Archives d’Auteur: geckobleu007
ça rigole…
Aujourd’hui il fait un temps pourri et j’ai pris la pluie suffisamment pour me laver pendant les 20 prochaines années, trois fois par jour et sans arrêter l’eau pendant le savonnage; c’est dire… mais j’ai décidé que c’est rigolo. Alors je vais reprendre cette journée et en faire un truc tellement stupéfiant de drôlerie que dès demain je serai harcelée par toutes les chaînes de TV du monde qui voudrons me faire scénariste… ma plume sera l’instrument de précision qui régulera l’humour des jeunes de 16 à 47 ans, je croulerai sous les messages de fans, on m’enverra des fleurs et du chocolat par Fedex, je serai riche et je pourrai changer mon pantalon de pluie…
Après 15 jours de plage et de soleil (si ça existe), je viens de faire une plongée (c’est terme approprié) brutale dans la vie parisienne. Mais c’est pas grave.
Pour fêter mon retour à la vie citadine, j’ai décidé de remplir mon frigo. Avec uniquement des aliments sains et fat-free. Comme les Dieux nous tombent en ce moment sur la tête (curieusement, les Dieux sont plus virulents par chez nous qu’en terre Hellène, ou la météo est remarquable et les gens particulièrement charmants, comme quoi…), j’ai revêtu mon adorable manteau de pluie noir et pesant, long et large, dans lequel on se sent aussi à l’aise et sexy que dans une tenue complète de scaphandrier. J’ai subi la tempête, les flaques, les jets intempestifs produits par les automobilistes qui se trouvent subtils, les coups de klaxon appuyés de ceux qui trouvent intolérable qu’on ne prenne pas le risque de surfer dans le caniveau pour leur permettre de voir « le juste prix » à l’heure (voir pire, le téléachat) ; tout ça très stoïquement ; j’ai senti les gouttes se transformer en rigoles et inonder les moindres recoins de ma tenue de ville, perçu le flétrissement de la peau de mes orteils dans mes baskets (blanches) et senti mon maquillage couler sur mes joues sans même le moindre sursaut d’agacement. C’est ce qui me fait penser que les vacances font grandir…
Toute à la liesse de ma sérénité retrouvée, je suis entrée au Simply Market le sourire affleurant et l’envie de rire chevillée à mon ourle détrempé (oui, j’ai arrêté le Carrefour Market, je boycotte ;voir par là ).
La brume rafraîchissante pulvérisée sur les fruits et légumes est venue titiller mes orteils mouillés, les néons ont donné à mon récent bronzage un air de papier mâché et j’ai failli me faire percuter par la voiturette de nettoyage, pilotée manifestement pour sa plus grande joie par un jeune en tenue rouge. Mais je m’en fichais. Je m’en fichais parce que j’avais découvert l’ARTICLE. L’article incontournable et fiable, le meilleur ami de la cuisinière parisienne qui n’a pas de micro-ondes .
Tadaaaaaaaaaaaaaa!! trompettes et séraphins à demi-nus chantent en choeurs « la danse des canards » en dansant sur la dépouille toute fraîche de mon banquier…
J’ai trouvé la mozzarella « spéciale cuisine ».
Oui, ça fait rêver. Parce que la question que l’on se pose immédiatement c’est « mais, mon Dieu, s’il existe une mozzarella spéciale pour la cuisine et que c’est suffisamment important de le savoir pour que les fabricants se sentent obligés de le mentionner sur l’étiquette, mais A QUOI servent donc les autres mozzarellas ? » à quoi servent les mozzarella que j’ai mangé depuis que j’ai l’âge de manger des pizzas ? La question qui suit immédiatement c’est « mais quels sont les effets de bord des AUTRES mozzarellas ? » ; vais-je, à l’instar de David B.Banner, me transformer sous le coup de la colère (ou pire, sous le coup de l’envie de rire, si j’ai faim ou si je suis fatiguée ? Maille God… et en quoi vais-je me transformer ?
Peut être les autres mozzarellas sont-elles uniquement décoratives, ou permettent-elles de fixer définitivement l’énervant truc à savon qui glisse dans la baignoire. Ou sont utiles pour tenir les portes ouvertes. Ou peuvent se sculpter. Ou, bien manipulées, se révèlent être une arme redoutable. On peut s’en servir pour assommer son supérieur hiérarchique et partir plus tôt en week-end. Sans que ça laisse de traces.
En tout cas, je vais surveille de près les transformations de mon organisme.
A la caisse, faisant fit de mes pieds dont la peau commençait à ressembler à des éponges (naturelles et bio), j’ai laissé passer 2 consommateurs qui n’avaient qu’un article chacun. Un sentiment de grandeur a fait monter les larmes à mes yeux de panda mascaratés.
Le troisième consommateur avait 3 articles, j’ai préféré ignorer son existence. Faut pas abuser.
Après ce début de soirée assez extatique, j’ai repris mon fidèle destrier pour rentrer à la maison. Ce n’est qu’en arrivant que j’ai réalisé que les vestes imperméables ne le sont vraiment que si on ferme les rabats des poches. Mon beep surnageait dans une petite flaque au fond de la poche. Il a fallu attendre qu’un voisin se décide à entrer pour le suivre… mais dans cet immeuble, c’est toujours un acte de bravoure insensée que de défier les voisins à la porte du parking… il faut prouver que l’on fait partie des élus qui jouissent du droit divin de l’ouverture de la porte. Bref.
Je me gare, vide le scoot ‘ de tout ce que je dois monter chez moi, y compris au moins 30 BD qui trainent sur mon emplacement de parking (je refuse de courir plus longtemps le risque de me faire voler ma collection d‘Iznogoud), je conserve le casque (mouillé) sur la tête (c’est plus pratique quand on a les 2 mains occupées) et m’apprête à entrer dans l’ascenseur. Cool. Mais si on est chargée, la porte se referme toujours un peu vite. Alors je décide de la bloquer avec le sac de courses. Ca aurait pu marcher si la cellule qui gère l’ouverture était située un peu plus bas. Dans le cas décrit ici et à ma grande consternation, la porte s’est cruellement refermée sur mon cabas. Qui contenait (entre autres) une bouteille de vin et des tomates. No comment.
Le seul point positif, c’est que mon voisin sexy est en vacances ; je ne risquais pas de le croiser…
Concombre tueur
Après le concombre masqué, le concombre tueur… D’autant que nous ne sommes pas sûrs que les concombres soient à incriminer… ce pourrait aussi bien être les tomates, les haricots…Aujourd’hui, une simple salade grecque, hautement recommandée dans le cadre d’un régime Crétois, peut devenir un redoutable poison ; et que dire de la tomate-mozzarella ? entre la tomate aux mœurs douteuses et la mozzarella contaminée à la dioxine, c’est une arme redoutable que ce plat estival… ah et je savais les melons piqués (est-ce bien normal de pouvoir conserver 10 jours un melon?), mais j’ai découvert que les tomates le sont tout autant; il existe donc le métier de « piqueur de tomates »…
Il semblerait que ce soit le soja germé, ce fleuron de la culture bio et végétarienne, qui soit à incriminer… si même les aliments phares nous trahissent, où va-t-on ?
Sans compter le steak haché tueur et le hamburger empoisonneur… Ces derniers issus de magasins discount.
Il vaut mieux acheter cher et pas bio. Mais ça ne doit pas mettre à l’abri non plus…
En ces périodes de régimes ou les recommandations de manger « au moins 5 fruits et 5 légumes par jour » se font pressantes, nous voilà un peu coincés… à nous les frites, les pâtes et les gâteaux ? et nous sommes sans doute très loin d’avoir fait le tour de la question.
Je ne saurais donc faire mieux que de recommander la culture personnelle sur balcon: herbes, tomates, concombres… ceux qui ont une terrasse peuvent envisager d’y loger une chèvre, à traire tous les jours… pas gagné… surtout si elle broute les tomates…
Même la pharmacienne du coin est inquiétante : elle m’assène au petit matin qu’il faut manger des légumes mais que les fruits ne servent à rien, pas plus d’un par jour et pas moins de 40mn après le repas… ben dis donc, il va falloir se chronométrer et gérer ses repas en fonction des aliments ingérés.
Donc, cher et pas bio et à intervalles de 30 à 40 mn. Soit, pour un repas composé d’une entrée, d’un plat et d’un dessert entre 2 et 3heures. A 3 repas par jour (je ne compte pas le goûter), on se retrouve à passer de 6 à 9h à table.
Ajoutons les 2h par jour d’entretien-beauté (voir les conseils de beauté ici : matin , là journée et là soir)et les 8h de travail, on se retrouve à 16h minimum rien que pour le basique. La vie moderne est pleine de surprises… comment font ceux qui passent 3h/jour devant la télé ?
Au moins quand les bactéries tueuses font l’info, on ne parle pas de DSK…
Donc : dangereux de manger, dangereux de fumer, dangereux de faire l’amour, dangereux de prendre la route en 2 roues, dangereux de boire un coup, dangereux d’user d’un téléphone portable, les jeux vidéo rendent épileptiques et les trains sont maintenant pris d’assaut par des preneurs d’otages XXX…
Mais que faire, que dire ?
Ah… pour ceux et celles qui s’inquiètent de mes aventures à rebondissement avec mon voisin sexy, soyez rassurés: je l’ai croisé récemment après avoir pris une pluie battante pendant 30mn, soit le cheveu en berne et dégoulinant, l’oeil panda, la surveste moche et répendant de l’eau dans l’ascenseur que nous partagions le temps de 3 étages (parfois le temps semble long, dans les ascenseurs…), les bras chargés de sacs divers à moitié craqués (les joies des courses si on oublie son cabas), les chaussures faisant « floc floc » et la goutte au nez. Assez heureusement, je ne chantais pas « Vanina-a-a-a » à tue-tête pour me donner du courage. No coment. Mortification suprème. Il y a des jours de la vie qui sont des bouches d’oubli. Mais je m’en fiche: j’ai Molière dans ma vie…
http://www.youtube.com/watch?v=gMn89Tgsjq8
Piloter un deux-roues rend violent
C’est le constat majeur après 6 années et 60.000 km de route parisienne.
Comme si le fait d’enfiler son casque et de démarrer opérait une transformation incontrôlable. Façon mogwaï après minuit.
On est tranquille, blonde et délicate perchée sur ses sandales à hauts talons. On a même du vernis sur les ongles de pied. C’est dire…
Et puis la transformation opère lentement : Tout d’abord, on change ses fines chaussures pour de grossières baskets ; ensuite on attache sa crinière dorée dans un élastique à moitié déglingué ; enfin on enfile une surveste lacérée et portant les stigmates d’une vie en deux-roues dont la rudesse n’a d’égal que le débardeur de Rambo après 3 semaines de jungle… On range son sac à main (dernier rempart contre le définitif changement) on n’a plus accès à son rouge à lèvres ni à son miroir de poche : la mutation est terminée…
On s’installe sur son cheval de feu, on démarre. Le bruit du moteur couvre les chants cristallins des oiseaux et des anges. Les gaz d’échappement enveloppent et couvrent les parfums les plus subtils. En quelques secondes, la route reprend ses droits.
La jungle urbaine redevient palpable. Tracer sa route, ne pas se laisser impressionner, s’affirmer, aller plus vite, plus fluide, contrôler les déplacements spasmodiques des autres engins, repérer le vieux bigleux, la jeune écervelée, le flic énervé qui guette le moindre écart, flairer les radars… En un mot : se concentrer et entrer en symbiose avec le ruban d’asphalte. Ne faire qu’un avec la route. Ceci incluant la circulation, donc les autres ; tous les autres. On n’est pas sur la route 66 non plus…
Assez rapidement, la transmutation opère :
– à la première queue de poisson, les grossièretés les pires franchissent sans encombre la barrière de la bouche. Incroyable comme des mots que l’on croyait oubliés, voir inconnus de nos services, se bousculent soudainement à la sortie du casque. Varié et fleuri, ce vocabulaire présente en tout cas l’avantage d’être accompagné, lorsqu’il est prononcé avec assez de véhémence, d’un net sentiment de soulagement et de libération.
– Au premier mégot balancé par la fenêtre d’un 4X4 aussi stupide qu’inutile en ville, les gestes insultants fusent. Efficaces parce que souvent non attendus de la part d’un conducteur féminin. Mais pas très glorieux…
– Au premier coup de klaxon d’un motard qui a l’impression qu’il est plus important que tous les autres et donc doit absolument aller plus vite, comment dire… on a simplement envie de tout arrêter, de descendre de son engin, d’arracher le casque du malpoli et de consciencieusement lui écraser la tête avec . Quelques coups astucieusement portés pour décalotter le crâne, puis un broyage régulier de ce qu’il reste de cerveau, enfin garnir les orbites avec un fond de matière grise. Persiller légèrement. 50mn au four thermostat 180. Servir chaud.
Plus la route est longue (en termes de temps, surtout à Paris ou 2 km peuvent demander 30 mn), plus les occasions d’être désagréable, grossier voir vulgaire fleurissent, plus la personnalité du pilote bascule vers le côté « Hyde »… Je me demande ce qu’il en serait si on prenant le métro casqué(e) …
Conseils de beauté de la fée – soir –
Les soirées rallongent et tant mieux : nous allons avoir plus de temps pour nous occuper de nous.
Oui, je sais, c’est débile. Le temps n’étant par définition pas extensible (tout ce que l’on constate c’est qu’il passe plus vite dans les bons moments – comme quand une chanson de Dalida passe à la radio – et diaboliquement lentement dans les moments détestables –comme en réunion de bilan de fin d’année, ou lors d’une interview de Marc Levy, mais là on peut zapper -), les soirées ne sont ni moins ni plus longues. C’est une allégorie en quelque sorte. Comme si la présence de lumière rendait les moments d’action plus faciles.
Mais là n’est pas la question (l’âne est pas la question non plus, hein), je m‘égare…
Donc entrons dans le vif du sujet comme le doigt dans le gâteau à la crème. A savoir « les conseils de beauté du soir ». Oui, je sais, j’ai mis le temps. Mais c’est un sujet qui demande maturation. Et on ne peut pas être partout à la fois. Ni maîtriser le temps, quoi que je m’emploie depuis ma (Ô combien lointaine) plus tendre enfance (ça aussi c’est une allégorie).
Voilà la liste non exhaustive de tout ce qu’il faut faire en fin de journée pour être resplendissante et fraîche et au top intellectuellement.
Si ça marchait, ça se saurait et j’aurais depuis longtemps appliqué à ma propre personne, mais c’est tout de même intéressant de relever les inepties des magazines. Surtout en ces périodes pré-estivales de régime. Mais ce dernier point fera l’objet d’un post à venir.
Conseil n°1 : Evacuer le stress et les tensions de la journée
D’un autre côté, si vous avez suivi tous les conseils du matin et tous ceux de la journée, vous n’avez pas vraiment eu l’occasion d’avoir de moments pour stresser…
Mais imaginons que vous revenez d’une journée standard et commençons par l’oublier…
Tout d’abord, ôtez tous les vêtements qui vous ont accompagnés cette journée ; vous pouvez jeter par la fenêtre les chaussures qui vous ont rendues sexy assise et torturée debout. Vous pouvez aussi bazarder le collant dentelle (effet garanti) qui s’incruste dans les plantes de pieds et scie la taille. Piétiner la jupe qui vous a entravée et en profiter pour exécuter une petite danse de joie. Ca fait toujours du bien de se débarrasser des petits désagréments du quotidien.
Là, conseil gratuit au passage, poussez un hurlement rauque et sonore, histoire de totalement expulser votre tension. Bien évidemment ce conseil suppute une parfaite maîtrise des relations de voisinage.
Ensuite, vous pouvez revêtir votre tenue d’intérieur en coton bio et éthique. C’est-à-dire d’une couleur indéfinissable et d’une coupe « sac » abominable. Mais c’est bio.
Brossez-vous les cheveux 100 fois de chaque côté, la tête en bas. Si vous n’êtes pas évanouie après cela, vous pouvez passer à la suite.
Coupez toutes les sources d’énergie parasites comme téléphone portable, télé, ordinateur, etc. En gros, tout ce qui vous relie au monde doit être éteint.
Allumez 12 bougies de cire naturelle (celles qui coulent partout) et faits brûler un bâtonnet d’encens Maya (celui qui pique la trachée artère).
Procédez à quelques exercices de respiration assise en tailleur sur une natte d’herbes tressées à la main par des indiens des hautes steppes de la Mongolie orientale (reconnaissable à l’odeur de vieux foin qu’elle dégage même après 25 jours passés sur le balcon), puis enchaînez par quelques postures de yoga qui ré-équilibrent vos énergies ; si vous n’êtes pas habituée à la natte, vous aurez des bleus partout aux articulations ; c’est normal, vous apprenez à vous endurcir physiquement. Profitez-en pour une relaxation de 10mn sur le dos. Sans coussin sous la tête.
Voilà, vous êtes détendue. Ne prenez pas les sms, messages, infos facebook qui vous sont arrivées dans l’intervalle. Ce serait une source d’énervement visuel.
Conseil n°2 : Alimenter son corps
Continuez toute la soirée à boire des tisanes de courge, de betterave et de queue de pamplemousse des Indes, sans sucre.
Comme il faut dîner léger et de préférence tôt, ne perdez pas de temps : croquez vos galettes de riz soufflé sèches, mélangez vos germes de soja avec l’huile foie de morue et pour finir dans la liesse, absorbez une cuillérée de crème de riz avec 3 gouttes de miel. Quelle fête.
Conseil n°3 : Alimenter son esprit
Pendant cette phase et pour ne pas perdre de temps, vous pouvez laisser poser un masque à base de jaune d’œuf et de miel sur votre visage démaquillé. N’hésitez pas à enduire votre chevelure de moelle végétale. Conseil personnel : si vous faites ça, tressez vos cheveux très serré, à cause de l’odeur forte et de la désagréable sensation de gras qui en émanent…
Prenez un recueil de poèmes médiévaux, de haïkus ou un traité philosophique sur la survie des hamsters sauvages en terre Adélie par -15° et installez-vous sur votre canapé en surélevant un peu vos pieds à l’aide d’un coussin rempli de graines de blé sauvage du Zimbabwe.
Vous pouvez mettre en fond musical des chants de cachalots ou de tortues deux fois centenaires. Le mieux est d’alterner, pour conserver intacte l’émotion ressentie.
Conseil n°4 : Un bain émollient et amaigrissant
Ca existe, j’ai découvert le concept récemment. Le principe est simple : très chaud, mais avec de l’eau couvrant uniquement les cuisses. Très chaud pour le côté émollient. Couvrant juste les cuisses pour le côté amincissant. Il paraît que le cœur travaille à réchauffer la partie émergée du corps et brûle donc plus de calories. Mais bon, avec les 2 galettes sus-mentionnées, il n’y a pas grand-chose à brûler ; enfin… qui suis-je pour argumenter…
Autre option amincissante : la douche froide sur tout le corps (même principe de réaction de l’organisme qui crame des calories pour maintenir une température honnête), en insistant (découverte récente de mes centres d’observation) sur l’arrière des genoux.
Les cuisses rouges et les genoux bleus, le corps gelé mais en sueur, vous pouvez vous enduire de crème relaxante à base de graines du Brésil. Restez bien 15 mn avant de vous habiller, sinon vos vêtements seront irrémédiablement collés sur vous pour la nuit… et comme le coton bio a la fâcheuse manie de déteindre, vous serez rouge, bleue ou violette au réveil. C’est joli mais un peu compliqué à éliminer…
Ah… comptez 35 mn et 250 cotons pour que votre visage redevienne normal et pas collant.
Conseil n°5 : Se préparer une bonne, réparatrice et salvatrice nuit de sommeil
3 crèmes sont indispensables :
– Celle de nuit à tartiner sur son visage ; effet gras-brillant assuré. Il vaut mieux avoir des taies d’oreiller imprimées… les auréoles suintantes se verront moins.
– Celle pour les pieds, plus efficace si on porte de petites chaussettes de coton.
– Celle pour les mains ; même remarque, avec des gants.
Ceux qui prétendent que dormir en chaussettes donne des cauchemars sont des menteurs.
Réglez votre réveil « lumière du jour naturelle » avec chant des oiseaux dès l’aube. Vous êtes prête.
Remarque personnelle: Tous les magazines s’accordent sur le fait qu’une nuit torride passée dans les bras de votre amoureux, amant, amante, voisin, … reste la meilleure des recette-beauté. Mais avec les cheveux gras, le visage luisant, les gants, les chaussettes et les 3 litres de tisanes qui vont vous faire vous lever toutes les 20 mn, il va falloir négocier…
Ubiquité
L’oiseau lunaire(digression scultpurale)
Certains concepts sont de l’ordre de l’addiction.
L’un de mes favoris est celui d’ubiquité ; à savoir « être présent en plusieurs lieux au même moment ». Mixé à ma passion pour la possibilité future de la téléportation, ça ne lasse pas d’être intéressant…
Avoir le don de se rendre où l’on veut, au moment ou on le souhaite et immédiatement… et en plus, pour être sûre de ne rien perdre de ce qui se passe dans le vaste monde, pouvoir se démultiplier… assister dans le même moment au mariage du prince William (mais sans le regretté Léon Zitrone, ce ne sera pas drôle), au téléachat , au match de rugby, au bain de mer de mon voisin sexy, sans en perdre une miette et sans se fatiguer… errer dans les limbes virtuelles avec un œil acerbe collé sur les activités de fourmis des humains… digresser à loisir sur les lois du hasard et les brèches spacio-temporelles tout en ayant un pied bien ancré dans la réalité cartésienne du contenu de mon frigo.
(Attention, à ne pas confondre avec ceux qui semblent passés maître dans cet art : ceux qui doivent se trouver à 2500 km de chez eux et que l’on croise fort inopportunément au coin de leur rue. Mais ceux-là ne sont pas doués d’un don quelconque… ce sont de gros menteurs doublés de fourbes traitreux.)
La vraie ubiquité, j’en ai rêvé… mais des fous à lier en ont inventé un dérivé…
Aujourd’hui, il est donc possible de prendre des photos et de les imprimer directement sur l’imprimante de son choix. Depuis le lieu de la prise de vue.
Exemple : vous êtes en pleine extase devant une paire de cuissardes en vinyle orange à talons compensés. Pour faire partager ce grand moment de bonheur, vous prenez une photo avec votre téléphone et vous l’envoyez directement sur l’imprimante de votre meilleure amie. Avec un peu de chance, elle-même est en train d’imprimer sa thèse de doctorat et votre image va subtilement se mêler au texte sur lequel elle travaille depuis 2 ans. Grâce à vous elle va être recalée, après quoi elle va vous haïr à vie.
Autre exemple : vous croisez votre star préférée dans la rue ; par exemple et au hasard, Patrick Juvet. Immédiatement vous immortalisez ce grand moment et hop, en un tournemain, le voilà qui se déverse sur toutes les imprimantes de toutes vos connaissances…Trop cool.
En plus, à l’heure de Facebook et des réseaux sociaux, personne n’est sursaturé d’informations pertinentes sur la vie funky de ses amis réels, virtuels et supposés. Jusqu’à présent, on pouvait choisir de faire une incursion dans la vie des autres, étalée 24h/24 et accessible depuis le monde entier (whaaaa) ; maintenant, plus de choix possible : votre imprimante va littéralement cracher la vie des autres en direct dans votre salon. Comme ça vous pourrez montrer en live à vos parents venus prendre le thé tout ce qui fait le sel de votre vie. Et tout ce qui en fait le poil à gratter aussi.
Intrusif ? à peine.
Sans compter les effets de bord : prendre garde à ne pas se tromper d’imprimante. Perso, je n’ai pas super-envie que des images de moi en tenue disco, en pleine transe chorégraphique, arrivent sur le bureau de mes collègues de bureau, de mon dentiste ou de mon voisin sexy (on ne sait jamais).
Moyen de délation ? presque… Ou comment se faire cramer en terrasse avec un cocktail décoré d’un petit palmier argenté (mes préférés) alors qu’on est supposée boucler sa compta, faire des abdos ou enquêter sur les conditions de vie de la fourmi sub-saharienne dans le désert de Gobie….
Seule échappatoire : être crédible quand on annonce avoir le don d’ubiquité… j’y travaille…
Mais poussons le vice, extrapolons un peu…Bientôt, grâce à l’effrayante rapidité évolutive des techniques modernes, il sera possible de s’auto-portraiturer et de s’auto-envoyer sur l’imprimante de son choix ! Se téléporter grâce à la fibre optique et aux liaisons wifi… Génial… ainsi on pourra générer des copies de soi qui, une fois reconstituées après impression, iront errer partout dans le monde… Enfin, cerise sur la tarte aux pêches, sans aucun contrôle possible, les mondes virtuels et réels pourront s’entremêler… au croisement de la toile gluante on pourra imaginer des rencontrer entre ersatz issus de photos et avatars issus de fiches de sites de rencontre…
Enfin la réalité de soi pourra aller se frotter aux fantasmes projetés des êtres étranges et à peine humanoïdes qui hantent le net… la possiblité d’une vie parallèle s’offre à nous. Enfin les mondes vont se croiser, au lieu de se percuter…
