Archives de Catégorie: La fée pétasse

Un monde merveilleux…

Il est un monde merveilleux où l’on se sent épanoui et aimé, un monde ou chaleur humaine et bon entente conjuguent leurs effets bénéfiques pour favoriser une créativité intense et débridée, un monde où les paroles sont des chants, les écrits des poêmes, les rencontres des fêtes. Ce monde fabuleux, s’il existe, n’est définitivement pas celui du travail.
Le monde du travail, tel que je le pratique actuellement, est une sorte de monde composé de multiples couches, monde dans lequel cohabitent des bulles étanches les unes aux autres; il est fréquement représenté par un immeuble, ou un étage d’un immeuble. Dans ces espaces,  il y a entre autres la bulle des salariés-grouillots, la bulles des salariés-chefs et la bulle des prestataires (par définition super-grouillots), à laquelle (vous l’avez deviné) j’ai la joie d’appartenir.
 
Petite précision: dans la vraie vie, les habitants des différentes bulles sont tous des humanoïdes amenés à communiquer de la façon la plus normale qui soit. Aucune différence évidente ne permet de les catégoriser et ils peuvent même interagir les uns avec les autres. C’est dans le « monde du travail » que les choses changent.
 
Les bulles des salariés-grouillots, salariés-chefs et prestas vont et viennent dans l’espace de l’immeuble qui abrite le « monde du travail », elles s’agitent au gré des vociférations des uns et des râleries des autres, glissent, se retournent, se croisent, se percutent, sans jamais générer d’interaction entre les salariés (errant dans 2 bulles) et les prestas (errant dans 1 bulle).
Explications: La bulle des prestas présente des caractéristiques particulières sur lesquelles il est intéressant de s’arrêter un moment.
 
    – la bulle rend ses habitants transparents. Le presta est par conséquent totalement invisible, ce qui explique qu’on ne lui adresse jamais la parole, qu’on ne l’invite jamais à déjeuner ou prendre un café, qu’on ne lui tienne pas la porte quand il passe, chargé de dossiers.
    – elle rend ses habitants impuissants (impuissance limitée au « monde du travail », j’entends); c’est à dire que quelle que soit leur force de persuasion, les raisons qu’ils invoquent, l’aspect stratégique de leurs remarques, ils ne seront pas écoutés, pas considérés et encore moins reconnus.
    – la bulle nourri ses habitant; par un procédé encore inconnu de mes services, mais je travaille à éclaircir ce mystère. En conséquence de quoi, lorsque les salariés des autres bulles s’organisent des agappes, ils n’ont pas besoin d’y inviter les prestas. Ceux-ci sont déjà sur-nourris par leur bulle. Et de toute façon, ils sont transparents. On est donc parfaitement habilité à manger des croissants, gâteaux et autres sucreries en leur présence sans leur accorder la moindre attention.
    – la bulle procède automatiquement aux rites habituels de début et de fin de journée. Donc pas la peine de dire « bonjour » ou « bonsoir » à un presta. Encore moins « bon week-end ». La question du « bonnes vacances » ne se pose pas, vu qu’on ignore totalement quand les prestas sont habilités à se reposer. Le sont-ils d’ailleurs?
    -la bulle offre un standard physique à ses habitants; c’est très pratique: ainsi les prestas hommes sont tous rigoureusement identiques et les prestas femmes aussi. On peut donc leur donner un nom générique et globaliser les contacts incontournables que l’on est (hélas) obligé d’avoir avec eux. On est aussi autorisé à les confondre, à confondre leurs projets et leurs attributions.
    – la bulle gère un écoulement élastique du temps. C’est une particularité très pratique: ainsi on peut faire attendre interminablement un presta avant une réunion (jusqu’à 1h d’attente, le presta peut rester dans le couloir, entre les toilettes et le placard à balais; bien pesner à faire en sorte qu’à tout moment il ait l’impression que la réunion va démarrer, de façon à le maintenir sous pression et à l’empêcher de retourner glander dans son bureau). On peut aussi sans aucun scrupule raccourcir ses délais pour un projet. L’obliger à rendre au bout de 15 jours ce qui était supposé être fait en un mois, par exemple.
 
A l’issue de la mission, le presta disparaît de la bulle et toute mémoire de son passage est aussitôt effacée; voilà pourquoi il est agréable d’avoir à faire à des prestas: on peut se comporter avec eux comme si on était poisson rouge (ou salsero), c’est à dire: oublier jusqu’à leur existence, même quand ils sont à moins d’un mètre…

Fée d’hiver

Fin de saison, envie de soleil et de légèreté… ça tombe bien, avec cette fabuleuse météo grise et froide…

Alors, quoi de neuf à l’Ouest ? On serait bien tentée de répondre « à l’ouest rien de nouveau »…. Mais il n’est pas dans nos manières de sombrer ainsi dans la facilité.
Tout d’abord, quelques rapides constats : au cinéma rien d’excitant, le « discours d’un roi » est aussi long, ennuyeux et convenu que s’il était psalmodié par une cohorte de nains monopodes et sous psychotropes, « Au-delà » reste bien en-deçà du vivant (en plus, il faut réellement avoir envie de voir Matt Damon gros et moche et triste, mais où es-tu, Jason Bourne ?) et « Black Swan » offre une approche un peu trop violente de la dualité schizophrène de l’artiste.
Le cygne noir au delà du discours du roi et rien hélas pour arrêter un tramway nommé désir.

Pas de pub débile à détourner, pas de chanson à faire pâlir d’envie Didier Barbelivien, pas de phénomène de foire à la télé… toujours les mêmes humoristes sur France Inter… Gasp.

Dans de tels moments de détresse, la femme en général et la blonde en particulier est bien tentée de noyer son ennui, son angoisse, sa détresse intellectuelle dans les achats compulsifs.
Compulsifs signifiant, dans le cas qui nous regarde : acquérir n’importe quoi sans aucun discernement pour éprouver une fraction de seconde le plaisir trompeur de la possession.
Ce qui donne : une collection de chaussures impossibles à porter, voir dans les cas extrêmes pas de la bonne pointure (ça arrive, il ne faut pas se moquer….), trois sacs de la même couleur et approximativement de la même taille, les différences (subtiles) résidant dans le nombre de poches qui ferment et dans la position de la sangle, un jean slim , des bijoux en plastique (c’est pas cher), une ombre à paupière fatale si on veux faire un remake du film (par ailleurs très bien) « tournée » mais totalement inutilisable dans d’autres circonstances, des livres au titre incompréhensible mais dont l’acquisition donne le sentiment de s’élever intellectuellement… à l’inverse, des magasines dont même les coiffeurs veulent se débarrasser, et la liste peut être encore très longue… allez, on y va pour le t-shirt trop petit mais dont la couleur est si jolie et la jupe dont le tissu finira bien par se détendre (cette dernière ne sera jamais portée : qui a envie de se sentir boudinée toute la journée ?)
Que celle qui n’a pas au moins 3 pantalons noirs dans son placard me jette le premier jean « temps des cerises »
Mais pourquoi, pourquoi tant d’acharnement dans l’acte d’achat ?
Outre le fait que certains articles ont un effet bénéfique immédiat (pour moi ce seraient les livres, dont la simple vue me donne l’impression de m’emplir de leur science), les autres sont bien souvent aussitôt achetés, aussitôt oubliés…  sans parler du déprimant sentiment d’être incapable de se maîtriser…

Alors, quoi ?
Le petit plaisir égoïste ? La compensation suite à un évènement (même mineur) frustrant ? Le sentiment enivrant d’avoir le pouvoir de changer de peau rien qu’en agitant sa carte bleue ? Si un nouveau jean (pas slim) changeait la vie, ça se saurait…Si quelqu’un a une réponse qui tient la route, je suis preneuse…

Conseils de beauté – journée –

Comme promis, voici les conseils beauté pour la journée ; entendez par là « pour toute la journée, quelque soit la journée » c’est à dire les choses à faire au quotidien et quelles que soient les circonstances. C’est important de le préciser. Ici nous prendrons exemple sur une journée de bureau, ce sont de  façon générale les plus nombreuses (à mon grand dam).

 Nous en étions restées à l’après-douche, (conseils du matin) le moment de se glisser dans une tenue élégante et confortable, adaptée à tous les moments de la journée et dans laquelle on se sent à la fois très professionnelle, très femme et très à l’aise.
Traduction :
– Très professionnelle = tailleur foncé + chaussures à talons
– Très femme = sexy sans ostentation, donc jean + talons
– Très à l’aise = pour moi plutôt jogging ou pantalon de treillis + t-shirt à capuche et baskets à strass (pour la touche féminine). Pour les magasines ce serait plutôt « combinaison fluide à fleurs + talons compensés » ; un monde me sépare des magasines…
Donc vous vous habillez comme vous voulez, mais impérativement vous portez des chaussures à talons. De toute façon vu l’heure vous n’avez pas le temps de tergiverser.

Ici commence la liste des « conseils de journée ». Primo : marcher autant que possible. On oublie la voiture.
D’un autre côté, avec des talons, la voiture c’est mieux ; mais qu’à cela ne tienne, on part cavaler après son bus ou son RER haut-perchée. Le top serait de prendre un vélo ; mais là, associé aux conseils vestimentaires, on sombre dans l’hérésie. Il y a sur cette terre des femmes qui trouvent parfaitement adapté de faire du vélo avec des talons aiguilles. Je pense qu’elles n’ont pas les pieds formés comme les miens. C’est la seule explication rationnelle. Et mes pieds sont normaux, évidemment.

Petite digression sur le vélo : oui, c’est respectueux de l’environnement et oui, ça permet de faire un peu d’exercice. Mais entre la pollution, la circulation, les déraillages, les crevaisons et le casque, le vélo c’est surtout l’anti-glamour par excellence. A moins d’avoir seulement 300m à parcourir. Si vous avez envie de remettre votre chaîne bien grasse sur un trottoir totalement envahi de piétons, juchée sur vos chaussures à talons, ça vous regarde. Mais ne m’accusez pas de vous avoir forcées.

Donc on marche. Ca tombe bien, par ce qu’on a des courses à faire : en effet, il faut manger des produits frais tous les jours. Profitons donc de cet agréable baguenaudage urbain pour acheter quelques fruits et légumes qui feront un grignotage parfaitement adapté. Oui « grignotage », vu ce qu’autorisent les articles sur l’hygiène de vie, il n’est pas question de parler de repas.
Il est recommandé de boire beaucoup, de préférence des tisanes. Mais pas n’importe lesquelles ; les tisanes préconisées sont toujours strictement introuvables dans les supermarchés du coin. Si vous trouvez les bonnes tisanes, faites-en un stock, c’est encombrant mais pas lourd. Ca tombe bien, vous avez déjà les courses de frais.

10 :30 : arrivée sur son lieu de travail avec les pieds en sang, les bras chargés de pommes et de choux.

Commencez par scrupuleusement vous laver les mains, laver vos fruits et faites bouillir de l’eau. Afin de préserver une harmonieuse ambiance d e travail, allez saluer tous vos collègues ; même ceux que vous détestez : c’est bon pour votre karma. Proposez leur un de partager votre jus de courges, ils vont adorer. Une fois la tournée de saluts effectuée, vous pouvez faire infuser votre tisane zénitude ou la tisane drainante ou la tisane detox ou la tisane coupe-faim ou la tisane pour faire pousser les ongles des pieds ; de toute façon, ça ne change rien ni au goût ni à l’effet.
Vous êtes prêtes à commencer votre journée de travail. Vérifiez tout de même l’agencement feng-shui de votre matériel de bureau et recalez votre pierre anti-irradiations d’écran. Faites brûler un bâtonnet d’encens et asseyez-vous bien confortablement.
C’est important parce que le bureau peut être le haut lieu d’exercices physiques discrets mais néanmoins efficaces. Les magasines regorgent de mouvements à faire sur sa chaise comme serrer les poings, contracter les cuisses et les abdos, tendre les bras etc. Essayez d’avoir l’air dégagé une fois vos bras en l’air et personne ne vous posera de questions.
Priez pour ne jamais avoir à travailler en open space. Et si le téléphone sonne, rien ne vous empêche de poursuivre vos séries. Le comptage en tâche de fond peut aisément devenir une habitude. De toute façon si vous n’écoutez que d’une oreille distraite votre correspondant, ça ne changera pas grand-chose…

 Au déjeuner, 2 options : un repas léger (blanc de poulet et salade, une vraie punition ; je préfère ne rien manger du tout, au moins je sais pourquoi j’ai faim…) ou une séance de sport et des produits frais (ceux achetés le matin). Celles qui arrivent à tenir le coup après une séance de gym d’une heure et deux pommes bio sont de vraies héroïnes.

Détail non négligeable : le sac de sport, à trimballer à pieds le matin.

 Le reste de la journée est à l’avenant : tisanes et contractions.

 Au retour, vous êtes autorisée à prendre le métro ; profitez-en pour faire quelques contractions abdominales accrochée à la barre centrale. Eventuellement, l’air dégagé, vous pouvez aussi monter sur la pointe des pieds en contractant les fessiers. 3 séries de 10 au moins.

Certains magasines conseillent de prendre dans son 3ème sac une tenue pour les happy-hours, à savoir des chaussures encore plus hautes et un petit haut sexy pour remplacer la chemise. Moi je dis: après avoir marché toute la journée, contracté tout la journée, avalée 3l de tisanes et grignoté uniquement des blancs de poulet, si vous avez la force de sortir, surtout n’hésitez pas… Et si vous avez envie de trimballer 3 sacs toute la journée, après tout, ça vous regarde.

Concernant le sac de sport et le sac de courses bio auquel éventuellement s’ajoute le sac « tenue du soir », que celles qui sont a vélo et ont crevé dans la journée me bénissent…

Parmi les autres conseils « de jour », ceux liés aux activités sportives sont non négligeables.
La piscine par exemple, requiert l’application d’un produit qui protège les cheveux avant la séance ; c’est-à-dire à la maison. Effet « cheveux gras » garanti, mais ce n’est pas grave : on se rend à la piscine.  (A ce sujet, j’ai déjà raconté quelques mésaventures liées à ce conseil par ici)
En plus, se tartiner le visage d’une crème bien grasse qui protégera la peau des agressions du chlore. C’est plutôt avisé. Donc je le fais à chaque fois que je me rends à la piscine.
Ce matin, vêtue de mes plus beaux atours de week-end, soit pantalon de treillis réservé aux opérations de peinture, sweat à capuche de djeun de banlieue, les cheveux gras ramené en chignon et le visage luisant, je pars allègrement pour la piscine le sac poubelle crânement arrimé à la main gauche ; devinez quoi…
Ceux qui me lisent avec attention savent déjà…
Je sors de l’ascenseur pour me trouver nez à nez avec … mon voisin sexy. Mortification. Pour ceux qui découvrent, allez  

Dialogue :
Lui          « Ah, vous allez à la piscine ? » (finement obervé: j’ai mes palmes sous le bras, elles sont trop grandes pour rentrer dans un quelconque sac de sport)
Moi        (envie de disparaître) « Oui…. Enfin là, je vais aux poubelles» (mais quelle niaise, pas la peine d’en rajouter)
Lui          « J’y étais ce matin, à 9h, il n’y avait personne » (en effet, à 9h je dormais, je ne risquais pas d’y être)
Moi        « Quel courage… »

Grrrr
Le temps pour mon estimable lectorat d’assimiler ces infos de qualité, et nous nous retrouvons pour les conseils « de nuit ».

Conseils de beauté de la fée

En ces temps où la femme se doit d’être lumineuse et sexy, toujours pimpante et souriante, jeune de corps et d’esprit et j’en passe, il est temps de dresser la liste (non exhaustive) de tous les conseils avisés qui, suivis à lettre, lui permettent de respecter les codes de la vie moderne…
Mes sources perso vont être ici agrémentées des sources « magasines féminins » et « infos glanées sur le oueb » ; je vais m’efforcer de décrire la « journée beauté » idéale pour être au top.
C’est une vaste tâche, aussi me permettrai-je de distiller ma science par bribes, histoire que chacune ai le temps d’assimiler, de tester puis de mettre en pratique régulière.
Le découpage sera le suivant :
– Conseils du matin
Conseils pour la journée
Conseils du soir 

Le matin :
Tous les magasines sont d’accord là-dessus : il faut dormir ; donc le matin s’entend « après une nuit de 8h, paisible, pleine de beaux rêves, réparatrice ». à 23h au plus tard, on dort à poings fermé; ou alors on, se lève quand on veut. Mais c’est assez rare…
Le réveil sonne et il est totalement impératif de commencer sa journée par l’ingestion d’un grand verre d’eau tiède dans lequel on a pressé un citron. Ce sont Pénélope Cruz et Nicole Kidman qui le disent (c’est donc forcément vrai) ; si pour avoir leur physique il faut en passer par là, pourquoi pas ?
Laisser poser le breuvage dans l’estomac pendant 10 mn avant de se lever.

Toujours au lit, il faut maintenant continuer par une série d’étirements  variés, destinés à « préparer le corps au lever » ; donc c’est l’esprit parfaitement clair que vous commencez votre journée en faisant le chat, bras et jambes  étirés, épaules déliées et en prenant le temps de faire de longues inspirations. Personnellement le matin j’ai plutôt tendance à pester contre le réveil et à essayer de faire comme s’il n’avait pas sonné ; le seul mouvement autorisé serait celui du coup de poing sur le bouton « on » pour anéantir d’un seul geste toute idée de lever. Mais passons et faisons le chat.
Le chat avec un grand verre d’eau citronnée dans le ventre.
Au passage, celles qui ont réussi à avoir leur verre d’eau tiède sans se lever sont balèzes. J’admire.

Ca fait déjà 15mn que le réveil à sonné quand on se lève. Si on n’a pas le teint frais et les paupières légères, le conseil suivant est de mettre 2 petites cuillères au congélateur 5mn. Vous verrez pourquoi après. Pendant les 5 mn, il faut maintenant se préparer un petit-déjeuner équilibré et vitaminé :
Fruits frais, thé léger, fromage blanc, céréales  sans sucre, pain grillé (de préférence bio et complet). Si vous êtes désespérée de ne pas pouvoir absorber de sucre, vous avez le droit à une mini cuillérée de miel (de quoi entretenir la frustration). Exit les tartines de nutella, les yaourts  aux fruits et les choco-pops. C’est mal. Leur simple vue devrait vous faire prendre 10kg.

Maintenant, vous pouvez sortir les petites cuillères du congélateur et les appliquer sur vos paupières inférieures. Ne pas craindre que la peau, fine à cet endroit, reste collée sur les cuillères. Pendant que les cuillères posent, vous pouvez manger votre petit-déjeuner. Sans perdre de vue que les fruits doivent être absorbés au moins 20mn avant le reste ; débrouillez vous pour faire quelques mouvements de yoga (comme Madonna) entre les fruits et le reste. Mais faites bien attention à ne pas laisser tomber les petites cuillères. En même temps, si elles sont collées par le gel sur la peau, c’est un souci en moins.Profitez de ce moment de zenitude avec vous-même pour allumer votre lampe « effet lever du jour » ; un rayon de lumière blanche en pleine figure pendant au moins 30mn prévient la déprime disent les magasines. Ce sera pour le petit-déjeuner.

Donc le réveil a sonné depuis 30 mn et vous faites le salut au soleil avec vos cuillères sur le visage, la lumière dans le dos et le thé qui refroidit pendant que les tartines grillent et noircissent.  Avec un peu d’entraînement vous réussirez à gérer le timing.

Le petit déjeuner se prend sur fond de musique classique (ne pas s’énerver avec les infos et éviter télé-matin, ça préserve l’esprit) en mâchant 30 fois chaque bouchée et en profitant de la lumière en pleine figure (ainsi on ne voit pas les céréales, c’est plus facile d’imaginer que ce sont des choco-pops)

Ensuite, une douche. De préférence tiède, pour ne pas stresser l’organisme ; comme vous êtes respectueuses de l’environnement, vous coupez l’eau pendant le savonnage.
Un petit conseil « bonne humeur » : chantez sous la douche ; ça donne aussi du courage pour se savonner dans le froids avant de remettre l’eau tiède. Pour le rinçage, un jet froid est recommandé. Il doit partir des pieds et remonter doucement jusqu’au bassin ; puis descendre des épaules au bassin. Chantez plus fort, ce sera moins difficile.

Au sortir de la douche, il est fortement recommandé de se sécher  scrupuleusement et surtout entre les orteils.

Maintenant, tous les magasines sont formels : il faut hydrater sa peau ; faisons rapidement un petit décompte :
– Crème contour des yeux, à appliquer en tapotant légèrement.
– Crème visage, à appliquer en massant puis faire des pincements sur les joues, dans le cou et jusque derrière les oreilles.
– Baume à lèvres (de préférence après un léger gommage)
– Lait corporel ; en profiter pour masser les zones à risque « cellulite » avec un truc à picots immonde en plastique moche, qui fait mal et pince la peau ; il faut insister au moins 5mn.
– Crème sur les pieds (important surtout en hiver) ; ne pas trop en mettre, sinon les pieds clapotent dans les chaussettes…
– Huile capillaire. Doser savamment cette dernière pour éviter l’effet « cheveux gras »; si c’est râté, repartir à l’étape « douche »…
– Crème sur les mains et les ongles
7 crèmes différentes; il est conseillés de leur faire des étiquettes adaptées au marqueur, histoire de ne pas les confondre…

A ce stade, vous ne pouvez pas envisager une seconde de vous habiller, trop de risques de gras sur les vêtements ; ce n’est pas grave, prenez quelques minutes pour faire de la méditation, comme les actrices américaines. Debout dans la salle de bain, c’est parfait.

 Un petit coup de brosse à cheveux la tête en bas pour décoller les racines. Si vous aviez omis d’ôter les cuillères, elles tombent à ce moment d’elles mêmes. Vous découvrez alors que vos paupières inférieures sont rouges vifs ; elles vont mettre 10 mn à reprendre un aspect normal. Ce n’est pas grave, vous pouvez en profiter pour polir vos ongles de pieds.
Puis vient l’étape du brossage des dents ; 3 mn. Les plus organisées auront pensé à le faire sous la douche…

Maquillage enfin… le top c’est d’avoir l’air naturelle ; ça s’appelle «le maquillage nude » ; c’est un concept inventé par des publicitaires cocaïnés jusqu’à l’os pour vous faire acheter des produits très chers qui donneront la subtile impression que vous n’êtes pas maquillée.
Entre le fond de teint, la poudre, l’anti-cernes, l’ombre à paupières, le blush, le mascara et le rouge à lèvres , ce sont une bonne demi-douzaine de produits à répartir artistiquement sur votre visage, en quelques minutes et qui n’auront aucun effet. Cool , non ? C’est pour cela que l’ordre d’application n’a strictement aucune importance.

Maintenant vous êtes prête à vous habiller… cela fait 1h45 que vous êtes levée, vos muscles sont endoloris, votre estomac brûle à cause du citron pris à jeun, vous êtes éblouie par la lumière « du jour », votre maquillage ne masque pas le rouge des paupières gelées et vos voisins tapent sur le mur pour faire taire vos chants tribaux.

La journée peut commencer…

La fée danse

Certaines périodes de la vie génèrent de drôles de réactions ; les ennuis en cascade par exemple, empêchent le cerveau de se mettre en action. Afin de ne pas se transformer temporairement en potiche décérébrée ou en ménagère de moins de 50ans abrutie par des émissions de télé,  intellectuellement proche de l’escargot, du chou-fleur ou (pire) du banquier, quelques possibilités d’activité se profilent :

–  Rien faire. Déprimant.
–  Lire des magasines piqués au coiffeur. Déprimant.
–  Joindre une réunion Tupperware (… je ne vise personne, c’est un concept…). Je ne suis pas prête.
–  Préparer une réunion Tupperware. No comment.
–  Aborder les voisins (pas le sexy one) pour faire connaissance et organiser un goûter de l’immeuble. Je préfère encore la réunion Tupperware.
–  Ranger la cave. Trop dangereux et je n’ai pas de le matériel de spéléo nécessaire.
–  Aller courir. Je le fait déjà ; mais au-delà de 3 fois par semaine, on a un tantinet l’impression de régresser vers un comportement mâle et un peu bourrin. J’essaye d’éviter. Et puis je n’aime pas sécher mes cheveux, toute cette blondeur lumineuse, ce blé soyeux…
–  Ecrire des chansons pour que Patrick Juvet fasse son come back. C’est une idée, mais la tâche est ardue…
–  Imaginer les pires supplices à faire subir à mon banquier. C’est en cours ; déjà à l’annonce de mon nom au téléphone, je sens sa gorge se nouer, la sueur perler entre ses omoplates et son rythme cardiaque s’accélérer dangereusement. Je vais tenter de créer chez lui un réflex pavlovien de trouille à l’évocation de ma personne.
–  Danser. AaAAaaah, la belle activité ! le beau défouloir

Danser donc.  De préférence tard le soir ou dans la nuit. Avoir fugacement l’impression de vivre plus intensément que ceux qui dorment. Fatiguer son corps pour faire taire son cerveau. Outrepasser le stress générateur d’insomnies par une saine fatigue, ludique, colorée, chargée d’émotions positives (c’est vrai : se déchainer sur rapper’s delight , c’est quand même autrement plus fun que tourner en rond devant son frigo…) ; bon, je crois que vous avez compris la motivation…

Seulement, voilà : en boîte, on n’est pas tout seul à danser. C’est lorsque l ‘on en prend conscience que les choses se corsent et perdent leur côté extatique. Par ce qu’hélas, les dance-floors ne sont pas peuplés que d’êtres en transe à l’idée de faire bouger leurs corps.

Ca commence par le « chauffeur de piste » : un individu costumé pour faire looké, mais raté. Tout en noir, le foulard de pirate sous le chapeau et le pantalon dans les docks martens. J’aime bien les docks, mais pour danser… on y perd un peu son jeu de jambes…
 allez savoir pourquoi, le « chauffeur de piste » s’adresse à la blonde la plus proche de la piste, en l’occurrence… pas d’bol…
Un petit pas de 2 sous les yeux désabusés des quelques clubbers qui trainent, pas dans le tempo, pas à l’écoute, juste bon à balancer sa danseuse, un peu comme dans un lave-linge sur le cycle essorage rapide. Le trip « tu es blonde, trémousse toi, fais joli ». Pfff…. Exit le chauffeur ; en plus il est pas beau.

Après ça les chasseurs entrent en scène. Ils sont aisément reconnaissables au fait qu’ils ne dansent pas. Ils dévisagent en faisant de petits mouvements de hanches, façon « je suis un mec sexy ». Pitoyables. Parfois ils émettent de petits cris en roulant des yeux. Atterrant. Impérativement les ignorer.

Autre variété de chasseurs : ceux qui savent danser. Les rois de la piste. Ceux-là sont un peu plus sélectifs : il faut faire joli à leur côté. Pas grave si on ne sait pas danser. C’est mieux même : comme ça on n’entrave pas leurs pas, on ne pourri pas leur show… fiers d’eux, sapés comme des macs tout droit sortis d’un film de Tarantino, à peu près aussi subtils et fins que les dits macs. Pas méchants, mais ils prennent toute la place. Et ils n’ont pas compris que je m’en contrefiche d’eux…Moi aussi, j’veux groover.

Sors enfin du lot le bon danseur. Rare. Plus dangereux car peut faire régner la confusion : dans les bras d’un bon danseur (un vrai bon, hein, j’insiste), on se sent légère et gracieuse, on a confiance, on plane ; on devient la reine de la piste. En plus les bons ont ça de particulier qu’ils laissent à leur partenaire sa part de gloire. En même temps, certains espèrent en récupérer les miettes, ‘faut pas rêver. Rapidement si possible. On ne peut pas leur reprocher d’essayer…
Mais les bons ont ceci de commun avec les poissons rouges qu’ils sont dotés d’une mémoire très courte. 2 à 3 secondes. Donc brille sur la piste ma fille, profites-en parce qu’après tu retourneras à ton statut plébéien de danseuse de base. Et on fera comme si on ne t’avait jamais vue avant… et n’y revient pas, ce n’est pas la peine.

Autre profil : celui qui vient tout seul, mais avec l’objectif inscrit en lettres de feu sur son front de repartir accompagné; ça clignote. il ne sera pas regardant sur la qualité du matériel, au point ou il en est…. Facilement repérable à son sourire figé, il essaye de donner l’impression de s’éclater et cherche désespérément une cible potentielle. Dommage pour lui, il vient seul et il a 100% de chances de repartir seul.

Tant que la place est préservée, l’avantage c’est que l’on peut faire n’importe quoi. Le corps bouge sous le seul contrôle de la musique et la raison n’est pour rien dans tout ça. J’adoooooooore. Mais après 3h du matin, il n’y a plus 1cm2 de libre pour donner à son corps les moyens de s’exprimer correctement, plein de gens qui sont là par hasard et ont tué le temps à boire sont plus ennuyeux qu’amusants et il y en a tellement qui attendent pour entrer qu’il vaut mieux battre en retraite. Mais pas sans avoir piétiné les docks du chauffeur de piste et lacéré son foulard stupide…