Archives Mensuelles: octobre 2013

Le mystère du fraisier carré – pour 8 – Ou comment emmerder son monde pour rien…

Parfois il m’arrive d’aller au devant de mes concitoyens ; c’est rare, je le concède, mais certains éléments du quotidien doivent être traités en direct-live. Une de ces incursions dans le monde réel fut récemment le sujet d’un profond ahurissement.
En gros : une dame (le genre catho-tradi-moi je souris jamais, ça sert à rien) est devant moi à la boulangerie. Elle passe commande, tout en prenant soin de s’entourer d’une aura de mystère. Ca donne :
La dame: Je voudrais commander un fraisier s’il vous plait
La boulangère : Oui, bien sûr
La dame : Pour 8, carré !
La boulangère : Je vais voir
Elle s’absente 20 secondes et revient en souriant
La boulangère: Il sera rond, on ne fait pas les carrés
La dame: visiblement fort contrariée Ah… je réfléchi
Elle fait semblant de réfléchir 3 secondes Oui, bon, ça m’ennuie mais OK
La boulangère: Pour combien ?
La dame: Pour 8 !
La boulangère note Très bien et pourquoi le vouliez-vous carré ?
La dame: C’est plus facile à découper !
…C’est vrai que le fraisier est particulièrement ardu à trancher…
La boulangère: Ah… mais rond c’est facile aussi !
La dame: Carré c’est mieux, surtout que nous ne serons pas 8 !
Elle se rengorge comme si elle venait d’asséner le coup de grâce à la boulangère et aux clients présents.
La boulangère, un peu perturbée Ah… vous êtes 6 peut-être ?
La dame Non !
Et voilà. On ne saura jamais en combien de parts strictement égales cette dame voulait découper son fraisier, ni pour combien de personnes elle le voulait, mais on s’en fout ! En sortant de la boulangerie, je suis tombée dans une pluie d’œufs (véridique); fort heureusement pour mon intégrité physique, aucun ne m’a atterri dessus.

Transposons comme j’aime bien le faire.

Chez le médecin
La dame: Bonjour docteur, je voudrais un médicament contre la grippe, mais pas en gélule, ni en suppositoires
Le médecin: Quels sont vos symptômes ?
La dame: J’ai très mal au genou, mais mon petit-fils est enrhumé !
Le médecin: Ah… et il a quel âge, les antibios sont peut-être un peu forts pour lui…
La dame: Il n’est pas né, mais il sera sûrement sensible aux courants d’air ! Faites-moi une ordonnance pour des radios de la main !

Il se met à pleuvoir des hot-dogs arrosés de ketchup Heinz (depuis que Mac Do n’en veut plus, il faut bien que Heinz se reconvertisse).

Chez le coiffeur
La dame: Bonjour, je voudrais un shampooing et un brushing.
Le coiffeur: Très bien, vous voulez un shampooing doux ?
La dame: Non, simplement un relooking total !
Le coiffeur: Ah ? Heu… on change de tête ?
La dame: Non, mon mari est chauve !
Le coiffeur: Parfait, passez au bac
La dame: Ca m’ennuie, je n’ai pas encore vu d’arbre bleu!

Il se met à pleuvoir des homards violets qui chantent la Traviata.

Mais comme on a changé d’heure et que du coup nous avons tous pu faire un saut dans le temps, tout ça n’est pas bien grave…

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Frous-Frous et vélo, le double choc de ce week-end

ff https://www.facebook.com/events/194852470692701/

Amis parisiens, si vous avez envie de trouver un peu de lumière, de couleurs et de fun en ce début d’automne à ne pas laisser un homme politique de gauche dehors, laissez vos pas vous guider vers les quais de Seine. La péniche « La nouvelle Seine » accueille tous les week-ends jusqu’à la fin de l’année le spectacle « FROUS-FROUS, Cabaret de bonnes femmes fatales », un mélange osé de textes classiques, de chansons rétro et de danses sous le signe de l’humour, du charme poudré et de l’extravagance à talons.

Pour moi, la soirée avait commencé par un choc frontal avec une bicyclette et mon niveau de concentration était largement entamé (disons que je sentais ma cuisse droite gonfler dans mon jean soudainement trop serré et mon coude droit partir en miettes – comme quoi la droite, ça reste fragile, quoi qu’on en dise). Mais une fois le billet pris, quelques minutes de repos salvateur dans une chaise face à la Seine et à Notre-Dame et les nombreuses insultes propres à un bon défoulement proférées à l’encontre de l’indélicate cycliste, j’ai commencé à redevenir moi-même. Soit un modèle de délicatesse et d’humour ciselé.

La salle, joliment décorée, est aménagée au niveau bas de la péniche ; les coulisses sont installées derrière un paravent posé à même la scène, ce qui permet de suivre à la fois ce qui se passe devant nous et ce qui nous est suggéré.  Plumes, bas résilles, hauts talons, combi-short léopard, guêpière à la JPG, on est dans le ton. Elles sont jolies, elles sont sexy, elles sont court-vêtue, il est joli, il est moustachu, il est (parfois) court vêtu et ils sont accompagnés au piano en live (et ça, c’est cool)
L’équilibre est atteint entre chansons, scènes, gros délires et pitreries. C’est bien : on est souvent surpris, jamais déçu. Les comédiens sont à la hauteur de leur spectacle, aussi bon en chant, en danse qu’en jeu.
Ma préférence va à la reprise drôlissime et décalée des précieuses ridicules. Le texte est interprété avec humour et brio, rendu actuel par les choix inattendus de mise en scène et surtout… articulé, clair, vivant ! Rhaaaaa ! Molière à la sauce cabaret, quelle bonne idée !
Bon, je ne vais pas spoiler l’affaire avec mon enthousiasme crétin, je vous laisse prendre vos places et aller rigoler un bon coup.

PS: Cerise sur le reblochon, c’est même un spectacle conseillé par Télérama ! Damned…

Le burlesque et moi: une histoire d’amour? il y a presque 1 an, je vous faisais part d’une expérience assez… burlesque… ici: https://geckobleu007.com/2012/11/01/ma-nuit-burlesque/,