Archives Mensuelles: juillet 2012

Estivale promiscuité…

En été (quand la météo le permet, s’entend…) avec l’ouverture des terrasses on se retrouve facilement très (très) près de gens qui parlent très (très) fort. L’inconvénient majeur résidant dans le volume sonore et son direct comparse : l’intérêt de ce qui se trouve à la source sonore, soit ce qui est dit. Paradoxalement, l’avantage majeur réside justement dans ce qui est dit.

Exemples tirés de ma modeste expérience de la semaine :

  • Les protagonistes : un trio de personnes entre 22 et 26 ans qui ont l’air de travailler ensemble dans le restaurant à la terrasse duquel ils sont installés.
    Le sujet : la vie sexuelle (ou plutôt l’inexistence de vie sexuelle) de l’une des filles.
    L’objet du débat : un nouveau collègue au charme qui semble bouleversant.
    La conversation (dont le niveau sonore dépasse largement le nécessaire pour être audible) :
    –          Ouahhhhh… il est trop mignooooon… mais comment j’fais pour le brancher ?
    –          Ben facile : tu lui parle, tu lui dis qu’il te plaît…
    –          Oui, mais ça avec moi, ça marche jamais ! j’peux t’dire que j’ai essayé ! j’comprends pas…

Petite digression : moi je vais t’expliquer : tu es vulgaire, tu débordes  de ton slim trop court, le bleu électrique de ton haut fait ressortir tes boutons et surtout, tu as dans le regard cette infinité de vide qui laisse augurer d’une connerie abyssale. En plus de quoi tu as une voix de canard (si les canards parlaient, ils le feraient comme Donald Duck, nous sommes tous d’accord ?)

–          Ouais, mais j’te jure, je suis allée le frôler plein de fois et ça n’a rien donné
… sic… si des frôlements suffisaient, ça se saurait…
–          Nan mais vas-y carrément, c’est mieux ! (Conseil de fille, décidemment la gent féminine a bizarrement évolué)

On suivit toute une liste de considération du même bord, hautement instructives. Petit florilège :
–          J’ai trop les boules que je vois les vergetures sur mes seins ! (ma préférée ! à l’heure du dîner et devant un plateau de tapas, ça fait son petit effet…)
–          C’est comme un petit bouton au milieu de la figure : tu as l’impression que tout le monde le voit, mais y a que toi qui le vois ! (vu le tour présumé de la poitrine susnommée, je doute que ce soit « comme un petit bouton », l’image est fleurie mais sacrément inadaptée…)
–          J’fais du karaté (hahahaha !!! j’ai du mal à y croire), j’ai pas peur, j’ai l’habitude de m’battre !! (hahaha, kung-fu panda qui se prend pour Bruce Willis !)
–          Etc etc…

  •  Les protagonistes : deux jeunes femmes dont une se déplace avec une béquille et un petit chien en laisse (ce qui peut sembler périlleux).
    Le sujet : la vie sexuelle (ou plutôt l’inexistence de vie sexuelle) de l’une des filles.
    L’objet du débat : mais que faire ? (Notez au passage que si des solutions existaient, elles seraient diffusées par tous les médias existants ou en passe d’exister et feraient la fortune de leurs découvreurs)
    La conversation:

–          Viens là mon cœur, on est arrivé, tu seras bien installé ici !
…sic… elle parle au chien…
–          Ah non ! pas au soleil ! je vais faire une insolation ! (oui, mais là il s’agit du premier rayon de soleil de l’été, on peut l’apprécier, peut être… on est presque fin Juillet…)
–          Oh ! mais cette carte est pleine de viande (c’est souvent le cas dans les restaurants qui affichent « cuisine traditionnelle »)
–          Ma vie c’est n’importe quoi : je pars une semaine en vacances, seule…
–          Oui, mais ça va changer, tu vas rencontrer quelqu’un et tu pourras partir avec lui (essaye de frôler tes collègues de boulot, ça a l’air dans le vent…)
–          Pfff… tu parles… l’an dernier je suis partie avec mon père ! ça fait 5 ans que ça dure !
–          Oui, mais crois-moi, CA VA CHANGER, c’est pas possible autrement !
–          Oui, mais ça fait 15 ANS QUE J’ATTENDS QUE CA CHANGE… c’est pas normal, je ne comprends pas… oh, mon cœur, tu as chaud !  (-toujours au chien – ben là, sans vouloir sombrer dans un délire psy, j’ai un embryon d’explication… )
–          -Bon, je mangerais bien du poisson, moi, allez on s’en va, hein mon cœur ?

  •  Les protagonistes : une jeune femme maquillée comme un camion tout neuf et apprêtée comme si elle allait participer à une émission de téléréalité destinée à lui trouver un mari et un homme de 2 fois son âge, habillé à la cool et très accroché à ses lunettes de soleil (ils sont à l’ombre)
    Le sujet : la vie artistique à venir de la fille. (Mais il s’avère assez rapidement qu’il s’agit, en fait, de sa vie sexuelle en devenir…)
    L’objet du débat : comment lancer une carrière.
    La conversation:

–          Lui (sourire carnassier et chemise hors du pantalon) : tu va voir, la scène, c’est rapidement une habitude…
–          Elle (rajuste modestement sa jupe pour masquer une portion de cuisse) : oui, c’est sûr, il va falloir que je me convainque…
–          A après, avec tous les scénarios qui vont arriver, tu pourras choisir ce qui te convient le mieux (ah bon ? c’est simple comme ça ?)
–          Oui ! c’est sûr !! il va falloir que je m’adapte !! (sourire ingénu)-          Oui, c’est sûr !! mais je ne connais pour l’instant sans doute pas les bonnes personnes… (ta daaaaaa ! je t’annonce que tu viens de trouver !!)
–          Etc etc…

Un autre petit inconvénient de la promiscuité estivale m’a été révélé hier soir : lors d’un spectacle de théâtre par ailleurs très bien (« Le bourgeois gentilhomme » mis en scène par D.Podalydes), une odeur plutôt très désagréable et plutôt très reconnaissable a envahi brusquement mon environnement culturel.
Une odeur de pieds.
Impossible que ce fut moi (mes pieds savent se tenir) alors… qui était responsable du désagrément ? Un discret coup d’œil a permis de constater qu’il s’agissait de ma voisine de gauche, qui avait ôté ses chaussures et partait manifestement du principe que dans le noir, les pieds n’ont pas d’odeur. Distinction, quand tu nous tiens…

La suite par ici

Seule face au cruel monde moderne…

Les machines prennent le contrôle… c’est dingue comme on peut se laisser facilement déborder par des trucs supposés 1- nous obéir, 2- nous faciliter la vie, 3- nous faire gagner du temps…

Par exemple :
–          Le lave-linge. C’est bête et indispensable un lave-linge. Sauf que maintenant, ça consomme très peu d’eau. Et comme nos amis les publicitaires toujours au service de leurs congénères se débrouillent pour nous faire acheter des trucs qui moussent de plus en plus (mais je m’en tape, moi, de la mousse et du parfum « rose »… je veux juste faire partir les tâches de boue dues à la pluie battante de cet été de gauche). Résultat : dixit le SAV Darty, la mousse trop dense ne s’évacue pas, condense et … s écoule perversement quelques heures après que le linge soit dûment suspendu (dedans, hein, parce que le linge suspendu dehors, en ce moment, c’est celui dont on veut se débarrasser ou faire fondre ou voir déchiqueté par la tempête…)
La pression trop forte de l’arrivée d’eau aussi fait des blagues : elle rempli un trop plein et s’évacue 2 voir 3 jours après. Soit les pieds dans une flaque un jour sur deux. Et les dépanneurs Darty qui me prennent pour une folle.

–          Les connexions oueb qui sautent en pleine transaction fondamentale (comme l’acquisition d’une paire de tongs oranges, si jamais un rayon de soleil daigne se pointer) et qui vous font livrer un livre de cuisine ouïgoure à la place, comme si j’allais me mettre à faire cuire des trucs pour Borat…

–          Les oueb qui propose des « femmes à baiser » (la classe, tout en poésie) alors que P….N de M…E, je veux juste télécharger Madagascar 2 ! Fait ch… !

–          Les éternels serveurs vocaux qui, en plus de vous donner l’air abruti à dire « oui », « non » ou « lave-linge » très fort toute seule dans la rue, vous annoncent que vous auriez pu gagner du temps en appelant le numéro que vous avez précisément composé .Et vous serinent en boucle des listes de choix qui n’ont rien à voir avec celui que vous aviez fait initialement. Résultat, on hurle des insanités dans la rue, toujours toute seule, après avoir dit à haute et intelligible voix « oui », « lave-linge » et « urgent ». Il faudrait prévoir des messages répondant à « GROS CON », « JE TE HAIS » ou « VA TE FAIRE VOIR »; ça pourrait donner:
          – veuillez composer votre numéro de département
          – mais je viens de le faire ABRUTI!!
          –  Je n’ai pas compris votre réponse, veuillez composer…
          – Mais tu n’es qu’un GROS NAZE DEBILE QUI COMPREND RIEN!!
          – Veuillez répéter votre choix
          – MON CHOIX C’EST DE T’ARRACHER LES DENTS UNE PAR UNE ET DE DANSER LA GIGUE SUR TON CRANE D’OEUF, PAUVRE NAZE!!
          – je répète: dites « UN » pour obtenir le service après-vente…
          – UN POING DANS TON PIF DE GROS CON!!
          – Vous n’êtes pas civile, encore un mot au dessus de l’autre et je vous met en rapport avec la sécurité qui vous mettra une amende de 250€ pour outrage à répondeur… je sais tout de vous, j’ai votre numéro de portable, de carte bleue, je sais quels yaourts vous préférez et quelle marque de lessive bousille votre lave-linge, je sais quel films vous regardez et quels offres coquines vous inspectez, je connais vos goûts musicaux, vestimentaires, littéraires, radiophoniques, je sais que vous ne supportez pas Sonia Devillers, je vous vois faire grimaces à votre webcam….
          – Aaaaaarghhhhhh!!!!…SIC…  

–          Le téléphone qui distribue les messages deux ou trois heures après les avoir reçus. Comme ça on a eu le temps de râler et de tempêter totalement injustement auprès de gens qui n’y peuvent rien et sont de bonne foi. Toujours seule dans la rue. Ou debout les pieds nus dans une flaque d’eau savonneuse.

–          La montre (avec sa pile neuve) qui avance de 30mn toutes les semaines et vous font cavaler pour rien, puis attendre sous la pluie…

–          Les DVD en VO, mais sur la face B. J’en ai un comme ça. Je cherche toujours a face B du DVD. Sinon j’ai la version italienne sous-titrée tchèque des « liaisons dangereuses ».

–          Facebook qui veut absolument que je teste mon QI pour aller l’afficher après chez tous mes contacts (on dit aussi « amis ») ; mais… j’ai réussi à créer l’illusion jusqu’à maintenant, JE VEUX PAS qu’une stupide machine qui ne connaît même pas le nombre de jour d’une année bissextile me donne l’air débile !

–          Et les trucs qui veulent envoyer des musiques nulles à mon portable-qui-bouffe-les-messages avant de me cracher un mot de passe pour accéder à un film…

 Déjà qu’il faut avoir bac + 2 pour savoir comme jeter ses ordures et bac+5 pour utiliser un téléphone… Je vais noyer ma peine au Mac Do’, moi…

 

Les affranchis, c’est fini

Bon, public chéri mon amour (oui, je sais, je sais …), ceux qui ont suivi le débat avec passion n’ont pas besoin de retourner dans la catégorie « les affranchis vs à la bonne heure » de ce blog; les nouveaux aventuriers de la recherche ouebienne, qui tomberaient par un miraculeux et néanmoins fort providentiel hasard sur cette prose du mercredi peuvent s’y rendre. Ils auront ainsi l’exhaustivité des points de vue sur l’émission « les affranchis » qui aura remplacé l’espace de quelques mois « le fou du roi »

Donc, les affranchis, c’est fini… je ne vais pas hurler à la lune, j’avais depuis longtemps cessé d’écouter et les rares fois ou j’y suis revenue, j’avais trouvé que l’émission s’enlisait dans des débats consensuels et peu intéressants. Les animateurs et chroniqueurs m’avaient semblé tourner en rond sur leur humour ou leurs combats perso, et l’encensement systématiquement des invités devenait risible. Sans compter qu’Isabelle Giordano ne cesse de couper la parole…  les débat étaient de l’ordre des discussions entre amies que l’on peut avoir autour d’un thé et même Daniel Morin semblait patauger dans des gimmicks qui finissent par lasser. Il devrait creuser le duo avec Richard Lornac, ça au moins c’est rigolo.

France Inter décide donc d’arrêter l’émission. Soit. Il y a sans doute des manières de faire qui peuvent sembler brutales, mais ayant vécu des ruptures de contrats abruptes plusieurs fois dans l’année, je compati tout juste. Et moi, personne ne m’a laissé m’exprimer sur les ondes (pourtant, j’a ides tas de trucs intéressants à dire, je ne comprends pas l’indifférence des médias à mon égard…)

J’attends donc avec impatience de connaître l’occupation du créneau dès la rentrée. Mais pitié, épargnez nous ceux qui ont rendu cette tranche horaire fade et sans intérêt.
Philippe Val, si tu me lis (oui, je te dis « tu », eut égard à ton passé proche de mes sensibilités) n’hésite pas à prendre contact, qu’on en parle autour d’un verre de blanc frais…

 Par ailleurs, ma surprise a été grande de découvrir que Sonia Devillers (dont les caractéristiques principales sont 1- de glousser au micro à chaque phrase, 2-de parler de ses enfants à tout bout de champ) se voit confier le 9h-10h pendant l’été. Avant de critiquer dans le vide, je vais essayer de l’écouter… ça pourrait s’appeler la présomption d’animation…

 Les articles qui traînent encore sur le net :

http://www.telerama.fr/radio/isabelle-giordano-a-cru-jusqu-au-bout-que-les-affranchis-seraient-reconduits,83736.php

 http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/france-inter-arrete-les-affranchis-anime-par-isabelle-giordano_1130569.html