Déclin annoncé

Lecteur-chéri-ma-grippe,
Hé oui, je contextualise…

Laisse-moi te conter mon ire. En surfant tranquille sur le net, je tombe sur un article qui décrit comment les héros de nos enfances ont été revus à la baisse.
http://celeblog.over-blog.com/article-le-club-des-5-et-la-baisse-du-niveau-85677083.html

ça m’énerve. Pourquoi niveler par le bas ? ça voudrait dire que nous, alors, on était des surdoués ? Sûrement pas… (enfin, moi si, mais ma grande modestie m’empêche de le clamer sur les toits). Et pourquoi considérer les gosses de maintenant comme incapables de comprendre un passé simple ou l’emploi du « nous » ? Bien parler serait donc ostracisant… surtout, ne faisons pas d’effort (en même temps, c’est la mode du laisser pourrir, alors…)
Dans mon esprit disloqué par le doliprane, le dolirhume, le balsofumine et le rhum (pas nécessairement dans cet ordre), cette découverte navrante rejoint les récentes polémiques autour de la ré-écriture de Carmen.

http://www.lefigaro.fr/theatre/2018/01/10/03003-20180110ARTFIG00194-conspue-le-carmen-anti-feminicide-de-florence-tourne-au-fiasco.php

Bon, positivons: Donc il y a un nouveau marché, celui de la révision des classiques à l’aune du politiquement correct. J’imagine déjà la frimousse délicate de Shakespeare se retournant dans sa tombe en découvrant que Lady Macbeth a été manipulée par un maniaque sexuel, que Hamlet était  un transgenre éprouvé par la filiation et que Puck fume de la marijuana sous ordonnance.
Et que dire de Molière ? Exit les le ridicule des femmes savantes, amoureuses frustrées corsetées dans leurs encyclopédies et vive les call-girls qui font dans la lingerie fine? Scapin versus Jul? (si tu ne connais pas, regard par , c’est édifiant…)
Tout ça bien sûr, écrit dans une langue abordable par le commun des mortels (soit, le crétin de banlieue car il est de notoriété publique que l’élite se regroupe dans le centre des grandes villes. On peut associer au crétin de banlieue le plouc de la province…). Ayant grandi dans ces contrée obscures et hautement à risque, je sais de quoi je parle. Mais curieusement, j’arrivais à lire le « club des cinq » dans le texte. Je comprenais même tous les mots…

Essayons, pour rigoler (à défaut de verser d’amères larmes de Petra Von), d’anticiper le désastre:
Hamlet : « être ou ne pas être, là est la question »  ——>  « Dormir ou mourir, ou quoi? »
Oreste (Andromaque) « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ? » ——> « T’es ouf ou quoi ? »
Pyrrhus (Andromaque) « Madame, demeurez » ——> « Reste, t’es bonne »
Cyrano  « C’est un roc ! … c’est un pic ! … c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ? … C’est une péninsule ! » ——> « il est grand, mon nez ! » (et on jette toute la tirade, autant être concis)
Lucrèce Borgia «  On a fait de mon nom un écriteau d’ignominie, et votre populace de Ferrare, qui est bien la plus infâme populace de l’Italie, monseigneur, est là qui ricane autour de mon blason comme autour d’un pilori » ——>« On m’traite et tous ces cons s’moquent »
Le Cid « Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort, Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port » ——> « On était vachement »

… je crois que tu m’as comprise, ma caille…

A défaut d’écrire des chefs d’œuvre, prélassons-nous dans les reboots  simplifiés et pleins de bons sentiments, roulons-nous dans les fleurs et sortons nos mouchoirs devant des personnages démis de leur vraie humanité. « 50 nuances de Gray » à la place des « jeux de l’amour et du hasard », je pleure…

De toute façon, j’ai une théorie là-dessus : bientôt, ce seront des Intelligences Artificielles qui écriront les histoires, dans une langue dénaturée pour en faciliter la compréhension (d’aucuns ont appelé ça la « novlangue », Orwell quel visionnaire). L’être humain (ou ce qu’il en reste) sera maintenu infantilisé par une poignée de déviants ivres de pouvoir et les machines abuseront de leur rapidité pour prendre le contrôle de l’humanité.
Ça commence par le club des cinq, ça finit en apocalypse et le pire, c’est que l’homme sera à l’origine de sa chute. (pas la femme, je le parierai…)

Là-dessus, j’te bise et t’encourage à lire les classiques et à revoir les vieux films.

Pour finir, parce qu’aujourd’hui je suis à fond dans le dégout… Peut-être te souviens-tu de ça, toi Lecteur-Chéri-Mon-Kleenex…  en ces périodes de #balanceàtoutdechamp, autant revenir à des trucs plus subtils…

 

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Publié le 28 janvier 2018, dans Extrapolations, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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