Archives Mensuelles: décembre 2009

Carrefour Market, pouet-pouet

Ou alors…

 

Carrefour market, c’est chouette,

Carrefour market, pirouette,

Carrefour market, cacahouette

Carrefour market, honte sur la tête,

…etc…

 

L’objectif de cet endroit de totale liberté et de possibilités littéraires infinies n’est évidement pas de faire de la propagande pour telle ou telle enseigne. Mais il est bon de noter que certains profitent lâchement de leur notoriété pour s’infiltrer insidieusement depuis notre voisinage jusqu’aux tréfonds de notre inconscient reptilien (Celui qui, à l’heure exacte où j’écris ces lignes (25/12/09, 14 :19) est en train de sombrer dans les brumes mélangées de l’alcool, de la dinde et des émanations toxiques de bougies colorées. Et je ne m’étends pas sur les cris des enfants énervés, les discussions insipides et l’envie totale et absolue d’être à 20.000 km de là. Noël, fête de tous les commerces. Ouarf.)

 

Vous êtes sans doute nombreux à avoir remarqué, comme moi, que tous les petits supermarchés de quartier ont été peu à peu remplacés par l’enseigne « Carrefour market » ; la mutation est assez effrayante parce que très rapide et manifestement contagieuse. En l’espace de quelques semaines, tels des rejets d’une plante maléfique à la croissance accélérée se nourrissant de gaz à effets de serre, les magasins ont surgit dans nos environnements. Impossible de faire ses courses ailleurs que chez « Carrefour market », à moins de vouloir prendre sa voiture.

Pour des raisons sur lesquelles je ne m’étendrai pas ici, je boycotte personnellement Carrefour depuis longtemps. Par « boycott », j’entends : je ne vais pas dans les magasins de l’enseigne et j’évite d’acheter les produits des labels de cette enseigne. C’est déjà un challenge quotidien…

J’ai donc fait de la résistance pendant les quelques semaines qui sont suivit la transformation de mon supermarché local en l’honni. Mais ressortir mon cheval de feu pour aller faire des courses s’est avéré rapidement peu pratique. Que ceux ou celles, conducteurs de 2 roues, qui n’ont jamais pesté dans le transport de gros cabas de courses en équilibre précaire et livré au vent et à la pluie, par des soirées froides et embouteillées me jettent la première boîte de kiri. J’ai craqué. Je me suis rendue, le cabas en berne et en tenue camouflée, dans le territoire ennemi. Pas fière.
Fidèle à mes habitudes, j’ai cherché les produits de marques autres. Et là, surprise : c’est une épreuve pour un jeu de TV réalité… Il faut donc s’adapter, à savoir : bien regarder toutes les étiquettes, histoire de ne pas tomber dans un piège.

Et des pièges, il y en a.

D’abord, les articles sont packagés dans les mêmes gabarits et couleurs que les marques « autres ». Une sorte de contrefaçon, mais autorisée. C’est l’épreuve dite « d’observation »

Ensuite, les pervers sont subtils, ils se cachent sous différentes marques. Il faut donc faire l’apprentissage des logos à ne pas acheter. C’est l’épreuve dite « de mémoire ».

Pour les produits frais, fruits ou légumes, j’ai abdiqué. Je n’ai pas les sixième sens suffisamment affuté pour reconnaître une pomme Carrefour. Mais je m’entraîne ; c’est l’épreuve dite « de concentration ».

A lire les emballages, j’ai ainsi fait des découvertes intéressantes . Par exemple, il existe du PQ « soufflé à l’air chaud ». Je croyais le procédé de soufflage à l’air chaud réservé aux céréales, pour les rendre croustillantes. Il faut croire que le PQ croustillant présente un intérêt. Ou que quelques chose, dont on ne m’a pas tenue informée, m’échappe.

 

En dérivant dans les allées du magasin, à l’affut, tous mes sens de chasseresse surentraînée en alerte, je me suis rendue compte que près de 80% des produits présents dans les rayons sont suivant mes critères inachetables. Ca fait beaucoup.J’ai donc de nouveau résisté. Mais après 8 semaines de régime kiri et d’ablutions au savon de ménage, j’ai rendu les armes une fois de plus. J’ai acheté dans la marque. Pas grand –chose, le nécessaire, mais à mon corps défendant. L’autre jour, j’ai même dû acquérir un cabas barré du logo en gros. Maintenant, je rase les murs quand je reviens de faire mes courses, pour ne pas que les voisins me voient.

 

Organiser une résistance devient urgent, mais il faut qu’elle mobilise les masses, sinon dans quelques temps, sans doute dans un avenir proche, nos vies seront de simples clones, gérés par une minorité et nous ne pourrons que pleurer sur la diversité, tous vêtus de la même couleur, nos corps transformés par les aliments eux-mêmes transformés que nous ingéreront sans autre possibilité de survie.

Le risque suprême est que nous soyons tous coiffés comme Patrick Juvet.

monde virtuel

A l’époque bénie du tout-oueb, certaines fautes de goût font hélas partie de notre quotidien sur-réseauté.

La boîte vocale est mon premier sujet de grande détestation; tout d’abord, cette voix suave et mielleuse qui propose des alternatives dont on ne sait jamais pour laquelle opter. Et quand on a (mal) choisi, quoi qu’il arrive, le choix suivant est encore plus lié à une forme de hasard délirant. Les schémas interactifs de boîtes vocales sont pour moi comme des pyramides de randoms. On répond « 2 », puis « * », puis « 1 » et c’est comme au loto: le pourcentage de chances d’obtenir ce que l’on veut est infinitésimal. On paie aussi, comme au loto. Mais si on gagne, on ne partage pas les gains. C’est la seule différence notable.

Les services internet, pareils. Surtout ceux des certaines compagnies mal intentionnées. J’ai nommé « les banques ». AaaaAAaahhhh…. communiquer avec sa banque sans se déplacer… le rêve de toute personne normalement constituée. Non pas que les banquiers soient désagréables, le mien est même étrangement plutôt sympa, mais le passage au guichet assorti de différents échanges de formulaires chiffrés et signatures n’a rien de très exaltant. Sauf si on gagne au loto, j’imagine. Autant utiliser une boîte vocale.

Ma banque propose dans ses services un accès illimité à son site internet. Comme si on pouvait bloguer dessus, échanger des recettes de cuisine ou se faire des amis. Nan, rien de tout ça. Juste la « gestion de tous vos comptes et opérations en toute sécurité ».

Par exemple: faire un virement. Simple. Sans doute trop simple. Parce que si on souhaite faire un virement « hors norme » (c’est à dire: de plus de 10€ et sur un compte autre que l’un des siens – les normes bancaires ne sont pas à l’identique des normes humaines, il existe un système de valeurs parallèle, dans une dimension autre, dédiée aux banques. Personne n’a envie de s’y égarer, déjà que « dans l’espace, personne ne vous entend crier », « dans l’espace bancaire, les risques de périr desséché et intellectuellement vidé sont énormes; inversement proportionnels aux probabilités de gain au loto ou de réussite à la boîte vocale-), donc faire un virement relève du parcours du combattant.

Dans un premier temps, il faut remettre la main sur une carte à code reçue à l’ouverture du compte (autant dire, dans des temps tellement reculés que même le plus téméraire des comptables n’oserait pas descendre aux archives concernées). Une fois retrouvé la carte, il faut se remémorer son fonctionnement. Ca se présente comme une carte à gratter, avec un labyrinthe de signes cabalistiques dessus. Elle est fournie avec un code papier qui indique le point de départ à prendre en compte. Seul un esprit dangereusement malade a pu imaginer ça. Un ancien joueur de dongeons & dragons, par exemple. Je me vois bien me munir de mon dé à 20 faces pour utiliser ce truc.

Bref. On a la carte, le mode d’emploi et … 3 chances… C’est d’un fonctionnement tellement obscur que 3 chances ne sont pas de trop. Bien évidemment, ces « chances » sont présentées comme autant d’essais. Il semble antinomique de parler de chance dans l’univers bancaire.
Premier essai : comme il y a 3 risques sur 4 de tenir la carte dans le mauvais sens… perdu… second essai, si on confond sa droite et sa gauche (là  je suis sérieuse, même si on ne dirait pas)… perdu… il y a de quoi se mettre à suer à grosses gouttes, parce qu’au 3ème et dernier essai, si on échoue, on verrouille l’accès à son compte. On se retrouve mis au ban de l’univers bancaire. Si on reste hyper-concentré, on peut y arriver. Grâce au code magique délivré par la carte cabalistique, on peut valider sa demande de virement. Yesss !

Autre intéressant challenge : éditer un RIB. Malgré des recherches poussées, je n’ai pas encore trouvé comment faire. A part me déplacer physiquement dans mon agence. Ce qui n’est pas le but du oueb.

Enfin, dernier en date : demander l’annulation d un chèque. Si on reprend l’analogie avec les jeux de rôles, annuler un chèque revient à amadouer un grand sorcier très puissant, 3 jets de dés, une incantation et un combat contre 2 orques gonflés de testostérone. Le tout à base de parchemin codé et de parcours dans des grottes sombres et glissantes. Ahurissant. J’ai vaincu, mais ça m’a pris 3 jours… et j’ai dû faire appel aux services d’une … boîte vocale…

Si je gagne au loto, j’aurai entre autres projets :

          Créer un espace bancaire convivial sur le oueb, fleuri, musical et disco, mais sans Patrick Juvet (faut pas déconner quand même)

          Détruire définitivement toutes les boîtes vocales, les atomiser et les envoyer graviter dans l’ancien univers bancaire. Et mettre à la place des hôtesses sympathiques et humaines.

 

Je suis promoteur: la violence ne me fait pas peur

J’aurais aimé que cette phrase fut de moi. Elle est tout droit issue du dernier film de Dupontel, "le vilain".
Haaa… pouvoir caser dans la conversation "il est banquier: les oignons ne le font pas pleurer", "il est médecin: il ‘a pas les yeux porcins", "il est géologue: il a le look en vogue", "il est développeur: il ne fait jamais d’erreurs" ou encore "il est pédégé: il faut le protéger", "il est patron: il n’a pas toujours raison" … pire: "il est comptable: il ne se mettra jamais à table", "il est ministre: il ne sera jamais sinistre", "il est président: il ne pense pas en se rasant"… des sortes de vérités toutes trouvées, à méditer dans la journée, lorsque l’on est studieusement consigné derrière son bureau…
Des mini-paradoxes, oxymores non poétiques et indiscutables de part les subtils sarcasmes qu’ils sous-tendent….
 
 

Dans un tunnel…

Là je vais ressortir ma citation préférée:
 
Quand tu es dans un tunnel, si tu vois de la lumière méfie-toi: c’est peut être un train qui t’arrive dessus…