Archives Mensuelles: décembre 2011

Omar Roberts et François Gere dans Pretty Intouchables?

J’ai attendu longtemps pour aller voir « Intouchables »; tout d’abord parce que différentes tentatives d’intégrer le flot des spectateurs heureux ont abouti à un échec cuisant et au visionnage de films non choisis, comme « Les Lyonnais » dont j’ai détesté la violence. Ensuite parce que le succès époustouflant et la multitude d’éloges qui l’accompagnent encore 2 mois après sa sortie  m’ont rebutée.

Mais j’ai fini par m’y rendre.
Et je suis obligée d’admettre que non seulement j’ai bien aimé le film, mais qu’en plus j’ai rit de bon cœur. Mes scènes préférées : la découverte de l’opéra par Driss et la bande son Mozart de pôle emploi.

Il faut dire que le film est remarquablement porté par les deux comédiens principaux. De François Cluzet rien à dire : je l’adore depuis toujours ; je le trouve génial. D’Omar Sy, je ne connaissais que la prestation dans « Tellement proches » et l’avais trouvé bon. Un chouette moment de cinéma, donc. Mais un sentiment étrange de « déjà vu ». Comme cette impression me grattait un peu, j’ai cherché à quoi ce film me faisait penser. « La petite marchande d’allumettes » ? non ; « Babar » ? non ; « Bat man dark knight » ? non plus….A vrai dire, « Intouchables » m’a étrangement rappelé … « Pretty woman »…

Je m’explique :
–          2 personnages que tout oppose radicalement ; l’un  (R Gere, F.Cluzet) évoluant dans un monde d’argent, cultivé, ayant de l éducation. L’autre (J Roberts, O Sy), personnalité attachante, se débrouille comme il/elle peut dans un monde dur et sans pitié, sans argent, sans moyen, sans espoir.

–          Ils se rencontrent par un hasard du destin : Elle (JRoberts) a besoin d’argent, donc part errer sur un bout de trottoir et rencontre son futur employeur qui est perdu. Il (O Sy) a besoin d’une signature pour le maintient de ses droits, donc se présente au premier poste à pourvoir et rencontre son futur employeur.

–          Leur première rencontre est un petit affrontement, une mise en exergue de leurs caractères respectifs :

  • Vivian (J Roberts), prostituée, est libre et déterminée, elle trouble l’habitude d’Edward (R Gere) de se faire obéir au doigt et à l’œil.
  • Driss (O Sy), qui sort de prison, est habitué à vivre et à exprimer ses opinions sans contraintes ; son attitude directe plait à Philipe (F Cluzet) qui apprécie d’être considéré comme une personne normale.

–          Edward et Philippe proposent rapidement à Vivian et Driss de travailler pour eux. L’un par ce qu’il a besoin d’une femme pour l’accompagner dans ses obligations professionnelles, l’autre par ce qu’il a besoin de quelqu’un pour tout.

Hormis le fait que dans les deux films  les personnages développent vite une bonne entente malgré leurs multiples différences (ce qui constitue le cœur de nombreux films) on peut relever quelques scènes qui se ressemblent de façon troublante :

–          Les voitures :

  • Vivian aime les grosses voitures puissantes, qu’elle maîtrise par ailleurs
  • Driss aime les grosses voitures puissantes, qu’il maîtrise aussi…

–          Les vêtements :

  • Edward offre à Vivian, pour qu’elle puisse assurer son rôle à ses côtés, de se recomposer une garde-robe
  • Philippe offre à Driss un smoking que celui-ci portera à la soirée d’anniversaire de son employeur.

–          Le cadeau : grâce à l’argent gagné, les personnages pauvres devenus moins pauvres vont pouvoir montrer leur gratitude aux personnages riches.

  • Vivian offre à Edward une cravate ramenée de sa folle journée de shopping (scène culte à faire pâlir d’envie toutes les filles)
  • Driss offre à Philippe un diamant d’oreille pour son anniversaire

–          L’avion :

  • Edward offre à Vivian une soirée d’opéra à laquelle ils se rendent dans l’avion privé d’Edward. Vivian, qui n’a jamais pris l’avion, craint de monter dans l’appareil.
  • Philippe emmène Driss en avion pour une escapade ; Driss n’ayant jamais pris l’avion, il a peur dans le petit modèle prive de Philippe…

–         L’opéra :

  • Vivian n’a jamais été à l’opéra ; elle s’y rend pour la première fois en compagnie d’Edward ; la scène est prétexte à une révélation émouvante de la sensibilité des personnages.
  • Driss n’a jamais été à l’opéra ; invité par Philippe, il découvre avec stupéfaction et non sans humour ce divertissement hautement culturel. La scène est le prétexte à une mise en abîme des différences culturelles entre les deux personnages. Et il est vrai que le point de vue de Driss sur l’arbre qui chante en allemand se défend parfaitement.
    Personnellement, je préfère les reines des fées qui transforment les hommes en ânes.

–         La vraie vie :

  • Edward fait une brève incursion dans la vraie vie de Vivian ; le monde des boîtes, de la drogue, de la violence. Comme c’est un film romantique, il s’en sort avec panache et sans dégâts.
  • Philippe fait une brève incursion dans la vie de Driss au moment de la réapparition du petit frère de ce dernier. C’est un monde de violence, de drogue, de rapports de force. Comme c’est une comédie, personne n’est blessé…

Il y  a sans doute d’autres similitudes mais celles-ci sont suffisamment notables pour se poser honnêtement la question : A quel niveau se situe la nouveauté d’ « Intouchables » ? Le rapprochement d’êtres que tout oppose, le partage de bons sentiments, la tolérance, le mutuel respect, la découverte d’univers radicalement différents, la prise de partie pour « l’étranger » contre son propre clan, tout est déjà dans Pretty Woman et dans de nombreux autres films. Les scènes d’humour? la plupart sont bien vues dans Intouchables, mais les ficelles sont grosses et les leviers apparents… La belle rousse ne succombe pas? Mais c’est parce que c’est une lesbienne (!) quelle autre explication… Un grand noir en costume? Mais on dirait Obama (!!)… etc etc…

La prochaine fois le parallèle sera établi avec « My fair lady » histoire de voir jusqu’où il est possible de remonter grâce au jeu des 7 ressemblances… Trouver les  rapprochement entre Omar Sy et la frêle Audrey Hepburn me réjouis déjà…

La dévalutation est à la mode…

http://www.leparisien.fr/societe/protheses-pip-un-plan-gouvernemental-annonce-d-ici-la-fin-de-semaine-20-12-2011-1776698.php

Après le médiator utilisé comme coupe-faim et à l’origine de décès, voici les prothèses mammaires utilisées (dans la plupart des cas)  pour des critères esthétiques et potentiellement cancérigènes.
Vous voulez maigrir? Vous voulez améliorer votre silhouette? Suivre l’adage  « mangez 5 fruits et légumes par jour » ou « mangez bougez » ne suffit pas pour atteindre vos objectifs physiques? Mettez-vous donc en danger… en plus ce sera remboursé par la sécu qui comme chacun le sait croule sous l’or…
Pour les fêtes, les coquettes qui voulaient s’offrir le thrill du 95 D vont se retrouver sur le billard avec le thrill de la prothèse éclatée. Messieurs, vos petites amies vont dégonfler du mauvais endroit, mais ne leur en veuillez pas, elles ne pouvaient pas savoir…

Les poubelles vont regorger (haha, comme c’est bien choisi !) de soutiens gorges fantasmatiques et de robes au décolleté vertigineux…

Mais attention ! Comme maintenant faire les poubelles est passible d’amende, ne craquez pas sur les oripeaux de ces dames au tour de poitrine dévalué…

http://www.lepost.fr/article/2011/10/12/2611850_fouiller-dans-les-poubelles-pour-se-nourrir-est-desormais-illegal-a-nogent-sur-marne.html

Quand la France passe de 3A à 2 A, les françaises, par pur esprit de solidarité passent de 95D à 90B… quelle ironie…

Un Spa si bien que ça…

Afin de satisfaire la curiosité insatiable de mon lectorat, je n’hésite pas à me lancer dans des investigations haut de gamme… Dans cette optique de toujours combler un légitime besoin de connaissances, un récent rendez-vous dans un spa de luxe me semble nécessiter un petit article…
Depuis quelques temps, ayant décidé de tester différents services proposés par la capitale, j’ai acheté quelques contremarques « groupon » . Petit rappel pour ceux qui ne connaissent pas : « groupon » est un site internet qui met à disposition de ses abonnés des services ou produits à des tarifs concurrentiels. Une fois le deal prépayé, le consommateur dispose d’un délai raisonnable pour en profiter. L’avantage (théorique) c’est que l’on peut accéder pour un prix raisonnable à un service haut de gamme. L’inconvénient (réel) c’est que l’on ne sait pas trop où on va (même si on a scruté attentivement toute les photos du site internet du prestataire). L’autre inconvénient (tout aussi réel), est que l’on est identifié comme un client « groupon» (donc un manant qui n’a pas payé cher, un plébéien qui n’a pas les moyens).
Pour être honnête, j’ai eu une excellente expérience au Spa Rive Gauche ; bon accueil, service et soins agréables. J’ai donc voulu réitérer et ai guetté les offres. Quand est arrivé dans ma boîte mail le deal Spa « Beauty Etoile », après avoir vérifié sur les photos l’état des locaux et l’allure générale du lieu, j’ai décidé d’essayer.
Me voilà sur place : les locaux sont agréables et plutôt cosy ; on n’offre pas le thé ou le café, c’est un peu dommage mais pas grave. Je commence mes investigations par un petit tour aux toilettes… ah… rien pour s’essuyer les mains… dommage pour le pantalon… Ensuite, je passe devant deux aquariums pleins de ces petits poissons travailleurs qui nettoient les pieds ; ça se passe comme sur la photo et il paraît que c’est super-bien. Une pensée pour leur conditions de travail… Les aquariums étaient un peu de gingois mais l’ensemble avait l’air propre.

 

Dans la cabine, la jeune femme qui s’occupe de moi m’invite à ôter mes vêtements et à m’installer sur la table de soins. Petite précision pour ceux qui ne pratiquent pas les soins esthétiques : ces derniers sont plus agréables si on se débarrasse de ses vêtements, principalement en hiver, on peut alors faire une confortable sieste ; les tables sont normalement couvertes de draps non tissés (j’ai vérifié, ça coûte à peu près 20€ pour 50m ; si on utilise 2X2m pour un soin, le coût du change est de 1,6€…). Ici la table est recouverte par une couette colorée sous laquelle on est supposée se glisser. Mais pas de drap. 1 soin par 30 mn ou par heure, il est 14h… depuis ce matin 4 à 8 clientes ont pu défiler là dessous, à supposer que la housse soit changée chaque jour (j’aime mieux l’imaginer). Inutile de dire que j’ai gardé tous mes vêtements. Le soin commence. Pendant la séance, les avis sont partagés : certaines clientes aiment à raconter leur vie et à s’entendre raconter celle de leur esthéticienne ; d’autres (dont je fais partie) préfèrent en profiter pour s’offrir un moment de silence. Là, ce n’est pas possible. Chaque étape du soin m’est scrupuleusement détaillée, la liste de toutes les qualités des produits ne m’est pas épargnée et leur effet sur ma peau vanté. Pendant 50mn, c’est long… Mais je vais manifestement ressortir de là avec 15 ans de moins et le teint frais de la rose qui s’ouvre timidement au lever du soleil par un matin de printemps pendant lequel les oiseaux gazouillent, les papillons batifolent et les hommes politiques ont tous été exterminés. Avec les banquiers.  De toute façon, je n’aurais pas pu dormir, j’ai la lumière du plafonnier en pleine figure. Après avoir éteint ce dernier, sans doute pour la phase « relaxante » du soin, l’esthéticienne continue sa litanie, mais en chuchotant. Sans doute parce que ça doit être secret. Ou que la lumière tamisée induit un niveau sonore moins élevé. Pendant la pause d’un masque, j’ai droit à un gommage des mains suivi de crème. C’est une bonne nouvelle. Sauf que mes mains grasses de crème sont reposées sur la couette sus-nommée. Mes craintes étaient donc justifiées…
C’est fini, je suis redevenue jeune; je remets mes bottes (seule pièce que j’ai consenti à enlever) et me fait piloter dans la partie coiffure des locaux, pour un shampooing/brushing.
Au passage, je note que les deux aquariums ont accueilli les pieds de deux clientes et que les poissons s’activent comme des affamés dessus, pendant que les filles discutent comme si de rien n’était. Il est normal d’avoir une cinquantaine de poissons pour pédicure, manifestement. Ces derniers ne doivent pas être trop nourris pour se jeter ainsi sur des pieds dont on ne sait pas trop où et combien de temps ils ont traîné… les lave-t-on seulement avant de procéder à leur immersion? Il faudrait vérifier. Avis aux testeuses…

Le coiffeur ne m’attendait pas si tôt : il est en train de pique-niquer en vitrine, au milieu de ses brosses… Il se fait rabrouer par le patron un peu comme un serf par son seigneur, devant moi. Je commence à bouillir intérieurement et m’installe sur le siège pour le shampooing. C’est ce moment que choisit le patron (décidemment très classe) pour venir passer ses coups de fil personnels juste à côté de moi ; d’une voix forte, manifestement très fier de lui, il m’informe ainsi, par le truchement de ses commentaires variés, sur sa vie personnelle, ses démêlés avec les uns et les autres, sa famille… que des informations essentielles pour ma séance de coiffure. Mon bouillonement s’est transformé en agitation spasmodique des pieds et remarques acides à voix haute, mais malgré celà il n’a pas eu l’air le moins du monde de remarquer mon agacement; il a tout de même fini par aller parler fort ailleurs, sans doute déçu par mon manque d’intéret…
C’est le moment que choisi le coiffeur pour faire des commentaires sur mes « cheveux trop fins et pas assez dégradés, mais d’une jolie couleur quand même ». D’habitude on vante avec emphase mon épaisse chevelure, là je suis un peu déroutée… On en redemanderait presque pour être sûre d’avoir bien entendu…
Il procède ensuite au séchage, mais sans utiliser de pinces.
Explication: Sur cheveux longs, la pince sert à relever les mèches humides sur le haut de la tête pendant que les mèches du bas sont séchées.
Sans pince, toutes les mèches retombent sur le visage ; les cheveux mouillés chatouillent le nez et gouttent sur les vêtements. C’est très désagréable et ça fait éternuer. Le brushing s’éternise…
Enfin je me trouve libérée, les cheveux bien coiffés, certes. Le visage un peu luisant et les traits comme floutés par le soin (mais c’est normal -enfin, pour moi-)

 Alors la question se pose: ce service dégradé est-il réservé aux consommateurs « groupon » ou est-il le même à tarif plein (140€) ? je ne prendrai pas le risque de chercher à savoir….

Les affranchis … on s’ennuie…

Ca faisait longtemps…
Quid du combat Affranchis/A la bonne heure ?
Pour ceux qui débarquent ou qui auraient envie de reprendre le débat au début, un peu de rétro-lecture par ici

A vrai dire on s’essouffle… on trouve d’autres émissions à écouter, on traîne sur le oueb… mes dernières impressions :
Les affranchis ne méritent pas leur titre ; ils restent conventionnels et politiquement corrects, les débats n’existent plus (si tant est qu’ils ont existé).
Les chroniques se suivent et se ressemblent, les « nouveaux » se succèdent et s’oublient. Les piliers de l’émissions s’enlisent chacun dans leur style. Certains concepts sont toujours à l’antenne alors qu’à l’évidence ils ne présentent aucun intérêt (les flatteurs professionnels ? mais quel est le but ? les animateurs eux-mêmes ont l’air de se le demander…) les quizz issus de Wikipédia sont proches des questions carambar et l’humour qui en découle plafonne au même niveau… Les invités sont nombreux à considérer qu’être premier ministre n’a rien d’enviable, même dans un concept de 20mn… Et que dire d’Isabelle Giordano qui non seulement donne souvent l’impression de ne pas maîtriser plus que ça son sujet et qui en plus ne se gène pas pour couper ses invités d’une façon qui frise parfois l’impolitesse… La stupéfaction du dit invité se perçoit parfois…
C’est dommage, les bons moments semblent noyés dans une monotonie radiophonique à laquelle on n’était pas habitués. Les séquences découvertes musicales restent de qualité, le speed-dating donne à Aline Afanoukoé l’occasion de montrer son talent et sa culture musicale, Marie Colmant continue à exhumer des informations décalées, mais on s’ennuie… Même Daniel Morin se répète et ses interventions en cours d’émission tombent souvent à plat, ses camarades de jeu ne rebondissant quasiment jamais dessus… il a l’air isolé… de mémoire, dans « le fou du roi », il y avait des moments plus collégiaux, mais cette période semble révolue.

Bon. Tout n’est pas mauvais au 11h-12h30 ; aujourd’hui  remarquable  présence d’André Manoukian dont le ton de voix ne fait que souligner l’intelligence du propos. Marion Guilbaud a trouvé sa place et Sonia Devillers fait moins de bruit !

 Et que dire de RTL ? hum… je n’ai pas écouté « A la bonne heure » depuis belle lurette. Impossible de me faire au style décousu de l’émission…

La révolte des blondes?

Depuis quelques semaines, j’ai découvert la série « Mad men » ; oui, je sais, je suis très très en retard… Il m’a fallu du temps pour adhérer et trouver la série intéressante, bloquée que j’étais sur Greg House… mais petit à petit, l’ambiance machiste, cynique et limite potache de l’agence Sterling Cooper m’a happée. Les rapports des personnages entre eux, leurs vies familiales, la place de la femme, tout y est remarquablement mis en scène, décrit, subtilement disséqué. En gros, vous l’avez compris, j’aime bien.
Depuis le début la femme du héro Don Draper, Betty, (une blonde éthérée au look de Grace Kelly) me donne de l’urticaire à cause de sa mollesse, de sa soumission, de son incapacité à réagir, en bref : de son rôle de femme au foyer dans l’Amérique des années 60. Hé bien hier soir, épisode 9, Betty Draper a radicalement modifié mon jugement : non seulement elle tente de réintégrer le milieu professionnel sachant que son mari n’adhère pas à l’idée, mais en plus (et surtout), elle clôt l’épisode dans le jardin, en tirant à la carabine sur les pigeons apprivoisés de son voisin, en tenue négligée, la clope pendant à la commissure des lèvres, le regard vague mais déterminé. Trop fort.

 On retrouve d’ailleurs dans Mad men une autre blonde, l’actrice Anne Dudek, qui dans la saison 4 de Dr House incarnait brillamment  Amber Volakis, plus connue sous le sobriquet (mérité) de Cutthroat Bitch (traduit en français par « abominable garce », mais dont la traduction littérale aurait donné « salope coupeuse de gorge »), blonde détestable prête à tout et dont on soupçonnera jusqu’au bout la mauvaise foi et l’esprit calculateur.

 Et dans « Carnage » le dernier Polanski (pour ceux qui ont un calendrier en tête, j’ai eu le plaisir de le voir en avant première et là, oui, je crâne), Kate Winslet fait une admirable démonstration de la violence barbare qui peut habiter le corps d’une blonde: De femme stricte et posée elle se transforme peu à peu en harpie prête vomir tout et tous et surtout sa vie gâchée. Le climax étant atteint dans une scène extraordinaire où, le visage déformé par la haine, elle se livre avec jubilation au lâcher prise salvateur de la parole et des actes. Un grand moment de cinéma et un excellent jeu de comédienne. J’ai adoré.

 Donc, les blondes peuvent être des monstres vils, violents, grossiers, calculateurs. Oui. Le physique de bombe glacée, stricte et tout en retenue, peut parfaitement cacher un démon surpuissant au vocabulaire de camionneur imbibé et aux manières de videur de boîte de nuit. Il ne faut pas négliger cet aspect de la blonditude. D’ailleurs, il serait temps de faire une place un peu plus large, aussi bien dans les séries télé qu’au ciné, aux blondes méchantes, aux suppôts de Satan coiffés d’or, aux sorcières diaphanes.

Imaginons 2 secondes…

–          Si Dark Vador avait été une femme, elle aurait dit « je suis ta mère » à Luke après le combat au sabre ; elle lui aurait proposé une association « mère-fils » pour sauver la galaxie. On peut raisonnable imaginer qu’elle lui aurait aussi coupé une main. Et là, Luke Skywalker (Luc marcheur du ciel), au lieu de se jeter dans le vide, aurait versé une larme et aurait accepté l’association ; à eux deux ils auraient remis de l’ordre dans la galaxie. Tout y serait bien rangé et on y mangerait des plats maison cuisinés à partir d’ingrédients bio. 

–          Le Joker, légendaire adversaire de Batman, pourrait être incarné par Michelle Pfeiffer, fardée de la même façon mais mieux coiffée ; elle aurait fait un numéro de chant (assez irrésistible) comme dans « Susie et les Baker boys » pour détourner Batman du droit chemin. Séduit (comment faire autrement?), ce dernier aurait basculé dans le crime et Gotham city seraint maintenant la proie de milliers de chauve-souris au rire sardonique…

 –          Si Hannibal Lecter avait ôté son masque dans un geste princier, pour découvrir le visage angélique de Charlize Theron, l’horreur aurait été à son comble. Et des scènes de cannibalisme esthétique auraient pu être tournées.

 –          Uma Thurman dans la peau de Don Corleone, habillée comme dans les récentes pubs Shweppes aurait été certainement géniale et je suis sûre que Cameron Diaz serait parfaite dans une version encore plus venimeuse du personnage de mini-moi dans Austin Powers…

 Allez, pour ceux qui sont allés au bout de ce post, une petite illustration de mon propos:   

Admettez que la face du cinéma pourrait être changée…