Archives du 13 août 2010

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Ben ouais, on s’en va pas comme ça en plein milieu d’un concept…
Alors voilà, ce soir j’écris une chanson à texte; pas dans Word avec correction d’orthographe, là: direct-live, créativité pure, ou perversion au sens littéral (découverte du jour).
Détail ultime pour les puristes: la mise en condition. Pas de drogue, de liquides tendancieux ou de substances diverses plus ou moins licites; ici tout est na-tu-rel (merci maman); la transe neuronale vient d’une musique subtilement sélectionnée, répétée ad nauseam, génératrice de témoussements divers et parfois chantée d’une voix de casserole, mais on s’en fout, personne n’entend (on est dans l’espace).
 
 
…. ici j’attends la transe….
 
 
 
j’suis verte: y a de la pub sur deezer. Ca casse ma transe. En plus, c’est pour Mc Do. Il n’y a vraiment plus de valeurs.
 
 
…. ici j’attends encore la transe….
 
 
J’ai pas d’amis sur deezer, j’suis seule et isolée; l’espace, vous dis-je… allez, je chante: « I just can’t help belivein' »
 
…. ici j’attends toujours la transe….
 
 
Couplet 1:
La marquises des diables marche sur une plage brûlante,
Le souffle du grand nord mêche ses cheveux blond de roux,
Les crevettes hystériques lui chantent des poêmes écrits par des fous,
L’oracle suprême, papillon déguingandé aux yeux doux,
Géant bleu, de poils et de pigments légers à la robe scintillante
Guide ses pas hésitants le long d’une file de cafards hurlants
 
Refrain:
Dans les carosses aux roues carrées,
Nues et blanches, belles et rondes, folles et ambidextres,
Les fées de l’aurore boréale dansent pour nous des farandoles,
Leurs chats bleus sur la tête pensent de belles paroles
 
Couplet 2:
Sur l’île suspendue, les amants volent par deux,
Leurs mains gauches se tendent vers les cieux,
Leurs oreilles affolées se dressent dans la craie bleue,
Leurs coeurs désunis s’arrachent à leurs corps maudits,
Les chants se mêlent en plaintes récursives à celui
Des baleines au sang gris qui pleurent des perles lapis lazuli
 
Refain:
Dans les carosses aux roues carrées,
Nues et blanches, belles et rondes, folles et ambidextres,
Les fées de l’aurore boréale dansent pour nous des farandoles,
Leurs chats bleus sur la tête pensent de belles paroles
 
Couplet 3:
Les fleurs carnivores caracolent aux catacombes cacochymes,
Les nains priapiques se roulent dans la farine de noix de sang,
Le sol s’ouvre sous la volonté des divinités altérées,
Les humains ne croient plus, les Dieux se délitent,
La marquise chante et les beaux démons aiment,
La marquise rit et les anges en smoking saignent,
La marquise aime et le monde se vide de sa peine
 
Refrain:
idem
 
 
… ça déchire…. allez, je ne me relis pas. 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

Dans l’espace…

… personne ne vous entend crier ». C’est pas de moi.
On pourrait transposer à plein de situations du quotidien; en ce qui me concerne, si « dans le 14ème, personne ne vous entend chanter » pouvait s’avérer vrai, j’en ressentirais un vif soulagement.
 
Août est un mois calme, surtout pour les parisiens à Paris… besoin de quelques contorsions frénétiques, scansions sans sens, trémoussements libératoires et création d’hybrides animo-culino-poquelino-on-stage. On fini par y arriver. C’est ça qui est bien. Bientôt les coiffeurs d’ours albinos pourront danser des gigues éffrénées à la lueur des pupilles sous acide des écureuils violets qui habitent les parcs urbains, les compteurs de gouttes oranges aux oreilles velues pourront circuler en vélib sans craindre de prendre froid ni foi et les gratteurs de cous de papillons géants nictalopes et mangeurs de phasmes se verront offrir des places pour assister à la réincarnation en live du roi Lear. On s’marre d’avance.
 

Passent en ce moment à la radio, sur diverses chaînes privées, des messages publicitaires à la teneur en stupidité pour le moins stupéfiante.
Par exemple, on peut, moyennement finance, envoyer à ses amis la sonnerie « vuvuzela » pour les énerver. Comme si quelqu’un avait envie de se replonger dans l’univers de la coupe du monde de foot. Ou comme si on pouvait trouver drôle d’entendre un escadron de moustiques vrombrir dans sa poche. Ou se délecter de rendre hystérique un correspondant. S’il faut être tordu pour faire ça, soit payer pour faire une blague débile à quelqu’un, il faut être encore plus tordu pour imaginer ça.

Il y a aussi des numéros d’appel divinatoires, ceux qui permettent de savoir si un(e) ex en pince encore pour soi ou si on a des chances de trouver le flirt de vacance adapté. Hum. Quels peuvent être les algorithmes qui décident de trucs pareils? Et si l’oracle-téléphone se trompait? Risque-t-on de voir se générer du harcèlement parcequ’un serveur vocal a émis un avis sur une relation de couple? Ou des hordes de désespérés tremblants devant leur écran de portable? Et au lieu des sempiternels (et déjà passablement nuls) « tu fais quoi dans la vie », « t’as quel âge », « t’habites où », va-t-on s’orienter vers un « donne ton tél, on va voir s’il est compatible avec le mien »?

Il peut y avoir un marché… des publicitaires sous acide peuvent lancer la « phone compatibilité », ou comment détecter son élu(e) grâce au modèle de son portable, la couleur, la sonnerie… La techno-compatiblité remplaçant la (ringarde) reconnaissance par logo. Ne pas parler à un i-phone3, dédaigner un ericsson, snober un LG. Et faire des groupes facebook par couleur de coque. Les roses avec les blancs, les alu avec les noirs mats…

Chaque jour trouve son moyen de repousser encore un peu plus loin les limites de notre société de consommation…  

Et pourquoi, lorsque l’incroyable Hulk se transforme, son caleçon ne craque-t-il pas?

Bon, sur ce, j’m’en vais, à bon entendeur… je vous prie d’agréer.