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Bâillons ensemble
« Le bâillement est un réflexe reptilien défensif qui permet de stimuler notre vigilance. » source: j’ai oublié…
Voilà qui nécessite méditation.
Que le bâillement soit un réflexe reptilien, ça me va.
Le cerveau reptilien est cet organe intéressant qui assure notre survie et nos besoins primaires; en gros, il nous fait nous comporter comme des bêtes, sans réflexion, de façon stéréotypée. Un bon prétexte pour se disculper de certains agissements irréfléchis. J’en entends déjà invoquer leur cerveau reptilien pour expliquer leurs écarts de comportement moralement répréhensibles.
Il est vrai qu’on ne contrôle pas ses bâillements; personnellement ça me joue des tours: je bâille en permanence. Je pensais naïvement qu’il s’agissait d’un bête manque de sommeil.
La réalité est donc plus complexe:
1- il s’agit d’un réflexe défensif.
On bâille donc pour se protéger.
Au choix: d’une réunion longue et inepte, d’un film long et inepte, d’un discours long et inepte, d’un individu inepte et ennuyeux… Il est vrai que les micro-secondes que durent le bâillement sont un décrochage: on entend rien, on ne voit rien (vous avez déjà essayé de bâiller les yeux ouverts? si vous connaissez la technique, vous êtes ma nouvelle idole), on ne peut rien faire, si ce n’est (réflexe acquis) mettre sa main devant sa bouche pour dissimuler ses amygdales. Un moment suspendu.
Néanmoins, ça ne protège pas de tout. Et comme mise en garde, c’est moyen. D’autant que ça s’accompagne en général d’yeux larmoyants. Dans le genre agressif, il y a mieux.
2 – Le bâillement stimule notre vigilance.
J’aurais tendance à m’inscrire en faux, mais comme je travaille beaucoup sur moi pour éviter les idées reçue et rester open à tous les concepts, je vais essayer de creuser…
La seule vigilance que stimule mes bâillements est celle qui me dit « fait gaffe, tu vas t’endormir, tu devrais songer à rentrer ». C’est valable à partir de 19h au boulot, de 22h30 entre amis. Sinon ça fait désordre.
A part ça…si on considère le bâillement comme vigilance anti-cons, alors oui, je suis d’accord. Une espèce de détecteur de connerie. Plus on bâille, plus l’interlocuteur, orateur, film, … est à bannir. Mais et si on est réellement fatigué? Peut-on faire la différence entre un bâillement de sommeil et un bâillement annonciateur d’une abyssale connerie?
Sans compter que certains bâillent quand ils ont faim. Je bâille donc je me mets à rechercher une proie. Why not.
Une chose est sûre: le bâillement reflète une soudaine envie de dormir, qui peut elle même être le signe d’un ennui profond, d’une fringale subite, de désintérêt…. et c’est irrépressible. Et communicatif. Mais on ne peut pas en conclure que toutes les personnes qui bâillent par mimétisme sont fatiguées, s’ennuient ou on faim… Et quid des animaux ? Les animaux domestiques sont-ils fatigués ? Pas possible : Ils dorment sans cesse. Un peu comme les comptables.
Dernière minute: Florent Pagny fait un concert.
Enfin je suppose; j’ai vu une affiche qui proclame « Vous n’aimez pas Florent Pagny? normal, j’ai moi-même envie de me foutre des beignes » ou qque chose d’approchant. Stupéfiant de self-estime. Je ne sais quel dégénéré (à part un publicitaire) peut avoir envie de se rendre à un concert annoncé comme ça. D’ailleurs, reste-t-il des fans de Florent Pagny? Ou même: y a-t-il déjà eu un fan de Florent Pagny? Florent Pagny… ce type au look de chèvre des alpages, mélange subtil de gnome et de pleureuse grecque. Sujet à bâillements, sans doute.
Ohlala, je suis en train de mâcher un chewing-gum au Xylitol. J’espère survivre.
Septembre moins 16
Un peu de soleil et les idées se volatilisent… l’eau transparente, la chaleur réconfortante, l’astre suprême en pleine forme et on devient contemplative, le cerveau se vide avec délicatesse, doucement, le monde s’amenuise et le ralenti mental s’installe insidieusement.
Ou alors la tête a aussi besoin que le corps de se détendre. Un break cérébral : plus d’idées, plus de concepts, plus de raisons de s’insurger, plus de transes caustiques ; bon, il ne faut pas que ça dure trop, parce que ça donne un peu l’impression d’être blonde, mais sporadiquement ça fait du bien.
Donc on reprend tranquillement, façon échauffement. Par exemple, on essaye de faire des phrases avec des mots simplement pour le plaisir de leur résonnance. La résonnance d’un mot, comme ça, perdu dans une phrase. Voir si le sens se construit de lui-même.
…. Digression…
Au fond des torrents de boue suprême
Se tordent les nains conceptuels
D’une débauche hypocondriaque
Le sens de leur tourments blêmes,
A la sueur ourlée de fixs virtuels
Dans les angles aigus attaquent.
C’est rien, j’y ai pris goût
…. Fin de la digression…
Alors…. Forte concentration…
Après une journée à la lenteur insupportable, les envolées lyriques se font soin, les élucubrations bénéfiques allument des lucioles ivres qui tournoient dans les esprits embrumés. Sous un crâne de blond vêtu, les idées ont la place de virevolter et les trémoussements arythmiques des concepts prennent des postures de danseurs vedettes. C’est l’avantage de l’espace sans fin, dans lequel personne ne t’entend crier. Un alien dans la tête et Sigourney en slip petit bateau entre les oreilles. Ceux qui m’aiment ne prennent pas le train, ils suivent, là.
Donc il existe du poulet 100% végétal. Je n’invente pas, c’est écrit sur une étiquette. Après moultes tergiversations, je suppute que le poulet végétal est une sorte d’ersatz de tofu (pas du téfou), mais vivant. Un animal à base de soja, reconstitué, et auquel un alchimiste à la solde de Carrefour aurait donné la vie ; sans doute en lui injectant des OGM (Odieux Gros Machin, Ô Dieu ! Gros Mâche Hun, Ôde yeux Grom Hache un, Ô Dieu Gros ma ch’1). Une entité qui a la forme du poulet, la couleur du poulet, pas trop le goût du poulet, la barquette en polystyrène du poulet, le prix du poulet (de batterie), la peau du soja et le temps de cuisson d’une huître asthmatique. Impressionnant. A vos fourchettes, consommateurs chéris.
Parlant de poulets… ceux de Loué étant mes favoris, on va y revenir. La radio m’apprend que la maréchaussée, comme tout le monde, n’ayant plus les moyens d’assurer son train de vie, roule avec des pneus lisses. Donc, les condés verbalisent alors qu’eux-mêmes ne respectent pas la loi. 2010 : le règne du « fais ce que je dis, pas ce que je fais ». Et en plus, soumis à l « l’éco-conduite », ils sont limités en vitesse. Selon leurs dires, « pour les poursuites, ce n’est pas pratique ». Si ce n’était pas aussi totalement suprêmement tordu, on serait autorisés à hurler de rire (dire qu’on a des enarques pour ça). Maintenant, les « forces de l’ordre » sont leur propre paradoxe. Pas de force, pas d’ordre. Reste un simple pluriel.
Demain premier Septembre, 26 jours déjà pour les 33 mineurs Chiliens qui en ont pour quelques semaines avant de respirer à l’air libre… Hastà la vista, amigos…
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Dans l’espace…
Passent en ce moment à la radio, sur diverses chaînes privées, des messages publicitaires à la teneur en stupidité pour le moins stupéfiante.
Par exemple, on peut, moyennement finance, envoyer à ses amis la sonnerie « vuvuzela » pour les énerver. Comme si quelqu’un avait envie de se replonger dans l’univers de la coupe du monde de foot. Ou comme si on pouvait trouver drôle d’entendre un escadron de moustiques vrombrir dans sa poche. Ou se délecter de rendre hystérique un correspondant. S’il faut être tordu pour faire ça, soit payer pour faire une blague débile à quelqu’un, il faut être encore plus tordu pour imaginer ça.
Il y a aussi des numéros d’appel divinatoires, ceux qui permettent de savoir si un(e) ex en pince encore pour soi ou si on a des chances de trouver le flirt de vacance adapté. Hum. Quels peuvent être les algorithmes qui décident de trucs pareils? Et si l’oracle-téléphone se trompait? Risque-t-on de voir se générer du harcèlement parcequ’un serveur vocal a émis un avis sur une relation de couple? Ou des hordes de désespérés tremblants devant leur écran de portable? Et au lieu des sempiternels (et déjà passablement nuls) « tu fais quoi dans la vie », « t’as quel âge », « t’habites où », va-t-on s’orienter vers un « donne ton tél, on va voir s’il est compatible avec le mien »?
Il peut y avoir un marché… des publicitaires sous acide peuvent lancer la « phone compatibilité », ou comment détecter son élu(e) grâce au modèle de son portable, la couleur, la sonnerie… La techno-compatiblité remplaçant la (ringarde) reconnaissance par logo. Ne pas parler à un i-phone3, dédaigner un ericsson, snober un LG. Et faire des groupes facebook par couleur de coque. Les roses avec les blancs, les alu avec les noirs mats…
Chaque jour trouve son moyen de repousser encore un peu plus loin les limites de notre société de consommation…
Et pourquoi, lorsque l’incroyable Hulk se transforme, son caleçon ne craque-t-il pas?
Bon, sur ce, j’m’en vais, à bon entendeur… je vous prie d’agréer.
philosophie urbaine
Plan B, « she said », Boy I love you so, oh, oh, oh…
Hum, brève aparté musicale dans un mois de Juillet assez peu ensoleillé, n’est-il pas?
En un mois de non rédaction, soit en état de manque absolu, les doigts raides et le cerveau secoué de spasmes, peu de choses vraiment remarquables à noter (bien sûr, on évite de parler poulpe divinatoire, football en déroute, horoscope bidon et autres joyeusetés médiatiques)
Comment dire… comme une ambiance… un parfum (pas très suave)… léger infléchissement de tendance et ondes sporadiques, désordre léger, rumeur poisseuse. Un peu comme si Dupontel se comportait dans la vraie vie comme dans ses films. On est loin de Patrick Juvet et des vestes à paillettes. Nostalgie de douceur et d’insouciance…
D’abord, Juillet ce sont les soldes, premier évènement vraiment notable du mois (Pas que pour les blondes). Que sont les soldes ? Un moment de consommation absolu: ce qui était inaccessible (et donc pas même digne d’un coup d’œil) devient soudainement abordable… peu importent la taille ou la couleur, il est pour quelques semaines de l’ordre du possible de se saper avec des pièces dont la possession relevait jusqu’à présent du fantasme. Pas la peine de revenir sur ce qui a déjà été écrit, n’étant pas assez célèbre pour me permettre de me paraphraser, je saute direct à l’essentiel : changeons d’angle de vision et passons de l’autre côté de la caisse. Conversation entre 2 employées, entendue dans une boutique de prêt à porter prise d’assaut à l’heure du déjeuner. La première, manifestement responsable du magasin, à la seconde: « désolée, mais aujourd’hui, tu es sacrifiée de la caisse »… la pauvre sacrifiée devant en effet faire face, par 35°, à une file féminine zigzagant sans pitié dans toute la boutique, chaque femme chargée de pièces entremêlées, le regard rendu agressif par la récente confrontation avec la cabine d’essayage et son impitoyable miroir, le souffle court, les sens aux aguets scannant les portants dans une ultime tentative de dénicher le vêtement incontournable qui leur donnera l’allure princière d’une biélorusse de 15 ans en apesanteur sur le catwalk*…
Quand j’ai quitté la boutique, il lui restait environ 6h de combat. Peut être a-t-elle maintenant rejoint les témoins Jéhovah ou une secte zen…
Juillet, c’est aussi la période des week-ends prolongés. Avantage : on prend le soleil, on se détend. Inconvénient : quand on revient, la cruelle réalité parisienne reprend le dessus. Les transports en commun, la chaleur étouffante des rues poussiéreuses en fin de journée, les PV pour stationnement et le ruban gris, sauvage et barbare, du périphérique.
Les aventures péiphéennes ne sont pas mes préférées. Elles ont tendance à me laisser de cuisants souvenirs. Ce mardi matin de Juillet, la tête encore dans les alpages et les yeux lourds d’avoir dû s’ouvrir trop tôt, je circule entre les files de gauche, me battant pour conserver un minimum de distance de sécurité, quand une voiture grise, pneus larges et autocollants celtiques me fait une très efficace queue de poisson. Façon « le clignotant est une option », « je suis pressé », « mes rétros sont cassés », etc.
Que fait le motard moyen surpris en telles circonstances ? il klaxonne, histoire de faire savoir 1-que lui aussi existe, 2-qu’il a le droit à des égards, comme l’utilisation de clignotants, 3- que le périph’ n’est pas une zone de non-droit.
Donc, j’enfonce mon klaxon. Non sans une certaines satisfaction.
Donc, sur le mode « répression » désormais en vogue dans notre beau pays, le véhicule fait un écart brusque, tentant de me coincer et de m’écraser entre lui et la voiture de gauche. En vrai. Façon « sandwich de tôle et je fais le jambon » ; je ne sais pas trop à quoi assimiler la mayonnaise, mais pour le cornichon, j’ai une piste. Heureusement, les réflexes sont là, ils permettent d’éviter une fin trop rapide.
Quand je suis passée près de la voiture, beaucoup trop furieuse et énervée pour avoir peur, j’ai tourné la tête vers le conducteur. Une espèce de caricature du voyou de banlieue, manifestement imbibé de substances peu naturelles (voir plus bas), surexcité, qui a eu ce geste charmant et très rassurant que peuvent avoir les tueurs dans les films de Tarantino : un rictus de la bouche, les yeux plissés et l’index agité, indiquant par là que je ferais mieux de faire gaffe à mes arrières. 8h du mat’, j’ai des frissons.
Juillet, enfin, les pubs qui fleurissent nos banlieues se veulent légères et drôles. La plage, les vacances pas chères, les promotions sur les meubles de jardin et …les poulets de Loué.
L’affiche présente 2 représentants l’espèce masculine :
– A gauche, un spécimen normal, sec, droit, souriant. Nourri au grain.
– A droite, un spécimen hypertrophié, le regard bas et les muscles saillants. Pas nourri au grain. Eventuellement chauffeur de véhicule gris aux pneus larges et décoré d’autocollants celtiques.
Excellentissime, j’adore cette campagne : réaliste, simple, humour sobre et efficace. Mais si, on aime les hommes normaux. Pas les trucs de compétition.
Juillet toujours, Carla joue pour Woody et Nico passe ses nuits sous les spots. Chacun ses priorités.
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* Catwalk : nom anglais du podium ou de la piste sur laquelle marchent les modèles lors de présentation de mode (source wikipédia)