Archives Mensuelles: mars 2015

Comme un lundi!

bureau 1

Lecteur-chéri-mon-amour, si, comme moi, tu as dès le dimanche soir des hauts le cœur à l’idée de te rendre au bureau le lundi, je propose que nous nous distrayions ensemble. Note au passage l’emploi du subjonctif présent qui me permet la jolie combinaison « yi » assez proche du cri que je pousse quand mon réveil sonne le lundi. (Ce sera sans doute « yiiii » demain, avec le changement d’heure… cette invention géniale qui te fait te poser la même question depuis que tu as l’âge de raison, à savoir, « mais p’tain, dans quel sens je fais tourner les aiguilles de mon réveil cette nuit ? ». Mais comme maintenant il n’y a plus d’aiguilles, la question est aussi « merde! Est-ce que cet objet vas se régler tout seul dans la nuit? » Statistiquement, tu as une chance sur 2. Le mieux est de ne pas dormir et d’attendre 2h du matin pour que la radio t’annonce « il est 3h » ou « il est 1h », c’est une expérience intéressante de saut dans le temps. Sauf qu’en ce moment, il y a grève à la radio. Ce qui fait que ce sera leur faute si demain je suis en retard.). Donc c’est les yeux collés, le teint gris et la démarche hésitante (vu que j’ai dormi une précieuse heure de moins) que je t’écris aujourd’hui. Mais, me rétorqueras-tu (et tu auras raison, mon p’tit poulet),  « je ne te voie pas, qu’est-ce qu’on s’en fout des considération sur ton physique de loutre attardée du Bengale » ? Et là, paf dans ta gueule, je me permettrai de te faire remarquer que la grande mode est au décompte des heures de sommeil et que le manque de sommeil est accusé des pires vilénies. C’est la nouvelle excuse en béton. Avec l’allergie au gluten. Le monde moderne avance et nos physiques reculent. Mais c’est un autre débat.

La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de renouer avec le concept improbable de la réunion de plus de deux heures, programmée sur le temps de déjeuner. Double-bonus : tu maigris parce que tu ne manges pas et ton temps de travail n’est pas compté dans tes heures.

Conclusion en 3 grands axes :

  • En plus des anglicismes qui pullulent, il te faut connaître les acronymes en vogue. Perso, j’avais négligé KPI, ROI, RFI et REX. Inutile de vous dire que je me suis sentie totalement débile. Mais bon, ROI ( Return On Investment) peut aussi signifier « Reign Of Ignorance » alors… . REX = Résultat d’exploitation ou « request to exit ». C’est aussi une chouette salle de ciné. Là, mes pensées prennent le large.
    Mais je me sens moins ridicule depuis que j’ai découvert un site qui référence tous ces trucs. Je ne dois pas être la seule à me sentir larguée en réunion. Sauf que les autres, ils naviguent sur des sites de rencontre, ils ne s’en rendent pas compte (voir plus bas)
  • Plus d’acronymes tu maîtrises, plus ton discours est abscons, plus tu peux prétendre à un TJM élevé. Ca, TJM (taux moyen jour), je maîtrise.
  • Si tu es prestataire envoyé par un cabinet de consulting réputé :
    • Ton expérience se mesure à l’aune du nombre d’anglicismes que tu es capable d’employer dans une phrase (la moyenne tourne autour de 3)
    • Tu as raison. Les autres sont bêtes ou incompétents.
    • L’essence de ton travail consiste à remplir des tableaux Excel bourrés d’acronymes. Plus tu noies le poisson, plus tu as de chances de décrocher le contrat. Parce qu’un directeur ne veut pas avoir l’air débile ou incompétent. Ta verve et le côté obscur de la force que tu véhicules par la parole doivent réduire à néant toutes tentatives de clarification.
    • Méprise ceux qui n’emploient pas le même vocabulaire que toi. C’est TOI qui fait le vocabulaire.
    • Ton tableau Excel est forcément le meilleur. Néglige toute proposition d’évolution (surtout si elle émane d’une femme).
    • Crée une ambiance de complicité avec les autres hommes, en les tutoyant, tout en continuant à vouvoyer les femmes présentes. Cette forme d’ostracisme ne peut que les renvoyer là où elles devraient être. Derrière le photocopieur. A faire des pompes (voir plus bas).

A l’issue d’une expérience aussi enrichissante, il est amusant de savoir que statistiquement, 52mn est le temps moyen de concentration. Il peut dangereusement baisser, d’ailleurs. C’est là :

http://www.huffingtonpost.fr/2015/03/24/reunion-travail-cadres-decrochent-apres-52-minutes_n_6929250.html?utm_hp_ref=vie-de-bureau

Mais tout ça n’est pas grave, tu peux encore préserver ta silhouette de rêve en faisant de l’exercice au bureau sous les yeux médusés de tes camarades. C’est là : http://www.huffingtonpost.fr/2015/03/12/sport-travail-compatibles-exercices-bureau_n_6854834.html?utm_hp_ref=vie-de-bureau

Bien sûr, tout ceci est parfaitement normal et imaginable dans une journée de base. Demain je m’y mets. Je fantasme déjà sur le local-impressions tout plein de gus en costard qui font leurs pompes sur les cartons de papier A4 (Le papier A3 est réservé pour les abdos). Et quand tu auras bien pivoté sur ton siège, observe le regard torve de ton boss et tires-en des conclusions sur ton espérance de vie dans son service. C’est dans ce regard que tu sauras si tu es prêt à rejoindre un cabinet de consulting réputé…

Freaks

Freaks – partie 1 –

Aaaaah… l’école… Ce haut lieu de l’apprentissage, de l’ouverture d’esprit, de la connaissance. Temple de tous les possibles…
Quand j’avais 9/10 ans, si on m’avait demandé qui je voulais rencontrer, quelles personnalités pouvaient (éventuellement) éclairer mon chemin et me donner une petite idée de ce que j’attendais de l’avenir, j’aurais sans doute répondu (en vrai) Tex Avery, René Goscinny, Patrick Juvet (on ne se refait pas)  et Enid Blyton (pour « le club des 5 »). Un gamin d’aujourd’hui serait peut être plus versé football ou stars de séries TV.
Mais imaginez-vous une seconde, même après une soirée au climax de la déprime, passée à pleurer en écoutant Umberto Tozzi, avoir l’idée de faire venir un banquier?
O tempora, O mores!
Aujourd’hui, il semble plus important de forger des personnalités aptes à gérer un budget que des individus capables de rêver, d’imaginer,  voir (ultime délire) de créer …
L’article est là: http://www.lefigaro.fr/argent/2015/03/10/05010-20150310ARTFIG00108-des-banquiers-s-invitent-dans-les-classes-d-ecole.php

On y découvre qu’il existe « la semaine de l’argent ». Ah bon? Et pourquoi pas celle de « la liberté de faire la sieste », celle de « l’envie de danser dans les ascenseurs » ou celle de » la confiture de fourmis »?
Et après, ben on apprend que les mômes ont besoin de comprendre le rapport à l’argent.
Et si on faisait venir des contrôleurs des impôts, des gardiens de prison, des dentistes? Histoire de donner à tous ces charmants bambins une touche de réalité-de-la-vraie-vie, de ne pas les laisser se bercer d’illusions… C’est vrai, çà. Il faut casser le rêve, le plus tôt possible. D’ailleurs, Disney a commencé, ce sera Freaks 2

Freaks – partie 2 –

Et oui, on n’a pas été Charlie très longtemps. Les militaires en charge de la protection du parc d’attraction n’ont pas le droit à un tarif réduit.  Pourquoi les remercier? après tout, ils ne font que faire leur boulot. Et ils n’ont qu’à avoir un CE.
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/inflexible-disneyland-paris-refuse-un-tarif-reduit-aux-militaires-de-vigipirate_1661080.html 

Freaks – partie 3 –

Pour finir en beauté, Lecteur-Chéri, jette un œil à la foule ci-dessous et répond avec honnêteté: qu’y vois-tu? (prend 30 secondes, pose ta tasse, ton verre, ton sandwich ou ton paquet de tagada)

photos FN

Perso, j’aperçois un ou deux psychopathes, un pochtron, un couple de présentateurs TV des années 70, une ou deux folles, un vieux hobbit égaré, Harry Potter salement amoché après avoir reçu un mauvais sort, quelques couples étrangement  jumeaux, un vieux groupe de pop ratée des années 70… globalement, des gens que je n’ai pas envie de rencontrer. Avec qui je n’ai pas envie de passer une soirée. Par dessus tout, des gens que je ne veux pas laisser décider pour moi.

Devine quoi?

Ce sont des candidats FN pour les départementales… Flippe et cours fouiller ton bureau, exhume ta carte de vote et libère  du temps pour aller poser ton bulletin les 2 dimanches qui viennent…
Si vraiment vous y tenez, l’exhaustivité des tronches sont là. Un florilège… comme un hymne grossier à la consanguinité…
http://lekiosqueauxcanards.com/2015/03/on-avait-dit-qu-on-ne-se-moquait-pas-ben-rate.html

Sur ce, je te salue et te souhaite bon courage pour la suite…

Finissons-en!

Toi qui aime l’humour noir et la dérision, mais qui ne néglige pas pour autant de réfléchir un peu, n’hésite plus: viens au théâtre découvrir Léonard.

Où: Théâtre du Gouvernail – 5, passage de Thionville – 75019 Paris

Quand: Les jeudis à 21h.

Pitch

Imaginez un intrus dans un salon qui pourrait être le vôtre.
Un homme, Léonard, y déambule. Puis se pose. Réfléchi à haute voix. Se confie. Se relève.
Donne son point de vue. Il tue le temps en nous faisant partager les évènements marquants de sa vie.
Mais il est là dans un but particulier.
Vous ne saviez pas ? Léonard est un tueur à gages.

 

Réservations : http://www.billetreduc.com/128812/evt.htm
Site du spectacle : http://www.finissons-en.com/
Quelques critiques :  http://www.billetreduc.com/128812/evtcrit.htm

4     flyer gouvernail

Amoralement vôtre

blog3

C’est comme un léger souffle de liberté. Très ténu, fragile. Un petit truc qui passe et, à défaut d’ébouriffer, soulève une mèche trop sagement glissée derrière l’oreille. Sûre que vous l’avez senti aussi. Ce petit rien qui dit « je vous emmerde ».

Ne te méprend pas, Lecteur-Chéri-Mon-Amour, je ne vais pas ici prôner la vulgarité, la malséance ou l’indélicatesse. Non. Ce ne serait pas digne de moi. Ni de cet endroit où subtilité et poésie riment avec bon goût et fascination pour la mécanique quantique.

C’est un simple constat, qui a pris sa source avec « les nouveaux sauvages ». http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=221270.html

Jubilation de voir des personnages « normaux » se mettre à agir comme ils en ont envie. Méchamment, violement, en dehors de toute convention. Mais pas sans raison.
Que celui qui n’a jamais eu envie d’enfoncer son saxo dans le fondement du voisin qui joue imperturbablement depuis 8 ans le samedi à 10h les mêmes morceaux me jette la première boule puante. Oui, j’ai ri en voyant ces personnages se battre avec leurs moyens.

Pourquoi ? Ben parce que moi aussi, j’ai envie de planter mes ongles longs et peints de rouge sang dans les joues de celui qui me manque de politesse, d’arracher le téléphone qui sonne pendant la séance de ciné, d’en écraser l’écran et de le faire rentrer de force dans des orifices non prévus pour ça, de faire avaler de l’acide à celui qui n’est pas capable d’articuler un « merci » ou de dégonder une porte et de la faire porter en collier à celui qui me la claque au nez. Alors voire des gens le faire, ça m’éclate. De la violence par procuration ? Peut-être… Mais note que ça vaut mieux que de se lâcher en vrai , non ? Oui, je rêve secrètement d’enrouler le dit saxo autour du cou de mon voisin et de serrer lentement en admirant ses yeux d’exorbiter, la sueur perler sur son front blafard et les larmes couler le long ses joues mal rasées. Mais non, je ne le ferai pas. Quoi que…

(Attention : spoiler Kingsman)
Après ça, avoir vu des têtes voler en un magnifique feu d’artifice dans « Kingsman » m’a semblé du meilleur goût. Entendre un affreux méchant revendiquer la destruction d’une partie (choisie) de l’humanité pour sauver la planète m’a réjouie. Parce que, itou, un peu avinée, j’ai déjà émis cette hypothèse pour le bien-être de notre mère Gaïa. (par contre, j’ai trouvé un peu limite qu’il se nourrisse de frites Mc Do. Les potatoes sont meilleures)
Et ça marche ! Les gens se marrent, moi la première. Oui, on aime voir les têtes voler et des foules se bastonner sans raison. On exulte devant cette fenêtre brièvement ouverte sur la complexe débilité de l’humain. Ça soulage.
(fin du spoiler)

La bande annonce du prochain film de Marjane Satrapi « The voices » s’inscrit dans cette mouvance. Du moche-drôle. http://www.filmosphere.com/movies/the-voices-marjane-satrapi-2014/. Un film d’horreur que l’on va se délecter de regarder en frissonnant entre deux rires gras (pour montrer qu’on n’a pas peur).

Et puis un peu de réalisme. On a beau vouloir paraître irréprochable, un résidu difficile à éliminer de mauvaises pensées s’accroche aux méandres de tout cerveau qui se respecte. Sinon, à quoi servirait d’avoir l’esprit critique ? Si on n’a pas encore planté un couteau de cuisine dans le sternum de son banquier, c’est parce qu’on a réfléchi. Pesé le pour et le contre. Respecté l’humain.
Ce qui nous sépare de l’animal, c’est ça : la réflexion. Et le fait aussi que l’animal tue pour se nourrir et qu’il ne viendrait à l’esprit de personne de se faire un steak de banquier.

Le printemps arrive bientôt, précédé par un petit vent rigolo. On va pouvoir se moquer des parisiens en vélo avec leurs poireaux bios dument amarrés sur le panier avant comme cri  de révolte, des adeptes de randonnée avec bâtons et de ceux qui trouvent que les phrases de Paulo Coelho valent de figurer sur leur mur Facebook!