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philosophie urbaine

Plan B, « she said », Boy I love you so, oh, oh, oh…

 

Hum, brève aparté musicale dans un mois de Juillet assez peu ensoleillé, n’est-il pas?

 

En un mois de non rédaction, soit en état de manque absolu, les doigts raides et le cerveau secoué de spasmes, peu de choses vraiment remarquables à noter (bien sûr, on évite de parler poulpe divinatoire, football en déroute, horoscope bidon et autres joyeusetés médiatiques)

Comment dire… comme une ambiance… un parfum (pas très suave)… léger infléchissement de tendance et ondes  sporadiques, désordre léger, rumeur poisseuse. Un peu comme si Dupontel se comportait dans la vraie vie comme dans ses films. On est loin de Patrick Juvet et des vestes à paillettes. Nostalgie de douceur et d’insouciance…

 

D’abord, Juillet ce sont les soldes, premier évènement vraiment notable du mois (Pas que pour les blondes). Que sont les soldes ? Un moment de consommation absolu: ce qui était inaccessible (et donc pas même digne d’un coup d’œil) devient soudainement abordable… peu importent la taille ou la couleur, il est pour quelques semaines de l’ordre du possible de se saper avec des pièces dont la possession relevait jusqu’à présent du fantasme. Pas la peine de revenir sur ce qui a déjà été écrit, n’étant pas assez célèbre pour me permettre de me paraphraser, je saute direct à l’essentiel : changeons d’angle de vision et passons de l’autre côté de la caisse. Conversation entre 2 employées, entendue dans une boutique de prêt à porter prise d’assaut  à l’heure du déjeuner. La première, manifestement responsable du magasin, à la seconde: « désolée, mais aujourd’hui, tu es sacrifiée de la caisse »… la pauvre sacrifiée devant en effet faire face, par 35°, à une file féminine zigzagant sans pitié dans toute la boutique, chaque femme chargée de pièces entremêlées, le regard rendu agressif par la récente confrontation avec la cabine d’essayage et son impitoyable miroir, le souffle court, les sens aux aguets scannant les portants dans une ultime tentative de dénicher le vêtement incontournable qui leur donnera l’allure princière d’une biélorusse de 15 ans en apesanteur sur le catwalk*…

Quand j’ai quitté la boutique, il lui restait environ 6h de combat. Peut être a-t-elle maintenant rejoint les témoins Jéhovah ou une secte zen…

 

Juillet, c’est aussi la période des week-ends prolongés. Avantage : on prend le soleil, on se détend. Inconvénient : quand on revient, la cruelle réalité parisienne reprend le dessus. Les transports en commun, la chaleur étouffante des rues poussiéreuses en fin de journée, les PV pour stationnement et le ruban gris, sauvage et barbare, du périphérique.
Les aventures péiphéennes ne sont pas mes préférées. Elles ont tendance à me laisser de cuisants souvenirs. Ce mardi matin de Juillet, la tête encore dans les alpages et les yeux lourds d’avoir dû s’ouvrir trop tôt, je circule entre les files de gauche, me battant pour conserver un minimum de distance de sécurité, quand une voiture grise, pneus larges et autocollants celtiques me fait une très efficace queue de poisson. Façon « le clignotant est une option », « je suis pressé », « mes rétros sont cassés », etc.

Que fait le motard moyen surpris en telles circonstances ? il klaxonne, histoire de faire savoir 1-que lui aussi existe, 2-qu’il a le droit à des égards, comme l’utilisation de clignotants, 3- que le périph’ n’est pas une zone de non-droit.

Donc, j’enfonce mon klaxon. Non sans une certaines satisfaction.

Donc, sur le mode « répression » désormais en vogue dans notre beau pays, le véhicule fait un écart brusque, tentant de me coincer et de m’écraser entre lui et la voiture de gauche. En vrai. Façon « sandwich de tôle et je fais le jambon » ; je ne sais pas trop à quoi assimiler la mayonnaise, mais pour le cornichon, j’ai une piste. Heureusement, les réflexes sont là, ils permettent d’éviter une fin trop rapide.

Quand je suis passée près de la voiture, beaucoup trop furieuse et énervée pour avoir peur, j’ai tourné la tête vers le conducteur. Une espèce de caricature du voyou de banlieue, manifestement imbibé de substances peu naturelles (voir plus bas), surexcité, qui a eu ce geste charmant et très rassurant que peuvent avoir les tueurs dans les films de Tarantino : un rictus de la bouche, les yeux plissés et l’index agité, indiquant par là que je ferais mieux de faire gaffe à mes arrières. 8h du mat’, j’ai des frissons.

 

Juillet, enfin, les pubs qui fleurissent nos banlieues se veulent légères et drôles. La plage, les vacances pas chères, les promotions sur les meubles de jardin et …les poulets de Loué.

L’affiche présente 2 représentants l’espèce masculine :

       A gauche, un spécimen normal, sec, droit, souriant. Nourri au grain.

       A droite, un spécimen hypertrophié, le regard bas et les muscles saillants. Pas nourri au grain. Eventuellement chauffeur de véhicule gris aux pneus larges et décoré d’autocollants celtiques.

Excellentissime, j’adore cette campagne : réaliste, simple, humour sobre et efficace. Mais si, on aime les hommes normaux. Pas les trucs de compétition.

 

Juillet toujours, Carla joue pour Woody et Nico passe ses nuits sous les spots. Chacun ses priorités.

 

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* Catwalk : nom anglais du podium ou de la piste sur laquelle marchent les modèles lors de présentation de mode (source wikipédia)

indications

… il y a des jours… ou les signes, clins d’œil, impressions inexpliquées, manifestations diverses d’outre-espace ont une prégnance indéniable.

Comme ce soir de balade solitaire dans les salles obscures, théâtres d’une vie imaginaire et images innées, où au détour d’un escalier à l’étroitesse digne d’un esprit radiophonique public, on se trouve nez à plaque avec l’inscription suivante :

« Toilettes dames sans issues »

L’orthographe est ici rigoureusement retranscrite, il est important de le noter.

Le choc.

Encore, il y aurait écrit   « Toilettes dames »

                                   « Sans issue »

Je dis pas.

Mais là.

Il s’agit donc d’un lieu réservé aux ablutions de dames sans issues. Comment définir une « dame sans issues » ; disons, une dame qui a déjà tout essayé et qui n’arrive plus à rien. Ou alors une dame désespérée. Une dame qui ne se voit pas de porte de sortie.  Une dame d’âme perdue. D’âme en roue libre. D’âme sans espoir.

Rien de très fun.

Et « dame », le terme donne une connotation « très comme il faut » ; une dame est par essence bien mise, un rien désuète, permanentée avec un rien de violet, le rouge à lèvres corail qui brille trop et l’œil surligné de bleu. Solitude de la jupe sous le genou, des collants chair et du jupon en synthétique qui crisse quand on l’ôte. Escarpins 4cm de talon et foulard aux couleurs criardes. Un petit ciné avant de rentrer et on se retrouve face à soi : « dame sans issue »

 

Il faudrait les envoyer sous la Défense, à la rencontre des hommes en orange.

LSD 2010

« LSD » comme les premières initiales de « Le Songe D » « ‘…une nuit d’été »; je ne suis pas inquiète, les aficionados auront compris. Amis Shakespeariens, je vous souhaite le bonsoir…

 Amis acteurs, encore tout fébriles de vos performances du week-end,

Amis spectateurs présents qui en redemandez

Amis spectateurs absents qui bouilliez d’impatience de voir le résultat de 6 mois de travail acharné,

Afin de vous titiller les neurones encore plus si c’est possible, afin de vous donner soif d’assouvir un besoin intarissable de culture, afin de galvaniser votre intellect et de nourrir votre foi théâtrale, voici en exclusivité le teaser LSD 2010…

http://www.youtube.com/watch?v=zMcdJBX8Jxo

Les hommes en orange

« Les hommes en orange: respectez leur vie »

 

Ca tombe bien, le orange est ma couleur favorite. En même temps… je ne suis pas un homme et je ne sais pas si la recommandation vaut pour la gent féminine…
Et quid des hommes vêtus d’autres couleurs? Et des femmes en général…. 
Le plus perturbant est sans conteste que l’on doive écrire ce type de recommandation, aperçue dans le tunnel sous la Défense. Elle s’applique bien évidemment aux ouvriers circulant dans le tunnel à pieds. Encore que… il y a peut être une race spécifique d’aliens qui erre dans cet endroit en quête de lieu de pondaison… ou des évadés de prison qui ont fait d’une enclave sous la  Défense un territoire de repli. Ou des élus du modem qui préparent un coup en prévision des élections. Ou de pauvres hères qui tournent dans ces tunnels depuis des années, toujours incapables de faire la différence entre « Défense 4 », « Défense 6 », « Défense 3 » ; c’est un maniaque qui a créé ce site. Un fou dangereux sans scrupules. Bref.  
Le respect de la vie d’autrui fait donc maintenant partie de la liste des conseils officiels; au même titre que « manger 5 fruits et légumes par jour », « mangez-bougez » et « le tabac tue »… les 10 commandements modernes, quoi… prenons le citoyen par la main et guidons-le sur le chemin alambiqué de la vie en société, ouvrons ses petits yeux rouges de télé sur les vraies réalités, lobotomisons-le, puis rédigeons lui un manuel du bien savoir vivre en monde urbain… 
D’un autre côté, pour avoir vu un jour à proximité de chez moi la tête d’un malheureux dépassant d’une bouche d’égout, au beau milieu de la chaussée contournant un rond-point, tête à peine signalée par 3 triangles sales et un casque de chantier grisâtre… le regard exprimant très clairement une panique intense et le sentiment d’extrême vulnérabilité de l’ouvrier dont le reste du corps devait (logiquement) se trouver sous la bouche d’égout… je peux comprendre que dans une tentative de sauvegarde du monde ouvrier, quelqu’un décide un jour de faire des panneaux. A défaut d’investir dans de vraies barrières. C’est pratique et moins cher : avertir, mais scrupuleusement se garder de faire dans la vraie prévention. On vous aura prévenus. 

 

N’empêche que des hommes qui bossent, il y en a habillés de toutes les couleurs.
Par exemple, les chirurgiens : en bleu. Leur vie doit-elle pour autant être moins respectée ? Les informaticiens : en costume gris brillant. Doivent-ils craindre pour leurs jours en se rendant en salle machines ? (je répondrais bien « oui », mais ce ne serait pas charitable pour cette race déjà si peu aidée par la nature). Les chanteurs des années 70, en vestes à paillettes, sont-ils menacés d’un danger ? et les cuisiniers, les dentistes, les hôtesses de l’air ?

 

Par les temps qui courent ou l’omniprésente Chine menace même les bleus dans leur domaine de (soit disant) compétence, l’importance des panneaux prend toute son ampleur. Mais leur champ d’action ne doit pas se limiter au  territoire de la Défense. « Hommes en bleu : respectez leurs chances» devrait se trouver placardé dans toute la France. Le monde. La galaxie.

forêt magique

Incroyable comme cette forêt (4m50 par 3m50 tout de même) a absorbé ce qu’il me restait d’énergie vitale. Comme si toute mon essence s’était diluée dans les couleurs, imprégnant le tissu et me laissant vide et gelée…
Bons moments de transe pendant lesquels aucun obstacle ne se dresse entre l’image emplissant le cerveau et le bout du pinceau, concentration tournée sur la couleur et tranquilité de l’esprit. Trop cool
Hum, petite précision: il s’agit d’un décor de théâtre…
Et OK: c’est pas très modeste… je ne sais pas si je vais le laisser…