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L’agonie hystérique de mes amours estivales

…. puisse leurs cris silencieux hanter les cauchemars des protagonistes…

Lecteur-Chéri-Mon-Amour (LCMA pour les intimes), tu n’es pas sans savoir qu’haïr, c’est presque aimer. Comme il est sans conteste plus porteur de parler d’amour que de haine, je vais biaiser un tantinet la droite déontologie de ce blog et me risquer à parler amour pour parler haine. Il est question ici de tous les fâcheux qui ont hanté mon été, y distillant la parfum entêtant de la farce de mauvais aloi.

La palme revient clairement à mon dentiste, mais avant, je voudrais lister les inconvenants qui ont la capacité innée à pourrir la vie des autres, voire en ont fait leur métier. Je suis sûre que, toi aussi, sur ton île déserte, dans ton coin de plage paradisiaque, ton roof-top bar ou ton dance-floor à paillettes, pris dans le dernier tourbillon festif de l’agonie estivale (mais rassure-toi car l’été, tel le phénix, renaît forcément un jour ou l’autre, en un coin de la planète), tu as eu à faire à l’un des sus-nommé. Je t’encourage vivement à lever ton cocktail au champaaaaagne en mon nom. Et à chanter pour oublier. Je te propose ça, comme étendard de ma grande capacité à l’abnégation. https://www.youtube.com/watch?v=9muzyOd4Lh8

Le premier est une première, c’est la femme au sourire derrière la tête et la poitrine aux genoux, moulée dans son pantalon de polyester, les yeux barbouillés de vert pâle et la moustache naissante qui a poussé un gloussement de joie quand, le pantalon en bas des fesses (j’avais enlevé ma ceinture), les pieds collés au sol sale (j’avais enlevé mes converses), les bras en croix dans une dernière expiration christique (je bippais), elle a localisé que mon soutien-gorge à baleines faisait couiner la machine. Il faisait 45° dans l’aéroport, elle venait de vider ma trousse de toilette devant  tout le monde (c’est mortifiant, même si on sait que ça va se passer comme ça) et se réjouissait de me priver d’un flacon de 125ml de shampooing et de montrer à l’assistance que sans wonderbra, je ne suis rien.
Dans le même registre, il y a celui qui a confisqué son pistolet à eau à un petit garçon. Evidemment le gamin s’est mis à hurler. Ce n’est pas bien de priver un gamin de son jouet. Surtout quand le dit-gamin occupe le siège devant moi, que manifestement son pistolet à eau était son jouet fétiche et que son moyen de communication préféré est le hurlement.

Le second est mon téléphone, mais j’ai déjà développé tout ça par ici https://geckobleu007.com/2015/06/29/pas-de-ca-avec-moi/

Le troisième prend la forme tentaculaire de SFR. Une équipe de gens tout à fait charmants et dont l’incompétence est à la mesure de leur exquise politesse. Il y a celui qui me  fait me rouler sous mon bureau à la recherche de câbles inexistants, celui qui ne rappelle jamais, celui qui ne prend pas de rendez-vous, celle qui veut bien prendre rendez-vous mais seulement une fois que tout  le processus aura été réitéré (j’avais anticipé et passé l’aspirateur), celui qui comprend (enfin) que des travaux ont été faits dans le coin et que le problème vient sûrement de là, mais ça je l’avais dit 10 jours avant, celui qui s’étonne de ne pas trouver de gardien pour la clé (mais j’avais dit pas de gardien, pas de clé), celle qui veut m’aider mais son ordi est planté et elle n’a pas pensé à me le dire quand j’ai appelé avant de passer, etc… Finissant par me faire croire que je suis aphone et transparente. Mais surtout aphone. Ou alors que je m’exprime dans un dialecte sauvage pour lequel même Google n’a pas de traducteur. Et à mon grand dam, force est de constater que sans internet je ne suis plus grand chose. C’est triste, de réaliser que l’humanité virtuelle  prend le pas sur moi, et c’est cruel de constater que je ne peux rien y faire.

Je passe les désagréments ordinaires que sont l’imprimante obsolète qui néanmoins doit copuler avec Windows 8 (64 bits je précise) pour accoucher d’indispensables feuilles, le beep de parking qui refuse d’ouvrir la porte,  l’éclairage défectueux du local poubelle (qui oblige à viser dans le tremblotant rais de lumière de l’ascenseur, à courir vers le container choisi et à smatcher le sac poubelle en priant pour que la mémé du deuxième ne soit pas  devant) et autres menus désordres aoutiens. Tous ces trucs qui ne marchent plus seront réparés quand le monsieur qui bosse de 14h à 18h, 4 jours par semaine, dans un petit bureau poussiéreux du syndic reviendra de vacances. Qu’il a passées au camping des flots bleus, vêtu de son slip de bain à lacet et de sa casquette. Je le sais rien qu’à sa tête. Et je suis sûre que sa cousine bosse à l’aéroport et qu’elle se badigeonne les yeux en vert pâle. Elle occupait sans doute la caravane d’à côté.

Mais je les aime quand même.

Si toi aussi, tu t’es frotté à tous eux qui ne raisonnent que via des listes de questions, des horaires et des consignes inadaptées, n’hésite pas, fait-nous part de ton ire. Tu verras, ça soulage.

BettiePirate

 

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transports estivaux

Vous pouvez respirer: pas question de transports lyriques, spirituels ou de photos de bébés chats sur fond bleu pâle, ni d’éphèbes glabres affichant des moues boudeuses.
Transports estivaux au sens strict : prendre les transports (en commun) pendant l’été. L’avion étant ici considéré comme tel. Pour des facilités de titre (c’est moche, je sais).

Alooooors… je perçois l’agitation de vos cerveaux embrouillés en cette rentrée ensoleillée (ça aussi, c’est moche, vu qu’au dessus de la Loire on a passé 3 mois sous la pluie entre Mai et Juillet…)… et NON, je ne veux pas « cliquer sur la bannière pour obtenir deezer premium », ni rien du tout de premium d’ailleurs. Mais je vous mets tout de même ça : http://www.youtube.com/watch?v=5oxZ3bei6to.

Donc parlons transports estivaux, ces transports que l’on prend pour circuler d’un endroit à l’autre de la planète. Tout ce qui suit est, comme d’habitude, rigoureusement vrai et vécu. Si des gens se reconnaissent, bienvenue à vous. N’hésitez pas à me faire un petit signe…

Le bus, d’abord.

1 – Mon favori : la prise d’otage.

Une dame monte à bord, la soixantaine, genre bourgeoisie de banlieue. Mais pas avec les cheveux violets. Au bout de 30 secondes, elle réalise qu’elle s’est trompée de bus (c’est fatal, il en passe un toutes les 30 minutes… on est pressé de monter dans n’importe lequel). Elle demande au chauffeur de stopper le bus pour pouvoir descendre. La réponse a été la suivante :

« Non madame, vous aviez qu’à me dire bonjour, je vous ai repérée »

Le dialogue qui a suivi a donné, à quelques interjections près :

Dame              – mais ouvrez la porte, on est à l’arrêt…
Chauffeur       – fallait être polie, ça vous apprendra
Dame              – mais enfin, ce n’est pas possible…
Chauffeur       – il faut dire bonjour, et je fais ce que je veux dans mon bus!
Dame              – mais, réagissez les gens, prenez mon parti
Tout le monde en choeur:  Gros silence consterné; personne n’ose respirer… on veut tous descendre à un moment donné…
Dame              – mais ce n’est pas vrai ça!
Etc…

2 – Il faut connaître le parcours

Une dame demande un arrêt, le bus est à 2 mètres, coincé dans un embouteillage. Elle va voir le chauffeur pour qu’il ouvre la porte.

Chauffeur       – Non, nous ne sommes pas à l’arrêt
Dame              – mais il est à 2 mètres
Chauffeur       – Non, cet arrêt n’est plus desservi
il y a des travaux qui en empêchent l’accès simple-
Dame              – Ha… je ne savais pas…
Chauffeur       – cet arrêt n’est plus desservi depuis 3 mois, vous devez le savoir… c’est pas vrai ça…

Ben oui, tous les passagers d’un bus sont des habitués et maîtrisent parfaitement tous les arrêts, c’est bien connu… on devrait nous obliger à en réciter par coeur la série pour avoir le droit d’emprunter le bus…

 3 – Orlybus

Je monte dans le bus avec un billet de 20€ ; pas de chance, le chauffeur n’a pas la monnaie. Il m’informe donc de façon assez peu aimable que j’ai deux possibilités : redescendre et me débrouiller pour faire de la monnaie ou rester sans payer mais risquer une amende exorbitante. Il ne prend pas la carte bleue et se fout totalement de ne pas avoir de change, considérant que c’est mon problème.
Et il refuse catégoriquement d’attendre que je fasse la monnaie. Bienvenue à Paris…

 

L’avion

Déjà, il faut prendre en considération le fait qu’arriver à l’aéroport demande, pour la moyenne des voyageurs, un ou deux bus, un métro, un RER voir le train et potentiellement quelques aventures décrites ci-dessus…

Après avoir enregistré son bagage, on peut se rendre au contrôle qui précède les salles d’embarquement :

–           Bien penser à boire toute l’eau de sa petite bouteille, qui ne passera pas le contrôle.
–          Oter sa ceinture, la placer dans une bassine en plastique,
–          Oter ses chaussures,
–          Vider ses poches, tout placer dans une bassine en plastique,
–          Beeper sous l’arcade
–          Oter son écharpe
–          Oter sa montre, tous mettre dans une bassine en plastique,
–          Beeper
–          Oter ses bijoux de pacotille (et vérifier ainsi qu’on s’est fait avoir sur le marché artisanal…), les poser dans une bassine,
–          Beeper
–          Là, il ne peut que s’agir des baleines du soutien-gorge ou on est un dangereux terroriste,
–          Se placer les bras en croix et se faire palper par un agent ganté et suant, sous le regard réprobateur de tous les gens en chaussettes et pantalon sur les hanches qui attendent à côté de leurs bassines en plastique, pendant que vos propres bassines s’accumulent sur le tapis et que n’importe quel individu mal intentionné peut se servir à loisir…
–          Le pantalon glisse dangereusement et les chaussettes s’imprègnent de poussière, regagner les bassines, les pousser n’importe où pour que les bassines suivantes puissent avancer et remettre toutes ses affaires en place. Une fois, n’ayant pas eu le temps,  j’ai traversé un aéroport au pas de course, ceinture à la main, pantalon pendouillant misérablement et chaussures dans l’autre main, un grand moment de solitude. Surtout quand je suis montée dans l’avion… sous le regard chargé de reproches de ceux qui n’ont rien à se reprocher…

–          On peut souffler, mais…
–          On a soif et on est privé de bouteille ; il faut en acheter une autre, qui coûte le triple de celle qu’on a laissé à 5 mètres de là…

Une fois dans l’avion :
–          Plus de journaux (normal, avec tout ça on embarque en dernier, les autres passagers se sont servis, plusieurs titres chacun, qu’ils ne liront pas, mais ça fait sérieux)
–          Il fait super-chaud,
–          L’avion a du retard, on étouffe,
–          L’eau coûte 2€, pas moyen d’obtenir un verre gratuit ; même si on est à l’article de la mort (j’ai essayé d’agiter un tube d’aspirine sous le nez de l’hôtesse, ça l’a laissé aussi inflexible que le chauffeur de l’OrlyBus ; ils doivent faire partie de la même famille)
–          Rien de mangeable, sauf pour des aliens croisés avec des autruches irradiées par le nuage de Tchernobyl,
–          De toute façon, dans l’espace, personne ne t’entend crier, alors…