Archives Mensuelles: juin 2012

Les trucs cons de notre environnement urbain

Loin de moi l’idée démente de vouloir critiquer les efforts démesurés faits pour améliorer notre quotidien.
Loin aussi l’idée de dénigrer les magnifiques trouvailles faites pour nous permettre, encore et encore, de ne plus réfléchir ni nous poser de questions.
Loin, encore, le sentiment que l’on nous prend pour des idiots tous justes bons à jeter des euros par la fenêtre.
Non.
Aujourd’hui il ne sera pas question de la dernière application i-phone destinée à localiser les lieux de débauche de vos collègue, du dernier jeu en ligne dans lequel vous allez incarner un président de droite qui tient ses promesses ou du dernier appel à financement participatif (autrement baptisé crowdfunding, pour les bilingues) pour créer un président de gauche qui tient ses promesses.

Aujourd’hui, il sera question de lister quelques-unes des créations qui laissent dubitative la citoyenne blonde lambda. (Ceci écrit pour ne pas abuser du temps de la ménagère de moins de 50 ans, dont l’évocation apporte une touche désuète à la littérature ouebienne de qualité –il me semble-).

 Les trucs cons, donc.

 Par exemple, le petit pot de vinaigrette en plastique, qui est astucieusement caché au fond du bol de taboulé. Si on ne l’a pas vu, on casse sa fourchette en plastique dessus, auquel cas on doit terminer le taboulé à la petite cuiller. Si on l’a vu, on n’a d’autre choix que de l’extraire des petits bouts de persil (il s’agit d’un taboulé libanais) avec les doigts.
Dans les deux cas, on se retrouve à manipuler un petit pot tout gras et baignant dans les aliments.
Ce qui amène à la serviette.
L’unique serviette fournie avec ce type de repas à emporter est généralement faite d’un papier aussi absorbant que du papier calque. Ou du papier toilette d’hôpital…Vous me suivez…
Soit : il est impossible de compter sur elle pour se débarrasser du gras que l’on a sur les doigts.
En résumé : des couverts en plastique trop fragiles, de la sauce en boîte planquée au cœur même du plat et une serviette inutilisable… Après ça, il ne faut pas avoir besoin de passer sa main dans ses cheveux ou de fouiller au fond de son sac…

Autre découverte (récente) de mes services, mais ça doit exister depuis longtemps : les plats ou sandwichs à emporter sur lesquels figurent le nombre de calories absorbées. Comme ça, une fois barbouillée de taboulé et avec des reste de cake aux raisins dans les cheveux, votre fourchette décapitée gisant devant vous comme un militant centriste, vous pouvez calculer ce que votre pause déjeuner vous apporte comme calories et immédiatement mettre au point un plan d’action pour les perdre.
Ca, c’est évidement dans le cas ou vous remarquez le chiffre fatal après avoir fait vos achats alimentaires.
Si vous le remarquez avant… soyez honnête, vous allez vous précipiter sur le riz au lait au caramel salé qui représente à lui tout seul un marathon et une demi-heure de nage papillon, ou vous allez sagement vous rabattre sur une pomme bio ? (On sait que la pomme est bio parce quelle ressemble plus à une vieille patate qu’au fruit du péché originel et qu’elle coûte l’équivalent de 3 riz au lait.)
Pour poursuivre le résumé : on rentre au bureau avec les mains et les cheveux sales et on est soit frustrée soit coupable. De quoi aborder la réunion de service avec le sourire aux lèvres et le bout de persil coincé entre les dents de devant…

Si on dispose de quelques minutes pour faire un petit break avant de retourner travailler (pour éventuellement lire un moment ou gagner quelques points de vie sur Call of Duty Modern Warfare 3, ou signaler par facebook que l’on se trouve en pause déjeuner). Il existe maintenant non plus le bon vieux banc accueillant et lieu de partage, mais des chaises fichées dans le sol comme autant de mini-trônes, suffisamment proches les unes des autres pour donner un air d’ensemble, mais aussi suffisamment subtilement éloignées les unes des autres pour que l’on soit isolé.
J’ai essayé : pas de place pour poser son pique-nique ou son sac à main, encore moins son casque de moto (qui doit donc traîner par terre), une sensation étrange d’être assis au milieu des gens qui passent à vive allure et surtout… cette solitude forcée… pas moyen d’occuper ces sièges si on est plusieurs, à moins d’envisager de hurler au lieu de parler. Sic…

La palme du truc con, pour finir : la porte vitrée qui s’ouvre avec un badge. Ou plutôt, la série de portes vitrées alignées qui s’ouvrent avec un badge. Le principe est simple : un lecteur de badge à droite de la porte permet d’ouvrir cette dernière. Sauf que, pour les gauchers (communauté certes réduite, mais néanmoins à prendre en compte), le badge est naturellement tenu dans la main gauche. Et pour les gauchers pressés, le badge se pose naturellement sur le lecteur de gauche, ouvre donc la porte de gauche et le gaucher pressé fonce tête baissée dans la porte qui lui fait face et est restée imperturbablement fermée.

 En final : du persil entre les dents, les doigts gras, les cheveux plein de miettes, le casque maculé de boue, une bosse sur le front et un fort sentiment de culpabilité alimentaire prestement transformé en forte envie de noyer son ressentiment contre la modernité dans le distributeur de gâteaux au chocolat….

Et comme une bonne journée se termine par une bonne nuit, il faut maintenant, passé 40 ans, porter pour dormir une nouveauté révolutionnaire: le soutien-gorge « écarteur de seins », pas trouvé sur le oueb, mais le concept est le suivant: maintenir les seins en place même si on dort sur le côté, pour éviter les plis disgracieux qui floutent le décolleté toute la matinée… si c’est pas beau de vieillir…

La FNAC, agitateur de nervosité…

J’aime bien la FNAC ; même les affreux sacs en plastique moutarde, je les aime bien, c’est dire. C’est tellement moche cette couleur moutarde… mais bon, pas grave : j’aime bien la fnac.
Sauf que là, ils sont allés très loin pour tester mon seuil de résistance…
J’ai déjà donné mon point de vue sur les serveurs vocaux et .
Mais comme on n’arrête pas le progrès, j’ai eu récemment la chance incroyable de profiter des dernières trouvailles en matière de boîtes vocales… Le SAV de la FNAC, par exemple, commence très fort en vous fournissant un document sur lequel figurent 2 numéros à appeler. Comme ça vous avez de quoi jouer plus longtemps, c’est chouette, non ?
J’ai bien sûr expérimenté les 2, et c’est à chaque fois le même chose (on ne va donc pas revenir dessus) sauf qu’en plus, il y a des blagues !  
Tout d’abord, vous avez des choix multiples ; pour être sûr de faire le bon, vous écoutez l’ensemble des possibilités. Sauf qu’à la fin, ben vous ne savez plus quel chiffre taper sur votre clavier de téléphone. Avant, la voix suave vous redonnait la liste, sans la moindre trace d’agacement, des possibilités. Maintenant, si vous n’êtes pas assez rapide, on vous annonce vertement que votre choix n’est pas clair et on vous raccroche au nez. Merci les 50 cts de prise d’appel..

Donc, je recommence et effectue un choix le plus précis possible. Sauf que là, on me propose des options qui ne correspondent plus à mon choix… par exemple, je me décide pour « retour magasin ou problème technique » et les possibilités qui suivent sont «suivre votre dossier » ou «modifier votre dossier » (à peu de choses près). Ben non, je veux juste revenir au magasin en vrai, avoir à faire à des humains et régler mon problème en parlant, pas en appuyant sur les boutons… mais ça ne fait pas partie des choix possibles. Et pas moyen non plus de revenir au sommaire. Donc retour au numéro principal.

Après quelques tentatives et de nombreuses phrases où la poésie rivalisait aux expressions fleuries, j’ai fini par avoir L’opérateur. Très civil. Mais qui repose les mêmes questions de la boîte. J’ai un instant cru que c’était un robot… mais non, il me fait faire les tests, les trucs sont vérifiés, gnia-gnia-gnia et me donne sa bénédiction pour aller faire un échange standard du matériel (heureusement, parce que le matériel n’était guère utilisable en l’état…) ; sauf que :

1-      Il faut aller dans le magasin où l’achat été effectué
2-      Il  faut ramener le matériel dans son carton d’origine, avec les petites mousses

Bon… admettons.
Me voilà donc au magasin, après m’être battue avec une cave qui ne voulait pas me restituer le carton. Et hors de question de fouiller les bennes à ordures pour en extraire les mousses.

Au téléphone, l’opérateur m’avait dit : « je les préviens et je vous laisse mon nom, allez directement à l’accueil ». Munie de ce sésame inestimable, je me dirige très sûre de moi vers l’accueil et prend ma place dans la file. Mon tour arrive et on me redirige immédiatement vers le rayon. C’est un peu comme un jeu de l’oie… retour en arrière…

Au rayon (et tout le monde sait à quel point il est aisé de rentrer en communication avec un chargé de rayon informatique), on me dit que non, il faut que j’aille directement aux informations.

Me voilà aux informations, un tantinet agacée. Je me rends vers le guichet derrière lequel trône une personne qui a l’air plutôt affable. Je tiens à préciser que je suis seule pour 3 guichets ouverts, derrière lesquels se trouvent 3 employés différents. Je salue, bien décidée à ne pas me départir de mon calme légendaire. Pour m’entendre dire qu’il faut prendre un numéro.
Mais je suis toute seule ! Pas grave, il faut prendre un numéro.
Je prends donc un numéro, ai la joie de constater qu’il s’affiche immédiatement sur le tableau d’appel et me dirige vers le même guichet. Sauf que cette fois, j’ai la bénédiction de la machine. Super…

Au guichet, on m’annonce tout d’abord que je n’avais pas à me déplacer, mais à appeler le numéro qui figure sur la garantie, soit le premier numéro composé 3 heures plus tôt… ubuesque, non ? Je crois que le rictus qui a déformé mon visage d’ange a alerté mon interlocutrice qui a décidé que bon, elle allait m’aider.

 J’ai quitté le magasin à peu près une heure après y être rentrée, avec mon nouvel appareil et en priant très fort pour qu’il fonctionne du premier coup…