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Singin’ in the brain

Certaines expériences laissent des marques indélébiles. Comme rouler sans casque et sans le réaliser, croiser un extra-terrestre, se mettre à parler papou couramment ou porter une Rolex. Ou chanter. Chanter en public, je veux dire…
C’est là, dans les yeux émerveillés des spectateurs, dans l’extase lyrique qui soulève une salle, dans le frisson partagé de bonheur musical, que la portée de la chanson à texte prend toute sa dimension… 
Alors à toi, public chéri-mon-amour (je sais, ce n’est pas de moi… j’aurais tant aimé…), de partager une nouvelle fois, ici, en ce haut lieu de la culture ouebienne, terreau de la créativité débridée, engrais fertile des éclairs de génie, ambroisie de la littérature contemporaine, une nouvelle expérience de « chanson à texte »

Petit rappel pour ceux qui nous rejoignent tardivement : ce concept révolutionnaire a été élaboré par mézigue une nuit de pleine lune, après avoir dévoré une demi-douzaine de bébés chacals et bu le sang de trois crapauds vierges (mais pas effarouchés) ; je vous raconterai plus tard (si vous êtes sages) à quoi on reconnaît un crapaud vierge. Ca peut servir…
Donc le concept est le suivant : lâcher prise pendant 10 à 15 mn et laisser l’influx créatif jaillir du clavier. De préférence pas de corrections (sauf orthographiques) et aucun souci d’une compréhension quelle qu’elle soit. Le but étant d’approcher le subliminal qui sommeille en tout être un tant soit peu humain. Et blond.

Et nous y voilà ; vouzetmoi ; je vouzaime.
… et je me lance… assez tergiversé…

Couplet 1
A l’aube d’une nocturne tempête
Rugit le poisson aux yeux bleus
Sacrifié pour les couronnes, les rois et les têtes
Pensants, pesants, pédants et par trop vieux

Refrain
Bravons les flots, aimons les dragons,
Chantons les amours et les rêves,
Contre le temps traitre, mes aimés armons,
Nos bras, nos tripes et nos lèvres

Couplet 2
Par les phosphorescents fonds abyssaux
De mon âme aux fulgurances iconiques,
Dans les cerveaux démons des jouvenceaux,
Traîne, inconsolable, la mort onirique.

 Refrain

 Couplet 3
Sans crainte et sans regrets s’avance
La nuit de tourments éludés
Le jour de nos peurs transformées,
Au fond de l’eau épaisse et sombre
Sans fin, sans poids, frissonnant, tombe
Le dernier soupir de l’innocence

Refrain

Voilà : 10mn pour ouvrir la voie vers la célébrité. Ici je lance un appel déchirant : existe-t-il sur cette planète un musicien pour alléger tout ça et en faire un tube disco ? Je travaille au retour de Patrick Juvet…

France Inter vs RTL

Oui, j’avoue… j’écoute France Inter. Depuis tellement longtemps que les animateurs sont devenus mes amis. Ils me parlent tous les matins, les après-midi à la maison et les fins de soirées… Ce qui est étrange, c’est que si moi je les connais comme s’ils appartenaient à mon cercle de connaissances rapprochées, eux n’ont pas même l’idée de mon existence… relation (de compagnie) unilatérale…

Grande fan de l’émission de Stéphane Bern « Le fou du roi », je l’ai écoutée en différé le week-end depuis… suffisamment… pour que l’annonce de la fin de l’émission et de son départ pour RTL me plonge, au printemps dernier, dans la stupeur.

QWA ? On me quitte ? On m’abandonne ? Mais… et que vais-je écouter pendant que je vaque à mes occupations domestiques ? Comment vais-je assumer le repassage ou le rangement ?

Bien, on se doutait de quelques frictions au sein de la maison de la radio, mais de là à me laisser, moi…

En Juin, j’ai donc fait une (très brève) tentative d’écoute de la « première radio de France », histoire d’habituer mes oreilles à un nouveau son, à titre d’entraînement en prévision de l’arrivée de mon héro radiophonique sur cette chaîne. Peine perdue. Rien que les pubs incessantes sont rédhibitoires.

J’ai donc accepté de faire mon deuil de cette tranche de rigolade (me concernant) hebdomadaire.

Mais la vie est ainsi faite qu’elle réserve des surprises… et qu’au cours de l’été j’ai rencontré (dans la vraie vie) Stéphane. Si-si. MOI. Et que même, je me suis sentie autorisée à lui faire part de mon profond désarroi radiophonique. Je tiens à souligner au passage que ce fut une petite conversation fort sympathique. Et que quelques semaines après, portée par un enthousiasme débridé, … nouvelle expérience RTL…

A vrai dire, je ne me suis pas contentée de refaire l’expérience RTL ; j’ai aussi lu attentivement les blogs et commentaires qui foisonnent autour de la nouvelle émission.

…. Là, je ne sais plus où donner de la tête…

Lire les commentaires permet de découvrir la face cachée de la planète radio… il existe des guerres d’auditeurs… des rébellions, des alliances, des conflits entre eux…  manifestement, les auditeurs de RTL ont une préférence nette pour les jeux, la musique des années 80 et la pub débile (on reviendra sur la pub plus tard) et ont du mal à supporte qu’on leur parle… il semble que l’écoute de quelques chroniqueurs, humoristes ou écrivains requiert une telle intensité intellectuelle que c’est insupportable ; éteindre la radio est préférable… Et les auditeurs de France Inter se trouvent qualifiés de vieux, intellos, élitistes… maille god… Alors si écouter Daniel Morin et le père Albert se moquer de Mireille Mathieu entre 2 chansons de Moriarty c’est se montrer intello…

 Opiniâtre, j’ai écouté l’émission baptisée « A la bonne heure ». M’ont choquée les coupures pubs (s’il ya quelque chose qui casse les oreilles, c’est bien la pub), les disques diffusés (mais qui a envie d’écouter JJ Goldman version 80’s ?) et surtout… les rires et commentaires de la blonde indispensable qui décore l’émission… A part ça… une émission de divertissement à tendance (un tout petit peu) culturelle, des invités qui semblent s’amuser et des animateurs qui font de leur mieux pour faire décoller leur tranche horaire… Pas de quoi hurler dans les fils gluants de la toile et se révolter … A vrai dire, en podcast, l’émission débarrassée de toutes ses verrues auditives reste parfaitement écoutable. Un peu trop conventionnelle dans l’humour, mais écoutable.

Pour être équitable,  j’ai écouté « les affranchis » sur France Inter ; l’émission, animée par Isabelle Giordano, reprend la tranche horaire et le concept du « Fou… ». Une évidente recherche a été faite pour modifier le déroulé et le ton de la précédente émission, et  ça marche plutôt bien.

Mais voilà : Les affranchis + A la bonne heure = Le Fou du roi. 
A l’image des suites d’un divorce, les animateurs et chroniqueurs (comme les enfants) ont été répartis entre les parents, les invités (comme les amis) ou les sujets (comme l’électroménager et les livres – encore que vers RTL on part plutôt avec sa télé qu’avec sa bibliothèque -) sont partagés et pour certains restent communs. Pour ceux qui ont été attentifs pendant des années, mêmes vannes, mêmes gimmicks. Pas grand-chose de nouveau. A part le retour bienvenu de Didier Porte (sur RTL).

 Sans doute avec un peu de temps chacun trouvera son rythme et son ton  et que chacune des émissions vivra sa vie . Ah… et aussi  les auditeurs trouveront de vraies raisons de s’insurger. En attendant… je crois que  continuer à osciller entre les deux est faisable… et se délecter des perles enfilées à longueur d’émissions sur les blogs reste sujet à rigolade…

… la suite de l’enquête …

Docteur Beauf et Mr Touriste

 Ca fleure la rentrée et ça n’a rien de drôle… avant de replonger dans les affres de la vie urbaine, il est temps de revenir sur cette période très étrange de vacances estivales. Etrange parce que la météo capricieuse nous a donné son meilleur d’Octobre, étrange parce que les infos sont restées pessimistes même au cœur de l’inactivité aoutienne, étrange par ce qu’il y a eu au cinéma des films regardables, étrange parce j’ai rencontré des extra terrestres en goguette à Montparnasse.

Donc, étudions ensembles, si vous le voulez bien, le comportement de nos concitoyens lâchés dans des lieux de vacances ou le soleil et la chaleur engagent à la paresse… Rien ici qui pourrait s’apparenter à des vacances club ou des voyages en groupe… le sujet du jour concernera les petits villages calmes et charmants qui ornent les côtes ; les côtes peuvent aussi bien être Italiennes que Croates, Grecques ou Portugaises. Et ils sont charmants entre le 20 Août et le 1er Juillet; entre le 1er Juillet et le 2 Août, ils sont positivement envahis. Et pas de la meilleures manière: Docteur Beauf et madame sont arrivés, blancs, fatigués et précédés de valises énormes (principalement cette année : ils doivent rentabiliser les tenues d’été qui n’ont même pas eu l’occasion de sortir du sac du magasin…) ; saisis par la différence (notable) de température, ils commencent à suer à peine sortis de l’aéroport, ce qui les indisposent immédiatement. Ils prennent d’assaut le minibus venu les attendre, sans un regard pour l’autochtone qui porte leurs valises et commencent à bidouiller le bouton de la clim’ du bus.
Dr et madame vont ensuite prendre d’assaut le comptoir de l’hôtel en parlant fort.

 … .Vous connaissez « Chocolate genius » ?…. c‘est vraiment bien…. Allez là 2mn http://www.youtube.com/watch?v=4ZG8dnTekvE

Bref, revenons-en à nos vacancier sen goguette… on ne va pas tergiverser, ce n’est pas le genre de la maison… ils sont impolis, ils sont moches, ils ne savent pas se tenir… voilà, c’est écrit.
Par exemple : pouvez-vous imaginer une fraction de seconde vous promener en ville en maillot de bain dont les élastiques s’enfoncent cruellement dans vos chairs, formant de petites collines à la blancheur molle, révèlent cruellement votre manque d’exercice physique et vos accès alimentaires ? J’entends « en ville » c’est-à-dire dans la rue, même si la rue débouche à un moment ou à un autre sur une plage ? Ou faisant vos courses dans la même tenue ?
Sans rire, vous vous visualisez au carrefour market du coin en maillot pendant et ventre ballonant par dessus? Et vous hissant sur la pointe de vos pieds nus, revelant par là un fessier mou, pour aller quérir vos chips? …la classe…

 Et peut-on imaginer sérieusement s’adresser à un habitant du cru avec la poitrine qui déborde d’un bikini triangle, les lunettes de soleil sur le nez, l’appareil photo autour du cou ? Pour le coup, l’autochtone serait en droit de monter sur la tour Eiffel en string pailleté… et de danser la gigue en hurlant à la mort…

Et sur la plage ? Pourquoi se coller systématiquement devant la serviette des autres ? Je veux dire : entre la serviette des autres et la vue sur la mer ? Et pourquoi laisser les enfants jeter du sable et piétiner la serviette des autres pendant que ces derniers  sont partis se baigner ? L’an prochain, moi aussi je sors de l’eau en hurlant et je viens faire la danse du scalp au milieu des affaires des gens qui sont à côté de moi. Et après je construis des châteaux de sable juste devant eux, pour qu’ils soient ravis de figurer au premier plan de toutes les photos de plage. Et après je crie jusqu’à ce qu’on m’amène une glace.

Y a-t-il sur cette terre quelqu’un qui peut expliquer quel processus complexe se met en branle dans la tête de certains dès qu’ils débarquent sur leur lieu de vacances ? Pourquoi ils meurent tous d’envie de planter leur parasol sur le pied de leur voisin, transforment la plage en cendrier géant, parlent fort et jouent avec leur chiens pendant que vous peaufinez votre bronzage ? Pourquoi et par quel étrange retournement de situation, toutes les conventions de respect et de politesse disparaissent des usages dès qu’ils se trouvent à l’étranger ?

La casquette et les tongs doivent avoir un pouvoir mystérieux…

Boîte vocale mon amour (2)

En ce temps de vacances, il y a forcement moins de personnes qui travaillent; donc, par effet de ricochet, moins de personnes qui répondent au téléphone; donc… plus de boîtes vocales en « action »…
Ce qui va suivre prend sa source dans la cruelle réalité d’un mois d’Août pluvieux où tout semble se liguer contre le non-vacancier…

Boîte vocale 1:
« pour votre confort, XXX a développé une boîte vocale intelligente; vous êtes invité à exprimer votre demande simplement »; si tant est que l’adjectif « intelligent » accolé au nom commun « boîte vocale »  (BV pour la suite) ne soit pas un oxymore, on peut s’attendre au pire.
Et on sera pas déçu.
Car XXX a créé une BV sélective et élitiste: elle ne s’adresse qu’à ceux qui ont le sésame, à savoir un numéro; et pas n’importe quel numéro… LE  numéro… celui de l’agence à laquelle on souhaite s’adresser. Sans cette clef des temps modernes, le malheureux don Quichotte des télécoms peut s’accrocher: rien à faire… si, je mens: on fait quelques chose; on dépense 11,8cts d’€ la minute passée à tempêter contre la BV… et Dieu sait si ce jour là, les pires horreurs ont franchi la barrière de mes cordes vocales…
Par ce que si part ‘intelligent » le commun des mortels peut imaginer que la BV a quelques mots de vocabulaire utiles pour une conversation entre un être réel et un être virtuel, les concepteurs n’ont pas la même approche. Et que, par exemple, le mot « accueil » ne figure pas dans la dernière version du dictionnaire de la BV… et que sans numéro, pas de contact possible… ubuesque… XXX ne peut être joint…

 
Boîte vocale 2:
Encore mieux. On n’arrête pas le progrès…Si vous souhaitez obtenir des informations sur les visas, passeports ou tout autre  document utile à un séjour états-unien, l’ambassade du même nom vous donne rapidement (trop rapidement pour être honnête, cela aurait dû m’interpeler) un numéro d’appel. Cool.
Et ce numéro, par le biais d’une BV à l’accent américain prononcé et à la traduction aléatoire (comme si en France on ne trouvais pas facilement d’individus parlant la langue française…) vous propose, en effet, des renseignements qui semblent cohérents et exhaustifs. Sauf qu’il faut payer … 14€50 pour obtenir l’information! et là, le message est fort clair: si vous ne souhaitez pas vous acquitter du règlement, vous pouvez raccrocher… quand à obtenir la bonne information… j’ai abdiqué avant de tester.
 
 
Boîte vocale 3:
Pour une fois, le message est clair « ce message est gratuit » et concis « après le bip, l’appel vous sera facturé 0.15cts d’€ la minute. Le problème, c’est que « après le bip », il ne se passe rien… que du biiiiiiiip… et si on insiste (merci les téléphones avec haut-parleur), on fini par avoir le fin mot de l’histoire: « ce numéro n’est plus attribué »… Seule la facture, bien renseignée ELLE, dira si cette dernière information est facturée…
 

   … pour ceux qui veulent se faire du mal, ce merveilleux monde moderne a déjà été évoqué ici

 
 

Un peu de crème?

Hélas en ce mois d’Août, la météo exubérante incite au surf… en me promenant sur les divers sites qui promettent jeunesse, beauté, éclat, forme et tout ce qui fait un retour de vacances positif, histoire de prolonger un peu l’impression de détente conférée par 2 semaines de plages (sous le soleil), j’ai trouvé un article qui m’a laissée coite.

NB : Il est nécessaire de savoir ici que les escargots étaient mes meilleurs amis d’enfance; je les élevais, leur parlais et leur organisais des courses. Je n’ai jamais pu avaler le moindre gastéropode (on ne dévore pas ses amis); je leur ai même créé des décors personnalisés au vernis à ongles…

 « CREME —– BAVE D’ESCARGOT ACNE RIDES VERGETURE ALOE VERA »
A traduire: Crème à base de bave d’escargot, utile contre l’acné, les rides, les vergetures; contient de l’Aloe Vera.
Bien-bien-bien…
Déjà, un produit qui combine de quoi traiter à la fois acné, rides et vergetures, c’est balèze. A l’heure ou on nous fait dépenser des sommes folles pour chacun de ces problèmes… ou la base du soin est composée  de plusieurs pots différents par traitement… ça intrigue.

Mais ce qui m’esbaudi, c’est la bave… Soyons pratique:
1 – comment élève-t-on les escargots?
Je vois d’ici les rangées de gastéropodes alignés sur de mini-étagères, éclairés chichement par un néon aux nuances dignes de transformer en Dracula la blonde la plus bronzée de Paris…

2 – comment récolte-t-on la bave des escargots?
Hum, à moins d’utiliser une raclette et de prélever régulièrement les petits corps gluants, je ne vois pas trop… les passer dans une centrifugeuse qui sépare l’escargot de sa bave? Et qui peut prétendre à ce genre de job ; « tu fais quoi, toi dans la vie ? » « oh, je suis récolteuse de bave, spécialisée dans les escargots »… ça jette…

3 – comment conditionne-t-on la susmentionnée bave? 
Quelle recette immonde peut transformer la bave en crème… compte tenu de mes récentes découvertes en matière de mozzarella, je n’ose imaginer…

 Et le parfum? « Bave d’escargot » pour un onguent du soir, ça me paraît moyen… « salade pourrie » peut-être?

Je ne sais pas si parmi vous certain(e)s sont désespéré(e)s au point de s’oindre de bave, mais personnellement je ne me sens pas prête…En même temps, quand on voit des pubs aussi engageantes que « c’est l’été, sortez chez …. Mc Do » ou « Ouvrez un coca-cola, ouvrez du bonheur », on est en mesure de penser que les mœurs de nos concitoyens ont évoluées de façon incontrôlable et incompréhensible… les dérives de la modernité…. bientôt se frotter avec son i-phone sera considéré comme l’acmé de la sensualité…