Archives de Catégorie: Extrapolations

Amoralement vôtre

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C’est comme un léger souffle de liberté. Très ténu, fragile. Un petit truc qui passe et, à défaut d’ébouriffer, soulève une mèche trop sagement glissée derrière l’oreille. Sûre que vous l’avez senti aussi. Ce petit rien qui dit « je vous emmerde ».

Ne te méprend pas, Lecteur-Chéri-Mon-Amour, je ne vais pas ici prôner la vulgarité, la malséance ou l’indélicatesse. Non. Ce ne serait pas digne de moi. Ni de cet endroit où subtilité et poésie riment avec bon goût et fascination pour la mécanique quantique.

C’est un simple constat, qui a pris sa source avec « les nouveaux sauvages ». http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=221270.html

Jubilation de voir des personnages « normaux » se mettre à agir comme ils en ont envie. Méchamment, violement, en dehors de toute convention. Mais pas sans raison.
Que celui qui n’a jamais eu envie d’enfoncer son saxo dans le fondement du voisin qui joue imperturbablement depuis 8 ans le samedi à 10h les mêmes morceaux me jette la première boule puante. Oui, j’ai ri en voyant ces personnages se battre avec leurs moyens.

Pourquoi ? Ben parce que moi aussi, j’ai envie de planter mes ongles longs et peints de rouge sang dans les joues de celui qui me manque de politesse, d’arracher le téléphone qui sonne pendant la séance de ciné, d’en écraser l’écran et de le faire rentrer de force dans des orifices non prévus pour ça, de faire avaler de l’acide à celui qui n’est pas capable d’articuler un « merci » ou de dégonder une porte et de la faire porter en collier à celui qui me la claque au nez. Alors voire des gens le faire, ça m’éclate. De la violence par procuration ? Peut-être… Mais note que ça vaut mieux que de se lâcher en vrai , non ? Oui, je rêve secrètement d’enrouler le dit saxo autour du cou de mon voisin et de serrer lentement en admirant ses yeux d’exorbiter, la sueur perler sur son front blafard et les larmes couler le long ses joues mal rasées. Mais non, je ne le ferai pas. Quoi que…

(Attention : spoiler Kingsman)
Après ça, avoir vu des têtes voler en un magnifique feu d’artifice dans « Kingsman » m’a semblé du meilleur goût. Entendre un affreux méchant revendiquer la destruction d’une partie (choisie) de l’humanité pour sauver la planète m’a réjouie. Parce que, itou, un peu avinée, j’ai déjà émis cette hypothèse pour le bien-être de notre mère Gaïa. (par contre, j’ai trouvé un peu limite qu’il se nourrisse de frites Mc Do. Les potatoes sont meilleures)
Et ça marche ! Les gens se marrent, moi la première. Oui, on aime voir les têtes voler et des foules se bastonner sans raison. On exulte devant cette fenêtre brièvement ouverte sur la complexe débilité de l’humain. Ça soulage.
(fin du spoiler)

La bande annonce du prochain film de Marjane Satrapi « The voices » s’inscrit dans cette mouvance. Du moche-drôle. http://www.filmosphere.com/movies/the-voices-marjane-satrapi-2014/. Un film d’horreur que l’on va se délecter de regarder en frissonnant entre deux rires gras (pour montrer qu’on n’a pas peur).

Et puis un peu de réalisme. On a beau vouloir paraître irréprochable, un résidu difficile à éliminer de mauvaises pensées s’accroche aux méandres de tout cerveau qui se respecte. Sinon, à quoi servirait d’avoir l’esprit critique ? Si on n’a pas encore planté un couteau de cuisine dans le sternum de son banquier, c’est parce qu’on a réfléchi. Pesé le pour et le contre. Respecté l’humain.
Ce qui nous sépare de l’animal, c’est ça : la réflexion. Et le fait aussi que l’animal tue pour se nourrir et qu’il ne viendrait à l’esprit de personne de se faire un steak de banquier.

Le printemps arrive bientôt, précédé par un petit vent rigolo. On va pouvoir se moquer des parisiens en vélo avec leurs poireaux bios dument amarrés sur le panier avant comme cri  de révolte, des adeptes de randonnée avec bâtons et de ceux qui trouvent que les phrases de Paulo Coelho valent de figurer sur leur mur Facebook!

 

Finissons-en… c’est mieux pour vous

Allez, un petit peu de teasing avant la première, le 8 Janvier!

 

flyer gouvernail

il est arrivé à pied par la Chine

… oui, lecteur-chéri-mon-amour, moi aussi j’ai été un jour la victime de la contrepètrie-mania…
La Chine donc, sera l’objet de nos attentions dominicales. Un dossier fort instructif du Courrier international est la source des divagations de cette semaine.
http://www.courrierinternational.com/article/2014/11/18/divertir-la-chine-pas-si-facile (en light sur le net, mais je vais en tirer la substantifique moelle, malgré l’heure, le  froid, la crève et l’alcool. Aie confiance, petit d’homme).

Il en ressort que le marché chinois est à prendre, mais sous conditions; que le poids des internautes va croissant, de concert avec celui de la censure, que l’aspect commercial prime et que Hollywood commence à perdre de son glamour. Schématiquement parlant: Les stars mondiales lorgnent du côté chinois, les annonceurs veulent leurs produits dans les films et ce sont les internautes qui décident. J’interprète, mais si peu. Maintenant que l’on sait que la Chine a des oreilles dans le 94…  Tremble, Français, la Chine écoute tes conversations! Va savoir ce qu’elle fait de tes précieux statuts Facebook… http://www.fdesouche.com/542621-chevilly-larue-94-decouverte-dun-centre-despionnage-chinois

Donc livrons-nous à l’exercice habituel du dimanche, extrapolons! Composons le film qui va nous rendre riches et nous ouvrir les portes de l’Asie!

affichelaciteinterdite

L’internaute-roi d’abord. Pas compliqué. Quelques clicks, un tour sur Google et la machine à rêves est en marche.
Pour le générique, c’est tout trouvé: une grosse poule et quelques pouffes. On devrait y arriver. Mais c’est tout de même assez affligeant. http://www.topito.com/video/phenomene-musical-clip-chine-poule
Quand on pense aux efforts désespérés que font certains pour maintenir un certain niveau de créativité, on a mal pour eux. Regardez ça, ça vaut le coup (en vrai) https://www.facebook.com/video.php?v=868708246491837&set=vb.320245458004788&type=2&theater

Pour l’histoire: un mélange de technologie avancée, de super-héros mangeurs de nouilles et manieurs de sabre, quelques belles pépés déguisées en gallinacées et des gangs de jeunes qui font du taïchip-hop (ici). De toute façon, l’histoire, on s’en fout. Tant qu’il y aura des scènes de cul et de la violence, les internautes seront contents. Donc des jeunes en t-shirt Décathlon vont sautiller dans tous les sens, parfois cul-nu, en agitant leur dernier téléphone 12G pour faire peur aux mangeurs de nouilles de l’ancien temps, par moments, de jeunes écervelées aux gros seins et à la moue humide émettront des gémissements porcins. Pas besoin d’invoquer de raisons, tant qu’on voit très régulièrement sur l’écran les marques les plus hype, genre China mobile, PetroChina, Lenovo, Air China, … Accorde 5 secondes à jeter un œil dans tes tiroirs, auditeur de France Inter mon ami, mon frère, et si, toi aussi tu trouves qu’un article sur 2 porte l’impudent « made in china », tremble. Imagine le cinéma de demain.
Nos acteurs favoris vont se dépêcher de rejoindre le pays du judo. Mais ce ne sera pas simple. Manier le sabre et voler d’arbre en arbre, muni d’une carte de crédit « bank of China » n’est pas donné à tous. Et porter un kimono orné d’une tête de dragon, ce n’est pas facile. Même si on s’appelle Dujardin. Ca demande un certain style. Doublé de la capacité à faire de petits pas (sinon, on voit ton caleçon délicatement orné de marsupilamis).

Jean Dujardin en kimono doré, une carte de crédit « Bank of China » dans la main gauche et un billet d’avion « Air China » dans la main droite  affronte un gang de jeunes en t-shirts noirs qui se déhanchent sur de la musique de poules. Ils volent, culbutent et se battent pour le dernier Samsung, fabriqué par des enfants… (là). On croit rêver.

Pour fêter ça, on se nourrit, mais à la mode chinoise: L’entre-acte permettra aux spectateur de déguster des têtes de lapins. Trop bobo. Des petites têtes de  lapinous aux yeux mouillés, leurs mignonnes oreilles duveteuses et leurs petits museaux confits dans des cornets de papier. L’avantage, c’est que ça doit moins croquer que le pop-corn. Après les cris de poule, on poursuivra donc dans une ambiance « basse-cour » assez rafraîchissante. http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/06/28/20002-20140628ARTFIG00069-les-chinois-sont-fans-de-nos-tetes-de-lapin.php

Oui, demain est un autre jour. Et oui, tu peux flipper mon ami.

Absurdoésie

Un peu de poésie absurde  à lire à voix haute pour ce dimanche

Pour reprendre un concept ancien, le deal est le suivant: 15 mn, pas de relecture, poster et partir en courant se mettre à l’abri de l’ire ouebienne. Ceux que ça intéressent trouveront les essais précédents dans la catégorie « chansons à texte » de cet espace où culture et bon goût tapent le carton avec quelques hybrides batraciens fluos.

Essai de poème toi le ciel t’aimeras. Aussi appelé un effet de dimanche.

Ce jour gris, Paris tenu,
Sous le ciel est pas belle ma morue,
Quelques persistant au cœur vaillant, rien d’impossible,
S’essaient à entretenir leur corps défendant,
Leur poumons poing dans ta gueule,
Leurs lignes d’horizon replète,
Ils cahotent du père Noël, soupirent est à venir…

Ce jour gris, Paris perdu,
Dans le fond, la tour Eiffel la gueule,
La tête prise dans l’étau des nuages de raison,
Les pattes pour la galerie,
Gluées dans la foule cosmo pas polie,
Elle pleure des larmes blanches,
Son cœur de bœuf saigne des pépins dorés à point…

Ce jour gris, Paris gagné,
Le pingouin à l’envol à main armée,
Bleu comme la musique de l’orange ta chambre,
Secoue son popotin,  cours sur le fleuve,
Seine et sauve, clapote et se dandine léger,
Il rit de se voir si beau en ce miroir aux alouettes
Pour finir, bon, brute et truand dessous le pont, écrasé.

Ce jour gris, Paris lancé,
Le bel oiseau gracieux bleutés,
Formule sa dernière pensée bien fait,
« What the fuck »

pingouin2

 

Recherche d’image comprise ça plafonne à 18mn…

 

Le diable est en Faust

Illustration-For-The-Orchestra-Score-Of-La-Damnation-De-Faust-1846-By-Hector-Berlioz-1803-69-1854Petit rappel (source Wikipédia) « Faust est un docteur qui depuis son plus jeune âge, rêve de posséder la connaissance universelle. Il met tout en œuvre pour atteindre ses ambitions, mais n’y parvient pas. Il est au bord du suicide, car il pense avoir perdu son temps et sa vie quand Méphistophélès lui propose un pacte : il réalisera tous ses désirs en échange de son âme dès que Faust se dira satisfait et heureux. Le docteur Faust accepte. »

Bon pitch, non? ça déchirerait comme série TV. Mais ça date un peu (du XVIIIè, pour être précise). Alors, procédons au jeu des analogies, tellement en vogue dans ce blog mirifique.

Pour commencer, précisons que par « le diable est en Faust » (qui, je le confesse, n’est pas une trouvaille personnelle, à mon immense dam), nous entendons « nous sommes à la source de notre perdition ». Et oui, ce coup-ci, c’est du sérieux sur l’écran. Du lourd. Et au passage, j’en profite pour me nousnoyer (néologisme perso, signe avant-coureur d’une explosion égotique liée à la sécrétion massive d’endorphines). Mais je me perds. Transposons, donc.

Par exemple, on pourrait dire «l’homme politique est en Sarkozy ». Rapprochement intéressant, car il semblerait que cette condition ne le mène pas, à l’instar de Faust, sur le chemin de la pureté de l’objectif… ensuite, par association, on pourrait dire « la chanteuse est en Carla Bruni ». No comment.

Que penser de « l’écrivain est en Marc Levy » ? La damnation, le bûcher, le fouet rouge et claquant sur sa tête… hautement mérités.

«Le sculpteur est en Jeff Koons » (pour info c’est le mec qui fait des trucs en ballons et les expose à Versailles). Comment dire ? Que les enfers se déchaînent sur sa tête. Parce que nous aussi, on peut faire des jolis chiens avec des ballons roses. Mais nous, ça ne nous rapporte pas des millions, juste des quolibets. O tempora O mores (oui, j’aime bien celle-là)jeff-koons-versailles1

«La décontraction est en Arielle Dombasle » (nous abusons, parce que nous aimons plutôt, mais c’est par souci d’être équitable), A ce sujet, OUI, ce soir j’ai chanté «ça plane pour moi »       pendant que de grosses dames quasi nues se trémoussaient sur une piste de cirque. Et non, je n’avais pas bu, et oui, ça m’a éclatée, j’assume. Que celui qui n’a jamais tortillé des hanches sur de la musique disco me jette le premier vinyle. Patrick Juvet est un totem. Et la veste à paillettes un must. Bon, cette outing fait, je retourne au nousnoyement (second néologisme, mais moins remarquable, du fait de son origine récente et commune).346598-miss-dirty-martini-637x0-2

« Le soleil est en François Hollande ». C’est beau, non ?

«La jeunesse est en Nicole Kidman » ; si, toi aussi, tu as somnolé devant « Avant d’aller dormir », tu vois tout à fait ce que nous voulons dire. A savoir : par quel incroyable miracle une femme de 47 ans qui jusqu’il y peu faisait son âge -mais en mieux – a maintenant le visage lisse comme des fesses de bébé ? Non seulement c’est extrêmement troublant pour le spectateur, mais ça lui ôte la possibilité de recourir à sa seconde expression. Avant elle pouvait exprimer 2 émotions («rien» et « je te méprise »), maintenant, c’est uniquement « rien ». Nous espérons qu’elle a intenté un procès au type qui lui a fait ça…

«Le présentateur est en Cyril Hanouna ». Et le diable, superposé en images subliminales, se marre comme un damné en dansant sur de la musique disco en string vert pomme (ça existe).

« Le comique est en Kev Adams ». Ca c’est triste.

Etc etc….

En plus, je n’invente pas grand-chose, Mike Hutchence (RIP) au sommet de sa sexytude le disait avant moi…

http://www.youtube.com/watch?v=hv_zJrO_ptk

En conclusion de cette brillante fulgurance dominicale, « Le diable est en Faust » et « Every single one of us has the devil inside ». Si nous appliquons la transitivité (parce que nous ne reculons devant rien à cette heure), nous sommes tous un peu Faust. Nous ne savons pas si c’est rassurant, mais ça ouvre des perspectives, au moins.

Bientôt, nous attaquons l’enfer de Dante. Tremble, mortel!!