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Conseils de beauté de la fée – soir –
Les soirées rallongent et tant mieux : nous allons avoir plus de temps pour nous occuper de nous.
Oui, je sais, c’est débile. Le temps n’étant par définition pas extensible (tout ce que l’on constate c’est qu’il passe plus vite dans les bons moments – comme quand une chanson de Dalida passe à la radio – et diaboliquement lentement dans les moments détestables –comme en réunion de bilan de fin d’année, ou lors d’une interview de Marc Levy, mais là on peut zapper -), les soirées ne sont ni moins ni plus longues. C’est une allégorie en quelque sorte. Comme si la présence de lumière rendait les moments d’action plus faciles.
Mais là n’est pas la question (l’âne est pas la question non plus, hein), je m‘égare…
Donc entrons dans le vif du sujet comme le doigt dans le gâteau à la crème. A savoir « les conseils de beauté du soir ». Oui, je sais, j’ai mis le temps. Mais c’est un sujet qui demande maturation. Et on ne peut pas être partout à la fois. Ni maîtriser le temps, quoi que je m’emploie depuis ma (Ô combien lointaine) plus tendre enfance (ça aussi c’est une allégorie).
Voilà la liste non exhaustive de tout ce qu’il faut faire en fin de journée pour être resplendissante et fraîche et au top intellectuellement.
Si ça marchait, ça se saurait et j’aurais depuis longtemps appliqué à ma propre personne, mais c’est tout de même intéressant de relever les inepties des magazines. Surtout en ces périodes pré-estivales de régime. Mais ce dernier point fera l’objet d’un post à venir.
Conseil n°1 : Evacuer le stress et les tensions de la journée
D’un autre côté, si vous avez suivi tous les conseils du matin et tous ceux de la journée, vous n’avez pas vraiment eu l’occasion d’avoir de moments pour stresser…
Mais imaginons que vous revenez d’une journée standard et commençons par l’oublier…
Tout d’abord, ôtez tous les vêtements qui vous ont accompagnés cette journée ; vous pouvez jeter par la fenêtre les chaussures qui vous ont rendues sexy assise et torturée debout. Vous pouvez aussi bazarder le collant dentelle (effet garanti) qui s’incruste dans les plantes de pieds et scie la taille. Piétiner la jupe qui vous a entravée et en profiter pour exécuter une petite danse de joie. Ca fait toujours du bien de se débarrasser des petits désagréments du quotidien.
Là, conseil gratuit au passage, poussez un hurlement rauque et sonore, histoire de totalement expulser votre tension. Bien évidemment ce conseil suppute une parfaite maîtrise des relations de voisinage.
Ensuite, vous pouvez revêtir votre tenue d’intérieur en coton bio et éthique. C’est-à-dire d’une couleur indéfinissable et d’une coupe « sac » abominable. Mais c’est bio.
Brossez-vous les cheveux 100 fois de chaque côté, la tête en bas. Si vous n’êtes pas évanouie après cela, vous pouvez passer à la suite.
Coupez toutes les sources d’énergie parasites comme téléphone portable, télé, ordinateur, etc. En gros, tout ce qui vous relie au monde doit être éteint.
Allumez 12 bougies de cire naturelle (celles qui coulent partout) et faits brûler un bâtonnet d’encens Maya (celui qui pique la trachée artère).
Procédez à quelques exercices de respiration assise en tailleur sur une natte d’herbes tressées à la main par des indiens des hautes steppes de la Mongolie orientale (reconnaissable à l’odeur de vieux foin qu’elle dégage même après 25 jours passés sur le balcon), puis enchaînez par quelques postures de yoga qui ré-équilibrent vos énergies ; si vous n’êtes pas habituée à la natte, vous aurez des bleus partout aux articulations ; c’est normal, vous apprenez à vous endurcir physiquement. Profitez-en pour une relaxation de 10mn sur le dos. Sans coussin sous la tête.
Voilà, vous êtes détendue. Ne prenez pas les sms, messages, infos facebook qui vous sont arrivées dans l’intervalle. Ce serait une source d’énervement visuel.
Conseil n°2 : Alimenter son corps
Continuez toute la soirée à boire des tisanes de courge, de betterave et de queue de pamplemousse des Indes, sans sucre.
Comme il faut dîner léger et de préférence tôt, ne perdez pas de temps : croquez vos galettes de riz soufflé sèches, mélangez vos germes de soja avec l’huile foie de morue et pour finir dans la liesse, absorbez une cuillérée de crème de riz avec 3 gouttes de miel. Quelle fête.
Conseil n°3 : Alimenter son esprit
Pendant cette phase et pour ne pas perdre de temps, vous pouvez laisser poser un masque à base de jaune d’œuf et de miel sur votre visage démaquillé. N’hésitez pas à enduire votre chevelure de moelle végétale. Conseil personnel : si vous faites ça, tressez vos cheveux très serré, à cause de l’odeur forte et de la désagréable sensation de gras qui en émanent…
Prenez un recueil de poèmes médiévaux, de haïkus ou un traité philosophique sur la survie des hamsters sauvages en terre Adélie par -15° et installez-vous sur votre canapé en surélevant un peu vos pieds à l’aide d’un coussin rempli de graines de blé sauvage du Zimbabwe.
Vous pouvez mettre en fond musical des chants de cachalots ou de tortues deux fois centenaires. Le mieux est d’alterner, pour conserver intacte l’émotion ressentie.
Conseil n°4 : Un bain émollient et amaigrissant
Ca existe, j’ai découvert le concept récemment. Le principe est simple : très chaud, mais avec de l’eau couvrant uniquement les cuisses. Très chaud pour le côté émollient. Couvrant juste les cuisses pour le côté amincissant. Il paraît que le cœur travaille à réchauffer la partie émergée du corps et brûle donc plus de calories. Mais bon, avec les 2 galettes sus-mentionnées, il n’y a pas grand-chose à brûler ; enfin… qui suis-je pour argumenter…
Autre option amincissante : la douche froide sur tout le corps (même principe de réaction de l’organisme qui crame des calories pour maintenir une température honnête), en insistant (découverte récente de mes centres d’observation) sur l’arrière des genoux.
Les cuisses rouges et les genoux bleus, le corps gelé mais en sueur, vous pouvez vous enduire de crème relaxante à base de graines du Brésil. Restez bien 15 mn avant de vous habiller, sinon vos vêtements seront irrémédiablement collés sur vous pour la nuit… et comme le coton bio a la fâcheuse manie de déteindre, vous serez rouge, bleue ou violette au réveil. C’est joli mais un peu compliqué à éliminer…
Ah… comptez 35 mn et 250 cotons pour que votre visage redevienne normal et pas collant.
Conseil n°5 : Se préparer une bonne, réparatrice et salvatrice nuit de sommeil
3 crèmes sont indispensables :
– Celle de nuit à tartiner sur son visage ; effet gras-brillant assuré. Il vaut mieux avoir des taies d’oreiller imprimées… les auréoles suintantes se verront moins.
– Celle pour les pieds, plus efficace si on porte de petites chaussettes de coton.
– Celle pour les mains ; même remarque, avec des gants.
Ceux qui prétendent que dormir en chaussettes donne des cauchemars sont des menteurs.
Réglez votre réveil « lumière du jour naturelle » avec chant des oiseaux dès l’aube. Vous êtes prête.
Remarque personnelle: Tous les magazines s’accordent sur le fait qu’une nuit torride passée dans les bras de votre amoureux, amant, amante, voisin, … reste la meilleure des recette-beauté. Mais avec les cheveux gras, le visage luisant, les gants, les chaussettes et les 3 litres de tisanes qui vont vous faire vous lever toutes les 20 mn, il va falloir négocier…
Ubiquité
L’oiseau lunaire(digression scultpurale)
Certains concepts sont de l’ordre de l’addiction.
L’un de mes favoris est celui d’ubiquité ; à savoir « être présent en plusieurs lieux au même moment ». Mixé à ma passion pour la possibilité future de la téléportation, ça ne lasse pas d’être intéressant…
Avoir le don de se rendre où l’on veut, au moment ou on le souhaite et immédiatement… et en plus, pour être sûre de ne rien perdre de ce qui se passe dans le vaste monde, pouvoir se démultiplier… assister dans le même moment au mariage du prince William (mais sans le regretté Léon Zitrone, ce ne sera pas drôle), au téléachat , au match de rugby, au bain de mer de mon voisin sexy, sans en perdre une miette et sans se fatiguer… errer dans les limbes virtuelles avec un œil acerbe collé sur les activités de fourmis des humains… digresser à loisir sur les lois du hasard et les brèches spacio-temporelles tout en ayant un pied bien ancré dans la réalité cartésienne du contenu de mon frigo.
(Attention, à ne pas confondre avec ceux qui semblent passés maître dans cet art : ceux qui doivent se trouver à 2500 km de chez eux et que l’on croise fort inopportunément au coin de leur rue. Mais ceux-là ne sont pas doués d’un don quelconque… ce sont de gros menteurs doublés de fourbes traitreux.)
La vraie ubiquité, j’en ai rêvé… mais des fous à lier en ont inventé un dérivé…
Aujourd’hui, il est donc possible de prendre des photos et de les imprimer directement sur l’imprimante de son choix. Depuis le lieu de la prise de vue.
Exemple : vous êtes en pleine extase devant une paire de cuissardes en vinyle orange à talons compensés. Pour faire partager ce grand moment de bonheur, vous prenez une photo avec votre téléphone et vous l’envoyez directement sur l’imprimante de votre meilleure amie. Avec un peu de chance, elle-même est en train d’imprimer sa thèse de doctorat et votre image va subtilement se mêler au texte sur lequel elle travaille depuis 2 ans. Grâce à vous elle va être recalée, après quoi elle va vous haïr à vie.
Autre exemple : vous croisez votre star préférée dans la rue ; par exemple et au hasard, Patrick Juvet. Immédiatement vous immortalisez ce grand moment et hop, en un tournemain, le voilà qui se déverse sur toutes les imprimantes de toutes vos connaissances…Trop cool.
En plus, à l’heure de Facebook et des réseaux sociaux, personne n’est sursaturé d’informations pertinentes sur la vie funky de ses amis réels, virtuels et supposés. Jusqu’à présent, on pouvait choisir de faire une incursion dans la vie des autres, étalée 24h/24 et accessible depuis le monde entier (whaaaa) ; maintenant, plus de choix possible : votre imprimante va littéralement cracher la vie des autres en direct dans votre salon. Comme ça vous pourrez montrer en live à vos parents venus prendre le thé tout ce qui fait le sel de votre vie. Et tout ce qui en fait le poil à gratter aussi.
Intrusif ? à peine.
Sans compter les effets de bord : prendre garde à ne pas se tromper d’imprimante. Perso, je n’ai pas super-envie que des images de moi en tenue disco, en pleine transe chorégraphique, arrivent sur le bureau de mes collègues de bureau, de mon dentiste ou de mon voisin sexy (on ne sait jamais).
Moyen de délation ? presque… Ou comment se faire cramer en terrasse avec un cocktail décoré d’un petit palmier argenté (mes préférés) alors qu’on est supposée boucler sa compta, faire des abdos ou enquêter sur les conditions de vie de la fourmi sub-saharienne dans le désert de Gobie….
Seule échappatoire : être crédible quand on annonce avoir le don d’ubiquité… j’y travaille…
Mais poussons le vice, extrapolons un peu…Bientôt, grâce à l’effrayante rapidité évolutive des techniques modernes, il sera possible de s’auto-portraiturer et de s’auto-envoyer sur l’imprimante de son choix ! Se téléporter grâce à la fibre optique et aux liaisons wifi… Génial… ainsi on pourra générer des copies de soi qui, une fois reconstituées après impression, iront errer partout dans le monde… Enfin, cerise sur la tarte aux pêches, sans aucun contrôle possible, les mondes virtuels et réels pourront s’entremêler… au croisement de la toile gluante on pourra imaginer des rencontrer entre ersatz issus de photos et avatars issus de fiches de sites de rencontre…
Enfin la réalité de soi pourra aller se frotter aux fantasmes projetés des êtres étranges et à peine humanoïdes qui hantent le net… la possiblité d’une vie parallèle s’offre à nous. Enfin les mondes vont se croiser, au lieu de se percuter…
Considérations elfiques
En vrac et sans trier, petit lâchage
J’ai la sensation d’avoir enfin été comprise…
Considérations de saison..
Ces derniers jours le printemps semble s’être arrêté sur notre belle capitale… émois suscités par la lumière de l’astre solaire enfin dévoilé, premiers frissons jardiniers, sorties de placard et envie de tout envoyer voler.
Les mouches vrombissent allègrement, croisant des elfes en pyjama rayé au détour de filaments, les ours se trémoussent au rythme des chants de coléoptères et les sorciers fumeux se cachent dans de sombres grottes…
Considérations culinaires…
Je n’avais jamais réalisé qu’un diplomate, ce gâteau composé à partir du recyclage d’autres gâteaux (décidemment ces métiers me poursuivent) était un composite de divers éléments pas forcement compatibles à l’origine, un mix de rebuts, une transformation de denrées destinées à la putréfaction… un diplomate-chef étant un ambassadeur, le parallèle avec la pâtisserie est étonnant. Un ambassadeur semble autrement complexe à réaliser…
En cherchant un peu, entre le Paris-Brest, la religieuse, l’Opéra et le chou on trouve son bonheur… mais j’ai un peu honte d’admettre avoir un faible pour les financiers sous leur forme pâtissière…
Digressions…
Ceci mis à part, il est maintenant question d’expérimentations. Abrogeons nos limites, partons à la recherche de notre surmoi et détruisons allègrement nos frontières. Laissons s’exprimer le petit bonhomme facétieux qui sommeille en nous, lâchons-lui la bride et faisons fi des conventions…
Par les mots, par ici c’est encore le médium le plus simple,
Par les plumes, quoi de plus naturel pour les fées,
Par le son, mais là ce sera compliqué à retranscrire…
Par les mots tout d’abord, renouons donc avec les chansons à texte ; petit rappel du concept : pas de réflexion, 5mn, pas de correction.
Allons-y donc… top, chronooooo
Jour de soir, Jour de soie
Jour de joie, Jour de roi,
Les elfes croisent les doigts
Les fées se rengorgent dans les bois
Les astres s’en mêlent,
Désastres s’emmêle…
Partonzenfant de la fratrie,
Le jour de croire est arrivé
Laissez les rois s’emmêler
Croissez aux sons des hautbois
Croyez le front pâle des jolis minois,
Croassez au fond des miroirs,
Dansez devant vos mouchoirs
Laissez- moi rire,
Laissez les fuir…
Voilà, ça me semble correct… moins de 5mn…
Pour les plumes,Lâchez vos claviers et essayez un jour de laisser parler votre pinceau, votre pointe bic ou votre marqueur préféré sur une feuille et vous réaliserez à quel point la libre circulation de l’âme est un exercice difficile…
Pour mieux comprendre, rendez-vous à La Halle Saint Pierre, lieu magique où les œuvres d’art brut côtoient les œuvres pâtissières… un lieu parfait pour traîner ses bottes un jour d’envie d’abstraction…
Pour ceux qui aiment l’art brut, l’expression au sens strict et les œuvres touchantes par leur simplicité presque enfantine, l’exposition « Sous le vent de l’art brut » est un must.
Pour ceux qui aiment la tarte tatin et les muffins aux myrtilles, c’est aussi un bon spot. Au moins vous vous ouvrirez ainsi une voie vers la culture…
Pour ceux qui aiment l’art brut et les muffins myrtilles, quittez cet écran et précipitez-vous. Maintenant. Sauf pour ceux qui me lisent la nuit. Ceux là peuvent attendre demain. Mais sans perdre de vue que hier, demain c’est aujourd’hui…
Ne cherchez pas la perfection, ne cherchez pas la compréhension, laissez vous envahir par cette impression de totale liberté. Abstraite des barrières du formalisme, l’âme artistique trouve sa dimension et occupe dans une même arabesque l’espace limité du cadre et l’espace imaginaire du peintre. Ce me rendrait presque lyrique… Allez, lâchons-nous un peu…
Scottie WILSON Anselme BOIX-VIVES F.SCHRÖDER-S.
Sous le vent de l’Art Brut
Collection Charlotte Zander
17 janvier – 26 août 2011
Halle Saint Pierre
2, rue Ronsard – 75018 Paris
M° : Anvers, Abbesses
Le cri d’amour du poussin punk
I l y a quelques décennies, mon ami Patrick Juvet (et oui, on y revient) me faisait découvrir deux concepts :
– La veste à paillettes : je ne m’en suis jamais remise ; ça et les bottes compensées en vinyle orange doivent à mon sens faire partie de toute garde robe qui se respecte. C’est valable pour les hommes aussi.
– Il peut y avoir un besoin exprimé de femmes : c’est aussi toujours d’actualité.
Pour ceux qui ne voient pas de quoi je parle, un petit come-back dans le monde merveilleux et tant regretté des 70’s.
http://www.youtube.com/watch?v=WgF1ESRNs6I
… j’en profite pour ré-écouter… et comme à chaque fois mon cœur se serre d’émotion…
Sauf que je pourrais rétorquer : bon très bien… où sont les feeeeeeemmmes… on a compris ; mais posons-nous enfin une vraie question, « où sont les hommes ? »
C’est vrai ça.
Evidement en termes de rimes on est moins privilégiés ; spontanément je vois « pomme », « tome », « rhum », « métronome » (mais c’est difficile à caser). « Bibendum » (pas mal et plein d’avenir…)
Mais la réalité est néanmoins là, sous nos yeux ébaubis : un manque catastrophique d ‘hommes. Je veux parler des vrais, pas des bulots, ni des poissons rouges, ni des forcenés de la drague ouebienne (on y reviendra).
Une enquête approfondie m’a amenée à la conclusion suivante : ils ont tous été enlevés et sont retenus contre leur gré sur une planète lointaine ; dans un espace spécial pour les garder, une hommerie.
Voilà comment se passent les choses : tout homme susceptible d’un semblant de normalité est aussitôt enlevé par des forces spéciales (les FSAH « Forces Spéciales Anti Hommes »), bâillonné, ligoté et expédié vers l’hommerie lointaine.
Là, il est pris en charge par le personnel (formé tout exprès) qui le soumet à un traitement de choc :
– Phase 1 : Injection à doses mortelles de foot à la télé, de séries débiles et de pubs pour voitures
– Phases 2 : ce que j’appellerai la « i-transformation » , qui consiste à implanter dans le cerveau un module de soudaine et irrépressible attirance pour tout ce qui relève du téléphone portable, mini-ordi et tout objet pouvant permettre une connexion web permanente ; c’est la préparation à la drague ouebienne.
– Phase 3 : retrait par trépanation de tout ce qui pouvait avoir un rapport même lointain avec quelque attrait culturel (lecture, arts, …)
– Phase 4, la pire : dé-vocabularisation. L’homme ne comprends plus les mots simples de « bonjour, merci, excuse-moi, s’il te plait » ; il devient à peine poli, voir ouvertement goujat; c’est à cause du module complémentaire obligatoire de transformation en parisien.
– Phase 5 : poissonisation ; l’homme perd ses repères et ses souvenirs perdurent 3 secondes.
Une fois ce cycle terminé, les hommes ayant survécu sont renvoyés sur terre et placés parmi nous.
D’où ce cri, profond, poignant, émouvant aux larmes que l’on peut entendre les nuit de pleine lune ou les nuit sans nuages, ou les nuits noires ou les nuits blanches ou les nuits folles ou les nuits d’insomnie : « Rendez nous les hooooooooooooooooooommmes »…
Chant rituel
Lundi tu m’ignore
De répondre tu oublies,
Venir te semble un tort
Ha, vraiment tu n‘es pas poli
Mardi tu veux être unique
Exceptionnel, adulé et lu
D’arrogance tu te piques
Ha, vraiment pour qui te prends-tu ?
Mercredi tu veux assouvir
Tes idées et tes envies
Egoïste et plein du pire
Ha, vraiment tu es pourri
Jeudi tu veux être séduit
Sans essayer d’être tentant
Pérorant et plein d’ennui
Ha, vraiment tu es lassant
Vendredi tu me laisse seule
Tu disparais et m’abandonnes
Ne t’étonnes pas si je t’engueule
Ha, vraiment t’en fais des tonnes
Samedi tu te fâches
Sans raison et pour rien
T’excuser te semble lâche
Ha, vraiment tu n’es pas malin
Dimanche, toi qui m’inspires
Tu ne sais pas, tu n’es pas là
Et puis je n’ose rien dire
Tant pis pour moi, encore une fois.
Conseils printaniers
Le printemps pointe son nez et avec lui… différents syndromes très saisonniers, parfaitement cycliques et reconnaissables sur lesquels il me semble opportun de faire un point.
Avant de commencer, j’aimerais faire un petit aparté ; il semble que les hommes ne se sentent pas concernés par certains des thèmes abordés classiquement dans les textes issus de réflexions féminines. Que certains de ces messieurs se croient au dessus de nos basses préoccupations.
Une fois n’est pas coutume, je me permettrai donc de mettre en parallèle la vision féminine du débat et la vision féminine de la vision masculine du débat.
Pour ceux qui trouvent que ce n’est pas clair, je donne un exemple, basé sur le le syndrome dit « du bikini » : certains hommes (ayant pris la décision de ne jamais donner de noms ici, je ne trahirai pas ma source) estiment ne pas avoir besoin de prendre garde à leur tour de taille avant l’été. Grand bien leur fasse. Mais qu’ils ne négligent pas pour autant le test (simple et efficace) du miroir dans une cabine d’essayage.
Donc : vision féminine ; situation : la femme passe sont bikini de l’an dernier « AAAaaaAArgHHhhh… j’ai l’air de porter une taille 34 alors que je fais du 40… »
Vision féminine de la vision masculine ; situation : L’homme passe un shorty noir et parade devant le miroir en rentrant le ventre et bombant le torse. Il s’imagine qu’il va pouvoir conserver cette attitude pendant tout l’été (l’esprit masculin est radicalement optimiste)… et envisage 10 seconde de reprendre la course à pied. Mais il n’a pas les bonnes chaussures…
Fin de l’aparté et début des considérations sérieuses…
Avec l’arrivée du printemps, tocsin, trompettes, spirales lumineuses et danses de joie dans nos sandales de l’an dernier, fleurissent les éternelles résurgences et doutes …
Résurgence n°1 : j’ai grossi
Vision féminine : catastrophe, armoire pleine de vêtements immettables, fortunes investies dans des produits amincissants, kyrielle de repas sans goût et d’où seule persiste la sensation de manque…
Vision féminine de la vision masculine : pas concerné. Les hommes ne grossissent pas : ils ont du travail et pas de temps à perdre avec des futilités comme le sport en semaine ou les légumes…
Pas de panique ; déjà nos amis publicitaires vont vraisemblablement inventer un nouveau régime révolutionnaire qui fera vendre beaucoup de magasine et de substances inefficaces. Avec un peu de chance, cette année les laboratoires pharmaceutiques ne vont pas sortir de pilule mortelle, mais sans doute essayer d’inonder le marché de mélanges subtils à base de plantes …
Donc ayons confiance dans le monde merveilleux du marketing, et ne paniquons pas : les solutions vont affluer. Mais en gros, pas besoin d’être douée de vision du futur pour voir des jours sans fin passés à mâcher de la salade sans sauce et des galettes de riz, en alternance avec des séances d’abdos et de marche rapide. On aura droit de boire de l’eau et des tisanes de queues de cerise et de prendre un fruit tous les 3 jours. En prenant garder de mastiquer 250 fois chaque bouchée pour en pré-dissoudre les sucres.
Personnellement, je conseille d’éviter le carré de chocolat autorisé tous les 8 jours ¾ : il ne fait qu’entretenir une frustration déjà largement alimentée par l’ingestion de haricots insipides et de biscottes sans goût…
Ceux qui ne sont pas définitivement déprimés après quelques semaines de privations peuvent passer à la phase active de la remise en forme : le sport.
Résurgence n°2 : se mettre au sport
Vision féminine : achat d’une tenue de couleur appropriée, abonnement dans un club, recrutement de copines motivées sans lesquelles tout ça n’a pas de sens.
Vision féminine de la vision masculine : achat d’une tenue technique très coûteuse et en inadéquation totale avec le niveau pratiqué, abonnement dans une salle de sport, grandes discussions avec les copains sur les performances et les progrès, plus de temps passé à parader et parler fort de la pratique du sport que de temps passé à la pratique elle-même.
…Ceci n’est pas sans rappeler un adage, justifié par ailleurs…
« se mettre au sport » ne signifie pas forcément souffler, suer et souffrir lors d’interminables cours rythmés par une musique insupportablement forte et entouré de supermen ou superwomen qui n’ont pas l’air de faire me moindre effort pour réaliser les exercices… il y a d’autres alternatives comme, par exemple, aller courir en forêt ou dans un parc, aller danser en faisant abstraction des cocktails alcoolisés ou faire une demi-journée de shopping avec des lests de 1kg à chaque mollet (non ce n’est un truc de malade mental; c’est un truc qui permet d’optimiser astucieusement son temps).
Ayant testé ces 3 activités, je peux en rapidement faire un petit bilan :
– Courir en forêt : super si on aime la boue, les pierres mesquines embusquées sous des feuilles mortes, les chiens en liberté et les VTT projecteurs de gouttelettes.
– Courir dans un parc : présente l’avantage indéniable de permettre de croiser chaque personne courant dans le sens inverse 2 fois par tour. Donc pour une innocente tentative de drague, permet de se préparer à plusieurs rencontres avec l’objet de sa convoitise. Rencontre brève, certes, mais néanmoins réelle… le tout est de savoir agir promptement.
– Aller danser : très bien si on ne redoute pas le contact rapproché avec des individus au QI proche de celui du bulot. Avantage indéniable : on peut revêtir son habit de lumière sans se poser la question de l’adéquation avec le dress-code de la soirée. Et croyez-moi, en fait d’habits de lumière, tout est permis…
– Faire du shopping lesté : très bien pour les jambes, mais un peu compliqué à expliquer lorsque l’on soulève son jean (pas slim) pour essayer une paire d’escarpins…
Résurgence 3 : Je n’ai rien à me mettre
…Pas forcément lié à la résurgence 1.
Vision féminine : Devant une garde-robe pleine à craquer, au moindre tiroir coincé par des vêtements tire-bouchonnés, à la moindre étagère débordante et aux cintres prêts à céder sous la pression des tenues empilées, on se dit que non, décidément rien de tout ça n’est portable ; pas de la bonne longueur, pas de la bonne couleur, trop petit, trop mou, impossible à assortir…
Vision féminine de ma vision masculine : l’unique jean est troué et irréparable, les t-shirt sont vrillés à force d’avoir été lavés et les chemises à manches courtes sont définitivement ringardes (mais ça fait 15 ans que je le dis). Et les baskets de sport, c’est moche. On ne parle pas à un homme qui porte des baskets de sport. Sauf dans le bois ou à la rigueur dans un parc et dans ce dernier cas seulement si l’homme au dessus des chaussures tourne dans le sens inverse de nous.
Ce problème récurrent de la vacuité du dressing peut être contourné par une stratégie imparable : posséder un jean sublime dont on ne se lasse pas. Celui qui va avec les escarpins vertigineux, les bottes en vinyle orange, les converses, les bottines branchées et les tongs en plastique. Celui qui s’accorde avec un dos nus sexy et un t-shirt street-art, ne paraît jamais ni trop propre ni trop sale, est suffisamment long pour être retroussé sur les chaussures branchées, assez près du corps sans être moulant (pire sans être cette abjection qu’est le « slim ») et (si possible) pourvu d’un détail fun mais discret. (Le mien a 2 petits rivets strassés oranges et l’intérieur des poches en tissus à motif exotique…)
Ajoutez à cela une ou deux paires de chaussures qui donnent une démarche de déesse du cat-walk et le tour est joué : On peut attendre les soldes…
Pour ceux dont la parade pré-printanière consiste à se mettre en entre parenthèse, voir en stand by, ne vous découragez pas : tout passe, tout casse, tout lasse, tout s’efface… ainsi va la vie et vive le mambo…spécial dédicace pour vous: http://www.youtube.com/watch?v=ooh-SI-A824



