Archives Mensuelles: janvier 2010

Slug

slug (nom) (=créature) limace
Sluggish = lent, mou
Sluggish flow of idea = viscosité mentale.

 Appétissant.

Etrangement, ce terme a été découvert par mes services au détour d’un outil informatique. « slug » désignant un composant quelconque, le nom d’un champ, d’un procédé, d’un gadget.
Comme son utilité n’était pas évidente, j’ai cherché la traduction du terme, histoire d’avoir une piste pour orienter mes recherches. Fidèle à sa réputation de sérieux et de vélocité, reverso a renvoyé « limace », ce qui m’a semblé particulièrement obscur.
« Viscosité mentale» a fait  résonner aux tréfonds de mon cerveau reptilien les échos d’une impression connue et pouvant se greffer sur différents éléments de ma vie. Mais définitivement pas l’informatique. Quoique, concernant d’ésotériques documentations, « viscosité mentale » pourrait avoir un sens décrivant l’état de leurs auteurs.
Néanmoins le mot à la consonance d’onomatopée, à l’orthographe simple et aux possibilités graphiques illimitées a un attrait cartoonesque certain. Non content d’ouvrir d’innombrables angles de vues et de donner un éclairage nouveau à certains concepts quotidiens.
Il mérite donc que l’on prenne quelques minutes pour se pencher sur son cas. 
Slug sonne un peu le côté trash du jungle-mood.
Je sais, il faut suivre, but where you gonnna go, where you gonna sleep tonight ? ‘cause you’re singing a song, thinking this is life… and life sometimes, je dois l’avouer, raisonne un peu slug.
(Lecteur perspicace, tu auras compris que ce n’est pas une faute, c’est voulu, ce « ai » au lieu du « é »). 

Dies irea.  

Le slug donc, comme un carcan gluant qui entrave corps et âme, empêchant toute forme de réflexion et transformant (momentanément) une allure légère et altière en démarche crapaudine assortie de gestes balourds. Cerveau baignant dans une solution grasse à la couleur mal définie, membres maladroits, paroles encombrant une bouche de travers. Morning feeling un jour d’hiver pluvieux, quand tout semble assorti à un vieux pantalon de k-way.Mais attention, le pantalon de k-way en question est toujours efficace et on peut compter sur lui. De plus, il est indispensable ces jours là. Alors l’humeur… ben on y est pas perméable… sauvée par un pantalon de K-way. Bleu marine en plus.( J’aime pas le bleu marine, ça fait CPCH). 
Exemple de moment « slug » : se retrouver en plein centre ville (et pas n’importe quelle ville, hein, la THE capitale) sous la pluie, gelée, les pieds baignant dans des chaussettes sans élastiques, la plaque d’immatriculation d’une main, le scooter de l’autre main. Je précise ici que les deux mains peuvent accomplir des gestes indépendants.
En clair, on est dans les embarras, pour parler poliment. Dans des moments comme ça, à la fois anodins et oh ! combien peu glamours, ce ne sont pas précisément les cloches de la renommée qui viennent carillonner à l’esprit. Plutôt de vagues rengaines publicitaires (« avec carrefour je positive » ou «quand je fais de la purée mousseline »), voire une litanie Juvetienne. « Où sont les feeeeemmes » devenant opportunément « où sont les garagiiiistes ». Donc, en plein slug, marmonnant des slogans des années 80 (70 au mieux) on se rend chez son garagiste en priant pour ne pas se faire arrêter par la maréchaussée. Parce qu’ils ne rigolent pas, les condés. Et une blonde mouillée, ça les motive. Genre de vengeance basse.
On est limite à s’arrêter pour allumer des cierges, faire une petite chorégraphie en chantant du Aznavour (« tu t’laisse aller »), psalmodier des incantations à Krishna et presque on pense à porter un jean slim.
C’est dire. Merci à ceux qui suivent encore et qui ont lu tout ce qui précède. Je sais que vous êtes des milliers, retenant votre souffle dans les méandres gluants du web. Don’t leave me now. Je vous aime. Mais je vous rappelle quand même que nous sommes dans un monde virtuel, ne paniquez pas. 
Parvenue au  garage, toute dégoulinante, clopinant dans le pantalon de k-way (pas la peine de l’enlever, chez les motards on est compréhensif, on trouve ça normal comme tenue. C’est un avantage de ce monde parallèle), on ôte son casque et on se souvient, dans un éclair de lucidité que, pour une fois que le mascara ne coule pas (on en a pas mis), on a les cheveux couverts  d’un masque capillaire effet « cheveux gras ».P
etite digression : Le port du  masque n’est pas supposé être autorisé à l’extérieur, mais parfois d’impérieuses raisons conduisent à adopter un comportement de rebelle. Les hommes politiques feraient bien de s’en souvenir. Donc,  honte suprême, mais trop tard pour reculer.
a slug attitude prend un peu à la gorge, mais il faut être plus forte et garder la tête haute.  Bien évidemment, il faut faire tous les étages pour s’expliquer, obtenir gain de cause, régler, revenir chercher le véhicule. Donc s’adresser à tout le personnel, masculin, goguenard et au raffinement d’huître sauvage. Voilà. Voilà ce que peut être une expérience « slug « . D’autres viendront émailler ce temple de la littérature contemporaine, mais je ne tiens pas à révéler tous mes secrets de vie d’un seul coup. 
Goodbye stranger, I surrely wont’ be up before the dawn. 

Lost in translation, mais que susurre Bill à l’oreille de Scarlett…

 

Dans « Lost in translation », deux personnages en quête de sens confondent leurs errances. L’espace de quelques jours, comme en apesanteur dans le grand Hyatt de Tokyo, ils cessent de se consumer d’ennui chacun dans sa bulle et partagent leurs interrogations, leur ennui, leurs doutes.
Lui, la cinquantaine bonhomme, semble traverser la vie sur la pointe des pieds, en smoking et les yeux dans le vague.
Elle, moitié plus jeune, s’interroge et se cherche sans déraper.
Ils se trouvent, s’apprivoisent, s’observent et construisent un de ces mondes éphémères rendus possibles parce que lointains, isolés et limités dans le temps. Leur amitié croît, flirtant parfois avec un amour platonique, et la séparation approchante souligne douloureusement l’impossibilité d’un « après ».
Bill Murray part pour l’aéroport laissant Scarlett Johanson les larmes aux yeux regagner l’ascenseur dans lequel ils se sont vus pour la première fois.
Un peu plus tard, sur la route, il aperçoit une dernière fois la silhouette de la jeune femme, noyée dans la foule; il fait arrêter son taxi, la rattrape, la serre contre lui et lui murmure à l’oreille, dans une ultime étreinte, quelques mots, inaudibles pour le spectateur (pour la spectatrice aussi, même si elle est blonde) ; Scarlett sourit, les larmes cessent de couler, elle part le pas plus léger. Bill se réinstalle dans le taxi, il sourit, il semble en lévitation.
Fin du film.
 
La question est donc simple, confinant à la trivialité: Qu’a pu dire Bill à Scarlett pour ainsi modifier radicalement leurs perceptions d’une relation naissante et condamnée à disparaître? C’est ici qu’il faut faire preuve de subtilité et d’imagination.
Evidemment, les possibilités sont multiples :

          Version à l’eau de rose : il l’aime, le lui dit, lui promet qu’ils se reverront dans un avenir proche. Dans le futur, ça  se passe ainsi. C‘est donc une œuvre de pure fiction. Toute ressemblance blablabla… 

          Version nulle : il l’aime, le lui dit, lui promet qu’ils se reverront dans un avenir proche. Dans le futur, il retrouve sa vie de famille, oublie Scarlett ; d’ailleurs, il lui a donné un faux numéro de téléphone et une adresse mail « poubelle ». Il refuse d’être son ami sur FaceBook. C’est une œuvre réaliste. 

          Version rock’n roll : il lui a dit de préparer sa valise pour le soir ; le soir il revient la chercher vêtu d’un perfecto noir et de boots pointues ; ils partent en moto traverser le Japon ; ils écrivent un livre sur la philosophie du chanteur de karaoké, font un album de chants traditionnels japonais remixés new-âge et ses droguent tous les soirs dans les clubs de strip-tease.  

          Version trash : il lui propose de les rejoindre, sa femme et lui et de faire ménage à trois. Dans le futur, elle s’occupe des enfants et du ménage pendant que lui continue de racoler à travers le monde. Elle est réduite en esclavage par la femme et se suicide dans la salle de bain, en avalant tout le harpic-gel. 

          Version science-fiction : Bill est un extra-terrestre, il doit repartir faire son rapport sur la vie terrienne, mais la prévient que son vaisseau spatial viendra la chercher dans la nuit, qu’elle soit prête, vêtue de blanc, à embarquer pour une nouvelle galaxie. Ils partent vers les cieux, au sons de chants grégoriens interprétés par des angelots blonds à la peau verte, qui se baignent dans une piscine de flammes gelées. 

          Version gourmet : il lui propose de lui laisser des sous pour s’offrir un festin au Mac’Do. Vu que ça fait 10 jours qu’elle se nourrit de sushis, elle accepte volontiers. Il se sent heureux de lui faire plaisir. 

          Version people : il lui propose de lui faire rencontrer son agent, qui saura faire d’elle une superstar ; ainsi ils enregistreront de concert les pubs japonaises pour le whisky. 

          Version disco : il lui donne rendez-vous dans une boîte à la mode, le soir même. Là, il la fait danser sur les rythmes endiablés des Bee-Gees, lui vêtu d’un costume à paillettes, chaussé de mocassins à talons hauts, elle en body fluo et bottes de vinyle rose à talons aiguilles. Ils se déchaînent jusqu’au bout de la nuit et finissent, nus, dans une piscine d’eau rose sous les boules à facette. Ils deviennent la coqueluche des japonais branchés et ont leur propre talk-show, dont le générique est écrit par Patrick Juvet. 

Dans tous les cas, dans 2 ans, le film « lost in transsubstantiation  » sortira, il racontera comment ce couple heureux a acquis la maîtrise de la transformation du sushi en T-bone et du saké en coca-cola. 

Phasme matinal

Ai-je rêvé ou suis-je la seule à avoir entendu ce matin, à 7h57 sur France Inter, Nicolas Demorand traiter Stéphane Guillon de fumier….?
 

de saison

Hum, une nouvelle année profile son lot de résolutions, voeux, rêves et horoscopes divers. Depuis le temps, on devrait se méfier… vrai, quoi, y a pas de raisons que l’espace d’une nuit tout se mette à changer et à briller de mille feux dorés… ou que l’on se transforme soudainement en cette créature de rêve, positive, délicieuse, à la grâce naturelle, à la démarche elfique et qui sait gérer impeccablement toutes les situations. Une espèce de parangon de la modernité, supra-humaine et somptueuse… parfaite jusque dans le choix de ses DVD du dimanche soir (non, elle ne s’abreuve pas de films de super-héros, pas besoin… elle se délecte de documentaires pointus sur la dialectique pachtoune de la fin du XIIème siècle…).

 

Pour cette année, si je puis me permettre, Ô lectorat adoré, je vous souhaite, sous le feu des projecteurs :

          Que la farce soit avec vous

          La folie des glandeurs

          Que si vous criiez dans l’espace, on vous entende

          Que certains l’aiment show

          Que vous ne soyez plus affreux, sales et méchants, mais créatures célestes

          Que vous n’ayez ni visions d’erreur, ni méprises USB

          Que vous soyez unis, pour le meilleur et pour le rire

          Que les décors soient de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell

          Que les anges soient bleus

          De partir en flash transes et de revenir à bout de souffle

          De chanter sous la pluie tout en laissant le vent vous emporter

          Star Shrek et Rabi Jacob dans une superproduction bollywoodienne

 

.. et que les hommes continuent de préférer les blondes…

 

Show must go on,

Mais continuez de faire gaffe dans les tunnels