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Terreur au cinéma

http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/1266237001/article/nouvelle-intervention-de-la-police-dans-une-salle-ugc/

 

Nous vivons donc dans un monde ou les gamines de 14 ans peuvent se retrouver en garde à vue pendant des heures, où les oeuvres d’art contradictoires avec notre vénéré roi-ampoule-75W sont proscrites et où … la maréchaussée intervient dans les salles de cinéma pour morigéner la plèbe qui a l’outrecuidance de se rafraîchir avec des boissons non achetées sur place…

Comme le susurre à mon oreille Nora Jones, « we’re gonna be sinking soon » ; en fait, « we are sinking ».

C’est officiel, il est interdit (entre autres) de pénétrer dans une salle UGC avec des substances illicites. Dans ce cas précis, les substances en question ont la dangerosité d’une canette de coca. Voir d’un sandwich jambon/beurre. C’est vrai, on néglige souvent le danger et la subversion représentés par le jambon/beur et le coke. Trêve de plaisanteries orthographiques, force est de constater que même aller au ciné devient une activité à haut risque.

Déjà, on ne peut plus y aller en revenant de ses courses. Chargé de camembert, yaourts ou autres produit hautement nocifs comme le kiri, on représente un réel danger pour les finances UGC.

Il n’y a pas à tortiller, il faut immédiatement traiter le mal par la rétorsion, réagir avant l’attaque, prendre les mesures nécessaires pour éviter le cataclysme alimentaire.

Je note tout de même une certaine incohérence entre les préceptes généreusement distribués en salle avant la séance, comme «mangez 5 fruits et légumes par jour », « pour votre santé évitez de grignoter » et autres considération sur le rapport taille/poids/cholestérol de nos concitoyens, et le contenu des distributeurs en salle. Largement pourvus en soda, chocolats, bonbons, gâteaux… et étonnement vides de pommes ou de galettes sans sel. Quand aux prix pratiqués, ce n’est pas la peine d’en parler. Qui ne se laisse pas tenter par l‘idée d’amener son propre sachet de dragibus ou de car-en-sac quand les salles de ciné ne se gênent pas pour proposer les mêmes articles au prix du caviar ? je trouve beaucoup plus snob de tartiner généreusement des fraises tagadas sur mes blinis,  mais c’est moins bon. En revanche, on se fait remarquer. Et pas seulement parce qu’on a la langue rouge fluo après.

Donc, coercition.

Il y a plein de choses à mettre en place pour réfréner les ardeurs des terroristes du twix ou des révoltés du bounty (maille god, quelle classe ce soir, j’assure un max… sans doute les injections massives de substances proscrites…)
Par exemple, on peut mettre des portiques de contrôle à l’entrée des salles. Un peu comme dans les magasins ; ces arceaux qui sifflent pour signaler que l’employé de caisse a oublié d’ôter un antivol. Ou est doté d’un humour particulier et se tord de rire à vous voir toute rouge prise en sandwich (c’est une image) entre 2 vigiles à la musculature surdimensionnée (normal, ils bossent chez go-sport). Des arceaux qui détectent les aliments et les boissons. Techniquement ça doit être possible… qui se déclenchent, je ne sais pas, à l’odeur ou à la chimie… (il faudra éviter de puer des pieds, c’est tout).
Ou bien des scanners spéciaux emballages alimentaires. Des dispositifs qui se mettent à jouer « I love America » dès qu’un dangereux spectateur est armé de caramels. Qui font de projections holographiques de Félix Gray et Didier Barbelivien chantant « A toutes les filles » si on s’approche avec une bouteille de schweppes agrumes (toutes les salles n’en proposent pas, il faut se débrouiller).
Se profile ici un nouveau type de dealer : celui qui arrive à faire passer votre marque préférée de soda ou de bonbons jusqu’à la zone de tranquillité. Ce qui amène le prix du litre de schweppes agrumes à des sommets proches d’un bon Buzet (ça fait pitié, tout de même).

En renfort des arceaux, imaginons des agents de sécurité, chargés de fouiller les spectateurs les plus suspects. Pour une fois, la sélection ne se fera pas par la couleur de peau, mais par le poids. Ou l’âge. On va évidemment beaucoup plus se méfier d’un gamin de 8 ans (qui n’a – fort heureusement pour lui – pas atteint l’âge de la garde à vue) ou d’un individu en surpoids. Haro sur les gros ! Déjà qu’on les force à se gaver de poireaux et de navets, on va maintenant les inspecter à l’entrée des salles de ciné. Bientôt, on leur fera payer 2 sièges.

Il faudra se présenter 45 mn avant la séance pour pouvoir assister à la projection. Il faudra enlever ses chaussures, sa ceintures et vider son sac avant de pouvoir s’installer dans un siège. Aller au ciné deviendra une expédition. Les films ont intérêt à être bons, sinon plus personne n’aura le courage de se rendre en salle.

Pour en revenir à l’épineux problème des courses, la solution la plus simple consiste à mettre en place un système de consignes. Payantes bien sûr. Dans lesquelles on n’aura pas le droit de mettre des animaux (ce n’est pas une plaisanterie, certaines consignes sont très strictes à ce sujet. Celle de la gare SNCF de Nice, notablement).

Voilà, le tour de la question « sécurité » est fait.

Ensuite, les mesures de rétorsion. Des agents de sécurité, tous plus avenants et cultivés les uns que les autres, (normal, ils vont passer leurs vies au ciné), seront chargés d’appréhender les contrevenants. De préférence après les pubs et pendant le générique de début, histoire de bien exaspérer toute la salle. Ils devront verbaliser sur place. Et si les transgresseurs se rebellent, les emmener directement, toutes sirènes hurlantes en GAV (je trouve l’acronyme pour une fois très raccord avec ce qu’il représente. Pourquoi se priver ?) pour des heures.

Menotter les pires, ceux qui boivent de l’eau minérale (parce que seuls les grands pervers boivent de l’eau minérale au ciné, le ciné est avant tout un lieu festif où il est bon de s’affranchir de la raison. Se lâcher en buvant des liquides sucrés à même la canette et parler la bouche pleine de M&M’s… Rhaaaaaa… comme c’est bon….).

Sous peu, interdire au public d’amener sa lecture. Obliger tous ces intellos de gauche à lâcher « libé », « le canard », « le monde » ou (horreur suprême) leur roman. Les obliger à lire la revue de la salle. Pour ceux qui refusent, leur faire apprendre par cœur des passages des chansons de Fançois Valery (y a pas de raison que ce soient toujours les mêmes qui morflent).

Bientôt, un monde parfait…

Le gros mot de la St Valentin

C’est vrai, quoi… pourquoi s’exciter sur des gros lots, des méga-lots, des super-lots, des gains faramineux… la saint Valentin serait plutôt l’occasion de s’échanger des mots, mots doux, mots justes, mots tendres… d’ou ce nouveau concept, celui de tirer un gros mot à la Française des jeux… ils ont bien dû nous con-cocter un gros-gros-mot spécial St Valentin…Héhé, le gros mot de la Saint Valentin… ça changerait des mièvreries habituelles… à cogiter… en regard de la culture télévisuelle et des blondes figures du PAF, ça détonne pas trop… Oui, c’est ça, organisons des loteries qui seront des moteries et les gens paieront pour gagagner des gros-gros-mot…

 

En notre époque ou il est compliqué de faire la part entre le réel et le virtuel, en ces moments ou Facebook, omniprésent projette à la face du monde la moindre de nos activités (vous prenez le train ? mais publiez donc en direct cette passionnante information, tout le monde sera ravi de savoir que vous vous rendez chez votre tante à Angers, départ 08h57, retour 19 :12, ceux qui le veulent pourront ainsi venir vous acclamer à l’arrivée du train… vous avez un i-phone ? comme c’est fabuleux ! indiquez à vos 5000 amis où vous vous trouvez en temps réel – ouais, ça marche pas pour le temps virtuel, le temps virtuel reste une jungle inexplorée où la main de Facebook n’a pas encore mis le pied -, vous allez voir « Sherlock Holmes » au cinéma ? vite… profitez-en pour le faire savoir au monde, jetez en pâture à l’univers la moindre de vos activités… l’univers vous en remerciera ), il est d’autant plus difficile de savoir ce qu’il faut ou non faire.
Omniprésence de la publicité, matraquage incessant, pousse à la consommation… un individu moyen, un peu fatigué et désemparé face à l’infini des choix qui s’offre à lui a tôt fait de se laisser influencer.

 

Pour ce jour faste de la Saint Valentin, j’aurais tendance à diviser le monde en deux catégories :

–          Ceux qui ont quelqu’un à qui souhaiter la fête

–          Ceux qui n’ont personne ou trop de possibilités, ce qui revient au même.

 

La première catégorie se divise en 3 sous-catégories :

–          Ceux, les plus sains, qui se contrefichent de la date, du cadeau et de la pub.

–          Ceux qui adôôôôôôrent le concept du cadeau amoureux

–          Ceux qui se sentent obligés de faire un cadeau, par crainte de passer pour des rustres.

Ces derniers sont la cible parfaite des publicitaires, engeance malhonnête et profiteuse par excellence. C’est à eux que s’adressent les milliers de messages rouges, ornés de cœurs, aux lettres dégoulinantes et à l’esprit suintant les bonnes intentions.

Boîtes au lettres, vitrines, affiches, messages radiodiffusés, sectes ouebiennes, tout converge sur ce jour si important : la Saint Valentin. Ou plutôt : l’importance du cadeau de Saint Valentin. Comme ça, si vous aimez votre compagnon/compagne, voila l’occasion idéale pour le lui rappeler (au cas où il/elle aurait oublié) et si vous ne l’aimez pas, hé bien continuez à faire semblant, sinon il/elle va se douter de quelque chose.

Si vous avez un tantinet d’imagination, vous trouverez ce qui sierra à votre double ; dans le cas contraire, pas grave. Les médias s’en sont chargés

Vous êtes un homme, par définition un peu limité en termes de choix de présents agréables, on vous pousse aimablement sur 3 voies :

–          Les fleurs, rouges de préférence. Des roses, de préférence. Valeur sûre, mais pas remarquable de recherche.

–          Un bijou. Avec des cœurs, des trucs qui brillent. Comme ça, elle montrera ostensiblement qu’elle est en couple. Avec quelqu’un qui l’aime et le lui a prouvé. Une espèce de laisse, mais plus discret. Et plus joli.

–          De la lingerie. Alors là, les médias se défoncent. Les affichent fleurissent dans nos grise cités, exhibant fièrement des jeunes femmes très minces vêtues de 10cm carrés de tissu astucieusement répartis sur leurs atouts. De préférence rouge, le tissu. Ce qui est remarquable, ce sont les prix. Moins de 15€ pour clamer son amour, par le biais de nylon rouge et de dentelle cheap… rien qu’à voir les modèles, on sait que ça gratte, ça coupe, ça gène dans les mouvements et que ça ne résistera pas au lavage. En plus, il faut avoir envie de voir sa femme habillée en pouffe à 2 balles… si c’est ça prouver son amour, autant proposer aux petites filles de primaire de faire Loana comme métier…

 

Vous êtes une femme… on suppose que vous savez ce que vous allez offrir à votre cher et tendre … au pire, un rasoir haute technologie ou une eau de toilette qui fera de lui ce grand fauve alangui au bord des grands lacs, sous le soleil poudroyant de la fin d’après-midi africaine… ou cet acteur, dont je tairai le nom (ne divulguant que ses initiales, AD) et qui se retrouve à positionner étrangement les doigts sur les affiches, vu qu’on a effacé la cigarette qu’il tenait au moment de la prise de vue, qui date de ces années reculées ou la censure s’occupait de trucs vraiment importants.

 

D’un autre côté, on peut supposer que l’idée de faire plaisir à une personne que l’on aime débride l’imagination. Ca ne devrait pas être une épreuve que de choisir un cadeau pour celui ou celle que l’on aime.  Bref… Quand à ceux qui n’ont pas de « Valentin », les publicitaires se sont-ils demandés une seconde quelle est leur perception de « la fête des amoureux » ?
Digression: je m’aperçois là que le terme de « perception » peut évoquer aussi bien un transport des sens, façon psychédélisme mental et exubérance chromatique, que le siège des impôts (qui est loin d’être une impression festive). Fin de la digression
Donc, les solitaires, ceux qui arpentent le oueb à toute heure du jour et de la nuit, dans une quête effrénée de l’amour, ceux qui lorgnent sur les mains accrochées de couples en goguette, ceux qui consultent désespérément chaque jour leur horoscope à la recherche du plus petit signe d’espoir dans une vie à deux ? Que peuvent-ils raisonnablement penser en passant devant des vitrines décorées à la gloire des œuvres de Cupidon ? En recevant chaque jour, pendant une semaine, des tracts à la gloire de Carrefour célébrant l’amour par des promotions sur la lessive et les strings ? En se voyant proposer par Facebook des cadeaux virtuels à envoyer (mais à qui…). Ceux-là n’ont qu’à s’exiler pendant 2 jours… les publicitaires n’ont rien prévu pour eux. Il y a donc un créneau à prendre. Je ne sais pas, une fête des célibataires pendant laquelle on pourrait offrit des trucs à des inconnus à l’air triste, bénéficier de 3 mois gratuits sur meetic ou gagner un séjour à la ferme des célébrités pour aller baffer Mickael Vendetta. Un truc cool, quoi…

 

Loana ou les créatures du PAF

Récemment, Loana était invitée par Pascale Clark, sur France Inter, pour présenter le concept de la nouvelle émission de téléréalité à laquelle elle participe. En résumé, Loana sera filmée 24h/24 et sa prestation quotidienne sera retransmise pour la plus grande joie de tous les amateurs de culture du quotidien et de peopolisation.Loana… tout un monde de délires télévisuels…les débuts de la téléréalité, le loft, des millions de français suspendus…Non seulement le succès de l’émission m’a toujours paru très étrange, mais  que perdure le succès de l’une de ses protagoniste ne cesse de m’éberluer.
La voilà donc au micro et grâce à la magie du oueb et des médias nous pouvons non seulement l’entendre mais aussi la voir (et ce dernier point est fondamental : il faut le voir pour le croire). Fidèle à son personnage de bimbo, elle est blonde, les courbes et les yeux soulignés. Jusque là… ça va… Mais faut éviter qu’elle s’exprime. Par la voix, par les attitudes, par les yeux… tout est stupéfiant. Mimiques d’incompréhension, passe encore. Mimiques vulgaires ou chargées de sous-entendus grivois, c’est un peu plus difficile à accepter ; elle va jusqu’à soulever son t-shirt pourtant très transparent, pour montrer sa très plantureuse poitrine. Hallucinant. Le plus hallucinant est que les journalistes n’en laissent rien paraître (par la voix du moins) sang froid et self-contrôle. Ou alors ils étaient tous sous tranquillisants. Ce petit film laisse entrevoir un monde entre les sons radiodiffusés et les plateaux des émissions.
Une question vient à l’esprit : a-t-elle adopté un rôle qui commercialement sera vendeur, ou est-elle comme ça dans la vraie vie ? Pas d’élément de réponse, mais la balance penche tout de même dangereusement du côté « réel ». La source de son succès, sans doute. Un côté trash et sans gène.
Loana est, selon ses dires,« une artiste » ; la notion d’ « artiste » ou d’ « artistique » est effectivement du registre du personnel, les limites entre le non-artistique et l’artistiques sont difficiles à définir, variables par définition et très liées aux sensibilités individuelles. Mais définir Loana comme une « artiste » est un tantinet tiré par les cheveux. A moins que l’échelle de valeur soit différente dans le PAF et hors du PAF. Ca doit être ça. Et il est vrai qu’au niveau du cheveu, elle est particulièrement pourvue. Tant qu’elle ne me les propose pas à un feu, ça va.Loana n’est pas douée pour le jeu du « ni oui ni non ». Elle utilise ces deux mots pour répondre à 80% des questions. Difficile de mener une interview un tant soit peu construite. En plus, ça doit être perturbant… en 5 mn, les 25 mn prévues d’émission peuvent être bouclées. Et difficile à combler, à moins une réserve d’invités surprises aveugles et sourds. En radio, ça passe mal.
Loana aime les feux de l’amour. Comme de très nombreux français.
Loana voulait être vétérinaire, comme beaucoup de gamins.
Elle voulait manger à sa faim et cesser de danser dévêtue en boîte, comme beaucoup ;
Elle voulait écrire, chanter, dessiner des vêtements… comme beaucoup
Loana n’écoute pas ce qui se passe autour d’elle, elle n’a d’avis sur rien et manifestement rien ne l’intéresse. Comme…
On ne peut décemment pas lui reprocher sa satisfaction d’avoir changé de vie. De là à la définir comme « chanteuse », « styliste », « femme d’affaire », considérer qu elle travaille « à l’américaine » et est PDG, il ya un gap ; mais elle semble l’avoir allègrement franchi.
Il faut reconnaître que la demoiselle est culottée, pas grand chose ne semble l’impressionner dans ce qui fait le showbiz. Chanter, danser, parader en tenue légère…
Le prix de la célébrité ne la perturbe pas, elle déplore simplement que l’on puisse la voir pleurer au lendemain d’une rupture. Comme beaucoup, non ?
Mais Loana ne sait pas se tenir. Elle se trémousse, envoie des œillades en coulisse, parade en se tortillant. Peut être cet aspect de sa personnalité est-il utilisé pour la rendre encore plus vendeuse, à son corps défendant. Ou pas défendant.
Les gens semblent l’aimer et il n’y a aucune raison qu’elle mente en racontant les sollicitations pour photos. Les gens l’aiment. Sans doute parce qu’elle est « comme tout le monde », mais en célèbre. Elle trouve les gens « adorables », mais ne s’explique pas son succès. Manifestement elle n’y a pas trop réfléchi.
Loana a été propulsée sous des spots en cherchant l’amour (chercher l’amour est une occupation assez classique et intemporelle). Elle-même trouve que l’intérêt porté au loft est incompréhensible. Que des téléspectateurs prennent plaisir à regarder une bande d’inconnus se laver les dents ou dormir lui semble inconcevable. Comme quoi, elle n’est pas totalement dénuée de bon sens…
Elle est insupportable de vide, de manque de vocabulaire, de réflexion, de manque de savoir vivre, de manque de tenue, mais son côté brut de décoffrage a l’air réel. Et elle est là, là dans la PAF, à la télé, à la radio, en rayon dans les librairies, chez les disquaires, partout…. Et on la regarde, on l’entend, on la propulse de nouveau. Elle correspond, commercialement, à une demande.
Et pour que Pascale Clark le reçoive à une heure de grande écoute, elle doit réellement présenter un intéret. Commercial, d’audience potentielle, de buzz. Et il est exact que ça change des invités habituels. Je n’ai pas regardé 2 fois l’émission des autres. Comme quoi…
Loana a été fabriquée par la télé, elle est le fruit du manque de rêve, d’imagination ; le résultat d’un vide absolu, l’incarnation de la capacité du quidam à ingurgiter passivement et absolument sans réflexion tout ce qu’on lui propose. Et à en redemander. Jetée en pâture à la masse, elle s’en sort par ce qu’elle en est le reflet. Au lieu de la vouer aux gémonies, le public, qui doit se reconnaître en elle, la célèbre et finalement l’adopte. J’aurais tendance à trouver ça cool. Pour elle…. 

worm-spirit

Ou encore « snow-slug », voir « snow-trash-jungle mood » (mais là, il faut réellement avoir suivi)

De l’anglais « worm », ver.

L’esprit du ver, en quelques sortes. Pas forcement évident à comprendre…

De retour d’un séjour au ski durant lequel j’ai éprouvé cette sensation bien particulière je vais essayer de la détailler un peu.

Le worm-spirit est le sentiment envahissant que l’on peut éprouver quand on se trouve coincée  sur une planche de surf (des neiges)et quasiment à l’arrêt, sur un bout de piste bien plat, bien dégagé. On a les deux pieds liés, au mieux on repose sur un bord de piste damée, au pire on est sous 10cm de poudre. Ceux qui ont l’expérience du snow-boarder comprendront : pour avancer on a pas trop le choix .

–          Un ami plein de compassion et chaussé de skis passe à portée de bâton : on saisi l’occasion et on se fait tracter. C’est là que l’on découvre si on est ou non parti avec des amis.

–          Pas d’ami en vue, on déchausse un pied et on pousse. Ca donne chaud, c’est exaspérant de lenteur, ça glisse, on tombe… ça casse le look du héro des neige.

–          Pas d’ami en vue et flemme de déchausser : on se tortille pour avancer, on sautille, on se trémousse, on se déhanche. Ceux qui gardent le souvenir d’un dessin animé de Tex Avery mettant en scène un asticot coiffé d’un haut de forme auront immédiatement compris de quoi il en retourne. Pour les autres, allez à cette adresse http://www.youtube.com/watch?v=mIYPlORqbDw&feature=PlayList&p=DD26CD526750EFE4&index=1 c’est exactement le type de déplacement dont il est question ici,au chapeau près. Pour l’histoire, on peut dire qu’elle n’a aucun rapport. A part les 2 secondes entre 2 :13 et 2 :15.

 

Ce tortillage frénétique obligé, surtout quand les autres skieurs passent allègrement et rapidement, a quelque chose de désagréablement réducteur. C’est le « worm spirit ». Alors que tout ce dont on rêve, c’est d’incarner ça http://www.youtube.com/watch?v=JpWtjJactKY , à partir de 4 :56, mention spéciale 6 :50 à 6 :53… je parle là du personnage vêtu de blanc, bien sûr…

 

Le worm-spirit ou la désagréable sensation de faire péniblement du sur-place quand tout aux alentours semble rapide et facile. Se sentir gluée au sol et impuissante alors que l’on se rêve aérienne, lumineuse, déliée, forte…

 

C’est une sensation que doivent ressentir les politiques de gauche, quand 2012 se profile et que rien ne semble vouloir évoluer. Ou les lecteurs de Marc Levy qui veulent réfléchir. Ou ceux qui ont les 45T de Didier Barbelivien à la place de ceux de Supertramp. C’est sûr que

« Elle a la peau couleur du soleil
Elle a le secret des abeilles
Elle sait comme on fait des enfants
Elle, c’est un avion blanc dans le ciel »

Ne tient pas la comparaison avec

“There are times when all the world’s asleep,
the questions run too deep
for such a simple man.
Won’t you please, please tell me what we’ve learned
I know it sounds absurd
but please tell me who I am.”

Question de goût.

Et oui, j’ai décidé d’accorder un break à Patrick Juvet.

 

 

Slug

slug (nom) (=créature) limace
Sluggish = lent, mou
Sluggish flow of idea = viscosité mentale.

 Appétissant.

Etrangement, ce terme a été découvert par mes services au détour d’un outil informatique. « slug » désignant un composant quelconque, le nom d’un champ, d’un procédé, d’un gadget.
Comme son utilité n’était pas évidente, j’ai cherché la traduction du terme, histoire d’avoir une piste pour orienter mes recherches. Fidèle à sa réputation de sérieux et de vélocité, reverso a renvoyé « limace », ce qui m’a semblé particulièrement obscur.
« Viscosité mentale» a fait  résonner aux tréfonds de mon cerveau reptilien les échos d’une impression connue et pouvant se greffer sur différents éléments de ma vie. Mais définitivement pas l’informatique. Quoique, concernant d’ésotériques documentations, « viscosité mentale » pourrait avoir un sens décrivant l’état de leurs auteurs.
Néanmoins le mot à la consonance d’onomatopée, à l’orthographe simple et aux possibilités graphiques illimitées a un attrait cartoonesque certain. Non content d’ouvrir d’innombrables angles de vues et de donner un éclairage nouveau à certains concepts quotidiens.
Il mérite donc que l’on prenne quelques minutes pour se pencher sur son cas. 
Slug sonne un peu le côté trash du jungle-mood.
Je sais, il faut suivre, but where you gonnna go, where you gonna sleep tonight ? ‘cause you’re singing a song, thinking this is life… and life sometimes, je dois l’avouer, raisonne un peu slug.
(Lecteur perspicace, tu auras compris que ce n’est pas une faute, c’est voulu, ce « ai » au lieu du « é »). 

Dies irea.  

Le slug donc, comme un carcan gluant qui entrave corps et âme, empêchant toute forme de réflexion et transformant (momentanément) une allure légère et altière en démarche crapaudine assortie de gestes balourds. Cerveau baignant dans une solution grasse à la couleur mal définie, membres maladroits, paroles encombrant une bouche de travers. Morning feeling un jour d’hiver pluvieux, quand tout semble assorti à un vieux pantalon de k-way.Mais attention, le pantalon de k-way en question est toujours efficace et on peut compter sur lui. De plus, il est indispensable ces jours là. Alors l’humeur… ben on y est pas perméable… sauvée par un pantalon de K-way. Bleu marine en plus.( J’aime pas le bleu marine, ça fait CPCH). 
Exemple de moment « slug » : se retrouver en plein centre ville (et pas n’importe quelle ville, hein, la THE capitale) sous la pluie, gelée, les pieds baignant dans des chaussettes sans élastiques, la plaque d’immatriculation d’une main, le scooter de l’autre main. Je précise ici que les deux mains peuvent accomplir des gestes indépendants.
En clair, on est dans les embarras, pour parler poliment. Dans des moments comme ça, à la fois anodins et oh ! combien peu glamours, ce ne sont pas précisément les cloches de la renommée qui viennent carillonner à l’esprit. Plutôt de vagues rengaines publicitaires (« avec carrefour je positive » ou «quand je fais de la purée mousseline »), voire une litanie Juvetienne. « Où sont les feeeeemmes » devenant opportunément « où sont les garagiiiistes ». Donc, en plein slug, marmonnant des slogans des années 80 (70 au mieux) on se rend chez son garagiste en priant pour ne pas se faire arrêter par la maréchaussée. Parce qu’ils ne rigolent pas, les condés. Et une blonde mouillée, ça les motive. Genre de vengeance basse.
On est limite à s’arrêter pour allumer des cierges, faire une petite chorégraphie en chantant du Aznavour (« tu t’laisse aller »), psalmodier des incantations à Krishna et presque on pense à porter un jean slim.
C’est dire. Merci à ceux qui suivent encore et qui ont lu tout ce qui précède. Je sais que vous êtes des milliers, retenant votre souffle dans les méandres gluants du web. Don’t leave me now. Je vous aime. Mais je vous rappelle quand même que nous sommes dans un monde virtuel, ne paniquez pas. 
Parvenue au  garage, toute dégoulinante, clopinant dans le pantalon de k-way (pas la peine de l’enlever, chez les motards on est compréhensif, on trouve ça normal comme tenue. C’est un avantage de ce monde parallèle), on ôte son casque et on se souvient, dans un éclair de lucidité que, pour une fois que le mascara ne coule pas (on en a pas mis), on a les cheveux couverts  d’un masque capillaire effet « cheveux gras ».P
etite digression : Le port du  masque n’est pas supposé être autorisé à l’extérieur, mais parfois d’impérieuses raisons conduisent à adopter un comportement de rebelle. Les hommes politiques feraient bien de s’en souvenir. Donc,  honte suprême, mais trop tard pour reculer.
a slug attitude prend un peu à la gorge, mais il faut être plus forte et garder la tête haute.  Bien évidemment, il faut faire tous les étages pour s’expliquer, obtenir gain de cause, régler, revenir chercher le véhicule. Donc s’adresser à tout le personnel, masculin, goguenard et au raffinement d’huître sauvage. Voilà. Voilà ce que peut être une expérience « slug « . D’autres viendront émailler ce temple de la littérature contemporaine, mais je ne tiens pas à révéler tous mes secrets de vie d’un seul coup. 
Goodbye stranger, I surrely wont’ be up before the dawn.