Septembre moins 16

Un peu de soleil et les idées se volatilisent… l’eau transparente, la chaleur réconfortante, l’astre suprême en pleine forme et on devient contemplative, le cerveau se vide avec délicatesse, doucement, le monde s’amenuise et le ralenti mental s’installe insidieusement.

Ou alors la tête a aussi besoin que le corps de se détendre. Un break cérébral : plus d’idées, plus de concepts, plus de raisons de s’insurger, plus de transes caustiques ; bon, il ne faut pas que ça dure trop, parce que ça donne un peu l’impression d’être blonde, mais sporadiquement ça fait du bien.

Donc on reprend tranquillement, façon échauffement. Par exemple, on essaye de faire des phrases avec des mots simplement pour le plaisir de leur résonnance. La résonnance d’un mot, comme ça, perdu dans une phrase. Voir si le sens se construit de lui-même.

 

…. Digression…

Au fond des torrents de boue suprême
Se tordent les nains conceptuels
D’une débauche hypocondriaque
Le sens de leur tourments blêmes,
A la sueur ourlée de fixs virtuels
Dans les angles aigus attaquent.

C’est rien, j’y ai pris goût

…. Fin de la digression…

 

Alors…. Forte concentration…

Après une journée à la lenteur insupportable, les envolées lyriques se font soin, les élucubrations bénéfiques allument des lucioles ivres qui tournoient dans les esprits embrumés. Sous un crâne de blond vêtu, les idées ont la place de virevolter et les trémoussements arythmiques des concepts prennent des postures de danseurs vedettes. C’est l’avantage de l’espace sans fin, dans lequel personne ne t’entend crier. Un alien dans la tête et Sigourney en slip petit bateau entre les oreilles. Ceux qui m’aiment ne prennent pas le train, ils suivent, là.

Donc il existe du poulet 100% végétal. Je n’invente pas, c’est écrit sur une étiquette. Après moultes tergiversations, je suppute que le poulet végétal est une sorte d’ersatz de tofu (pas du téfou), mais vivant. Un animal à base de soja, reconstitué, et auquel un alchimiste à la solde de Carrefour aurait donné la vie ; sans doute en lui injectant des OGM (Odieux Gros Machin, Ô Dieu ! Gros Mâche Hun, Ôde yeux Grom Hache un, Ô Dieu Gros ma ch’1). Une entité qui a la forme du poulet, la couleur du poulet, pas trop le goût du poulet, la barquette en polystyrène du poulet, le prix du poulet (de batterie), la peau du soja et le temps de cuisson d’une huître asthmatique. Impressionnant. A vos fourchettes, consommateurs chéris.

Parlant de poulets… ceux de Loué étant mes favoris, on va y revenir. La radio m’apprend que la maréchaussée, comme tout le monde, n’ayant plus les moyens d’assurer son train de vie, roule avec des pneus lisses. Donc, les condés verbalisent alors qu’eux-mêmes ne respectent pas la loi. 2010 : le règne du « fais ce que je dis, pas ce que je fais ». Et en plus, soumis à l « l’éco-conduite », ils sont limités en vitesse. Selon leurs dires, « pour les poursuites, ce n’est pas pratique ». Si ce n’était pas aussi totalement suprêmement tordu, on serait autorisés à hurler de rire (dire qu’on a des enarques pour ça). Maintenant, les « forces de l’ordre » sont leur propre paradoxe. Pas de force, pas d’ordre. Reste un simple pluriel.

Demain premier Septembre, 26 jours déjà pour  les 33 mineurs Chiliens qui en ont pour quelques semaines avant de respirer à l’air libre… Hastà la vista, amigos…

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Publié le 31 août 2010, dans Extrapolations. Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur Septembre moins 16.

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