Archives d’Auteur: geckobleu007

Big Data – la femme en cases, suite

guerrière

Lecteur-Chéri-My-Love,
Il y a peu, je bramais seule  au fond des bois mon désespoir de me voir transformée en cases pour prétendre trouver du boulot.  (Pour rappel, j’ai passé un « test de personnalité » en ligne avant un entretien – c’est ici)
Je suis sortie des bois (il a commencé à pleuvoir et ma peine étant soluble, il a fallu couper court à son infiltration dans les nappes phréatiques.)
Le couperet est tombé (j’ai eu le résultat du test) et c’est une guerrière belliqueuse, avide du sang des faibles et des paresseux, prête à tout pour atteindre son but, infatigable et totalement insoumise à la hiérarchie qui t’écrit depuis son nid d’aigle, ce dimanche.
C’est comme ça que je suis perçue par l’ordinateur.
C’est donc comme ça que les gens qui croient l’ordinateur s’attendent à me trouver. Inutile ici de préciser qu’ils en onteu pour leur argent. Je n’aime pas décevoir. Niark-niark…

Si un ordinateur (bien mal élevé) est capable de percevoir la douce créature inoffensive que je suis comme un danger pour tout l’étage « comptabilité » d’une entreprise, la question à se poser est naturellement : « mais qui diable croit l’ordinateur » ? Hélas, en ces temps troublés où Facebook et Google régissent nos vies, il apparaît que plein de gens croient l’ordinateur…

D’où le grand danger du Big-Data.

Les effets immédiatement perceptibles de Big-Data (en des temps qui paraissent bien lointains, d’autres avaient imaginé Big Brother) sont par exemple : Je crée un profil Linkedin et trois malheureux jours après, l’ordi propose de me mettre en relation avec un chirurgien esthétique. Je le jure. Il a suffi à cette infernale machine 3 jours pour décider que je suis trop vieille pour continuer mon existence comme ça.

Mais « Big-Data », c’est quoi-t-est-ce, t’entends-je t’inquiéter…
Pour faire vite, j’ai interrogé mon ami Wikitruc (par ce que, hélas, moi aussi je crois l’ordi) qui dit entre autre :
« Les big data, littéralement les « grosses données » désignent des ensembles de données qui deviennent tellement volumineux qu’ils en deviennent difficiles à travailler avec des outils classiques de gestion de l’information. L’explosion quantitative de la donnée numérique contraint à de nouvelles manières de voir et analyser le monde. Les perspectives du traitement des big data sont énormes et en partie encore insoupçonnées ; on évoque souvent de nouvelles possibilités d’exploration de l’information diffusée par les médias, de connaissance et d’évaluation, d’analyse tendancielle »

Pour faire une bête analogie, imagine, Lecteur-Chéri-My-Darling, que tout (mais alors, vraiment tout) ce que as dit, pensé ou écrit un jour est conservé dans un gros-énorme container. Ajoute à ça tout ce qui te concerne (taille, âge, poids, habitudes alimentaires, adresse, téléphone, films préférés, couleur de chaussettes et j’en passe). Tout ça pour tous les gens du monde.
Imagine que ce gros container classe, trie, analyse tout ça, pour en tirer (entre autres) des stats à but lucratif (mais pas lucratif pour toi). Tu as maintenant une petite idée de ce que Big-Data représente.

Ca m’a donné une idée.

Soyons audacieux et couplons Big-Data, Google glasses et reconnaissance faciale (ça, c’est le truc qui va permettre de t’identifier sur toutes les photos qui circulent sur internet) pour générer le système de délation mondiale le plus performant du monde.

Voilà le topo :

Tu vois quelque chose qui ne te plait pas. Aujourd’hui, tu as le choix entre te taire et passer comme si de rien n’était ou réagir. Ce second choix étant fortement corrélé avec le gabarit de la personne à engueuler. Demain, Big-Data te permettra d’agir tout en restant dans l’ombre.

Par exemple :

-Tu vois des glands sur un banc qui balancent leurs sacs de chips vides et leurs canettes par terre. Tu fais une photo discrète avec tes Google-glasses et tu balances sur Facebook. En 35 secondes, les glands sont identifiés, leurs signalétiques envoyés à la maréchaussée et moins de 1mn30 après, les flics surgissent pour verbaliser.

– Une mémé te grille dans la file à la boulangerie et rafle le dernier pain au chocolat aux amandes dont tu rêves depuis 24h. Hop ! Photo et envoi direct au médecin de la vieille, qui la flanque à l’hosto pour 1 semaine. A la diète évidemment.

– Un gosse hurle dans le bus à côté de toi ? Hop ! photo et le momichon est immédiatement porté sur la liste des enfants à problèmes, direction la maison de correction à la moindre incartade.

Les bénéfices de ce système tout connecté sont sans fin…

Avoue qu’on nage en plein rêve, là, Lecteur-Chéri-Mon-Caillou ? Je te donne le monde de demain. Ne me remercie pas, ça ferait de moi une rénégate…

L’homme en cases versus le singe peintre

barracuda

O tempora O mores!
Avant de prétendre passer un modeste entretien pour une modeste mission de 3 modestes mois, il faut maintenant passer un test de personnalité en ligne (bientôt disponible sur ifaune). Ou comment internet, à grands coups de coolitude et sous couvert de faire gagner du temps, devient non seulement encore plus intrusif (comme si c’était possible), mais aussi encore plus discriminant. Test de personnalité en ligne? Cela signifie 70 questions auxquelles il faut répondre dans un minimum de temps, pour ne pas « se départir de sa spontanéité ». Je t’en foutrai, moi, de la spontanéité, quand tu viens de passer 1h à charger ton CV sur des sites de recherche d’emploi qui essayent de te faire rentrer au marteau dans des cases carrées alors que tout le monde sait que la femme est ronde! Donc déjà, ton CV est tout déformé par les mauvaises cases. En plus, maintenant, on peut construire ton profil à partir d’un QCM dont les réponses, 1  fois sur 2 sont choisies « au moins pire ».
Déformée par les cases et le profil abîmé, je me demande à quoi va ressembler l’entretien. Il vont peut-être m’accueillir directement avec des infirmiers psychiatriques…

Nous voilà, Lecteur-Chéri-Mon-Amour, réduits en petits bouts de formes qui ne nous correspondent pas, disséqués à travers une loupe déformante et en plus, on doit rester polis, enthousiastes et avoir une envie folle de rejoindre ceux qui nous font subir ça (ce dernier point s’appelle « rédiger une lettre de motivation »).

On devrait inverser la tendance et faire des pré-sélections des employeurs potentiels. Créer des QCM pour déterminer le degré de j’m’en-foutisme des DRH, des test de rorschach pour vérifier la compatibilité avec nos futurs boss (pour mémo, ce sont les tâches d’encre qui donnent envie de vomir et de tuer tout le monde, mais il ne faut pas le dire, il faut y voir des fleurs, de jolis petits anges et de l’amour) et pourquoi pas faire passer des tests de résistance aux baffes aux commerciaux chargés de pré-sélectionner les CV? Ce serait infiniment plus juste.

Qu’ils se mettent un peu à notre place:
1 – le mail : Quand dans la boîte mail arrive un message dont l’objet dit « une offre d’emploi pour vous », on bondi. Enfin, au début. Parce que 99% des fois, on a sous les yeux l’offre la plus éloignée de son CV possible. D’où l’idée des baffes. Le crétin surpayé à l’autre bout du net recevra une bonne grosse baffe à chaque erreur de cible. Pour ça, on pourrait se faire aider par la réalité virtuelle; connecter des gants de boxe dans les bureau des recruteurs en ligne.

          2 – le RDV: on a décroché un entretien! On se fait beau, on racle le fond d’énergie qu’il nous reste, on l’affiche sur son sourire et on se rend sur place, tout plein d’espoir. Pour s’entendre dire, après 45mn de blabla, que l’on est immédiatement transformé en fiche dans le classeur de la DRH. En fait, elle avait juste envie de prendre un café avec une nouvelle tête. Re les baffes. Ou alors, autre idée, on ponctionne directement sur leur fiche de paye le montant du préjudice moral subi.

          3 – le document urgent. On a passé 1 et 2,  tous les espoirs sont permis, même le plus fou (celui de rencontrer la personne qui va vraiment décider de bosser avec nous). Mais pour ça, il faut fournir un document urgent (au choix: un CV en Russe, une lettre de motivation de 3 pages, un extrait de cervelet). On se lève la couenne, on veille pour écrire dans une langue inconnue, on s’ampute, et le document part dans les temps. Las, on n’obtiendra jamais de suivi (ben pourquoi faire?).
Je ne vois que j’arrachage de cheveux un par un, suivi du chatouilli dans les narines avec un pinceau en poils de phoques de la banquise (celle qui n’a pas encore fondu). Sur fond du dernier album d’Arielle Dombasle.

          4 – l’entretien avec le futur boss. Ca, c’est l’arlésienne. Si j’y arrive, je vous raconterai.

Mais ce qui est marrant et paradoxal, c’est que pendant qu’une partie de l’humanité « pensante » s’emploie à décortiquer son prochain, d’autres  s’esbaudissent de trouver en l’animal un artiste, créatif et intelligent.
Ce n’est pas nouveau, et on peut trouver des exemples par là:
http://www.dinosoria.com/animaux-artistes.html
http://www.tillamookcheddar.com/work/index.html
http://www.francetvinfo.fr/animaux/pockets-un-singe-capucin-peintre_36611.html

Que penser sans avoir l’air parano? Que l’homme (et par extension la femme) n’est bon qu’à être catégorisé pour être mieux exploité par ses pairs publicitaires et banquiers? Et que toute forme d’humanité sensible est en passe d’être transposée au monde animal? L’homme devient robot et l’animal, pas encore perverti par la technologie, pur et exempt de toute forme de calcul, est celui par qui le futur humain-mécanique transcendera sa sensibilité.

La planète des singes nous rattrape, mais personnellement, je préfèrerais que ce soit le muppet-show, au moins on pourrait rigoler…

https://www.youtube.com/watch?v=zCRUPWDIgYM

La pieuvre dumbo, conseils de rentrée.

 

Ca devait arriver: le post des conseils de rentrée.
Cette année, nous aborderons la rentrée par le biais du développement personnel, ce nouvel ami du bobo.
Commençons en douceur et humanité, par remplacer l’animal que vous avez abandonné sur une aire d’autoroute, ou perdu dans la forêt, cet été. La mode, cet automne 2015, est à la mixité. Mixité, certes, mais conservons une aura de dignité, d’inattendu  et d’originalité.  Votre nouveau compagnon sera donc une pieuvre Dumbo

Et je n’invente rien… la preuve:

pieuvre dumbo

La pieuvre Dumbo, donc, me paraît l’élément idéal pour fêter l’arrivée de l’automne. En effet, la longue saison grise et pluvieuse qui s’annonce mérite son étendard. Et quel animal pourrait l’incarner mieux qu’un hybride de Kraken et  d’éléphant volant doté de trop longues oreilles? Moi, ça me paraît bien. (Pour rappel, le kraken est une créature fantastique issue des légendes scandinaves médiévales. Il s’agit d’un monstre de très grande taille et doté de nombreux tentacules, capable de saisir la coque d’un navire pour le faire chavirer, ses marins sont noyés et parfois dévorés -je vous donne du rêve, non? -)
Le kraken pour le côté effrayant, trop imposant quand on l’aborde , capable de nous engloutir, de cette morne saison et l’éléphant volant mignon pour éviter les prises abusives de substances interdites (c’est valable toute l’année).
Puisque la mode est au développement personnel, je vous propose donc de vous fabriquer un aquarium (vous pouvez utiliser votre baignoire, ainsi vous vous laverez au robinet et éviterez de gâcher l’eau) et d’y élever une pieuvre Dumbo. Pour la plus grande joie des petits, elle existe aussi en jaune. Regardez comme c’est mignon!

pieuvre dumbo2

Comme ça, vous pourrez passer l’automne à filmer votre pieuvre Dumbo et à poster des vidéos de pieuvres mignonnes sur YouTube et Facebook. (le chaton est galvaudé et surfait)
Sans compter que, quand vous serez lassés de votre pieuvre Dumbo (qui peut atteindre 1m50 de long), vous n’aurez pas besoin de l’abandonner sur une aire d’autoroute, risquant ainsi de subir l’opprobre de toute une population bien pensante. Non! Il y a mieux et beaucoup plus discret: vous pourrez la découper en rondelles et la cuire au gril, faisant d’une pierre deux coups: vous recyclez votre pieuvre (ainsi, pas de gachis) et vous invitez vos amis à un barbecue raffiné et original, tout ça sans dépenser un sou! Si vous n’atteignez pas le nirvana du développement personnel avec cette idée, moi, je ne sais plus quoi faire pour vous.
Vous connaissez la pieuvre Dumbo depuis 3mn seulement et déjà, elle promet d’apporter une touche de vie à votre appartement, de vous aider à respecter la planète, de réjouir la vue de vos enfants, de faire de bons dîners entre amis et tout ça dans la plus grande discrétion: la pieuvre Dumbo n’émet aucun son, se nourrit de vers et ne nécessite pas de toilettage. De plus, au risque de me répéter, je vous rappelle que vous en finirez avec elle très très discrètement et proprement (c’est fondamental, pour moi, la propreté).

Autre information importante: Ce qui ressemble à la tête de votre nouvel ami est en réalité une sorte de sac de muscles qui contient tous les organes du corps. Quel animal formidable: tout dans la tête!! Je vous entends de là: Si seulement on pouvait lui ressembler!
J’exauce votre souhait de suite, voilà ce que ça donnerait, en rose au milieu de la photo (perso récurant de ma dernière découverte culte « the mighty boosh »).

MB

Non seulement ce n’est pas très joli, mais qui aurait envie de n’être qu’une tête? (en même temps, il vaut mieux n’être qu’une tête que n’être qu’un cul, mais c’est un avis personnel). Où aviez-vous la tête? Je vous enjoins à plus de réflexion.

Mais ne nous égarons pas et continuons ce post spécial « développement personnel automnal ».

  • Des statistiques récentes ont prouvé que travailler avant 10h du matin était une torture (ce qui m’esbaudi, c’est qu’il faille faire des stats pour en arriver à cette conclusion) (c’est là).
    Donc, conseil de l’automne: ne vous pressez plus et dormez le matin. A défaut d’être bien accueilli au bureau, vous serez beau, frais et détendu. Et en pleine possession de vos moyens (ce qui vaut mieux pour rechercher un job)
  • D’autres statistiques viennent à votre secours (j’ai des sources puissantes cette semaine) et me permettent de vous délivrer le conseil ultime, celui qui va révolutionner votre vie:
    Jouer à Tetris (c’est là) va vous aider à maitriser vos pulsions!
    En gros, si vous avez envie de mettre votre poing dans la face de votre chef, de vous jeter sur le chocolat ou de crier très fort dans l’oreille du bébé qui braille à côté de vous dans le métro, ne flippez pas et précipitez-vous sur votre téléphone pour entamer une partie. La raison invoquée par l’article est « ça vous distrait ». Si depuis Tetris on n’a pas trouvé mieux pour se distraire, je m’incline.

Bon, je vous laisse. Si vous m’avez suivie jusqu’ici, sachez que je vous aime avec toute la sincérité qu’on peut développer sur les réseaux sociaux. Je vous laisse en bonne compagnie, à très vite!

louphoque

Ce que veulent les gens…

Il y a peu, alors que je râlait de voir mon téléphone (ou ce qu’il en reste) prendre des décisions à ma place (et toujours les pires décisions), je me suis entendu répondre « Oui, mais c’est ce que les gens veulent ». « Ce que les gens veulent », comme un sésame monstrueux à la débauche d’automatismes et d’empêchements de penser en rond qui nous assaille au quotidien.
La vraie question serait: « les gens » veulent-ils vraiment être pris pour des cons, ou ont-ils depuis longtemps  cesser de se poser la question de savoir si, oui ou non, on les prend pour des cons? Ces dernières semaines j ‘ai reçu au moins 50 mails m’enjoignant à payer des factures ou à donner mon numéro de carte bleue (merci au passage à tous ceux qui se laissent spamer…). Mais QUI est encore assez crétin pour  payer des trucs qu’il n’a pas commandé? On voudrait nous faire croire que « les gens » commandent en ligne tellement de tout et de rien qu’ils ne sauraient plus eux-mêmes distinguer un piège grossier d’une envie folle de chaussures rouges? C’est un peu la même question que « mais que diable pensent des personnes semi-publiques pour s’inscrire sur des sites de rencontres adultères sous leur vrai nom? ». Est-ce moi qui suis parano ou est-ce le reste de l’humanité qui est intellectuellement diminué en ce qui concerne les bases de la sécurité sur internet?

Le pire, c’est que le principe de l’automatisme est tellement ancré dans nos quotidiens que personne ne s’insurge de voir des organismes (gouvernementaux ou non) n’accepter que le mode de règlement « par prélèvement ». L’accès direct sur le compte en banque du con de base est en effet le moyen le plus simple de se payer. Ou de s’augmenter. Ou de faire des opérations en douce. Comme, de toute façon, les banques n’envoient plus de relevés, tout ça est assez transparent. Comme, de toute façon itou, les documents envoyés par voie postale sont indigestes et incompréhensibles, les mutuelles et autres bandits autorisés peuvent bien faire qu’ils veulent. Et si le con de base veut réagir, grand bien lui fasse: il paiera 85 cts d’€ la minute pour essayer de faire entendre raison à un répondeur vocal. C’est dommage qu’on ne puissent pas se mettre en grève de banque, de mutuelle ou bloquer le périphériques à coups de mails suspects…

Si c’est ça que « les gens » veulent…

« Ce que les gens veulent » est venu à moi sous deux autres formes ce week-end.

1 – Une pub pour un opticien qui met toute son intelligence au service d’un concept redoutable: la paire de lunettes que l’on peut retrouver grâce à son application i-phone. C’est Atol et ça s’appelle Téou. (Rien que le nom, pas du tout inspiré d’une chanson à peine connue, fait pitié). Ca déchire. Non seulement le système est embarqué dans les branches des lunettes, ce qui oblige à la conception de modèles larges en plastique moche, mais en plus, ils n’ont manifestement pas pensé que les gens portent des lunettes pour voir. Pour voir leur écran de téléphone portable, par exemple. Tout le monde n’est pas hyper-bigleux, mais la cible, si. (je le sais, j’en fais partie). Laisse-moi te dire, Monsieur l’Opticien: sans mes lunettes, je peux jeter mon téléphone par la fenêtre. Il ne me sert à rien. Alors à moins d’inventer des écrans tactiles en braille, ton appli, tu vois ce que tu peux en faire… Sans compter que mettre toute ton intelligence pour fabriquer des lunettes qui bippent quand on les siffle aurait été aussi efficace. Mais si « les gens » veulent piloter leurs lunettes via leur téléphone, déjà qu’ils pilotent leur sommeil via leur montre, tant mieux. Tant qu’on ne me fait pas piloter mon frigo via ma balance (ce qui serait moins con), tout va bien. D’ailleurs, on devrait faire ça: en plus de « mangez-bougez », « 5 fruits et légumes par jour », « marchez 30 mn par jour », mettre en place une connexion entre l’estomac et le frigo, qui verrouille ce dernier dès que l’apport calorique du jour (calculé par l’i-phone connecté à la fourchette) est atteint. Et gère en direct avec le supermarché du coin le réapprovisionnement. Comme ça on pourrait écouler tous les stocks surproduits et les fermiers n’auraient qu’à se la fermer.

2 – Une autre pub (ahhhhh, la télé, cette source inépuisable de conneries) m’a présenté le comble de la malbouffe: le poulet (on passe ici sur les batteries et les conditions de vie des gallinacés) tout prêt mais à faire soi-même: on prend le poulet prédécoupé, on le glisse dans le sachet « pour ne pas salir le four », on lâche là-dedans un liquide aux allure de colique de bébé malade et on fait cuire. « Ce que les gens veulent » donc, c’est manger des trucs tous prêts en ayant l’impression de préparer et surtout ne pas avoir à nettoyer le four. On peut aussi manger dans des assiettes en cartons, avec les doigts et jeter la nappe avec tout le reste une fois qu’on s’est essuyé les mains et la bouche dessus. Mais le mieux serait l’injection pendant la nuit. Comme ça, en plus, on pourrait louer des appartements sans cuisine.

Mais c’est bien tout ça, parce que « les gens » ont ainsi gagné du temps.
Et le vrai luxe,  c’est ça: le temps.
Sauf que « les gens », ce qu’ils ne voient pas, c’est l’arnaque ultime: on leur fait gagner du temps pour mieux le leur voler, à grand coup de téléréalité, de jeux débiles et de livres de Marc Levy.

Hl

C’est la rentrée, pleure en silence dans les embouteillages, parisien mon frère, mon ami. Mais ne pleure pas trop fort, on pourrait te coller une appli i-phone qui te permettrait de gagner 10 mn en te lavant avec l’eau de tes larmes. Et je mets ça parce que nous sommes dimanche et que je suis polie.

 

L’agonie hystérique de mes amours estivales

…. puisse leurs cris silencieux hanter les cauchemars des protagonistes…

Lecteur-Chéri-Mon-Amour (LCMA pour les intimes), tu n’es pas sans savoir qu’haïr, c’est presque aimer. Comme il est sans conteste plus porteur de parler d’amour que de haine, je vais biaiser un tantinet la droite déontologie de ce blog et me risquer à parler amour pour parler haine. Il est question ici de tous les fâcheux qui ont hanté mon été, y distillant la parfum entêtant de la farce de mauvais aloi.

La palme revient clairement à mon dentiste, mais avant, je voudrais lister les inconvenants qui ont la capacité innée à pourrir la vie des autres, voire en ont fait leur métier. Je suis sûre que, toi aussi, sur ton île déserte, dans ton coin de plage paradisiaque, ton roof-top bar ou ton dance-floor à paillettes, pris dans le dernier tourbillon festif de l’agonie estivale (mais rassure-toi car l’été, tel le phénix, renaît forcément un jour ou l’autre, en un coin de la planète), tu as eu à faire à l’un des sus-nommé. Je t’encourage vivement à lever ton cocktail au champaaaaagne en mon nom. Et à chanter pour oublier. Je te propose ça, comme étendard de ma grande capacité à l’abnégation. https://www.youtube.com/watch?v=9muzyOd4Lh8

Le premier est une première, c’est la femme au sourire derrière la tête et la poitrine aux genoux, moulée dans son pantalon de polyester, les yeux barbouillés de vert pâle et la moustache naissante qui a poussé un gloussement de joie quand, le pantalon en bas des fesses (j’avais enlevé ma ceinture), les pieds collés au sol sale (j’avais enlevé mes converses), les bras en croix dans une dernière expiration christique (je bippais), elle a localisé que mon soutien-gorge à baleines faisait couiner la machine. Il faisait 45° dans l’aéroport, elle venait de vider ma trousse de toilette devant  tout le monde (c’est mortifiant, même si on sait que ça va se passer comme ça) et se réjouissait de me priver d’un flacon de 125ml de shampooing et de montrer à l’assistance que sans wonderbra, je ne suis rien.
Dans le même registre, il y a celui qui a confisqué son pistolet à eau à un petit garçon. Evidemment le gamin s’est mis à hurler. Ce n’est pas bien de priver un gamin de son jouet. Surtout quand le dit-gamin occupe le siège devant moi, que manifestement son pistolet à eau était son jouet fétiche et que son moyen de communication préféré est le hurlement.

Le second est mon téléphone, mais j’ai déjà développé tout ça par ici https://geckobleu007.com/2015/06/29/pas-de-ca-avec-moi/

Le troisième prend la forme tentaculaire de SFR. Une équipe de gens tout à fait charmants et dont l’incompétence est à la mesure de leur exquise politesse. Il y a celui qui me  fait me rouler sous mon bureau à la recherche de câbles inexistants, celui qui ne rappelle jamais, celui qui ne prend pas de rendez-vous, celle qui veut bien prendre rendez-vous mais seulement une fois que tout  le processus aura été réitéré (j’avais anticipé et passé l’aspirateur), celui qui comprend (enfin) que des travaux ont été faits dans le coin et que le problème vient sûrement de là, mais ça je l’avais dit 10 jours avant, celui qui s’étonne de ne pas trouver de gardien pour la clé (mais j’avais dit pas de gardien, pas de clé), celle qui veut m’aider mais son ordi est planté et elle n’a pas pensé à me le dire quand j’ai appelé avant de passer, etc… Finissant par me faire croire que je suis aphone et transparente. Mais surtout aphone. Ou alors que je m’exprime dans un dialecte sauvage pour lequel même Google n’a pas de traducteur. Et à mon grand dam, force est de constater que sans internet je ne suis plus grand chose. C’est triste, de réaliser que l’humanité virtuelle  prend le pas sur moi, et c’est cruel de constater que je ne peux rien y faire.

Je passe les désagréments ordinaires que sont l’imprimante obsolète qui néanmoins doit copuler avec Windows 8 (64 bits je précise) pour accoucher d’indispensables feuilles, le beep de parking qui refuse d’ouvrir la porte,  l’éclairage défectueux du local poubelle (qui oblige à viser dans le tremblotant rais de lumière de l’ascenseur, à courir vers le container choisi et à smatcher le sac poubelle en priant pour que la mémé du deuxième ne soit pas  devant) et autres menus désordres aoutiens. Tous ces trucs qui ne marchent plus seront réparés quand le monsieur qui bosse de 14h à 18h, 4 jours par semaine, dans un petit bureau poussiéreux du syndic reviendra de vacances. Qu’il a passées au camping des flots bleus, vêtu de son slip de bain à lacet et de sa casquette. Je le sais rien qu’à sa tête. Et je suis sûre que sa cousine bosse à l’aéroport et qu’elle se badigeonne les yeux en vert pâle. Elle occupait sans doute la caravane d’à côté.

Mais je les aime quand même.

Si toi aussi, tu t’es frotté à tous eux qui ne raisonnent que via des listes de questions, des horaires et des consignes inadaptées, n’hésite pas, fait-nous part de ton ire. Tu verras, ça soulage.

BettiePirate