Omar Roberts et François Gere dans Pretty Intouchables?

J’ai attendu longtemps pour aller voir « Intouchables »; tout d’abord parce que différentes tentatives d’intégrer le flot des spectateurs heureux ont abouti à un échec cuisant et au visionnage de films non choisis, comme « Les Lyonnais » dont j’ai détesté la violence. Ensuite parce que le succès époustouflant et la multitude d’éloges qui l’accompagnent encore 2 mois après sa sortie  m’ont rebutée.

Mais j’ai fini par m’y rendre.
Et je suis obligée d’admettre que non seulement j’ai bien aimé le film, mais qu’en plus j’ai rit de bon cœur. Mes scènes préférées : la découverte de l’opéra par Driss et la bande son Mozart de pôle emploi.

Il faut dire que le film est remarquablement porté par les deux comédiens principaux. De François Cluzet rien à dire : je l’adore depuis toujours ; je le trouve génial. D’Omar Sy, je ne connaissais que la prestation dans « Tellement proches » et l’avais trouvé bon. Un chouette moment de cinéma, donc. Mais un sentiment étrange de « déjà vu ». Comme cette impression me grattait un peu, j’ai cherché à quoi ce film me faisait penser. « La petite marchande d’allumettes » ? non ; « Babar » ? non ; « Bat man dark knight » ? non plus….A vrai dire, « Intouchables » m’a étrangement rappelé … « Pretty woman »…

Je m’explique :
–          2 personnages que tout oppose radicalement ; l’un  (R Gere, F.Cluzet) évoluant dans un monde d’argent, cultivé, ayant de l éducation. L’autre (J Roberts, O Sy), personnalité attachante, se débrouille comme il/elle peut dans un monde dur et sans pitié, sans argent, sans moyen, sans espoir.

–          Ils se rencontrent par un hasard du destin : Elle (JRoberts) a besoin d’argent, donc part errer sur un bout de trottoir et rencontre son futur employeur qui est perdu. Il (O Sy) a besoin d’une signature pour le maintient de ses droits, donc se présente au premier poste à pourvoir et rencontre son futur employeur.

–          Leur première rencontre est un petit affrontement, une mise en exergue de leurs caractères respectifs :

  • Vivian (J Roberts), prostituée, est libre et déterminée, elle trouble l’habitude d’Edward (R Gere) de se faire obéir au doigt et à l’œil.
  • Driss (O Sy), qui sort de prison, est habitué à vivre et à exprimer ses opinions sans contraintes ; son attitude directe plait à Philipe (F Cluzet) qui apprécie d’être considéré comme une personne normale.

–          Edward et Philippe proposent rapidement à Vivian et Driss de travailler pour eux. L’un par ce qu’il a besoin d’une femme pour l’accompagner dans ses obligations professionnelles, l’autre par ce qu’il a besoin de quelqu’un pour tout.

Hormis le fait que dans les deux films  les personnages développent vite une bonne entente malgré leurs multiples différences (ce qui constitue le cœur de nombreux films) on peut relever quelques scènes qui se ressemblent de façon troublante :

–          Les voitures :

  • Vivian aime les grosses voitures puissantes, qu’elle maîtrise par ailleurs
  • Driss aime les grosses voitures puissantes, qu’il maîtrise aussi…

–          Les vêtements :

  • Edward offre à Vivian, pour qu’elle puisse assurer son rôle à ses côtés, de se recomposer une garde-robe
  • Philippe offre à Driss un smoking que celui-ci portera à la soirée d’anniversaire de son employeur.

–          Le cadeau : grâce à l’argent gagné, les personnages pauvres devenus moins pauvres vont pouvoir montrer leur gratitude aux personnages riches.

  • Vivian offre à Edward une cravate ramenée de sa folle journée de shopping (scène culte à faire pâlir d’envie toutes les filles)
  • Driss offre à Philippe un diamant d’oreille pour son anniversaire

–          L’avion :

  • Edward offre à Vivian une soirée d’opéra à laquelle ils se rendent dans l’avion privé d’Edward. Vivian, qui n’a jamais pris l’avion, craint de monter dans l’appareil.
  • Philippe emmène Driss en avion pour une escapade ; Driss n’ayant jamais pris l’avion, il a peur dans le petit modèle prive de Philippe…

–         L’opéra :

  • Vivian n’a jamais été à l’opéra ; elle s’y rend pour la première fois en compagnie d’Edward ; la scène est prétexte à une révélation émouvante de la sensibilité des personnages.
  • Driss n’a jamais été à l’opéra ; invité par Philippe, il découvre avec stupéfaction et non sans humour ce divertissement hautement culturel. La scène est le prétexte à une mise en abîme des différences culturelles entre les deux personnages. Et il est vrai que le point de vue de Driss sur l’arbre qui chante en allemand se défend parfaitement.
    Personnellement, je préfère les reines des fées qui transforment les hommes en ânes.

–         La vraie vie :

  • Edward fait une brève incursion dans la vraie vie de Vivian ; le monde des boîtes, de la drogue, de la violence. Comme c’est un film romantique, il s’en sort avec panache et sans dégâts.
  • Philippe fait une brève incursion dans la vie de Driss au moment de la réapparition du petit frère de ce dernier. C’est un monde de violence, de drogue, de rapports de force. Comme c’est une comédie, personne n’est blessé…

Il y  a sans doute d’autres similitudes mais celles-ci sont suffisamment notables pour se poser honnêtement la question : A quel niveau se situe la nouveauté d’ « Intouchables » ? Le rapprochement d’êtres que tout oppose, le partage de bons sentiments, la tolérance, le mutuel respect, la découverte d’univers radicalement différents, la prise de partie pour « l’étranger » contre son propre clan, tout est déjà dans Pretty Woman et dans de nombreux autres films. Les scènes d’humour? la plupart sont bien vues dans Intouchables, mais les ficelles sont grosses et les leviers apparents… La belle rousse ne succombe pas? Mais c’est parce que c’est une lesbienne (!) quelle autre explication… Un grand noir en costume? Mais on dirait Obama (!!)… etc etc…

La prochaine fois le parallèle sera établi avec « My fair lady » histoire de voir jusqu’où il est possible de remonter grâce au jeu des 7 ressemblances… Trouver les  rapprochement entre Omar Sy et la frêle Audrey Hepburn me réjouis déjà…

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Publié le 29 décembre 2011, dans Extrapolations, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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