Les derniers jours de … mais détendez-vous monsieur Timsit!

Les derniers jours de Stephan Sweig au théâtre Antoine, avec Patrick Timsit et Elsa Zylberstein

 

Monsieur Timsit, sincèrement, je vous aime bien. Je vous trouve non seulement drôle mais caustique et avec une vraie dose de cynisme, ce qui est non négligeable de nos jours.
Je ne m’attendais certes pas à vous voir exécuter des cabrioles sur scène, ni prendre le public à partie; encore moins à nous faire rouler par terre, suffoquant de rire. Non, pas dans le rôle de Stephan Sweig, sur la fin de sa vie qui plus est.
Mais j’attendais de  Sweig, de vous donc par extension, du sentiment, de la vraie nostalgie, de la vraie tristesse, de la vraie gêne de se sentir lâche. De vous sentir lâche. Et de la tendresse aussi, pour cette femme qui vous accompagne au bout du monde, vous aime indéfectiblement et vous suit jusque dans votre dernier voyage.

Ce soir, je n’ai pas vu Stephan Sweig, mais Patrick Timsit luttant désespérément pour entrer dans la peau de Stephan Sweig.  Timsit raide et récitant, peinant à communiquer avec Lotte, répondant avant d’écouter les questions, se débarrassant de ses répliques.
Dommage.
J’ai vu un Sweig dépressif et suicidaire, mais ai regretté le Sweig nostalgique, hésitant, troublé au point de ne pouvoir écrire, passant d’une idée d’écrit à une autre, perdu, honteux de ce qu’il estime être une lâcheté ; la lâcheté d’avoir fuit, d’avoir su anticiper la débâcle, de ne pouvoir aider ses amis. Ses amis  morts, ses amis combattants, ses amis dont il n’a plus de nouvelles.

Alors si, j’ai été émue. Aux larmes. C’était à vous regarder saluer. Vous aviez l’air heureux, vrai, vous étiez plein d’émotions. A voir votre main serrer celle de votre partenaire, on sentait la joie de ce moment partagé, la vraie tendresse. Vous avez pris Elsa par l’épaule, lui avez donné une bise, réelle, celle que l’on aurait tellement souhaité que Sweig donne à Lotte au moins une fois… C’est ce Timsit là, au visage vivant, expressif, que l’on peut espérer vous voir donner à Sweig.

Je dis ça, c’est peut être simplement un moment de dépit, de fatigue, allez savoir.

Sinon, pour la note débile de fin de semaine (je m’adresse à ceux qui lisent encore: merci à vous, je vous aime… et ça prend toute sa saveur dans ce qui va suivre…), j’ai vu sur une voiture l’autocollant au slogan le plus nul de l’univers; ça disait : « Vous aimez les lapins, mangez des carottes ! ».

 

Il se trouve que j’ai aimé mon chien, mais n’ai jamais mangé de canigou. Et que j’ai aussi aimé un chat, sans pour autant partager ses souris. Il m’est arrivé d’apprécier un poisson rouge, Mister T, je devrais peut être envisager de me convertir aux paillettes qui puent.
On pourrait transposer à la RATP: « Vous aimez les parisiens? roulez en vélo! » (les parisiens de batterie, ceux qui passent plus d’une heure par jour dans le métro); mieux: « Vous aimez les parisiens? jettez votre 4X4 inutile et qui pue » (les parisiens courageux: ceux qui roulent en vélo pour avoir voulu libérer les parisiens de batterie); mais personne ne doit aimer les parisiens… Peut être qu’en faisant manger des carottes aux parisiens, on les rendrait aimables… il doit y avoir une piste à creuser…

 Voilà, il est tard et je vais aimer aller me coucher. Mais sans mâchouiller mes boules Quies. Promis.

 

 

 

 

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Publié le 13 octobre 2012, dans La fée pétasse, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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