Ma vie industrielle / La neige

Ma vie de zone ne m’entraîne pas systématiquement vers de lointains territoires… Il m’arrive d’avoir à parcourir de riants paysages de banlieue parisienne pour me rendre sur des sites à l’exotisme ravageur, où les algeco renvoient leurs affriolantes couleurs aux bennes de collecte, ou les camions chargés de déchets exhalent leurs souffles d’asphalte dans un air saturé de parfums suaves, ou les oiseaux chantent… leur désespoir sur un air de fado des années 30…

Ces sites sont en général loin, moches et vides de tout intérêt.

Moches et sans intérêt, passe encore : on y va pour travailler… mais loin… aujourd’hui j’ai allègrement parcouru environ 75 km pour m’y rendre (Aller-retour, tout de même), sachant que la météo, cette fâcheuse, m’a contraint d’écourter mon séjour. Au retour, 1h30 de route sous la neige, dont quelques kilomètres sur la neige, les pieds en canard au sol et le casque ouvert (laissant ainsi entrer les flocons cinglants) pour voir la route…
Sur la zone, les voies sont non salées, non sablées, les parkings sont des patinoires et les véhicules (à part les livreurs de pizzas) principalement des camions énormes.
On a un peu l’impression d’être sous-dimensionnée… Comme si Jabba the Hutt se précipitait sur la fée clochette en hurlant et en suant… On aimerait pas être dans la peau de la fée… hé bien c’est pareil…

Un fois hors de la zone, statistiquement, l’accident est potentiel toutes les 30 secondes. A cause de la glace, du vent, de la non-visibilité, des autres véhicules.
Ah… pour ceux qui ne me connaissent pas (et ils sont légion), je précise que je roule en scooter. C’est une précision qui me semble importante….
Mes pointes ayant été de 30km/heure, j’ai pu à loisir observer les autres véhicules. C’est étrange de constater que lorsque l’on est dans ce type de galère, les autres sont goguenards… principalement les passagers des camionnettes blanches, allez savoir pourquoi. Mais ils m’ont tous regardée avec beaucoup d’intérêt, force gestes encourageants et ricanements. Je ne sais pas s’il y a corrélation avec la camionnette,  à creuser…

Parlons quelques secondes de l’équipement. Aujourd’hui, sous mon élégant pantalon de K-Way, j’avais prévu un jean (indestructible) et des bottes en cuir épais qui montent au dessus du genou. Un peu comme des bottes de pêche, mais en plus joli. D’ailleurs ça me fait penser qu’il faudra que je deale avec mon comptable pour passer en frais professionnels ces cuissardes, c’est-à-dire à les considérer comme un outil de travail, vu que je suis souvent dehors ; j’espère qu’il ne va pas se lancer dans de rocambolesques délires….
En haut je porte un exo-squelette du meilleur effet sur lequel je passe un gilet de sécurité jaune fluo. La grande classe. Bien sûr, les flocons ont barbouillé mon visage avec ce que le passage du casque a laissé de maquillage. Bref.

10h après, j’ai encore froid…

Allez, bientôt je vous parle de l’aspect alimentaire de la vie de zone…

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Publié le 7 décembre 2010, dans Ma vie industrielle. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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