Archives Mensuelles: octobre 2012

… toujours la grande manipulation…

Ces derniers temps, ma mutuelle m’inonde de propositions toutes plus séduisantes les unes que les autres :
–          Des étiquettes qui auraient pu être dessinées dans les années 20, pour me remercier de souscrire à un plan d’obsèques. C’est cool, je peux mourir en paix… j’ai des étiquettes à coller pour prévenir mes amis…
–          Un « plan longue vie » (si jamais je ne veux pas mourir de suite): comme ça je vais rester dans les bonnes conditions pour continuer à travailler très très longtemps, pour avoir mes 180 trimestres avant la retraite… Mais dans ce cas là, il va falloir plus d’étiquettes…

 Internet, de son côté, me propose :
–          Des trucs imparables pour maigrir, c’est un peu vexant, comment osent-ils ? c’est donc à supposer que tout le monde veut maigrir ?
–          Des éthylotests et de la lecture dans la même promotion; donc les gens qui boivent sont les gens qui lisent ? ou ceux qui essaient de se mettre à la lecture finissent poivrots ?
–          Des trucs pour racheter mes crédits, histoire d’être endettée au maximum (d’où l’intérêt du «plan longue vie »),
–          Des infos sur le glaucome (l’âge ?),
–          De me faire des amis sur un site de rencontre pour les + de 50 ans… ceux qui n’ont pas encore de glaucome, les autres ne peuvent pas lire (ou ils sont torchés dès 10h le matin, et ne sortent pas sans éthylotest)…,
–          Un relooking coiffure (mais ils voient à travers l’écran ?),
–          Des infos pour passer le cap de la ménopause (ça commence à devenir vexant, ces allusions…), vieille, grosse, sans amis, mal coiffée, poivrote… quelle image de moi véhicule le net ?
–          De réveillonner à l’étranger,
–          D’acheter des DVD à 5€ pour bien passer Noël (que des bons films, à 5€…), mais à l’étranger…
–          Un pèse-personne intelligent (sans doute un truc qui comprend les insultes et sait y répondre avec humour),
–          D’anticiper le financement de mes obsèques (décidément le oueb veut me voir refroidie…)
–          Une caméra de surveillance WiFi, sans doute pour voir mon appartement vide en mon absence… les coussins du canapé tristes et seuls… Et un super moyen d’être en ligne en permanence si j’oublie de désactiver la cam’…,
–          De devenir un trader professionnel, pour rejoindre Kerviel en prison pour les fêtes (mais avec des DVD et une possibilité de négocier un réveillon à l’étranger…)
–          D’assister à des essais auto (ça c’est grand ! je me demande bien quel moteur de stats a pu me mettre dans cette liste… les mystères de la technologie moderne… sans compter que j’ai sans doute un glaucome… d’où les assurances obsèques…)
–          De me poser des faux ongles (comme ça, plus possible d’utiliser mon clavier, réduite au silence ouebien)
–          Des tas de voyantes qui me veulent du bien. En même temps, avec tous mes problèmes liés à l’âge, à la baisse de vision, au poids, à la solitude… ,
–          Un devis mystérieux pour des travaux non demandés,
–          Une confirmation de vol pour un vol fantôme,
–          Une formation « stable et qualifiante » d’hôtesse d’accueil tourisme…, (mais vieille, grosse, moche et qui ne voit pas bien. Seuls ses ongles longs sont comme une réminiscence de sa féminité passée),
–          Un tablier de boucher pour aller avec mes achats de viande (bien ciblé aussi, ils ratissent même chez les végétariens… il faut décidemment étudier les moteurs de stats),
–          Sans compter le faux mail d’EDF (hyper bien fait) qui me réclame une facture soit disant impayée et menace de me couper l’électricité… sauf à communiquer mes coordonnées bancaires… il parait que plein de gens se sont fait avoir… tellement habitués à inscrire leur numéro de CB partout…

Allez… un petit coin de paradis pour oublier tout ça…

 

Nous prend-on vraiment pour des cons?

Ou une nouvelle théorie de la grande manipulation…

… ça gratte un peu en ce moment ; par « ça gratte », j’entends « ça dérange », « ça gêne », « ce n’est pas confortable », …
Déjà, on se réveille et quand France Inter n’est pas en grève, on entend au moins 25.000 fois les mots « crise », « chômage », «augmentations » (pas de salaire), « baisse » (dans les sondages). Pas de quoi donner envie d’aller gambader dans les champs en suçant des fleurs…

Côté culture, ça donne :
–          « L’art en guerre » (musée d’art moderne de Paris) ou comment les temps durs, crises, pénuries, ont amené les artistes à adapter leur production.
Question : doit-on se préparer à traverser des temps si difficiles qu’il faudra porter des colliers de nouilles et accrocher dans son salon des tableaux faits de boîtes de conserve récupérées dans les poubelles de François Hollande ? Ou alors, doit-on interpréter cela comme : « soyez heureux, quoi qu’il arrive on peut trouver comment positiver » ? Ou alors : « Fermez-la, serrez les dents, d’autres ont connu pire et regardez comme ça leur a réussi « ?
–          « Bohèmes » au grand palais (magnifique scénographie, au passage) ; à l’heure ou les Roms sont chassés, repoussés, renvoyés, honnis, comment interpréter cette thématiques ? « Regardez, ils ont de tous temps été près de nous, soyez tolérants » ? « Ce sont de artistes, des muses, acceptez-les » ? « Nos plus grands compositeurs, auteurs, … ont été inspirés par eux, pourquoi par vous » ?…
En intro à l’exposition, un petit film montre des tziganes danser dans la rue. Formidable. Aujourd’hui, ils chantent dans le métro (mal), doit-on continuer à s’extasier ? Aurait-on à faire à un soupçon de démagogie ?
–          « Arts de l’Islam » au Louvre. Aux antipodes des problématiques extrémistes actuelles. Alooors ? Qu’en penser ? Peut-on y déceler un message comme « Regardez, les musulmans font de si belles choses, ne sombrez pas dans un anti-islamisme primaire » ? « Ayez l’esprit ouvert, soyez tolérants » ? « Aimez-vous les uns les autres » ? Non, il n’y a sans doute aucune démagogie là-dessous, ce doit être une forme passagère de parano m’atteignant les nuits sans lune.
–          «Le journal d’Anne Frank » au théâtre Rive gauche. Oui, il y a eu la guerre et c’était dur. Alors taisez-vous et attendez que la crise finisse; faites confiance au Pouvoir.
–          « Les derniers jours de Stephan Zweig » à l’Antoine. Oui, il y a eu la guerre et c’était dur. Alors taisez-vous et attendez que la crise finisse; faites confiance au Pouvoir.

La crise, donc. La guerre. L’intolérance (ou la beauté d’être tolérant). Manipulation, sentimentalisme de base, peut être ?

 –          Un film, « Compliance » (basé sur des faits réels) qui montre comment un malade pervers peut, au cours un simple appel téléphonique, en se faisant passer pour un inspecteur de police (Ah…. Le Pouvoir…), entraîner des quidams (vous et moi, mais surtout vous) à perpétrer humiliations et viols en toute impunité. Manipulation encore. D’un côté les pervers, de l’autre les moutons. Question: De quel côté vaut-il mieux être? Quoi…penser de soi-même? être en adéquation avec ses propres valeurs… mais… on peut?

Vous êtes férus de culture ? Alors pourquoi (vraiment, je reste sidérée) passer 4h à faire la queue sous la pluie pour ensuite aller se compacter devant les toiles d’Hopper (au grand palais) ? Il y a des dizaines d’expos au moins aussi intéressantes. Mais moins médiatisées, sans doute. Ah… un peu de manipulation, peut être ?

 Et que penser, à la lumière de ce brillant post, des petits pères Noël en chocolat qui agrémentent les rayons des supermarchés dès le 20 Octobre ? (ils y étaient peut être avant, je ne fais pas mes courses souvent, je ronge les joints du frigo en hurlant à la lune les complaintes du ménestrel Alain Souchon en ce moment  -on est foutu… on mange trop…-). Ca peut être interprété par « Hahaha ! On vous fait encore croire au Père Noël », «Jésus Christ 2013 : le retour », « Mangez-bougez, mais mangez surtout », « On ne sait pas de quoi sera fait demain, offrez vous dès maintenant la douceur des fêtes, ces moments de bonheur familial partagé », « Ta gueule et fais ce qu’on te dit, même si tu n’en as pas envie, nous on sait ce qui est bon pour toi, en l’occurrence, le chocolat en forme de père Noël »… Manipulation, toujours ?

 … ça fait peur, non ? (comme me l’a susurré à l’oreille mon ami Ribes) …  Soyez vigilants, bientôt Marc Levy sera perçu comme un prophète et Britney Spears comme une sainte…

 

Les derniers jours de … mais détendez-vous monsieur Timsit!

Les derniers jours de Stephan Sweig au théâtre Antoine, avec Patrick Timsit et Elsa Zylberstein

 

Monsieur Timsit, sincèrement, je vous aime bien. Je vous trouve non seulement drôle mais caustique et avec une vraie dose de cynisme, ce qui est non négligeable de nos jours.
Je ne m’attendais certes pas à vous voir exécuter des cabrioles sur scène, ni prendre le public à partie; encore moins à nous faire rouler par terre, suffoquant de rire. Non, pas dans le rôle de Stephan Sweig, sur la fin de sa vie qui plus est.
Mais j’attendais de  Sweig, de vous donc par extension, du sentiment, de la vraie nostalgie, de la vraie tristesse, de la vraie gêne de se sentir lâche. De vous sentir lâche. Et de la tendresse aussi, pour cette femme qui vous accompagne au bout du monde, vous aime indéfectiblement et vous suit jusque dans votre dernier voyage.

Ce soir, je n’ai pas vu Stephan Sweig, mais Patrick Timsit luttant désespérément pour entrer dans la peau de Stephan Sweig.  Timsit raide et récitant, peinant à communiquer avec Lotte, répondant avant d’écouter les questions, se débarrassant de ses répliques.
Dommage.
J’ai vu un Sweig dépressif et suicidaire, mais ai regretté le Sweig nostalgique, hésitant, troublé au point de ne pouvoir écrire, passant d’une idée d’écrit à une autre, perdu, honteux de ce qu’il estime être une lâcheté ; la lâcheté d’avoir fuit, d’avoir su anticiper la débâcle, de ne pouvoir aider ses amis. Ses amis  morts, ses amis combattants, ses amis dont il n’a plus de nouvelles.

Alors si, j’ai été émue. Aux larmes. C’était à vous regarder saluer. Vous aviez l’air heureux, vrai, vous étiez plein d’émotions. A voir votre main serrer celle de votre partenaire, on sentait la joie de ce moment partagé, la vraie tendresse. Vous avez pris Elsa par l’épaule, lui avez donné une bise, réelle, celle que l’on aurait tellement souhaité que Sweig donne à Lotte au moins une fois… C’est ce Timsit là, au visage vivant, expressif, que l’on peut espérer vous voir donner à Sweig.

Je dis ça, c’est peut être simplement un moment de dépit, de fatigue, allez savoir.

Sinon, pour la note débile de fin de semaine (je m’adresse à ceux qui lisent encore: merci à vous, je vous aime… et ça prend toute sa saveur dans ce qui va suivre…), j’ai vu sur une voiture l’autocollant au slogan le plus nul de l’univers; ça disait : « Vous aimez les lapins, mangez des carottes ! ».

 

Il se trouve que j’ai aimé mon chien, mais n’ai jamais mangé de canigou. Et que j’ai aussi aimé un chat, sans pour autant partager ses souris. Il m’est arrivé d’apprécier un poisson rouge, Mister T, je devrais peut être envisager de me convertir aux paillettes qui puent.
On pourrait transposer à la RATP: « Vous aimez les parisiens? roulez en vélo! » (les parisiens de batterie, ceux qui passent plus d’une heure par jour dans le métro); mieux: « Vous aimez les parisiens? jettez votre 4X4 inutile et qui pue » (les parisiens courageux: ceux qui roulent en vélo pour avoir voulu libérer les parisiens de batterie); mais personne ne doit aimer les parisiens… Peut être qu’en faisant manger des carottes aux parisiens, on les rendrait aimables… il doit y avoir une piste à creuser…

 Voilà, il est tard et je vais aimer aller me coucher. Mais sans mâchouiller mes boules Quies. Promis.

 

 

 

 

Bruce Toussaint, l’homme qui m’a fait aimer Frederic Lopez…

… Calmez vous… Il s’agit là d’amours radiophoniques…

 Cette semaine, gros dilemme pour les auditeurs de France Inter : grève du service public, pas d’émissions… Gasp, mais qu’écouter entre 7h et 9h ?
Comme j’aime à prendre des risques et que je ne recule devant rien pour toi, public-chéri-mon-amour (oui, je sais, je sais), j’ai donc mis ma radio sur Europe 1. Cette décision fondamentale a été prise en conscience, pour limiter les risques : j’ai grandi à l’écoute de cette station et Julie, Philippe Gildas, François Diwo, le maintenant clarinettiste Christian Morin étaient les amis de mes matinées d’enfant… (si-si, j’ai été enfant avant de devenir cette redoutable plume ouebienne…)

Bref, j’ai voulu repartir sur des terres connues, Europe 1, ma madeleine de Proust (non, je ne me prends pas pour Proust! Ceux qui en ont entendu parler, arrêtez de hurler, les autres, je doute que vous lisiez alors, ….).
Europe 1, donc.

Quelle surprise d’entendre à 7h30 un ton radiophonique qui rappelle cruellement le ton de télévision des émissions faites en public. Celles pour lesquelles on vous recrute pour vous faire assoir pendant des heures sur des gradins même pas confortables et vous faire rire et applaudir sur commande. Avec toute la remarquable spontanéité d’un public conquis… Déjà à la TV c’est insupportable, mais à la radio… et tôt le matin… Comment dire… sans doute suis-je pervertie par des années d’écoute assidue de la radio des profs et des intellos, sans doute mon jugement est-il altéré par l’écoute de gens qui ont un vrai ton journalistique et de vraies voix de radio.
Que ceux qui n’ont jamais critiqué une personne médiatique me jettent la première oreillette, mais je ne m’attendais pas à entendre un animateur au ton faussement enjoué et aux semi-vannes poussives, prêt à tout pour détendre les auditeurs. Si tôt. Alors que les dernières impressions laissées par les  rêves pèsent encore les paupières.  

Quand au ton, j’ai eu l’impression de suivre des exercices de diction… impossible d’y trouver une once de naturel. Tout est forcé, comme si certains mots étaient souligné pour être accentués, mais au hasard dans les phrases. Comme si un auteur sous acide avait décidé d’entrer en communication avec des aliens (alors que chacun sait que dans l’espace, personne ne t’entend…)
Et les questions/réponses avec les journalistes ou animateurs sont tellement lues… ça done un ton que je croyais réservé aux seuls les animateurs sportifs, vous voyez ?

 Question : l’auditeur, ce consommateur crétin auquel dès le matin on fait avaler par les oreilles des publicités débiles, a-t-il besoin de rire hystériquement dès son café, avant même d’avoir eu le temps de se brosser les dents ? Pourquoi stresser ses sens ? Pourquoi, mais pourquoi??? , lui imposer Roumanoff ?

En parlant de pub, j’ai été consternée d’entendre Julie (ah… Julie… Dieu sait si vous avez bercé mes petits-déjeuners d’écolière) faire des réclames en direct… Mais zuuuuuuuuuuuuut, je suis sûre que vous avez des tas de choses à raconter, vous avez une voix, vous !!!!

Bruce, vous êtes sans doute quelqu’un de pas idiot, alors pourquoi nous parler comme si nous étions tous abrutis ? Et  ARRETEZ de faire des « OUAIS », des « HMMM » ou des « HEU »  TOUTES LES 45 secondes… Ca ne renforce en rien l’intérêt de ce qui est dit…et CESSEZ LES JINGLES, ça agresse ! Si on veut des jingles, des rires ineptes et des phrases sans sens, on va sur NRJ.

Pour être bien sûre de tout ça, j’ai pris des risques… j’ai remis Europe 1 dès le lendemain (oui, je suis pour la prise de risques inconsidérés). Mais comme le corps humain et le cerveau qui lui est associé sont bien faits, les sons n’ont pas réussi à franchir la barrière de mes oreilles. J’ai eu tout au plus l’impression qu’un moustique me tournait autour. Aucune phrase ne s’est frayé un chemin jusqu’à mon cerveau (si, j’ai un cerveau).

 Ah : cerise sur le gâteau, la pub dite par Alain Bernard. Il n’y est pour rien, mais il n’est pas comédien. Il parle comme un gosse de primaire qui récite La Fontaine, avec des mots moins intelligents. Petite, comme on évitait les grossièretés, on avait trouvé pour remplacer le mot « con » l’expression « Champion Olympique de Natation » ; (je ne suis toute de même pas la seule à me souvenir de ça… allez… ) quand j’ai entendu le pauvre Alain ânonner sa pub en commençant par «Moi, Alain Bernard, champion olympique de natation » (ou approchant), j’ai cru défaillir… et il a fini en beauté par « une affaire comme ça, moi, je plonge ! » Whaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!! Trop forts les publicitaires !! Des gens sont payés pour inventer ça ? Mais contactez moi, je suis sûre de pouvoir m’adapter et pondre des trucs aussi débiles ! Garanti !

 Il y a peu, je dissertais sur l’arrivée de Frédéric Lopez à France Inter : ici
Force est de constater qu’à défaut d’être totalement en adéquation avec une prestation uniquement auditive, il se tire plutôt largement mieux d’affaire que Bruce Toussaint, qui donne l’impression d’animer une émission de divertissement télé à la radio. Sincèrement… avant 10h c’est indigeste…

 Juste une dernière question : pourquoi mettre des animateurs télé à la radio ? C’est un peu comme si on mettait des hommes politiques au cinéma, ou l’inverse… personne ne pourrait imaginer un truc pareil…