Slug

slug (nom) (=créature) limace
Sluggish = lent, mou
Sluggish flow of idea = viscosité mentale.

 Appétissant.

Etrangement, ce terme a été découvert par mes services au détour d’un outil informatique. « slug » désignant un composant quelconque, le nom d’un champ, d’un procédé, d’un gadget.
Comme son utilité n’était pas évidente, j’ai cherché la traduction du terme, histoire d’avoir une piste pour orienter mes recherches. Fidèle à sa réputation de sérieux et de vélocité, reverso a renvoyé « limace », ce qui m’a semblé particulièrement obscur.
« Viscosité mentale» a fait  résonner aux tréfonds de mon cerveau reptilien les échos d’une impression connue et pouvant se greffer sur différents éléments de ma vie. Mais définitivement pas l’informatique. Quoique, concernant d’ésotériques documentations, « viscosité mentale » pourrait avoir un sens décrivant l’état de leurs auteurs.
Néanmoins le mot à la consonance d’onomatopée, à l’orthographe simple et aux possibilités graphiques illimitées a un attrait cartoonesque certain. Non content d’ouvrir d’innombrables angles de vues et de donner un éclairage nouveau à certains concepts quotidiens.
Il mérite donc que l’on prenne quelques minutes pour se pencher sur son cas. 
Slug sonne un peu le côté trash du jungle-mood.
Je sais, il faut suivre, but where you gonnna go, where you gonna sleep tonight ? ‘cause you’re singing a song, thinking this is life… and life sometimes, je dois l’avouer, raisonne un peu slug.
(Lecteur perspicace, tu auras compris que ce n’est pas une faute, c’est voulu, ce « ai » au lieu du « é »). 

Dies irea.  

Le slug donc, comme un carcan gluant qui entrave corps et âme, empêchant toute forme de réflexion et transformant (momentanément) une allure légère et altière en démarche crapaudine assortie de gestes balourds. Cerveau baignant dans une solution grasse à la couleur mal définie, membres maladroits, paroles encombrant une bouche de travers. Morning feeling un jour d’hiver pluvieux, quand tout semble assorti à un vieux pantalon de k-way.Mais attention, le pantalon de k-way en question est toujours efficace et on peut compter sur lui. De plus, il est indispensable ces jours là. Alors l’humeur… ben on y est pas perméable… sauvée par un pantalon de K-way. Bleu marine en plus.( J’aime pas le bleu marine, ça fait CPCH). 
Exemple de moment « slug » : se retrouver en plein centre ville (et pas n’importe quelle ville, hein, la THE capitale) sous la pluie, gelée, les pieds baignant dans des chaussettes sans élastiques, la plaque d’immatriculation d’une main, le scooter de l’autre main. Je précise ici que les deux mains peuvent accomplir des gestes indépendants.
En clair, on est dans les embarras, pour parler poliment. Dans des moments comme ça, à la fois anodins et oh ! combien peu glamours, ce ne sont pas précisément les cloches de la renommée qui viennent carillonner à l’esprit. Plutôt de vagues rengaines publicitaires (« avec carrefour je positive » ou «quand je fais de la purée mousseline »), voire une litanie Juvetienne. « Où sont les feeeeemmes » devenant opportunément « où sont les garagiiiistes ». Donc, en plein slug, marmonnant des slogans des années 80 (70 au mieux) on se rend chez son garagiste en priant pour ne pas se faire arrêter par la maréchaussée. Parce qu’ils ne rigolent pas, les condés. Et une blonde mouillée, ça les motive. Genre de vengeance basse.
On est limite à s’arrêter pour allumer des cierges, faire une petite chorégraphie en chantant du Aznavour (« tu t’laisse aller »), psalmodier des incantations à Krishna et presque on pense à porter un jean slim.
C’est dire. Merci à ceux qui suivent encore et qui ont lu tout ce qui précède. Je sais que vous êtes des milliers, retenant votre souffle dans les méandres gluants du web. Don’t leave me now. Je vous aime. Mais je vous rappelle quand même que nous sommes dans un monde virtuel, ne paniquez pas. 
Parvenue au  garage, toute dégoulinante, clopinant dans le pantalon de k-way (pas la peine de l’enlever, chez les motards on est compréhensif, on trouve ça normal comme tenue. C’est un avantage de ce monde parallèle), on ôte son casque et on se souvient, dans un éclair de lucidité que, pour une fois que le mascara ne coule pas (on en a pas mis), on a les cheveux couverts  d’un masque capillaire effet « cheveux gras ».P
etite digression : Le port du  masque n’est pas supposé être autorisé à l’extérieur, mais parfois d’impérieuses raisons conduisent à adopter un comportement de rebelle. Les hommes politiques feraient bien de s’en souvenir. Donc,  honte suprême, mais trop tard pour reculer.
a slug attitude prend un peu à la gorge, mais il faut être plus forte et garder la tête haute.  Bien évidemment, il faut faire tous les étages pour s’expliquer, obtenir gain de cause, régler, revenir chercher le véhicule. Donc s’adresser à tout le personnel, masculin, goguenard et au raffinement d’huître sauvage. Voilà. Voilà ce que peut être une expérience « slug « . D’autres viendront émailler ce temple de la littérature contemporaine, mais je ne tiens pas à révéler tous mes secrets de vie d’un seul coup. 
Goodbye stranger, I surrely wont’ be up before the dawn. 

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Publié le 25 janvier 2010, dans Extrapolations. Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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