Archives Mensuelles: octobre 2014

Amanda Foust n’existe pas…

i-love-my-computer-because-my-friends-live-in-it… Je suis mortifiée…

Il y a peu, je reçois un mail d’Amanda Foust m’invitant à assister à un spectacle. Je ne connais pas Amanda, mais je la remercie vivement de s’intéresser à mon élévation culturelle. Comme je ne peux m’y rendre, que je trouve sympathique que l’on m’invite, et que je suis polie (mais ce sont des restes de mon éducation judéo-chrétienne assortis au fait que j’ai peur de paraître mal élevée) je prends 3 mn pour répondre que, non, malgré la violente envie que je ressens à l’idée d’assister à une projection de « Billy Eliott le muscial au cinéma », décidemment, ce ne sera pas possible.

Environ 30 secondes après, je reçois un message de la même Amanda, qui me confirme que ma présence est enregistrée et qu’elle me souhaite une agréable journée.

Si elle sait écrire, partons du principe qu’elle sait lire. Pourquoi cette réponse, yoyotais-je, fortement éprouvée par le manifeste désaccord entre Amanda et moi ?

Je ne vois qu’une explication : Amanda est une folle qui écrit à des gens pris au hasard sur internet et essaye d’abuser de leur bonne volonté et de leur patience. Elle tente de les rassembler dans un cinéma sous des prétextes fallacieux de bambins dansants, pour ensuite les séquestrer et les marquer à jamais du sceau infâme de la disgrâce musicale. C’est vrai, quoi, c’est pas Beethov’ non plus… Les moins résistants sont ensuite rejetés dans le métro où ils sont condamnés à errer sans fin avec des accordéons électriques qui jouent du Joe Dassin et des petits gobelets Ikea pour récupérer les pièces que les passagers effrayés se sentent obligés de jeter vers eux.

La théorie du complot.

Ou alors…

Mais ça me paraît incroyable,  ou alors: Amanda Foust n’existe pas !

Amanda serait une fausse identité au nom de laquelle des communicants barbares lancent des campagnes promotionnelles ! Peur. Ca ouvre la porte à toutes les fenêtres. Ca voudrait dire que derrière tous mes amis du oueb se cachent des faux ?
Que penser de Thierry Valencin, qui m’invite depuis des années à des expos photos, de Rochelle Gordon, qui me prédit succès et argent chaque mois, de Suzanna qui me tire les cartes et de Sara qui me propose des jobs ? Sans compter le docteur Cohen, si soucieux de ma ligne… Il y en a plein d’autres, amis chers et attentifs, qui me proposent des fêtes, des livres, une réputation… Si cette communauté n’était qu’un leurre?
L’angoisse m’étreint soudain… et si j’étais la seule personne vivante qui communique sur le oueb ? Par extension, si j’étais la seule personne vivante AU MONDE ? Si ma voisine était un clone ? La boulangère, le monsieur de la poste (lui c’est sûr, il est définitivement atteint, ils ont dû l’achever) ? Et si les voix que j’écoute religieusement à la radio n’étaient que de vulgaires machines programmées (non, ça, ça paraît invraisemblable, personne ne programmerait une voix avec la bêtise de Nagui…) ; Si je vivais dans un monde de fakes ? Matrix reloded 12, mais sans Keanu Reeves (donc en beaucoup moins intéressant)…

Pour calmer mon angoisse montante, je vais faire un tour sur Facebook et contemple ce petit monde bien rassurant, en bocal cerné de bleu. Non… tout va bien… ils sont là mes amis… Sporadiquement, un petit beep m’annonce qu’ils communiquent, comme un petit battement de leur petit cœur virtuel. Rassurée.

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La bande en quête d’original

« La bande originale » une émission à réanimer par Nagui, ou un autre, sur France inter, de 11hà 12h30. Ou à achever définitivement. Elle souffre. Et nous aussi.

 

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Au dessus, c’est la photo prise sur place. En dessous, la réalité de la perception…

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Cette belle peinture reflète la tendance du jour. Oui, lecture-chéri-mon-amour, elle résume en un mot, court et direct, le résultat de mon enquête de cette rentrée. L’ennui.

Toi qui me suit fidèlement depuis un paquet d’années déjà (je n’ose plus compter, pas de ça entre nous, c’est mesquin et qui plus est, ça peut faire mal), tu sais que chaque année, dans un souci d’objectivité, de connaissance du terrain et d’impartialité, je me rends à la maison de la radio pour assister à l’émission de la tranche 11h-12h30 sur France Inter . Ceux d’entre vous qui seraient curieux et n’auraient rien de mieux à faire que de lire mes digressions radiophoniques peuvent jeter un œil à la catégorie « France Inter » de ce blog.

Donc cette semaine, un élan d’allégresse m’a poussé gentiment vers la maison de la radio. Je voulais y croire. Je voulais croire que c’est la barrière du poste qui perverti la tranche. Qu’en direct, en présence des protagonistes, j’allais vivre un moment de totale exaltation, de délire intellectuel, un véritable orgasme radiophonique (j’en ai déjà eu). Me voilà à la porte de la maison ronde. Rien que ça, ça me met de bonne humeur. Je frétille d’avance. Constat : la moyenne d’âge des personnes qui assistent, comme moi, au direct, renvoie à une France du minitel. Mais moderne : ils ont forcément réservé leur place par internet. Et on est obligé de réserver : il y a moins de 30 places (pardon pour ce manque de précision, toute à mon ennui, j’ai oublié de compter…). Ce qui est intéressant, c’est que certaines personnes viennent plus pour voir des vedettes « en vrai » que par intérêt pour l’émission. Et en effet, c’est l’occasion de passer un moment proche de célébrités, de faire des photos, des selfies avec des stars, de faire faire des dédicaces… pas con…

Le saint des saints est réparti en 3 espaces : la table ronde des Chroniqueurs/Animateurs, l’espace live avec piano et les chaises pour les spectateurs. Ce qui fait que la moitié des animateurs tournent le dos aux artistes en live, une autre moitié tourne le dos aux spectateurs et une ou deux places ont visibilité zéro sur le live ET les spectateurs. Mais de toute façon, les spectateurs on s’en fout. On a juste besoin de les faire applaudir un peu à 11h05 et 12h05, et de les prendre en photo pendant le journal.

Ça dure 1h30 et ça semble durer 3h. Quand je pense que j’ai refusé d’aller voir « Winter sleep » au prétexte que c’est trop long… Rien. Je ne trouve rien à dire sur ce à quoi j’ai assisté. Essayons tout de même de détailler ce que ce cruel « rien » recouvre.

  • « Rien » comme « les animateurs/chroniqueurs » n’accordent aucun intérêt aux invités musiciens. Ils bavassent, gribouillent, lisent leur horoscope pendant les chansons.
  • « Nulle part» comme «Où l’esprit de groupe est-il présent ? ». Chacun se limite stricto-sensu à son intervention. Pas de risque de polémiques. Les seules interactions sont liées aux vannes douteuses et sous la ceinture.
  • « Rien » comme « qu’est ce qui vous donne envie d’écouter les intervenants? » (invité mis à part).
  • « Zéro » comme « niveau de pertinence des interventions? »
  • « Aucune » comme « valeur ajoutée de la participation de Chris Esquerre ? » Si ce n’est de combler le vide laissé par le départ de Nagui. Il faudra qu’on m’explique l’intérêt de faire animer cette émission par 2 personnes. Nagui est sans doute très débordé, et peut-être a-t-il besoin de rajouter le service public sur son CV, mais quand même. C’est un peu comme si un médecin commençait une consultation, laissait son patient en plan et qu’un autre médecin remplissait une ordonnance…
  • « Rien » comme « quel rapport avec le titre alléchant de l’émission ? » ; parce que dans « la bande originale, il y a « originale ». Le Larousse dit « Original : Qui est unique en son genre, qui ne paraît s’inspirer de rien d’antérieur ». Le seul truc original de toute l’émission, c’est… c’est…, je vois pas…

Nagui a pour tâche d’animer une tranche moribonde, épuisée par des tentatives de peopelisation, lassée de sentir le bas prendre le dessus, fatiguée d’être traînée dans les abysses d’un océan de conneries et de platitudes, à la limite de l’arrêt cardiaque. C’est plutôt une tranche à ranimer… Avec les quelques pauvres auditeurs qui s’y accrochent malgré tout…

 

Pour conclure, je m’autoriserai à citer de grands philosophes anciensshadoks.2jpg Tous les espoirs sont encore permis…