il l’endort d’une pression sur l’épaule.
Seulement là, que fait-on ? Dans les faits, un parisien innocent vient d’endormir pour une durée indéterminée une parisienne innocente… les équipes de X-Tine sont en active recherche d’un algorithme qui permettra d’éviter les interactions malheureuses. D’autant que les poissons et coquillages pêchés dans l’après-midi vont commencer à sentir.
Ca craint.

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Légendes urbaines: X-tine 9

Il se passe ces temps-ci d’étranges choses dans Paris.
Une lecture approfondie des entrefilets dans les quotidiens laisse entrevoir une série d’évènements qui pourraient bien être reliés les uns aux autres.
Il y a deux jours, des habitants du seizième arrondissement de Paris se sont plaints d’avoir été réveillés par des lectures nocturnes. Les plaintes font toutes mention d’une grande jeune femme blonde au physique impressionnant, vêtue d’un pantalon de treillis et d’un top léopard, qui s’installe systématiquement dans des cours d’immeuble, sur une chaise qu’elle apporte avec elle, et se met à déclamer d’une voix forte des textes qui semblent émaner de romans.

Les plaignants affirment que la femme n’a pas de livre avec elle ; elle en connaît par cœur de très longs extraits. Tous affirment que passées quelques minutes, l’écoute de ces textes est littéralement insupportable.  Quelques dames ont cru reconnaître que les romans sont de Marc Levy ou Paulo Coelho.
A chaque fois, le procédé employé par la grande blonde est le même : intrusion dans une cour intérieure après avoir piraté le digicode de la porte principale, installation sur une chaise, quelques vocalises pour s’éclaircir la gorge (certains ont reconnus « Alexandrie Alexandra », d’autres «Où sont les feeeeeemmes »), puis déclamation d’une voix de stentor de textes insipides et irritants.
Par ailleurs, en début de semaine, un laboratoire de recherches en neurologie s’est plaint d’avoir été cambriolé ; des pilules de lecture ont été dérobées, elles étaient destinées à des expériences menées sur des rats de laboratoire et ne sont en aucun cas destinées à des êtres humains. Les risques de détournement des textes seraient importants, leur sens initial pourrait se trouver fortement altéré. Le gardien aurait aperçu une grande blonde qui l’aurait menacé de l’assommer et de lui lire le dernier opus de Bernard-Henry Levy s’il tentait la moindre manœuvre.
La police procède à des recoupements, mais ces quelques lectures sauvages après le cambriolage ressemblent fort à des interventions de X-tine qui se serait approprié un peu de culture et aurait voulu la partager…

D’autres faits troublants semblent attestent de son retour dans la capitale : toujours dans le 16ème, des propriétaires féminines de bouledogues anglais

 ont été agréssées à leur domiciles, ligotées, puis leurs chiens ont tous reçu des injections de ce qui s’est avéré être de grosses quantités de botox. A chaque fois, l’agresseur était une grande jeune femme blonde qui récitait du Shakespeare en pratiquant les injections, puis partait en laissant les chiens gonflés comme des poissons ballon (fugu).

La blonde s’éloigne ensuite en assurant les femmes  (toutes âgées de plus de 50 ans) qu’elle reviendra sans tarder pour s’occuper d’elles gratuitement.
X-tine semble avoir découvert les joies de la chirurgie esthétique…

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Légendes urbaines X-tine 3

Si vous voulez connaître le début, allez là Opus 1, puis là Opus 2

 J’ai réussi à échanger quelques mails avec le laboratoire; il semblerait que les opérations ne se soient pas déroulées comme prévu: X-tine a bien pris vie hier, mais mal pourvue en équilibre, en compréhension générale et en appréhension de son schéma corporel, elle n’a réussi qu’à parcourir le labo de façon désordonnée, dévastant au passage une partie des installations.

La situation semble rétablie, mais le clone a été abîmé… elle m’a été décrite comme « difficilement maîtrisable » et d’une force « peu commune pour une femme de son gabarit ». Actuellement, elle a dû être ligotée sur un lit d’opération et démise de son énergie vitale. D’après son créateur, une partie du revêtement qui constitue sa peau a été lacéré et elle a perdu un œil et un sein…
Il semble un peu dubitatif sur la partie « apprentissage » qui a été mise en œuvre un peu à la hâte, faute de moyens et m’encourage à verser un peu de fonds. Par égard pour la créature, je donne 20€ pour que sa prochaine promenade à travers le labo soit coordonnée…

J’ai oublié de mentionner l’étrange mail reçu hier soir. En revanche, j’en ai renvoyé un à X-tine, l’encourageant à se relancer dans la marche lors de sa prochaine « libération ».

Il faudra que je pense à me renseigner sur la source de la force peu commune de X-tine.

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