Archives Mensuelles: septembre 2013

Un cri silencieux sur la toile

On va tous y passer, un truc agité par F.Lopez de 11h à 12h30 sur ce qui reste de France Inter

Alors voilà… Je voudrais pousser un cri…
Bien sûr, on se demande pourquoi tant d’acharnement sur une pauvre émission de radio. On est en droit de s’interroger sur ceux qui prennent le temps de manifester leur désapprobation, à grand renfort de citations, d’exemples, de précisions horaire… Quoi ? Mais ces gens n’ont donc rien d’autre à faire que de poster des critiques sur une émission? C’est vrai. Après tout, il est sans doute plus constructif de crier sa joie que son ire. Ou, à tout le moins, de faire des critiques constructives plutôt que destructives.
Perso, je trouve fascinant d’écouter cette émission, comme le témoin d’une déliquescence radiophonique. Le signe avant-coureur d’un nivellement par le bas. Et en plus, elle passe à un horaire qui me convient.
Mais quand même.
Pourquoi niveler par le bas ? Je trouve que c’est beau d’écouter la radio plutôt que de céder aux sirènes débilitantes de la télé. C’est, à mes yeux, comme un acte de résistance. Mais quand la radio commence à prendre un parfum de télé, que reste-t-il à l’auditeur en quête de … de… en quête de quoi d’abord, à cette heure-ci? D’un peu d’intelligence, de news culture, d’humour au-dessus de la ceinture… C’est pas grand-chose, pourtant…
Certes, il est difficile de se renouveler, certes les blagues de cul rencontrent facilement un public enthousiaste, certes, il est plus facile de faire rire avec de l’humour gras qu’avec de l’humour fin. Peut-être les auditeurs et les téléspectateurs sont-ils friands de jeux débiles, peut-être aiment-ils se faire traiter sans relâche de vieux, de chômeurs voir d’incultes, peut-être, à force de les entendre, devient-on addict des rires télécommandés. Peut-être même a-t-on soudainement une furieuse envie de rire bêtement à la demande. Pour faire comme tout le monde, avoir la sensation grisante de faire partie d’une communauté ; la communauté de ceux qui rient sans raison, de ceux qui « like » sans raison, de ceux qui ne savent pas écrire autre chose que du langage sms. C’est un choix. Ou non. A croire qu’on n’a plus le choix.
Mais quand même.
André Manoukian ne sait pas parler à la radio, pourquoi insister ? Il couche ? Il a besoin de l’aide de Daniel Morin, qui va même jusqu’à lui rappeler que les grossièretés ne sont pas nécessaires… AM bosse par approximations. Si un coiffeur, une esthéticienne ou, pire, un dentiste avait la fantaisie d’en faire autant, vous imaginez le résultat ? Une coupe de balais de chiotte, une jambe moitié épilée, des dents valides arrachées… Et on continuerait à « Liker », par ce qu’on ne se rendrait plus compte qu’on se fout de nous. Et qu’on voudrait toujours cette sensation grisante d’appartenir à la communauté. Au royaume des consommateurs, les pipoles sont rois.
Témoin de la dégradation de l’ensemble : le raccourcissement des podcasts. Sur près de 80mn d’émission, lorsque de seules 20mn sont proposées à l’écoute différée, que penser ? Que les 75% restants sont trop mauvais ? Et que dire des commentaires des auditeurs sur le site de l’émission ? On passe de la critique à la louange obséquieuse…
Mais quand même.
En plus c’est l’automne.

Tout le reste est par là ou dans la catégorie « France Inter » de cette d’aiguille sur la toile…

C’est la rentrée, quoi de neuf?

Cette semaine, on découvre qu’aux US il existe un site internet pour échanger les enfants adoptés. http://www.leparisien.fr/reactions/societe/aux-etats-unis-des-parents-echangent-leur-enfant-adopte-sur-internet-11-09-2013-3127269.php
Comme ça on peut faire comme avec Amazon ou Zalando : on choisit son produit un peu à la légère (parce qu’on n’a pas le temps), on commande et si le produit ne convient pas, on le renvoie. Sans limite de temps en plus ! On a bien le temps d’abîmer le produit, de l’user selon son bon plaisir et puis, une fois lassé, de s’en débarrasser…
Evidemment, on se dit que seuls des malades mentaux graves peuvent se comporter de la sorte. Moi je dis qu’il y a pire : ce sont ceux qui sont assez cupides, pervers, déviants, pour créer le site internet sus-mentionné… Pour surfer sur la vague de la bêtise humaine à ce point. Et que font nos amis de Facebook, ces gens si bien intentionnés ? Ils refusent de dégager la page correspondante… Bientôt ils vont envoyer des demandes de « like »… Ca y est, on entre dans la marchandisation ouverte de l’humain. Petite suggestion : des sites d’échange d’organes (de préférence des organes de vivants, comme votre voisin, la boulangère du coin ou le fils de votre banquier), des sites de vente en ligne de bébés, des sites de recherche de tueurs à gage pour les vieux encombrants… On doit pouvoir se faire des sous avec tout ça…
Pour rejoindre le propos, il y a une semaine, on découvrait qu’une vieille dame s’est trouvée enfermée 24h dans la salle des coffres de sa banque:

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/une-nonagenaire-enfermee-dans-une-salle-des-coffres-de-la-bnp_1279746.html

Quel rapport ? Disons… Une fois qu’on a essayé des bébés, des enfants, des ados et qu’on est totalement convaincu que l’expérience n’en vaut pas la peine (trop dur, trop d’investissement personnel, trop de problèmes non solvables avec de l’argent, …), on regarde autour de soi et qui voit-on ? Les vieux ! Ceux qui contribuent à creuser le trou de la sécu, qui dépensent les sous de leur retraite (alors que nous, on bossera jusqu’à 250 ans au rythme où ça va…), dont on ne sait pas quoi faire, qui demandent à ce qu’on s’occupe d’eux alors qu’on n’a pas le temps (vu que, déjà, on commande nos enfants sur amazon)… Alors que fait-on ? Ben on les oublie, on les laisse dans les stations-service sur l’autoroute, on les perd dans la forêt (mais faites gaffe à ne pas leur laisser ramasser des petits cailloux, ils sont foutus de revenir), ou plus simplement on les fait exécuter.

Voilà, tout ça laisse augurer du meilleur…

Alors pour se distraire, que faisons-nous ? On allume la radio par exemple. Et là, qu’écoute-t-on ? Je vous le donne en mille (mais pas trop, parce que je crois que tout a déjà été dit à ce sujet par ici…) :
– Des vannes au curieux goût de déjà mâché
– Des invités qui font semblant de découvrir le concept (ou qui ont la mémoire courte)
– Des tentatives de jeux débiles qui laissent supposer qu’on est sur TF1,
– Des rires faux et gras,
– La présupposition que les gens sont idiots (et qu’ils n’ont pas de vocabulaire, à l’instar des animateurs),
Et oui, vous avez deviné, nous sommes sur France Inter, il est entre 11h et 12h30. Ou bien vous avez réussi à choper un bout de podcast manifestement soigneusement trié avant sa mise en ligne. A l’écoute de ce qu’on nous laisse disposer comme du « meilleur « , je n’ose imaginer le pire… Fut un temps ou, sur France Inter, « la voix était libre », ou France Inter c’était « la différence ». Aujourd’hui, entre les tentatives de peoplisation de la station (sortez-nous Manoukian, qu’il fasse les textes et les laisse lire à quelqu’un qui a des notions de radio…) et les come-back malheureux (mais que F. Mitterand est pénible à écouter…), on ne sait vraiment plus où laisser traîner ses oreilles…

En même temps, on vit dans un monde où la malhonnêteté des partis politiques est  financée gracieusement via le web et où en plus, on peut déduire les dons de ses impôts…

 Bon, tout ça me donne des ides: Je vous laisse, je vais me mettre à la création d’un site web pour échanger des animateurs radio.