Archives du 23 septembre 2013

Un cri silencieux sur la toile

On va tous y passer, un truc agité par F.Lopez de 11h à 12h30 sur ce qui reste de France Inter

Alors voilà… Je voudrais pousser un cri…
Bien sûr, on se demande pourquoi tant d’acharnement sur une pauvre émission de radio. On est en droit de s’interroger sur ceux qui prennent le temps de manifester leur désapprobation, à grand renfort de citations, d’exemples, de précisions horaire… Quoi ? Mais ces gens n’ont donc rien d’autre à faire que de poster des critiques sur une émission? C’est vrai. Après tout, il est sans doute plus constructif de crier sa joie que son ire. Ou, à tout le moins, de faire des critiques constructives plutôt que destructives.
Perso, je trouve fascinant d’écouter cette émission, comme le témoin d’une déliquescence radiophonique. Le signe avant-coureur d’un nivellement par le bas. Et en plus, elle passe à un horaire qui me convient.
Mais quand même.
Pourquoi niveler par le bas ? Je trouve que c’est beau d’écouter la radio plutôt que de céder aux sirènes débilitantes de la télé. C’est, à mes yeux, comme un acte de résistance. Mais quand la radio commence à prendre un parfum de télé, que reste-t-il à l’auditeur en quête de … de… en quête de quoi d’abord, à cette heure-ci? D’un peu d’intelligence, de news culture, d’humour au-dessus de la ceinture… C’est pas grand-chose, pourtant…
Certes, il est difficile de se renouveler, certes les blagues de cul rencontrent facilement un public enthousiaste, certes, il est plus facile de faire rire avec de l’humour gras qu’avec de l’humour fin. Peut-être les auditeurs et les téléspectateurs sont-ils friands de jeux débiles, peut-être aiment-ils se faire traiter sans relâche de vieux, de chômeurs voir d’incultes, peut-être, à force de les entendre, devient-on addict des rires télécommandés. Peut-être même a-t-on soudainement une furieuse envie de rire bêtement à la demande. Pour faire comme tout le monde, avoir la sensation grisante de faire partie d’une communauté ; la communauté de ceux qui rient sans raison, de ceux qui « like » sans raison, de ceux qui ne savent pas écrire autre chose que du langage sms. C’est un choix. Ou non. A croire qu’on n’a plus le choix.
Mais quand même.
André Manoukian ne sait pas parler à la radio, pourquoi insister ? Il couche ? Il a besoin de l’aide de Daniel Morin, qui va même jusqu’à lui rappeler que les grossièretés ne sont pas nécessaires… AM bosse par approximations. Si un coiffeur, une esthéticienne ou, pire, un dentiste avait la fantaisie d’en faire autant, vous imaginez le résultat ? Une coupe de balais de chiotte, une jambe moitié épilée, des dents valides arrachées… Et on continuerait à « Liker », par ce qu’on ne se rendrait plus compte qu’on se fout de nous. Et qu’on voudrait toujours cette sensation grisante d’appartenir à la communauté. Au royaume des consommateurs, les pipoles sont rois.
Témoin de la dégradation de l’ensemble : le raccourcissement des podcasts. Sur près de 80mn d’émission, lorsque de seules 20mn sont proposées à l’écoute différée, que penser ? Que les 75% restants sont trop mauvais ? Et que dire des commentaires des auditeurs sur le site de l’émission ? On passe de la critique à la louange obséquieuse…
Mais quand même.
En plus c’est l’automne.

Tout le reste est par là ou dans la catégorie « France Inter » de cette d’aiguille sur la toile…

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