Archives Mensuelles: août 2011

Docteur Beauf et Mr Touriste

 Ca fleure la rentrée et ça n’a rien de drôle… avant de replonger dans les affres de la vie urbaine, il est temps de revenir sur cette période très étrange de vacances estivales. Etrange parce que la météo capricieuse nous a donné son meilleur d’Octobre, étrange parce que les infos sont restées pessimistes même au cœur de l’inactivité aoutienne, étrange par ce qu’il y a eu au cinéma des films regardables, étrange parce j’ai rencontré des extra terrestres en goguette à Montparnasse.

Donc, étudions ensembles, si vous le voulez bien, le comportement de nos concitoyens lâchés dans des lieux de vacances ou le soleil et la chaleur engagent à la paresse… Rien ici qui pourrait s’apparenter à des vacances club ou des voyages en groupe… le sujet du jour concernera les petits villages calmes et charmants qui ornent les côtes ; les côtes peuvent aussi bien être Italiennes que Croates, Grecques ou Portugaises. Et ils sont charmants entre le 20 Août et le 1er Juillet; entre le 1er Juillet et le 2 Août, ils sont positivement envahis. Et pas de la meilleures manière: Docteur Beauf et madame sont arrivés, blancs, fatigués et précédés de valises énormes (principalement cette année : ils doivent rentabiliser les tenues d’été qui n’ont même pas eu l’occasion de sortir du sac du magasin…) ; saisis par la différence (notable) de température, ils commencent à suer à peine sortis de l’aéroport, ce qui les indisposent immédiatement. Ils prennent d’assaut le minibus venu les attendre, sans un regard pour l’autochtone qui porte leurs valises et commencent à bidouiller le bouton de la clim’ du bus.
Dr et madame vont ensuite prendre d’assaut le comptoir de l’hôtel en parlant fort.

 … .Vous connaissez « Chocolate genius » ?…. c‘est vraiment bien…. Allez là 2mn http://www.youtube.com/watch?v=4ZG8dnTekvE

Bref, revenons-en à nos vacancier sen goguette… on ne va pas tergiverser, ce n’est pas le genre de la maison… ils sont impolis, ils sont moches, ils ne savent pas se tenir… voilà, c’est écrit.
Par exemple : pouvez-vous imaginer une fraction de seconde vous promener en ville en maillot de bain dont les élastiques s’enfoncent cruellement dans vos chairs, formant de petites collines à la blancheur molle, révèlent cruellement votre manque d’exercice physique et vos accès alimentaires ? J’entends « en ville » c’est-à-dire dans la rue, même si la rue débouche à un moment ou à un autre sur une plage ? Ou faisant vos courses dans la même tenue ?
Sans rire, vous vous visualisez au carrefour market du coin en maillot pendant et ventre ballonant par dessus? Et vous hissant sur la pointe de vos pieds nus, revelant par là un fessier mou, pour aller quérir vos chips? …la classe…

 Et peut-on imaginer sérieusement s’adresser à un habitant du cru avec la poitrine qui déborde d’un bikini triangle, les lunettes de soleil sur le nez, l’appareil photo autour du cou ? Pour le coup, l’autochtone serait en droit de monter sur la tour Eiffel en string pailleté… et de danser la gigue en hurlant à la mort…

Et sur la plage ? Pourquoi se coller systématiquement devant la serviette des autres ? Je veux dire : entre la serviette des autres et la vue sur la mer ? Et pourquoi laisser les enfants jeter du sable et piétiner la serviette des autres pendant que ces derniers  sont partis se baigner ? L’an prochain, moi aussi je sors de l’eau en hurlant et je viens faire la danse du scalp au milieu des affaires des gens qui sont à côté de moi. Et après je construis des châteaux de sable juste devant eux, pour qu’ils soient ravis de figurer au premier plan de toutes les photos de plage. Et après je crie jusqu’à ce qu’on m’amène une glace.

Y a-t-il sur cette terre quelqu’un qui peut expliquer quel processus complexe se met en branle dans la tête de certains dès qu’ils débarquent sur leur lieu de vacances ? Pourquoi ils meurent tous d’envie de planter leur parasol sur le pied de leur voisin, transforment la plage en cendrier géant, parlent fort et jouent avec leur chiens pendant que vous peaufinez votre bronzage ? Pourquoi et par quel étrange retournement de situation, toutes les conventions de respect et de politesse disparaissent des usages dès qu’ils se trouvent à l’étranger ?

La casquette et les tongs doivent avoir un pouvoir mystérieux…

Boîte vocale mon amour (2)

En ce temps de vacances, il y a forcement moins de personnes qui travaillent; donc, par effet de ricochet, moins de personnes qui répondent au téléphone; donc… plus de boîtes vocales en « action »…
Ce qui va suivre prend sa source dans la cruelle réalité d’un mois d’Août pluvieux où tout semble se liguer contre le non-vacancier…

Boîte vocale 1:
« pour votre confort, XXX a développé une boîte vocale intelligente; vous êtes invité à exprimer votre demande simplement »; si tant est que l’adjectif « intelligent » accolé au nom commun « boîte vocale »  (BV pour la suite) ne soit pas un oxymore, on peut s’attendre au pire.
Et on sera pas déçu.
Car XXX a créé une BV sélective et élitiste: elle ne s’adresse qu’à ceux qui ont le sésame, à savoir un numéro; et pas n’importe quel numéro… LE  numéro… celui de l’agence à laquelle on souhaite s’adresser. Sans cette clef des temps modernes, le malheureux don Quichotte des télécoms peut s’accrocher: rien à faire… si, je mens: on fait quelques chose; on dépense 11,8cts d’€ la minute passée à tempêter contre la BV… et Dieu sait si ce jour là, les pires horreurs ont franchi la barrière de mes cordes vocales…
Par ce que si part ‘intelligent » le commun des mortels peut imaginer que la BV a quelques mots de vocabulaire utiles pour une conversation entre un être réel et un être virtuel, les concepteurs n’ont pas la même approche. Et que, par exemple, le mot « accueil » ne figure pas dans la dernière version du dictionnaire de la BV… et que sans numéro, pas de contact possible… ubuesque… XXX ne peut être joint…

 
Boîte vocale 2:
Encore mieux. On n’arrête pas le progrès…Si vous souhaitez obtenir des informations sur les visas, passeports ou tout autre  document utile à un séjour états-unien, l’ambassade du même nom vous donne rapidement (trop rapidement pour être honnête, cela aurait dû m’interpeler) un numéro d’appel. Cool.
Et ce numéro, par le biais d’une BV à l’accent américain prononcé et à la traduction aléatoire (comme si en France on ne trouvais pas facilement d’individus parlant la langue française…) vous propose, en effet, des renseignements qui semblent cohérents et exhaustifs. Sauf qu’il faut payer … 14€50 pour obtenir l’information! et là, le message est fort clair: si vous ne souhaitez pas vous acquitter du règlement, vous pouvez raccrocher… quand à obtenir la bonne information… j’ai abdiqué avant de tester.
 
 
Boîte vocale 3:
Pour une fois, le message est clair « ce message est gratuit » et concis « après le bip, l’appel vous sera facturé 0.15cts d’€ la minute. Le problème, c’est que « après le bip », il ne se passe rien… que du biiiiiiiip… et si on insiste (merci les téléphones avec haut-parleur), on fini par avoir le fin mot de l’histoire: « ce numéro n’est plus attribué »… Seule la facture, bien renseignée ELLE, dira si cette dernière information est facturée…
 

   … pour ceux qui veulent se faire du mal, ce merveilleux monde moderne a déjà été évoqué ici

 
 

Un peu de crème?

Hélas en ce mois d’Août, la météo exubérante incite au surf… en me promenant sur les divers sites qui promettent jeunesse, beauté, éclat, forme et tout ce qui fait un retour de vacances positif, histoire de prolonger un peu l’impression de détente conférée par 2 semaines de plages (sous le soleil), j’ai trouvé un article qui m’a laissée coite.

NB : Il est nécessaire de savoir ici que les escargots étaient mes meilleurs amis d’enfance; je les élevais, leur parlais et leur organisais des courses. Je n’ai jamais pu avaler le moindre gastéropode (on ne dévore pas ses amis); je leur ai même créé des décors personnalisés au vernis à ongles…

 « CREME —– BAVE D’ESCARGOT ACNE RIDES VERGETURE ALOE VERA »
A traduire: Crème à base de bave d’escargot, utile contre l’acné, les rides, les vergetures; contient de l’Aloe Vera.
Bien-bien-bien…
Déjà, un produit qui combine de quoi traiter à la fois acné, rides et vergetures, c’est balèze. A l’heure ou on nous fait dépenser des sommes folles pour chacun de ces problèmes… ou la base du soin est composée  de plusieurs pots différents par traitement… ça intrigue.

Mais ce qui m’esbaudi, c’est la bave… Soyons pratique:
1 – comment élève-t-on les escargots?
Je vois d’ici les rangées de gastéropodes alignés sur de mini-étagères, éclairés chichement par un néon aux nuances dignes de transformer en Dracula la blonde la plus bronzée de Paris…

2 – comment récolte-t-on la bave des escargots?
Hum, à moins d’utiliser une raclette et de prélever régulièrement les petits corps gluants, je ne vois pas trop… les passer dans une centrifugeuse qui sépare l’escargot de sa bave? Et qui peut prétendre à ce genre de job ; « tu fais quoi, toi dans la vie ? » « oh, je suis récolteuse de bave, spécialisée dans les escargots »… ça jette…

3 – comment conditionne-t-on la susmentionnée bave? 
Quelle recette immonde peut transformer la bave en crème… compte tenu de mes récentes découvertes en matière de mozzarella, je n’ose imaginer…

 Et le parfum? « Bave d’escargot » pour un onguent du soir, ça me paraît moyen… « salade pourrie » peut-être?

Je ne sais pas si parmi vous certain(e)s sont désespéré(e)s au point de s’oindre de bave, mais personnellement je ne me sens pas prête…En même temps, quand on voit des pubs aussi engageantes que « c’est l’été, sortez chez …. Mc Do » ou « Ouvrez un coca-cola, ouvrez du bonheur », on est en mesure de penser que les mœurs de nos concitoyens ont évoluées de façon incontrôlable et incompréhensible… les dérives de la modernité…. bientôt se frotter avec son i-phone sera considéré comme l’acmé de la sensualité…

ça rigole…

Aujourd’hui il fait un temps pourri et j’ai pris la pluie suffisamment pour me laver pendant les 20 prochaines années, trois fois par jour et sans arrêter l’eau pendant le savonnage; c’est dire… mais j’ai décidé que c’est rigolo. Alors je vais reprendre cette journée et en faire un truc tellement stupéfiant de drôlerie que dès demain je serai harcelée par toutes les chaînes de TV du monde qui voudrons me faire scénariste…  ma plume sera l’instrument de précision qui régulera l’humour des jeunes de 16 à 47 ans, je croulerai sous les messages de fans, on m’enverra des fleurs et du chocolat par Fedex, je serai riche et je pourrai changer mon pantalon de pluie…

Après 15 jours de plage et de soleil (si ça existe), je viens de faire une plongée (c’est terme approprié) brutale dans la vie parisienne. Mais c’est pas grave.
Pour fêter mon retour à la vie citadine, j’ai décidé de remplir mon frigo. Avec uniquement des aliments sains et fat-free. Comme les Dieux nous tombent en ce moment sur la tête (curieusement, les Dieux sont plus virulents par chez nous qu’en terre Hellène, ou la météo est remarquable et les gens particulièrement charmants, comme quoi…), j’ai revêtu mon adorable manteau de pluie noir et pesant, long et large, dans lequel on se sent aussi à l’aise et sexy que dans une tenue complète de scaphandrier. J’ai subi la tempête, les flaques, les jets intempestifs produits par les automobilistes qui se trouvent subtils, les coups de klaxon appuyés de ceux qui trouvent intolérable qu’on ne prenne pas le risque de surfer dans le caniveau pour leur permettre de voir « le juste prix » à l’heure (voir pire, le téléachat) ; tout ça très stoïquement ; j’ai senti les gouttes se transformer en rigoles et inonder les moindres recoins de ma tenue de ville, perçu le flétrissement de la peau de mes orteils dans mes baskets (blanches) et senti mon maquillage couler sur mes joues sans même le moindre sursaut d’agacement. C’est ce qui me fait penser que les vacances font grandir…

Toute à la liesse de ma sérénité retrouvée, je suis entrée au Simply Market le sourire affleurant et l’envie de rire chevillée à mon ourle détrempé (oui, j’ai arrêté le Carrefour Market, je boycotte ;voir par là ).
La brume rafraîchissante pulvérisée sur les fruits et légumes est venue titiller mes orteils mouillés, les néons ont donné à mon récent bronzage un air de papier mâché et j’ai failli me faire percuter par la voiturette de nettoyage, pilotée manifestement pour sa plus grande joie par un jeune en tenue rouge. Mais je m’en fichais. Je m’en fichais parce que j’avais découvert l’ARTICLE. L’article incontournable et fiable, le meilleur ami de la cuisinière parisienne qui n’a pas de micro-ondes .
Tadaaaaaaaaaaaaaa!! trompettes et séraphins à demi-nus chantent en choeurs « la danse des canards » en dansant sur la dépouille toute fraîche de mon banquier…
J’ai trouvé la mozzarella « spéciale cuisine ».
Oui, ça fait rêver. Parce que la question que l’on se pose immédiatement c’est « mais, mon Dieu, s’il existe une mozzarella spéciale pour la cuisine et que c’est suffisamment important de le savoir pour que les fabricants se sentent obligés de le mentionner sur l’étiquette, mais A QUOI servent donc les autres mozzarellas ? » à quoi servent les mozzarella que j’ai mangé depuis que j’ai l’âge de manger des pizzas ? La question qui suit immédiatement c’est « mais quels sont les effets de bord des AUTRES mozzarellas ? » ; vais-je, à l’instar de David B.Banner, me transformer sous le coup de la colère (ou pire, sous le coup de l’envie de rire, si j’ai faim ou si je suis fatiguée ? Maille God… et en quoi vais-je me transformer ?

Peut être les autres mozzarellas sont-elles uniquement décoratives, ou permettent-elles de fixer définitivement l’énervant truc à savon qui glisse dans la baignoire. Ou sont utiles pour tenir les portes ouvertes. Ou peuvent se sculpter. Ou, bien manipulées, se révèlent être une arme redoutable. On peut s’en servir pour assommer son supérieur hiérarchique et partir plus tôt en week-end. Sans que ça laisse de traces.
En tout cas, je vais surveille de près les transformations de mon organisme.

A la caisse, faisant fit de mes pieds dont la peau commençait à ressembler à des éponges (naturelles et bio), j’ai laissé  passer 2 consommateurs qui n’avaient qu’un article chacun. Un sentiment de grandeur a fait monter les larmes à mes yeux de panda mascaratés.
Le troisième consommateur avait 3 articles, j’ai préféré ignorer son existence. Faut pas abuser.

Après ce début de soirée assez extatique, j’ai repris mon fidèle destrier pour rentrer à la maison. Ce n’est qu’en arrivant que j’ai réalisé que les vestes imperméables ne le sont vraiment que si on ferme les rabats des poches. Mon beep surnageait dans une petite flaque au fond de la poche. Il a fallu attendre qu’un voisin se décide à entrer pour le suivre… mais dans cet immeuble, c’est toujours un acte de bravoure insensée que de défier les voisins à la porte du parking…  il faut prouver que l’on fait partie des élus qui jouissent du droit divin de l’ouverture de la porte. Bref.
Je me gare, vide le scoot ‘ de tout ce que je dois monter chez moi, y compris au moins 30 BD qui trainent sur mon emplacement de parking (je refuse de courir plus longtemps le risque de me faire voler ma collection d‘Iznogoud), je conserve le casque (mouillé) sur la tête (c’est plus pratique quand on a les 2 mains occupées) et m’apprête à entrer dans l’ascenseur. Cool. Mais si on est chargée, la porte se referme toujours un peu vite. Alors je décide de la bloquer avec le sac de courses. Ca aurait pu marcher si la cellule qui gère l’ouverture était située un peu plus bas. Dans le cas décrit ici et à ma grande consternation, la porte s’est cruellement refermée sur mon cabas. Qui contenait (entre autres) une bouteille de vin et des tomates. No comment.
Le seul point positif, c’est que mon voisin sexy est en vacances ; je ne risquais pas de le croiser…