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L’homme riche est triste

Lecteur-Chéri-Mon-Sapin, ça faisait longtemps que je ne m’étais pas essayée à la chanson à texte 🙂
Pour être raccords cette délicieuse météo qui conjugue froid et pluie avec nuit à l’heure du thé, laissons-nous aller à l’ambiance de saison…

 

Champagne affuté, son regard fixe est rond,
Il ne se souvient pas être arrivé là
Sous la tenue d’apparat, sa chair se morfond
Le fantôme de sa frustration,
Vampirise le reste du désir,
La femme s’excite, mais son corps est froid
Elle fut sienne, un jour lointain
Elle fut belle,  n’est plus rien
Il s’ennuie, c’est trahie qu’elle se croit

Homme riche, tu t’ennuies
Ta vie sous verre a passé sans toi
Homme riche, tu vas crever
Laissant tes rêves en plein effroi

Dans la nuit musicale et sombre,
Elle s’agite quand il voudrait la mort,
Ses repères ont volé, il tombe
Quand à tous, elle offre son corps
Au sol, les médecins fous se roulent
Ils en savent trop et se saoulent
Dans le bruit et la couleur des sons
Ivres et oublieux, avides d’abandon

Homme riche, tu t’ennuies
Ta vie sous verre a passé sans toi
Homme riche, tu vas crever
En laissant tes rêves en plein effroi

Lui, derrière sa blonde, perfection vulgaire,
N’arrive à apprivoiser le doute macabre
Entouré de savants ivres et d’âmes damnées
Il regrette sa joie consignée
Le temps du retour est son salaire
Je le regarde disparaître, main sur le sabre
Nimbée de blancheur diaphane,
Dans la nuit glauque, happé par le serpent maudit
Image dérisoire, apocalypse d’un futur sans crédit

Homme riche, tu t’ennuies
Ta vie sous verre a passé sans toi
Homme riche, tu vas crever
En laissant tes rêves en plein effroi

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Singin’ in the brain

Certaines expériences laissent des marques indélébiles. Comme rouler sans casque et sans le réaliser, croiser un extra-terrestre, se mettre à parler papou couramment ou porter une Rolex. Ou chanter. Chanter en public, je veux dire…
C’est là, dans les yeux émerveillés des spectateurs, dans l’extase lyrique qui soulève une salle, dans le frisson partagé de bonheur musical, que la portée de la chanson à texte prend toute sa dimension… 
Alors à toi, public chéri-mon-amour (je sais, ce n’est pas de moi… j’aurais tant aimé…), de partager une nouvelle fois, ici, en ce haut lieu de la culture ouebienne, terreau de la créativité débridée, engrais fertile des éclairs de génie, ambroisie de la littérature contemporaine, une nouvelle expérience de « chanson à texte »

Petit rappel pour ceux qui nous rejoignent tardivement : ce concept révolutionnaire a été élaboré par mézigue une nuit de pleine lune, après avoir dévoré une demi-douzaine de bébés chacals et bu le sang de trois crapauds vierges (mais pas effarouchés) ; je vous raconterai plus tard (si vous êtes sages) à quoi on reconnaît un crapaud vierge. Ca peut servir…
Donc le concept est le suivant : lâcher prise pendant 10 à 15 mn et laisser l’influx créatif jaillir du clavier. De préférence pas de corrections (sauf orthographiques) et aucun souci d’une compréhension quelle qu’elle soit. Le but étant d’approcher le subliminal qui sommeille en tout être un tant soit peu humain. Et blond.

Et nous y voilà ; vouzetmoi ; je vouzaime.
… et je me lance… assez tergiversé…

Couplet 1
A l’aube d’une nocturne tempête
Rugit le poisson aux yeux bleus
Sacrifié pour les couronnes, les rois et les têtes
Pensants, pesants, pédants et par trop vieux

Refrain
Bravons les flots, aimons les dragons,
Chantons les amours et les rêves,
Contre le temps traitre, mes aimés armons,
Nos bras, nos tripes et nos lèvres

Couplet 2
Par les phosphorescents fonds abyssaux
De mon âme aux fulgurances iconiques,
Dans les cerveaux démons des jouvenceaux,
Traîne, inconsolable, la mort onirique.

 Refrain

 Couplet 3
Sans crainte et sans regrets s’avance
La nuit de tourments éludés
Le jour de nos peurs transformées,
Au fond de l’eau épaisse et sombre
Sans fin, sans poids, frissonnant, tombe
Le dernier soupir de l’innocence

Refrain

Voilà : 10mn pour ouvrir la voie vers la célébrité. Ici je lance un appel déchirant : existe-t-il sur cette planète un musicien pour alléger tout ça et en faire un tube disco ? Je travaille au retour de Patrick Juvet…