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Estivale promiscuité…

En été (quand la météo le permet, s’entend…) avec l’ouverture des terrasses on se retrouve facilement très (très) près de gens qui parlent très (très) fort. L’inconvénient majeur résidant dans le volume sonore et son direct comparse : l’intérêt de ce qui se trouve à la source sonore, soit ce qui est dit. Paradoxalement, l’avantage majeur réside justement dans ce qui est dit.

Exemples tirés de ma modeste expérience de la semaine :

  • Les protagonistes : un trio de personnes entre 22 et 26 ans qui ont l’air de travailler ensemble dans le restaurant à la terrasse duquel ils sont installés.
    Le sujet : la vie sexuelle (ou plutôt l’inexistence de vie sexuelle) de l’une des filles.
    L’objet du débat : un nouveau collègue au charme qui semble bouleversant.
    La conversation (dont le niveau sonore dépasse largement le nécessaire pour être audible) :
    –          Ouahhhhh… il est trop mignooooon… mais comment j’fais pour le brancher ?
    –          Ben facile : tu lui parle, tu lui dis qu’il te plaît…
    –          Oui, mais ça avec moi, ça marche jamais ! j’peux t’dire que j’ai essayé ! j’comprends pas…

Petite digression : moi je vais t’expliquer : tu es vulgaire, tu débordes  de ton slim trop court, le bleu électrique de ton haut fait ressortir tes boutons et surtout, tu as dans le regard cette infinité de vide qui laisse augurer d’une connerie abyssale. En plus de quoi tu as une voix de canard (si les canards parlaient, ils le feraient comme Donald Duck, nous sommes tous d’accord ?)

–          Ouais, mais j’te jure, je suis allée le frôler plein de fois et ça n’a rien donné
… sic… si des frôlements suffisaient, ça se saurait…
–          Nan mais vas-y carrément, c’est mieux ! (Conseil de fille, décidemment la gent féminine a bizarrement évolué)

On suivit toute une liste de considération du même bord, hautement instructives. Petit florilège :
–          J’ai trop les boules que je vois les vergetures sur mes seins ! (ma préférée ! à l’heure du dîner et devant un plateau de tapas, ça fait son petit effet…)
–          C’est comme un petit bouton au milieu de la figure : tu as l’impression que tout le monde le voit, mais y a que toi qui le vois ! (vu le tour présumé de la poitrine susnommée, je doute que ce soit « comme un petit bouton », l’image est fleurie mais sacrément inadaptée…)
–          J’fais du karaté (hahahaha !!! j’ai du mal à y croire), j’ai pas peur, j’ai l’habitude de m’battre !! (hahaha, kung-fu panda qui se prend pour Bruce Willis !)
–          Etc etc…

  •  Les protagonistes : deux jeunes femmes dont une se déplace avec une béquille et un petit chien en laisse (ce qui peut sembler périlleux).
    Le sujet : la vie sexuelle (ou plutôt l’inexistence de vie sexuelle) de l’une des filles.
    L’objet du débat : mais que faire ? (Notez au passage que si des solutions existaient, elles seraient diffusées par tous les médias existants ou en passe d’exister et feraient la fortune de leurs découvreurs)
    La conversation:

–          Viens là mon cœur, on est arrivé, tu seras bien installé ici !
…sic… elle parle au chien…
–          Ah non ! pas au soleil ! je vais faire une insolation ! (oui, mais là il s’agit du premier rayon de soleil de l’été, on peut l’apprécier, peut être… on est presque fin Juillet…)
–          Oh ! mais cette carte est pleine de viande (c’est souvent le cas dans les restaurants qui affichent « cuisine traditionnelle »)
–          Ma vie c’est n’importe quoi : je pars une semaine en vacances, seule…
–          Oui, mais ça va changer, tu vas rencontrer quelqu’un et tu pourras partir avec lui (essaye de frôler tes collègues de boulot, ça a l’air dans le vent…)
–          Pfff… tu parles… l’an dernier je suis partie avec mon père ! ça fait 5 ans que ça dure !
–          Oui, mais crois-moi, CA VA CHANGER, c’est pas possible autrement !
–          Oui, mais ça fait 15 ANS QUE J’ATTENDS QUE CA CHANGE… c’est pas normal, je ne comprends pas… oh, mon cœur, tu as chaud !  (-toujours au chien – ben là, sans vouloir sombrer dans un délire psy, j’ai un embryon d’explication… )
–          -Bon, je mangerais bien du poisson, moi, allez on s’en va, hein mon cœur ?

  •  Les protagonistes : une jeune femme maquillée comme un camion tout neuf et apprêtée comme si elle allait participer à une émission de téléréalité destinée à lui trouver un mari et un homme de 2 fois son âge, habillé à la cool et très accroché à ses lunettes de soleil (ils sont à l’ombre)
    Le sujet : la vie artistique à venir de la fille. (Mais il s’avère assez rapidement qu’il s’agit, en fait, de sa vie sexuelle en devenir…)
    L’objet du débat : comment lancer une carrière.
    La conversation:

–          Lui (sourire carnassier et chemise hors du pantalon) : tu va voir, la scène, c’est rapidement une habitude…
–          Elle (rajuste modestement sa jupe pour masquer une portion de cuisse) : oui, c’est sûr, il va falloir que je me convainque…
–          A après, avec tous les scénarios qui vont arriver, tu pourras choisir ce qui te convient le mieux (ah bon ? c’est simple comme ça ?)
–          Oui ! c’est sûr !! il va falloir que je m’adapte !! (sourire ingénu)-          Oui, c’est sûr !! mais je ne connais pour l’instant sans doute pas les bonnes personnes… (ta daaaaaa ! je t’annonce que tu viens de trouver !!)
–          Etc etc…

Un autre petit inconvénient de la promiscuité estivale m’a été révélé hier soir : lors d’un spectacle de théâtre par ailleurs très bien (« Le bourgeois gentilhomme » mis en scène par D.Podalydes), une odeur plutôt très désagréable et plutôt très reconnaissable a envahi brusquement mon environnement culturel.
Une odeur de pieds.
Impossible que ce fut moi (mes pieds savent se tenir) alors… qui était responsable du désagrément ? Un discret coup d’œil a permis de constater qu’il s’agissait de ma voisine de gauche, qui avait ôté ses chaussures et partait manifestement du principe que dans le noir, les pieds n’ont pas d’odeur. Distinction, quand tu nous tiens…

La suite par ici

Seule face au cruel monde moderne…

Les machines prennent le contrôle… c’est dingue comme on peut se laisser facilement déborder par des trucs supposés 1- nous obéir, 2- nous faciliter la vie, 3- nous faire gagner du temps…

Par exemple :
–          Le lave-linge. C’est bête et indispensable un lave-linge. Sauf que maintenant, ça consomme très peu d’eau. Et comme nos amis les publicitaires toujours au service de leurs congénères se débrouillent pour nous faire acheter des trucs qui moussent de plus en plus (mais je m’en tape, moi, de la mousse et du parfum « rose »… je veux juste faire partir les tâches de boue dues à la pluie battante de cet été de gauche). Résultat : dixit le SAV Darty, la mousse trop dense ne s’évacue pas, condense et … s écoule perversement quelques heures après que le linge soit dûment suspendu (dedans, hein, parce que le linge suspendu dehors, en ce moment, c’est celui dont on veut se débarrasser ou faire fondre ou voir déchiqueté par la tempête…)
La pression trop forte de l’arrivée d’eau aussi fait des blagues : elle rempli un trop plein et s’évacue 2 voir 3 jours après. Soit les pieds dans une flaque un jour sur deux. Et les dépanneurs Darty qui me prennent pour une folle.

–          Les connexions oueb qui sautent en pleine transaction fondamentale (comme l’acquisition d’une paire de tongs oranges, si jamais un rayon de soleil daigne se pointer) et qui vous font livrer un livre de cuisine ouïgoure à la place, comme si j’allais me mettre à faire cuire des trucs pour Borat…

–          Les oueb qui propose des « femmes à baiser » (la classe, tout en poésie) alors que P….N de M…E, je veux juste télécharger Madagascar 2 ! Fait ch… !

–          Les éternels serveurs vocaux qui, en plus de vous donner l’air abruti à dire « oui », « non » ou « lave-linge » très fort toute seule dans la rue, vous annoncent que vous auriez pu gagner du temps en appelant le numéro que vous avez précisément composé .Et vous serinent en boucle des listes de choix qui n’ont rien à voir avec celui que vous aviez fait initialement. Résultat, on hurle des insanités dans la rue, toujours toute seule, après avoir dit à haute et intelligible voix « oui », « lave-linge » et « urgent ». Il faudrait prévoir des messages répondant à « GROS CON », « JE TE HAIS » ou « VA TE FAIRE VOIR »; ça pourrait donner:
          – veuillez composer votre numéro de département
          – mais je viens de le faire ABRUTI!!
          –  Je n’ai pas compris votre réponse, veuillez composer…
          – Mais tu n’es qu’un GROS NAZE DEBILE QUI COMPREND RIEN!!
          – Veuillez répéter votre choix
          – MON CHOIX C’EST DE T’ARRACHER LES DENTS UNE PAR UNE ET DE DANSER LA GIGUE SUR TON CRANE D’OEUF, PAUVRE NAZE!!
          – je répète: dites « UN » pour obtenir le service après-vente…
          – UN POING DANS TON PIF DE GROS CON!!
          – Vous n’êtes pas civile, encore un mot au dessus de l’autre et je vous met en rapport avec la sécurité qui vous mettra une amende de 250€ pour outrage à répondeur… je sais tout de vous, j’ai votre numéro de portable, de carte bleue, je sais quels yaourts vous préférez et quelle marque de lessive bousille votre lave-linge, je sais quel films vous regardez et quels offres coquines vous inspectez, je connais vos goûts musicaux, vestimentaires, littéraires, radiophoniques, je sais que vous ne supportez pas Sonia Devillers, je vous vois faire grimaces à votre webcam….
          – Aaaaaarghhhhhh!!!!…SIC…  

–          Le téléphone qui distribue les messages deux ou trois heures après les avoir reçus. Comme ça on a eu le temps de râler et de tempêter totalement injustement auprès de gens qui n’y peuvent rien et sont de bonne foi. Toujours seule dans la rue. Ou debout les pieds nus dans une flaque d’eau savonneuse.

–          La montre (avec sa pile neuve) qui avance de 30mn toutes les semaines et vous font cavaler pour rien, puis attendre sous la pluie…

–          Les DVD en VO, mais sur la face B. J’en ai un comme ça. Je cherche toujours a face B du DVD. Sinon j’ai la version italienne sous-titrée tchèque des « liaisons dangereuses ».

–          Facebook qui veut absolument que je teste mon QI pour aller l’afficher après chez tous mes contacts (on dit aussi « amis ») ; mais… j’ai réussi à créer l’illusion jusqu’à maintenant, JE VEUX PAS qu’une stupide machine qui ne connaît même pas le nombre de jour d’une année bissextile me donne l’air débile !

–          Et les trucs qui veulent envoyer des musiques nulles à mon portable-qui-bouffe-les-messages avant de me cracher un mot de passe pour accéder à un film…

 Déjà qu’il faut avoir bac + 2 pour savoir comme jeter ses ordures et bac+5 pour utiliser un téléphone… Je vais noyer ma peine au Mac Do’, moi…

 

Les affranchis, c’est fini

Bon, public chéri mon amour (oui, je sais, je sais …), ceux qui ont suivi le débat avec passion n’ont pas besoin de retourner dans la catégorie « les affranchis vs à la bonne heure » de ce blog; les nouveaux aventuriers de la recherche ouebienne, qui tomberaient par un miraculeux et néanmoins fort providentiel hasard sur cette prose du mercredi peuvent s’y rendre. Ils auront ainsi l’exhaustivité des points de vue sur l’émission « les affranchis » qui aura remplacé l’espace de quelques mois « le fou du roi »

Donc, les affranchis, c’est fini… je ne vais pas hurler à la lune, j’avais depuis longtemps cessé d’écouter et les rares fois ou j’y suis revenue, j’avais trouvé que l’émission s’enlisait dans des débats consensuels et peu intéressants. Les animateurs et chroniqueurs m’avaient semblé tourner en rond sur leur humour ou leurs combats perso, et l’encensement systématiquement des invités devenait risible. Sans compter qu’Isabelle Giordano ne cesse de couper la parole…  les débat étaient de l’ordre des discussions entre amies que l’on peut avoir autour d’un thé et même Daniel Morin semblait patauger dans des gimmicks qui finissent par lasser. Il devrait creuser le duo avec Richard Lornac, ça au moins c’est rigolo.

France Inter décide donc d’arrêter l’émission. Soit. Il y a sans doute des manières de faire qui peuvent sembler brutales, mais ayant vécu des ruptures de contrats abruptes plusieurs fois dans l’année, je compati tout juste. Et moi, personne ne m’a laissé m’exprimer sur les ondes (pourtant, j’a ides tas de trucs intéressants à dire, je ne comprends pas l’indifférence des médias à mon égard…)

J’attends donc avec impatience de connaître l’occupation du créneau dès la rentrée. Mais pitié, épargnez nous ceux qui ont rendu cette tranche horaire fade et sans intérêt.
Philippe Val, si tu me lis (oui, je te dis « tu », eut égard à ton passé proche de mes sensibilités) n’hésite pas à prendre contact, qu’on en parle autour d’un verre de blanc frais…

 Par ailleurs, ma surprise a été grande de découvrir que Sonia Devillers (dont les caractéristiques principales sont 1- de glousser au micro à chaque phrase, 2-de parler de ses enfants à tout bout de champ) se voit confier le 9h-10h pendant l’été. Avant de critiquer dans le vide, je vais essayer de l’écouter… ça pourrait s’appeler la présomption d’animation…

 Les articles qui traînent encore sur le net :

http://www.telerama.fr/radio/isabelle-giordano-a-cru-jusqu-au-bout-que-les-affranchis-seraient-reconduits,83736.php

 http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/france-inter-arrete-les-affranchis-anime-par-isabelle-giordano_1130569.html

 

 

Les trucs cons de notre environnement urbain

Loin de moi l’idée démente de vouloir critiquer les efforts démesurés faits pour améliorer notre quotidien.
Loin aussi l’idée de dénigrer les magnifiques trouvailles faites pour nous permettre, encore et encore, de ne plus réfléchir ni nous poser de questions.
Loin, encore, le sentiment que l’on nous prend pour des idiots tous justes bons à jeter des euros par la fenêtre.
Non.
Aujourd’hui il ne sera pas question de la dernière application i-phone destinée à localiser les lieux de débauche de vos collègue, du dernier jeu en ligne dans lequel vous allez incarner un président de droite qui tient ses promesses ou du dernier appel à financement participatif (autrement baptisé crowdfunding, pour les bilingues) pour créer un président de gauche qui tient ses promesses.

Aujourd’hui, il sera question de lister quelques-unes des créations qui laissent dubitative la citoyenne blonde lambda. (Ceci écrit pour ne pas abuser du temps de la ménagère de moins de 50 ans, dont l’évocation apporte une touche désuète à la littérature ouebienne de qualité –il me semble-).

 Les trucs cons, donc.

 Par exemple, le petit pot de vinaigrette en plastique, qui est astucieusement caché au fond du bol de taboulé. Si on ne l’a pas vu, on casse sa fourchette en plastique dessus, auquel cas on doit terminer le taboulé à la petite cuiller. Si on l’a vu, on n’a d’autre choix que de l’extraire des petits bouts de persil (il s’agit d’un taboulé libanais) avec les doigts.
Dans les deux cas, on se retrouve à manipuler un petit pot tout gras et baignant dans les aliments.
Ce qui amène à la serviette.
L’unique serviette fournie avec ce type de repas à emporter est généralement faite d’un papier aussi absorbant que du papier calque. Ou du papier toilette d’hôpital…Vous me suivez…
Soit : il est impossible de compter sur elle pour se débarrasser du gras que l’on a sur les doigts.
En résumé : des couverts en plastique trop fragiles, de la sauce en boîte planquée au cœur même du plat et une serviette inutilisable… Après ça, il ne faut pas avoir besoin de passer sa main dans ses cheveux ou de fouiller au fond de son sac…

Autre découverte (récente) de mes services, mais ça doit exister depuis longtemps : les plats ou sandwichs à emporter sur lesquels figurent le nombre de calories absorbées. Comme ça, une fois barbouillée de taboulé et avec des reste de cake aux raisins dans les cheveux, votre fourchette décapitée gisant devant vous comme un militant centriste, vous pouvez calculer ce que votre pause déjeuner vous apporte comme calories et immédiatement mettre au point un plan d’action pour les perdre.
Ca, c’est évidement dans le cas ou vous remarquez le chiffre fatal après avoir fait vos achats alimentaires.
Si vous le remarquez avant… soyez honnête, vous allez vous précipiter sur le riz au lait au caramel salé qui représente à lui tout seul un marathon et une demi-heure de nage papillon, ou vous allez sagement vous rabattre sur une pomme bio ? (On sait que la pomme est bio parce quelle ressemble plus à une vieille patate qu’au fruit du péché originel et qu’elle coûte l’équivalent de 3 riz au lait.)
Pour poursuivre le résumé : on rentre au bureau avec les mains et les cheveux sales et on est soit frustrée soit coupable. De quoi aborder la réunion de service avec le sourire aux lèvres et le bout de persil coincé entre les dents de devant…

Si on dispose de quelques minutes pour faire un petit break avant de retourner travailler (pour éventuellement lire un moment ou gagner quelques points de vie sur Call of Duty Modern Warfare 3, ou signaler par facebook que l’on se trouve en pause déjeuner). Il existe maintenant non plus le bon vieux banc accueillant et lieu de partage, mais des chaises fichées dans le sol comme autant de mini-trônes, suffisamment proches les unes des autres pour donner un air d’ensemble, mais aussi suffisamment subtilement éloignées les unes des autres pour que l’on soit isolé.
J’ai essayé : pas de place pour poser son pique-nique ou son sac à main, encore moins son casque de moto (qui doit donc traîner par terre), une sensation étrange d’être assis au milieu des gens qui passent à vive allure et surtout… cette solitude forcée… pas moyen d’occuper ces sièges si on est plusieurs, à moins d’envisager de hurler au lieu de parler. Sic…

La palme du truc con, pour finir : la porte vitrée qui s’ouvre avec un badge. Ou plutôt, la série de portes vitrées alignées qui s’ouvrent avec un badge. Le principe est simple : un lecteur de badge à droite de la porte permet d’ouvrir cette dernière. Sauf que, pour les gauchers (communauté certes réduite, mais néanmoins à prendre en compte), le badge est naturellement tenu dans la main gauche. Et pour les gauchers pressés, le badge se pose naturellement sur le lecteur de gauche, ouvre donc la porte de gauche et le gaucher pressé fonce tête baissée dans la porte qui lui fait face et est restée imperturbablement fermée.

 En final : du persil entre les dents, les doigts gras, les cheveux plein de miettes, le casque maculé de boue, une bosse sur le front et un fort sentiment de culpabilité alimentaire prestement transformé en forte envie de noyer son ressentiment contre la modernité dans le distributeur de gâteaux au chocolat….

Et comme une bonne journée se termine par une bonne nuit, il faut maintenant, passé 40 ans, porter pour dormir une nouveauté révolutionnaire: le soutien-gorge « écarteur de seins », pas trouvé sur le oueb, mais le concept est le suivant: maintenir les seins en place même si on dort sur le côté, pour éviter les plis disgracieux qui floutent le décolleté toute la matinée… si c’est pas beau de vieillir…

La FNAC, agitateur de nervosité…

J’aime bien la FNAC ; même les affreux sacs en plastique moutarde, je les aime bien, c’est dire. C’est tellement moche cette couleur moutarde… mais bon, pas grave : j’aime bien la fnac.
Sauf que là, ils sont allés très loin pour tester mon seuil de résistance…
J’ai déjà donné mon point de vue sur les serveurs vocaux et .
Mais comme on n’arrête pas le progrès, j’ai eu récemment la chance incroyable de profiter des dernières trouvailles en matière de boîtes vocales… Le SAV de la FNAC, par exemple, commence très fort en vous fournissant un document sur lequel figurent 2 numéros à appeler. Comme ça vous avez de quoi jouer plus longtemps, c’est chouette, non ?
J’ai bien sûr expérimenté les 2, et c’est à chaque fois le même chose (on ne va donc pas revenir dessus) sauf qu’en plus, il y a des blagues !  
Tout d’abord, vous avez des choix multiples ; pour être sûr de faire le bon, vous écoutez l’ensemble des possibilités. Sauf qu’à la fin, ben vous ne savez plus quel chiffre taper sur votre clavier de téléphone. Avant, la voix suave vous redonnait la liste, sans la moindre trace d’agacement, des possibilités. Maintenant, si vous n’êtes pas assez rapide, on vous annonce vertement que votre choix n’est pas clair et on vous raccroche au nez. Merci les 50 cts de prise d’appel..

Donc, je recommence et effectue un choix le plus précis possible. Sauf que là, on me propose des options qui ne correspondent plus à mon choix… par exemple, je me décide pour « retour magasin ou problème technique » et les possibilités qui suivent sont «suivre votre dossier » ou «modifier votre dossier » (à peu de choses près). Ben non, je veux juste revenir au magasin en vrai, avoir à faire à des humains et régler mon problème en parlant, pas en appuyant sur les boutons… mais ça ne fait pas partie des choix possibles. Et pas moyen non plus de revenir au sommaire. Donc retour au numéro principal.

Après quelques tentatives et de nombreuses phrases où la poésie rivalisait aux expressions fleuries, j’ai fini par avoir L’opérateur. Très civil. Mais qui repose les mêmes questions de la boîte. J’ai un instant cru que c’était un robot… mais non, il me fait faire les tests, les trucs sont vérifiés, gnia-gnia-gnia et me donne sa bénédiction pour aller faire un échange standard du matériel (heureusement, parce que le matériel n’était guère utilisable en l’état…) ; sauf que :

1-      Il faut aller dans le magasin où l’achat été effectué
2-      Il  faut ramener le matériel dans son carton d’origine, avec les petites mousses

Bon… admettons.
Me voilà donc au magasin, après m’être battue avec une cave qui ne voulait pas me restituer le carton. Et hors de question de fouiller les bennes à ordures pour en extraire les mousses.

Au téléphone, l’opérateur m’avait dit : « je les préviens et je vous laisse mon nom, allez directement à l’accueil ». Munie de ce sésame inestimable, je me dirige très sûre de moi vers l’accueil et prend ma place dans la file. Mon tour arrive et on me redirige immédiatement vers le rayon. C’est un peu comme un jeu de l’oie… retour en arrière…

Au rayon (et tout le monde sait à quel point il est aisé de rentrer en communication avec un chargé de rayon informatique), on me dit que non, il faut que j’aille directement aux informations.

Me voilà aux informations, un tantinet agacée. Je me rends vers le guichet derrière lequel trône une personne qui a l’air plutôt affable. Je tiens à préciser que je suis seule pour 3 guichets ouverts, derrière lesquels se trouvent 3 employés différents. Je salue, bien décidée à ne pas me départir de mon calme légendaire. Pour m’entendre dire qu’il faut prendre un numéro.
Mais je suis toute seule ! Pas grave, il faut prendre un numéro.
Je prends donc un numéro, ai la joie de constater qu’il s’affiche immédiatement sur le tableau d’appel et me dirige vers le même guichet. Sauf que cette fois, j’ai la bénédiction de la machine. Super…

Au guichet, on m’annonce tout d’abord que je n’avais pas à me déplacer, mais à appeler le numéro qui figure sur la garantie, soit le premier numéro composé 3 heures plus tôt… ubuesque, non ? Je crois que le rictus qui a déformé mon visage d’ange a alerté mon interlocutrice qui a décidé que bon, elle allait m’aider.

 J’ai quitté le magasin à peu près une heure après y être rentrée, avec mon nouvel appareil et en priant très fort pour qu’il fonctionne du premier coup…