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j’incube

… j’extrapole. Quelques fulgurances du quotidien parisien. 

 Alors, oui, évidemment, à force de tensions diverses, on vit soi même son monde parallèle. Pas besoin de drogues pour planer ou se sentir speed. La vie en communauté urbaine sous le règne de Sarko 1er suffit. Pas de digression politique, un simple constat d’agressivité générale, d’électricité ambiante, de stress, de doute. Une course à l’emploi, des courses en super-discount, un contre la montre pour biaiser les grèves dans les transports, un chrono pour s’occuper de sa vie, pas le temps de réfléchir, à peine celui d’agir. Bref. La vie de tout le monde. 

 Vu sur le périph’, décidemment un haut lieu d’activités diverses et un creuset de l’évolution citadine : Corsair-fly, qui paie sans doute très cher ses publicitaires a pondu une pub itinérante dont je ne sais encore s’il faut en rire ou en pleurer. En gros, le slogan dit « à ce prix là, j’invite Liliane », signé « Jean-Marie ». Ou comment surfer sur la vague de l’info, faire son beurre du quotidien, se créer une spiritualité de bazar. Le tout crânement inscrit sur des panneaux 4X3, remorqués par des estafettes aux heures de pointe. Même pas osé.
En ces jours ou le top de l’info reste la maison blanche qui s’indigne des déclarations de Carla dans son autobiographie soit disant autorisée, ou le repentir d’un animateur vedette poudré jusqu’à la moelle,  on dirait que les Roms et les retraites ne sont qu’une lointaine idée… C’est vrai ça, il faut donner des jeux au peuple, technique vieille comme mes robes.
 

 Mais je me disperse.
Je ventile.
 

 Allez, une ‘tite chanson pour changer… challenge: moins de 10mn chrono. Fond d’inspiration: Caro Emerald « a night like this » 

 Sur les brûmes du cerveau de l’homme-fantôme
Flottent les oiseaux de mauvais augure
Sur les brûmes de l’oeil humide de l’homme virtuel
Flottent les oiseaux de paradis
Sur les brûmes de mon âme dame-éthérée
Flottent les oiseaux de cendres roses
 

 Refrain
Dans les bois bleus les hommes dansent en étoile
Dans les bois rouge les hommes dansent dans les toiles
Dans les bois jaunes les hommes dansent sur les toits
Quand je bois l’ambroisie divine, les hommes dansent pour moi
 

A l’heure de rien, les étoiles saignent leur joie
A l’heure du bain, les étoiles chantent dans les bois
A l’heure des saints, les étoiles rient de leur foi
A l’heure du malin, les étoiles jamais ne croient
La nuit dérive en silence, les lumières jamais ne vivent
La nuit toujours en partance, les lumières s’éteignent, ivres
  
Refrain 

  
Il faut croire en la divine comédie
Il faut boire jusqu’au bout le sang de la lie
Il faut danser sans faillir le long de la folie
Braver les orchestres vertueux et fous
Graver les troncs rudes et toujours doux
S’énivrer de l’optimisme des fous
 

 Refrain 

Ceux qui cherchent là dedans une interprétation quelconque, si vous trouvez vous êtes sacrément forts… amis du soir, je vous souhaite le bonsoir, 

A bientôt sur nos lignes… 

  

   

 

Bâillons ensemble

« Le bâillement est un réflexe reptilien défensif qui permet de stimuler notre vigilance. » source: j’ai oublié…

 

Voilà qui nécessite méditation.

 

Que le bâillement soit un réflexe reptilien, ça me va.

Le cerveau reptilien est cet organe intéressant qui assure notre survie et nos besoins primaires; en gros, il nous fait nous comporter comme des bêtes, sans réflexion, de façon stéréotypée. Un bon prétexte pour se disculper de certains agissements irréfléchis. J’en entends déjà invoquer leur cerveau reptilien pour expliquer leurs écarts de  comportement moralement répréhensibles.

Il est vrai qu’on ne contrôle pas ses bâillements; personnellement ça me joue des tours: je bâille en permanence. Je pensais naïvement qu’il s’agissait d’un bête manque de sommeil.

 

La réalité est donc plus complexe:

    1- il s’agit d’un réflexe défensif.

On bâille donc pour se protéger.

Au choix: d’une réunion longue et inepte, d’un film long et inepte, d’un discours long et inepte, d’un individu inepte et ennuyeux… Il est vrai que les micro-secondes que durent le bâillement sont un décrochage: on entend rien, on ne voit rien (vous avez déjà essayé de bâiller les yeux ouverts? si vous connaissez la technique, vous êtes ma nouvelle idole), on ne peut rien faire, si ce n’est (réflexe acquis) mettre sa main devant sa bouche pour dissimuler ses amygdales. Un moment suspendu.

Néanmoins, ça ne protège pas de tout. Et comme mise en garde, c’est moyen. D’autant que ça s’accompagne en général d’yeux larmoyants. Dans le genre agressif, il y a mieux.

 

    2 – Le bâillement stimule notre vigilance.

J’aurais tendance à m’inscrire en faux, mais comme je travaille beaucoup sur moi pour éviter les idées reçue et rester open à tous les concepts, je vais essayer de creuser…

La seule vigilance que stimule mes bâillements est celle qui me dit « fait gaffe, tu vas t’endormir, tu devrais songer à rentrer ». C’est valable à partir de 19h au boulot, de 22h30 entre amis. Sinon ça fait désordre.

A part ça…si on considère le bâillement comme vigilance anti-cons, alors oui, je suis d’accord. Une espèce de détecteur de connerie. Plus on bâille, plus l’interlocuteur, orateur, film, … est à bannir. Mais et si on est réellement fatigué? Peut-on faire la différence entre un bâillement de sommeil et un bâillement annonciateur d’une abyssale connerie?

 

Sans compter que certains bâillent quand ils ont faim. Je bâille donc je me mets à rechercher une proie. Why not.

 

Une chose est sûre: le bâillement reflète une soudaine envie de dormir, qui peut elle même être le signe d’un ennui profond, d’une fringale subite, de désintérêt…. et c’est irrépressible. Et communicatif. Mais on ne peut pas en conclure que toutes les personnes qui bâillent par mimétisme sont fatiguées, s’ennuient ou on faim… Et quid des animaux ? Les animaux domestiques sont-ils fatigués ? Pas possible : Ils dorment sans cesse. Un peu comme les comptables.

 

 

 

Dernière minute: Florent Pagny fait un concert.

Enfin je suppose; j’ai vu une affiche qui proclame « Vous n’aimez pas Florent Pagny? normal, j’ai moi-même  envie de me foutre des beignes » ou qque chose d’approchant. Stupéfiant de self-estime. Je ne sais quel dégénéré (à part un publicitaire) peut avoir envie de se rendre à un concert annoncé comme ça. D’ailleurs, reste-t-il des fans de Florent Pagny? Ou même: y a-t-il déjà eu un fan de Florent Pagny? Florent Pagny… ce type au look de chèvre des alpages, mélange subtil de gnome et de pleureuse grecque. Sujet à bâillements, sans doute.

 

Ohlala, je suis en train de mâcher un chewing-gum au Xylitol. J’espère survivre.

 

 

Septembre moins 16

Un peu de soleil et les idées se volatilisent… l’eau transparente, la chaleur réconfortante, l’astre suprême en pleine forme et on devient contemplative, le cerveau se vide avec délicatesse, doucement, le monde s’amenuise et le ralenti mental s’installe insidieusement.

Ou alors la tête a aussi besoin que le corps de se détendre. Un break cérébral : plus d’idées, plus de concepts, plus de raisons de s’insurger, plus de transes caustiques ; bon, il ne faut pas que ça dure trop, parce que ça donne un peu l’impression d’être blonde, mais sporadiquement ça fait du bien.

Donc on reprend tranquillement, façon échauffement. Par exemple, on essaye de faire des phrases avec des mots simplement pour le plaisir de leur résonnance. La résonnance d’un mot, comme ça, perdu dans une phrase. Voir si le sens se construit de lui-même.

 

…. Digression…

Au fond des torrents de boue suprême
Se tordent les nains conceptuels
D’une débauche hypocondriaque
Le sens de leur tourments blêmes,
A la sueur ourlée de fixs virtuels
Dans les angles aigus attaquent.

C’est rien, j’y ai pris goût

…. Fin de la digression…

 

Alors…. Forte concentration…

Après une journée à la lenteur insupportable, les envolées lyriques se font soin, les élucubrations bénéfiques allument des lucioles ivres qui tournoient dans les esprits embrumés. Sous un crâne de blond vêtu, les idées ont la place de virevolter et les trémoussements arythmiques des concepts prennent des postures de danseurs vedettes. C’est l’avantage de l’espace sans fin, dans lequel personne ne t’entend crier. Un alien dans la tête et Sigourney en slip petit bateau entre les oreilles. Ceux qui m’aiment ne prennent pas le train, ils suivent, là.

Donc il existe du poulet 100% végétal. Je n’invente pas, c’est écrit sur une étiquette. Après moultes tergiversations, je suppute que le poulet végétal est une sorte d’ersatz de tofu (pas du téfou), mais vivant. Un animal à base de soja, reconstitué, et auquel un alchimiste à la solde de Carrefour aurait donné la vie ; sans doute en lui injectant des OGM (Odieux Gros Machin, Ô Dieu ! Gros Mâche Hun, Ôde yeux Grom Hache un, Ô Dieu Gros ma ch’1). Une entité qui a la forme du poulet, la couleur du poulet, pas trop le goût du poulet, la barquette en polystyrène du poulet, le prix du poulet (de batterie), la peau du soja et le temps de cuisson d’une huître asthmatique. Impressionnant. A vos fourchettes, consommateurs chéris.

Parlant de poulets… ceux de Loué étant mes favoris, on va y revenir. La radio m’apprend que la maréchaussée, comme tout le monde, n’ayant plus les moyens d’assurer son train de vie, roule avec des pneus lisses. Donc, les condés verbalisent alors qu’eux-mêmes ne respectent pas la loi. 2010 : le règne du « fais ce que je dis, pas ce que je fais ». Et en plus, soumis à l « l’éco-conduite », ils sont limités en vitesse. Selon leurs dires, « pour les poursuites, ce n’est pas pratique ». Si ce n’était pas aussi totalement suprêmement tordu, on serait autorisés à hurler de rire (dire qu’on a des enarques pour ça). Maintenant, les « forces de l’ordre » sont leur propre paradoxe. Pas de force, pas d’ordre. Reste un simple pluriel.

Demain premier Septembre, 26 jours déjà pour  les 33 mineurs Chiliens qui en ont pour quelques semaines avant de respirer à l’air libre… Hastà la vista, amigos…

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Ben ouais, on s’en va pas comme ça en plein milieu d’un concept…
Alors voilà, ce soir j’écris une chanson à texte; pas dans Word avec correction d’orthographe, là: direct-live, créativité pure, ou perversion au sens littéral (découverte du jour).
Détail ultime pour les puristes: la mise en condition. Pas de drogue, de liquides tendancieux ou de substances diverses plus ou moins licites; ici tout est na-tu-rel (merci maman); la transe neuronale vient d’une musique subtilement sélectionnée, répétée ad nauseam, génératrice de témoussements divers et parfois chantée d’une voix de casserole, mais on s’en fout, personne n’entend (on est dans l’espace).
 
 
…. ici j’attends la transe….
 
 
 
j’suis verte: y a de la pub sur deezer. Ca casse ma transe. En plus, c’est pour Mc Do. Il n’y a vraiment plus de valeurs.
 
 
…. ici j’attends encore la transe….
 
 
J’ai pas d’amis sur deezer, j’suis seule et isolée; l’espace, vous dis-je… allez, je chante: « I just can’t help belivein' »
 
…. ici j’attends toujours la transe….
 
 
Couplet 1:
La marquises des diables marche sur une plage brûlante,
Le souffle du grand nord mêche ses cheveux blond de roux,
Les crevettes hystériques lui chantent des poêmes écrits par des fous,
L’oracle suprême, papillon déguingandé aux yeux doux,
Géant bleu, de poils et de pigments légers à la robe scintillante
Guide ses pas hésitants le long d’une file de cafards hurlants
 
Refrain:
Dans les carosses aux roues carrées,
Nues et blanches, belles et rondes, folles et ambidextres,
Les fées de l’aurore boréale dansent pour nous des farandoles,
Leurs chats bleus sur la tête pensent de belles paroles
 
Couplet 2:
Sur l’île suspendue, les amants volent par deux,
Leurs mains gauches se tendent vers les cieux,
Leurs oreilles affolées se dressent dans la craie bleue,
Leurs coeurs désunis s’arrachent à leurs corps maudits,
Les chants se mêlent en plaintes récursives à celui
Des baleines au sang gris qui pleurent des perles lapis lazuli
 
Refain:
Dans les carosses aux roues carrées,
Nues et blanches, belles et rondes, folles et ambidextres,
Les fées de l’aurore boréale dansent pour nous des farandoles,
Leurs chats bleus sur la tête pensent de belles paroles
 
Couplet 3:
Les fleurs carnivores caracolent aux catacombes cacochymes,
Les nains priapiques se roulent dans la farine de noix de sang,
Le sol s’ouvre sous la volonté des divinités altérées,
Les humains ne croient plus, les Dieux se délitent,
La marquise chante et les beaux démons aiment,
La marquise rit et les anges en smoking saignent,
La marquise aime et le monde se vide de sa peine
 
Refrain:
idem
 
 
… ça déchire…. allez, je ne me relis pas. 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

Dans l’espace…

… personne ne vous entend crier ». C’est pas de moi.
On pourrait transposer à plein de situations du quotidien; en ce qui me concerne, si « dans le 14ème, personne ne vous entend chanter » pouvait s’avérer vrai, j’en ressentirais un vif soulagement.
 
Août est un mois calme, surtout pour les parisiens à Paris… besoin de quelques contorsions frénétiques, scansions sans sens, trémoussements libératoires et création d’hybrides animo-culino-poquelino-on-stage. On fini par y arriver. C’est ça qui est bien. Bientôt les coiffeurs d’ours albinos pourront danser des gigues éffrénées à la lueur des pupilles sous acide des écureuils violets qui habitent les parcs urbains, les compteurs de gouttes oranges aux oreilles velues pourront circuler en vélib sans craindre de prendre froid ni foi et les gratteurs de cous de papillons géants nictalopes et mangeurs de phasmes se verront offrir des places pour assister à la réincarnation en live du roi Lear. On s’marre d’avance.
 

Passent en ce moment à la radio, sur diverses chaînes privées, des messages publicitaires à la teneur en stupidité pour le moins stupéfiante.
Par exemple, on peut, moyennement finance, envoyer à ses amis la sonnerie « vuvuzela » pour les énerver. Comme si quelqu’un avait envie de se replonger dans l’univers de la coupe du monde de foot. Ou comme si on pouvait trouver drôle d’entendre un escadron de moustiques vrombrir dans sa poche. Ou se délecter de rendre hystérique un correspondant. S’il faut être tordu pour faire ça, soit payer pour faire une blague débile à quelqu’un, il faut être encore plus tordu pour imaginer ça.

Il y a aussi des numéros d’appel divinatoires, ceux qui permettent de savoir si un(e) ex en pince encore pour soi ou si on a des chances de trouver le flirt de vacance adapté. Hum. Quels peuvent être les algorithmes qui décident de trucs pareils? Et si l’oracle-téléphone se trompait? Risque-t-on de voir se générer du harcèlement parcequ’un serveur vocal a émis un avis sur une relation de couple? Ou des hordes de désespérés tremblants devant leur écran de portable? Et au lieu des sempiternels (et déjà passablement nuls) « tu fais quoi dans la vie », « t’as quel âge », « t’habites où », va-t-on s’orienter vers un « donne ton tél, on va voir s’il est compatible avec le mien »?

Il peut y avoir un marché… des publicitaires sous acide peuvent lancer la « phone compatibilité », ou comment détecter son élu(e) grâce au modèle de son portable, la couleur, la sonnerie… La techno-compatiblité remplaçant la (ringarde) reconnaissance par logo. Ne pas parler à un i-phone3, dédaigner un ericsson, snober un LG. Et faire des groupes facebook par couleur de coque. Les roses avec les blancs, les alu avec les noirs mats…

Chaque jour trouve son moyen de repousser encore un peu plus loin les limites de notre société de consommation…  

Et pourquoi, lorsque l’incroyable Hulk se transforme, son caleçon ne craque-t-il pas?

Bon, sur ce, j’m’en vais, à bon entendeur… je vous prie d’agréer.