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Big Data – la femme en cases, suite

guerrière

Lecteur-Chéri-My-Love,
Il y a peu, je bramais seule  au fond des bois mon désespoir de me voir transformée en cases pour prétendre trouver du boulot.  (Pour rappel, j’ai passé un « test de personnalité » en ligne avant un entretien – c’est ici)
Je suis sortie des bois (il a commencé à pleuvoir et ma peine étant soluble, il a fallu couper court à son infiltration dans les nappes phréatiques.)
Le couperet est tombé (j’ai eu le résultat du test) et c’est une guerrière belliqueuse, avide du sang des faibles et des paresseux, prête à tout pour atteindre son but, infatigable et totalement insoumise à la hiérarchie qui t’écrit depuis son nid d’aigle, ce dimanche.
C’est comme ça que je suis perçue par l’ordinateur.
C’est donc comme ça que les gens qui croient l’ordinateur s’attendent à me trouver. Inutile ici de préciser qu’ils en onteu pour leur argent. Je n’aime pas décevoir. Niark-niark…

Si un ordinateur (bien mal élevé) est capable de percevoir la douce créature inoffensive que je suis comme un danger pour tout l’étage « comptabilité » d’une entreprise, la question à se poser est naturellement : « mais qui diable croit l’ordinateur » ? Hélas, en ces temps troublés où Facebook et Google régissent nos vies, il apparaît que plein de gens croient l’ordinateur…

D’où le grand danger du Big-Data.

Les effets immédiatement perceptibles de Big-Data (en des temps qui paraissent bien lointains, d’autres avaient imaginé Big Brother) sont par exemple : Je crée un profil Linkedin et trois malheureux jours après, l’ordi propose de me mettre en relation avec un chirurgien esthétique. Je le jure. Il a suffi à cette infernale machine 3 jours pour décider que je suis trop vieille pour continuer mon existence comme ça.

Mais « Big-Data », c’est quoi-t-est-ce, t’entends-je t’inquiéter…
Pour faire vite, j’ai interrogé mon ami Wikitruc (par ce que, hélas, moi aussi je crois l’ordi) qui dit entre autre :
« Les big data, littéralement les « grosses données » désignent des ensembles de données qui deviennent tellement volumineux qu’ils en deviennent difficiles à travailler avec des outils classiques de gestion de l’information. L’explosion quantitative de la donnée numérique contraint à de nouvelles manières de voir et analyser le monde. Les perspectives du traitement des big data sont énormes et en partie encore insoupçonnées ; on évoque souvent de nouvelles possibilités d’exploration de l’information diffusée par les médias, de connaissance et d’évaluation, d’analyse tendancielle »

Pour faire une bête analogie, imagine, Lecteur-Chéri-My-Darling, que tout (mais alors, vraiment tout) ce que as dit, pensé ou écrit un jour est conservé dans un gros-énorme container. Ajoute à ça tout ce qui te concerne (taille, âge, poids, habitudes alimentaires, adresse, téléphone, films préférés, couleur de chaussettes et j’en passe). Tout ça pour tous les gens du monde.
Imagine que ce gros container classe, trie, analyse tout ça, pour en tirer (entre autres) des stats à but lucratif (mais pas lucratif pour toi). Tu as maintenant une petite idée de ce que Big-Data représente.

Ca m’a donné une idée.

Soyons audacieux et couplons Big-Data, Google glasses et reconnaissance faciale (ça, c’est le truc qui va permettre de t’identifier sur toutes les photos qui circulent sur internet) pour générer le système de délation mondiale le plus performant du monde.

Voilà le topo :

Tu vois quelque chose qui ne te plait pas. Aujourd’hui, tu as le choix entre te taire et passer comme si de rien n’était ou réagir. Ce second choix étant fortement corrélé avec le gabarit de la personne à engueuler. Demain, Big-Data te permettra d’agir tout en restant dans l’ombre.

Par exemple :

-Tu vois des glands sur un banc qui balancent leurs sacs de chips vides et leurs canettes par terre. Tu fais une photo discrète avec tes Google-glasses et tu balances sur Facebook. En 35 secondes, les glands sont identifiés, leurs signalétiques envoyés à la maréchaussée et moins de 1mn30 après, les flics surgissent pour verbaliser.

– Une mémé te grille dans la file à la boulangerie et rafle le dernier pain au chocolat aux amandes dont tu rêves depuis 24h. Hop ! Photo et envoi direct au médecin de la vieille, qui la flanque à l’hosto pour 1 semaine. A la diète évidemment.

– Un gosse hurle dans le bus à côté de toi ? Hop ! photo et le momichon est immédiatement porté sur la liste des enfants à problèmes, direction la maison de correction à la moindre incartade.

Les bénéfices de ce système tout connecté sont sans fin…

Avoue qu’on nage en plein rêve, là, Lecteur-Chéri-Mon-Caillou ? Je te donne le monde de demain. Ne me remercie pas, ça ferait de moi une rénégate…

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Une journée Facebook sans Facebook

fb-logo-good-and-evil

… ni internet, ni téléphone portable, au passage…

Aujourd’hui LCMA *, je te propose un peu de projection-arrière. Une forme de retour dans le temps de toi-même. Un machin mystique, presque. Certes, je ne fais pas dans l’innovation. Mais fuck. Ici, je fais ce que je veux.
Imagine donc, l’espace des 10 mn qu’il te faut pour lire ce post  (je sais que ça dure 10mn, parce que je lis dans l’avenir), ce que serait une journée « comme avec Facebook », mais sans Facebook (ni internet, ni ordi). Par exemple, prenons un samedi.

Ca commence au petit matin. Tu veux partager avec l’univers (tes amis virtuels) la munificence de ton petit-déjeuner. Je te comprends, c’est assez fondamental d’étaler en public 2 tartines de pain beurré et un bol de café sous la légende « mon brunch du jour ». Ca fait envie, surtout si tu déposes à côté du bol un paquet de chips (un conseil au passage: prends des Vico).  Sans FB ou SMS, comment faire? Oublie la notion de temps réel. Il faut prendre la photo, la développer et l’envoyer en masse. Donc s’y prendre quelques jours plus tôt, faire la photo, la faire tirer, la mettre sous enveloppe et tout poster pour que ça arrive le samedi matin. Ca demande du temps et un peu de sous. Question: Est-ce réellement si fondamental? Réponse: Je te laisse seul juge.

Ensuite, il faut fêter l’anniversaire de 2 amis. Ce qui suppose dans un premier temps que tu connaisses leur date de naissance. Tout pareil, anticipation si tu veux envoyer une image (on dit carte, mais je pense qu' »image » te parlera plus). Il faut la choisir, l’acheter, l’envoyer par la poste. Sinon, reste la bonne vieille technique du coup de fil. Efficace et en temps réel. Sauf… sauf si tu veux fêter un vieux pote que tu n’as pas vu depuis des années. Là, ça peut être long, tout ce temps à rattraper en une conversation… Question: As-tu réellement envie de parler à cet ami perdu de vue? Après tout, si tu l’as perdu de vue, il y a peut-être des raisons, non?

Après ça, il est temps de dire à quelques filles que tu les trouves belles (tu as remarqué comme moi, que sur FB seules les filles ont des commentaires appréciateurs dès qu’elles changent de photo de profil. Tout le monde y va de son «  »magnifique », « sublime », « gorgeous » pour les crâneurs,…). Sauf que par courrier ou par téléphone, perso quoi, ça prend de suite une autre dimension, non? Question:  Cette fille est-elle si magnifaillque? Et as-tu réellement envie de le lui dire?

Continuons gentiment. Tu veux partager des photos (de vacances, d’une expo, d’une ballade dans les bois). Il te faut organiser une soirée, réunir tous les amis avec lesquels tu as envie de partager ces merveilleux moments de bonheur, faire un album ou un diaporama (aaaahhh… je ne pensais plus utiliser ce terme!!!). Question: Penses-tu que ça les intéresse vraiment? Au point de venir t’écouter pendant 2 heures raconter ton séjour dans un chalet meeeeerveilleux au fond des bois, sans eau ni électricité, pour un retour à « une vraie humanité »?

Bon, quoi d’autre? Ah… les jolies phrases de développement personnel…  Un exemple au pif, tiré de la liste (qui semble infinie) de poncifs déblatérés par le « philosophe » Paulo Coelho:
« Dans la vie, tout est signe. », oui, d’ailleurs, je viens de recevoir ma déclaration d’impôts. Ca doit vouloir signifier qu’une entité supérieure a désespérément besoin de moi…
On ne peut pas mesurer un sentiment comme on mesure une route., mais on ne peut pas mesurer une route? Si? On compte les pas? On empirise?
Un homme doit choisir, en cela réside sa force : le pouvoir de ses décisions Ben vu les résultats des dernières élections, avant de laisser l’homme choisir, on doit d’abord lui apprendre à faire un choix, non? Et d’ailleurs… la femme dans tout ça? Pas de choix, pas de force?
… Je te laisse te dépatouiller avec ça. Mais si tu veux partager ce bel esprit, sans FB, il va falloir faire un petit effort. Réfléchir par toi-même? Savoir ce que tu veux? A qui veux-tu transmettre ta sagesse et ta lucidité? Soyons fous…

Et la musique? Si, à mon instar, tu veux que tes amis redécouvrent le plaisir infini du Disco, tu devras te dégotter une veste à paillettes, apprendre le piano et laisser pousser tes cheveux blonds pour leur montrer à quel point c’était booooon…
https://www.youtube.com/watch?v=Zqc7mVZQNFo

Le pire aperçu récemment, des condoléances via FB. No comment.

Ensuite? Je ne sais pas… c’est vaste… A ce stade de cette brillante démonstration, tu as toujours besoin de mettre des photos de mignons chatons pour montrer à quel point tu as du cœur?

A lire en premier:
Cet article (érudit) ne traite que de l’aspect virtualisé des relations sociales. Tu auras bien compris, LCMA, qu’utiliser FB et tout autre vecteur de colportage de nos éminentes vies pour en faire une intelligente promo est totalement admis par la rédaction…  

FB2

 

* LCMA= Lecteur-Chéri-Mon-Amour, pour ceux qui débarquent.