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Ode à l’idiot périphéen

Ode à l’idiot périphéen

Sur l’air de « comme d’habitudeeeeeeeee »

De loin, je te vois foncer,

Dans tes habits guerriers

Comme d’habitude,

Anonyme, bruyant et nerveux

Tu arrives trop vite,

Comme d’habitude

Et moi, je cherche la place

Pour me rabattre vite

Comme d’habitude

Mais là

Je ne peux me glisser,

Comme d’habitude

 

Tu passes et tu me bouscule

Tu ne préviens pas,

Comme d’habitude,

Sur toi, je hurle dans le froid,

J’ai peur que tu me broies,

Comme d’habitude

Ma main, presse le klaxon

Presque malgré moi

Comme d’habitude

Mais toi,

Tu me montre ton dos,

Comme d’habitude

Et puis, je clignote très vite,

Je sors de la file,

Comme d’habitude,

Toute seule, je mate mon rétro,

Je suis en retard,

Comme d’habitude,

Tranquille, je quitte ma place,

Tout est sous contrôle,

Comme d’habitude,

J’ai froid,

Je bouge les doigts,

Comme d’habitude,

 

Comme d’habitude,

Sur le périph’,

Je vais jouer,

A klaxonner,

Comme d’habitude,

Je vais freiner,

Oui, comme d’habitude,

Je vais me méfier,

Comme d’habitude,

Enfin je vais passer,

Oui comme d’habitude

 

De nouveau, tu arriveras,

Très vite,

Tu me colleras,

Moi je freinerai,

Comme d’habitude,

Toi ;

Tu klaxonneras,

Tu t’énerveras,

Comme d’habitude,

Toute seule,

J’irai de côté,

Entre 2 camions,

Comme d’habitude,

Mes peurs,

Je les cacherai,

Comme d’habitude

 

Mais comme d’habitude,

Même la nuit,

Tu vas passer

De bien trop près,

Comme d’habitude,

Tu fonceras,

Oui, comme d’habitude,

Je t’engueulerai

Comme d’habitude,

Tu m’insulteras,

Oui, comme d’habitude,

 

Un jour,  pas comme d’habitude,

Tu finiras

Par te planter,

Pas comme d’habitude,

Tu tomberas,

Pas comme d’habitude

 

Pas comme d’habitude,

Tu glisseras,

Pas comme d’habitude,

De près les pneus tu verras,

Pas comme d’habitude,

Tu t’encastreras,

Pas comme d’habitude….

 

 

djungle mood

… le djungle mood est est concept personnel, développé pendant de longues marches dans des environnements tropicaux et humides. Bon, bien évidemment, je ne vais pas là commencer à me plaindre d’avoir eu la chance, dans ma vie de petit scarabée (n’y voyez pas là de connotation connexe avec des connaissances connues), d’aller explorer des contrées à l’exotisme moustiqueux et chaud. Le propos n’est pas là. Le propos, si vous avez envie de me suivre dans les méandres gluants d’un mental ralenti par l’absorbtion de substances licites, le propos disais-je est de retranscrire avec réalisme, verve et couleurs, un sentiment étrange et venu d’ailleurs, imprénétrable comme la sus-mentionnée jungle et collant comme des fonds de bocaux de gulab jamun.
Si vous n’avez pas eu la chance de marcher dans une jungle par temps couvert, en revanche, vous avez peut-être dans votre vie été dans un hammam, marché dans la vase bretonne, eu très chaud dans le métro, touché des salades gluantes et pourries au fond de votre frigo (n’y voyez pas offense, on est tous débordés de nos jours et le nettoyage du frigo ne présente pas autant d’intéret que la lecture assidue de "gala", no prob’), été piqué par des rosiers agressifs de n’avoir pas été taillés et pour finir, vous avez sans doute passé des heures épanouissantes à lutter sans la moindre chance contre des moustiques vicieux. Statistiquement, vous avez peut-être aussi eu peur de marcher sur une vipère ou un scorpion.
Le djungle mood, c’est tout ça mélangé.
Mais en plus, vous êtes loin de chez vous, le portable ne passe pas, vous n’avez plus aucun vêtement propre, vos cheveux semblent lutter pour être sélectionnés comme rôle principal dans le "rocky horror picture show" (sans le reste de votre estimée personne), vous avez perdu 3 fois une chaussure dans la boue gluante, vos chaussettes concurrencent vos cheveux lors des castings, la pluie menace, votre déodorant est totalement inefficace depuis des heures. Et je m’abstiens de mentionner les bestioles aux cris étranges, les trucs qui piquent, les grenouilles venimeuses (ne maitrisant pas la danse du ventre, elles ne font pas partie de mon vivarium, c’est pour ça que je les honnis lâchement) et les singes farceurs qui gloussent devant vos efforts désespérés pour éviter la chute; je ne parle pas non plus (your heart is as black as night) de la pluie qui tombe trop vite pour envisager le moindre repli stratégique, ni des plantes étrangement surdimensionnées au tronc couvert d’épines de la taille d’une fourchette de camping, mais en plus solide. (I’m gonna loose my mind).
Donc si vous m’avez suivie, vous visualisez la situation. Rien de dramatique, mais un concentré de sensations peu affolantes pour les individus raffinés et subtils que nous sommes. (your eyes maybe whole). J’appelle ça mon "djungle mood". Et c’est ce que me donne comme impressions le quotidien en ce moment. Un truc collant, désagréable, difficile à éviter, prégnant et semblant de pas avoir de fin.
 
Au moins, dans la jungle, on a envie de prendre des photos.
 
 
Merci Melody Gardot, de m’avoir accompagnée dans cette transe existentielle.
 

Plébiscite

Et oui, ça arrive…
Hier soir, 100% de l’auditoire concerné (à savoir toutes les personnes présentes sauf moi) ont unanimement plébiscité mon retour sur la toile molle et gluante. Mes écrits sont donc à nouveau en mesure d’être appréciés à leur juste valeur. Moment de gloire et folle illusion d’un futur baignant dans la culture, la littérature, la reconnaissance par mes pairs… quelle extase… bon, il y a évidemment un hic, à savoir: mais comment diable vais-je retrouver le chemin de mon vivarium? le pauvre, délaissé et abandonné depuis si longtemps dans la jungle d’un quotidien gris et sans saveur, sans doute recouvert d’une foison de branchages épineux, a dû se fêler, se briser, libérer les petits être géniaux mais susceptibles qu’il abritait… les costumes de scène sont à refaire, les musiques à retrouver, les couleurs à dépoussiérer, les amis facétieux à ré-apprivoiser. Longue est la route, et encore faut-il la localiser. Mais face à la demande, je me dis que le jeu en vaut la chandelle. Alors je vais sortir ma boussole, mon clavier-suisse, mes chaussons verts et mon mug, libérer les flux psychédéliques qui stagnent au plus profond de mon cerveau reptilien et tenter un come-back fracassant.
 
Amis confiants, vous ne serez pas déçus, bientôt ma causticité naturelle va transformer votre regard sur un quotidien parisien à l’hyper-consommation traumatisante, bientôt un univers d’émotions jusqu’alors accessibles uniquement sous l’emprise des drogues les pires, comme la musique de Didier Barbelivien en 1985, va venir à vous et exploser en une myriade de labyrinthes festifs…
 
6U soon
 

Ben tiens…

… j’avais oublié cet intéressant aspect du courrier chaud, à savoir la possibilité de s’épancher en ligne…
Boah, mi-juillet, aucun alien n’a traversé ma galaxie, pas de transcendance fluo à l’horizon, aucune bulle irridescente pour me transporter vers d’autres univers, pas l’ombre d’un air euphorisant dans l’espace proche… va falloir reprendre les incantations…

vivement le printemps…

C’est vrai , quoi… marre de la pluie incessante et des humeurs corollaires….

Je veux du soleil, du ciel bleu, des oiseaux qui chantent, ignorants  de H5N1, des nuages floconneux, blancs de blancs, qui voletent doucement au gré des ventes tièdes…

Je veux partir surfer la vague brillante de l’univers, jongler avec les gouttes de sueur du soleil, laisser mes cheveux défaits s’imprégner des couleurs phosphorescentes de galaxies en délire… les ondes onctueuses de lumière dorée vont et viennent au rythme des odes cristallines chantées par des angelots joufflus…

Les courants chauds jaunes, verts et bleus aux reflets nacrés jouent à cache-chache entre les pierres de lune flottant tranquillement à la surface du liquide joueur, insaisissable et taquin, qui circule dans la galaxie imaginaire du pays de mes muses

Laissez moi rêver…