Terreur au cinéma

http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/1266237001/article/nouvelle-intervention-de-la-police-dans-une-salle-ugc/

 

Nous vivons donc dans un monde ou les gamines de 14 ans peuvent se retrouver en garde à vue pendant des heures, où les oeuvres d’art contradictoires avec notre vénéré roi-ampoule-75W sont proscrites et où … la maréchaussée intervient dans les salles de cinéma pour morigéner la plèbe qui a l’outrecuidance de se rafraîchir avec des boissons non achetées sur place…

Comme le susurre à mon oreille Nora Jones, « we’re gonna be sinking soon » ; en fait, « we are sinking ».

C’est officiel, il est interdit (entre autres) de pénétrer dans une salle UGC avec des substances illicites. Dans ce cas précis, les substances en question ont la dangerosité d’une canette de coca. Voir d’un sandwich jambon/beurre. C’est vrai, on néglige souvent le danger et la subversion représentés par le jambon/beur et le coke. Trêve de plaisanteries orthographiques, force est de constater que même aller au ciné devient une activité à haut risque.

Déjà, on ne peut plus y aller en revenant de ses courses. Chargé de camembert, yaourts ou autres produit hautement nocifs comme le kiri, on représente un réel danger pour les finances UGC.

Il n’y a pas à tortiller, il faut immédiatement traiter le mal par la rétorsion, réagir avant l’attaque, prendre les mesures nécessaires pour éviter le cataclysme alimentaire.

Je note tout de même une certaine incohérence entre les préceptes généreusement distribués en salle avant la séance, comme «mangez 5 fruits et légumes par jour », « pour votre santé évitez de grignoter » et autres considération sur le rapport taille/poids/cholestérol de nos concitoyens, et le contenu des distributeurs en salle. Largement pourvus en soda, chocolats, bonbons, gâteaux… et étonnement vides de pommes ou de galettes sans sel. Quand aux prix pratiqués, ce n’est pas la peine d’en parler. Qui ne se laisse pas tenter par l‘idée d’amener son propre sachet de dragibus ou de car-en-sac quand les salles de ciné ne se gênent pas pour proposer les mêmes articles au prix du caviar ? je trouve beaucoup plus snob de tartiner généreusement des fraises tagadas sur mes blinis,  mais c’est moins bon. En revanche, on se fait remarquer. Et pas seulement parce qu’on a la langue rouge fluo après.

Donc, coercition.

Il y a plein de choses à mettre en place pour réfréner les ardeurs des terroristes du twix ou des révoltés du bounty (maille god, quelle classe ce soir, j’assure un max… sans doute les injections massives de substances proscrites…)
Par exemple, on peut mettre des portiques de contrôle à l’entrée des salles. Un peu comme dans les magasins ; ces arceaux qui sifflent pour signaler que l’employé de caisse a oublié d’ôter un antivol. Ou est doté d’un humour particulier et se tord de rire à vous voir toute rouge prise en sandwich (c’est une image) entre 2 vigiles à la musculature surdimensionnée (normal, ils bossent chez go-sport). Des arceaux qui détectent les aliments et les boissons. Techniquement ça doit être possible… qui se déclenchent, je ne sais pas, à l’odeur ou à la chimie… (il faudra éviter de puer des pieds, c’est tout).
Ou bien des scanners spéciaux emballages alimentaires. Des dispositifs qui se mettent à jouer « I love America » dès qu’un dangereux spectateur est armé de caramels. Qui font de projections holographiques de Félix Gray et Didier Barbelivien chantant « A toutes les filles » si on s’approche avec une bouteille de schweppes agrumes (toutes les salles n’en proposent pas, il faut se débrouiller).
Se profile ici un nouveau type de dealer : celui qui arrive à faire passer votre marque préférée de soda ou de bonbons jusqu’à la zone de tranquillité. Ce qui amène le prix du litre de schweppes agrumes à des sommets proches d’un bon Buzet (ça fait pitié, tout de même).

En renfort des arceaux, imaginons des agents de sécurité, chargés de fouiller les spectateurs les plus suspects. Pour une fois, la sélection ne se fera pas par la couleur de peau, mais par le poids. Ou l’âge. On va évidemment beaucoup plus se méfier d’un gamin de 8 ans (qui n’a – fort heureusement pour lui – pas atteint l’âge de la garde à vue) ou d’un individu en surpoids. Haro sur les gros ! Déjà qu’on les force à se gaver de poireaux et de navets, on va maintenant les inspecter à l’entrée des salles de ciné. Bientôt, on leur fera payer 2 sièges.

Il faudra se présenter 45 mn avant la séance pour pouvoir assister à la projection. Il faudra enlever ses chaussures, sa ceintures et vider son sac avant de pouvoir s’installer dans un siège. Aller au ciné deviendra une expédition. Les films ont intérêt à être bons, sinon plus personne n’aura le courage de se rendre en salle.

Pour en revenir à l’épineux problème des courses, la solution la plus simple consiste à mettre en place un système de consignes. Payantes bien sûr. Dans lesquelles on n’aura pas le droit de mettre des animaux (ce n’est pas une plaisanterie, certaines consignes sont très strictes à ce sujet. Celle de la gare SNCF de Nice, notablement).

Voilà, le tour de la question « sécurité » est fait.

Ensuite, les mesures de rétorsion. Des agents de sécurité, tous plus avenants et cultivés les uns que les autres, (normal, ils vont passer leurs vies au ciné), seront chargés d’appréhender les contrevenants. De préférence après les pubs et pendant le générique de début, histoire de bien exaspérer toute la salle. Ils devront verbaliser sur place. Et si les transgresseurs se rebellent, les emmener directement, toutes sirènes hurlantes en GAV (je trouve l’acronyme pour une fois très raccord avec ce qu’il représente. Pourquoi se priver ?) pour des heures.

Menotter les pires, ceux qui boivent de l’eau minérale (parce que seuls les grands pervers boivent de l’eau minérale au ciné, le ciné est avant tout un lieu festif où il est bon de s’affranchir de la raison. Se lâcher en buvant des liquides sucrés à même la canette et parler la bouche pleine de M&M’s… Rhaaaaaa… comme c’est bon….).

Sous peu, interdire au public d’amener sa lecture. Obliger tous ces intellos de gauche à lâcher « libé », « le canard », « le monde » ou (horreur suprême) leur roman. Les obliger à lire la revue de la salle. Pour ceux qui refusent, leur faire apprendre par cœur des passages des chansons de Fançois Valery (y a pas de raison que ce soient toujours les mêmes qui morflent).

Bientôt, un monde parfait…

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Publié le 15 février 2010, dans Extrapolations. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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