Archives Mensuelles: février 2014

Maigrir, encore et toujours…

FOURCH~1

Il y a la guerre, il y a les JO, il y a des gens qui meurent de faim et des espèces animales qui s’éteignent, des forêts qui disparaissent et des traders qui rencontrent le pape (http://www.rtl.fr/actualites/info/international/article/jerome-kerviel-a-rencontre-le-pape-au-vatican-7769824884 ), mais ce qui préoccupe les gens, encore et toujours, c’est leur tour de taille.Voilà au moins un sujet qui fait consensus. Par les temps qui courent c’est important.
On pourrait croire que tout  a été dit sur le sujet. Mééééé non ! A l’heure du « tout connecté » et de la foison d’applications i-phone destinées à nous rendre de plus en plus dépendants et dépourvus de sens critique, voilà l’apparition (bientôt) de la Hapifork ! http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=11216.
Faites résonner les chants de gloire et dansez nus dans les champs boueux, vous allez enfin perdre du poids sans y penser!
Kezako ? me susurrerez-vous délicatement à l’oreille, entre deux bouchées du gratin dauphinois de la grand-mère.
« eh bien » vous répondrai-je après avoir consulté mon i-phone pour m’assurer que j’ai le droit de parler à ce moment précis de ma journée, «c ‘est un système révolutionnaire pour maigrir sans faire d’effort »

Explication : Statistiquement, il est avéré que manger plus lentement aide à maigrir. (Il faudra qu’on me prouve que ce n’est en rien lié à la qualité nutritionnelle de ce qu’on mange, mais bon…). Donc l’idée est tout simple : faire en sorte que les gens mangent plus lentement. Et comme tout est plus simple et plus beau quand c’est dicté par son i-phone, faire en sorte que le dit i-phone régule le rythme des coups de fourchette.

Comment ? Mais c’est tellement trivial que je suis étonnée que Nabila n’y ait pas pensé…

Tout simplement en connectant une fourchette à son téléphone ! Si le téléphone estime que les bouchées sont trop fréquentes, la fourchette se met à vibrer, engageant ainsi à attendre un peu avant d’enfourner les aliments dans sa bouche.
Je croyais naïvement que les trucs qui vibrent étaient destinés au plaisir. Ben non. Ils peuvent aussi être destinés à éduquer. Intéressant concept.

Mis en situation, ça donne :
–          Intérieur jour. Installés au restaurant, Paul et Virginie se regardent, les yeux brillants de désir. A côté de chacune de leur assiette, ils ont posé leur i-phone. Chacun tient sa fourchette connectée. Bleue pour Paul, Rose pour Virginie.
Musique douce, des angelots passent en arrière plan. La lumière tamisée revèle Virginie dans toute sa splendeur.
Virginie : Oh Paul ! Quelle invention extraordinaire ! voir ta main vibrer me met dans un état incroyable
Paul : Oui Virginie, et en plus, ça me laisse le temps de te parler sans que tu profites de la vue sur les aliments à peine mâchés au fond de ma bouche ! je déglutis maintenant ! Oh comme je t’aime !

–         Intérieur soir. Devant la télé, Robert regarde un match de foot. Devant lui, un plat de chips qu’il fait l’effort de manger à la fourchette.
Robert : Vas-y ! non mais vas-y !
Il se sert délicatement une chips, sent la vibration salvatrice dans son poignet droit et repose l’aliment, en pleurant de gratitude pour hapifork : demain il pèsera déjà 15 grammes de moins et en plus il n’a pas les mains grasses pour manipuler la télécommande…

–         Extérieur jour. Une mère et sa fille de 5 ans au parc.
Maman : Ma chérie, il faut que tu manges ton goûter à la fourchette et avec ton téléphone posé sur les genoux.
Fillette : Mais maman, c’est pas facile avec un pain au chocolat !
Maman : Je ne veux pas le savoir débrouille toi.
Fillette : Mais maman, je veux goûter vite et aller jouer !
Maman : Impossible ! Ca va te faire grossir!
Fillette : Mais maman, à l’école on nous dit qu’il faut manger des fruits ! Que c’est mieux pour maigrir..
Maman : Ah non ! Avec le prix que j’ai payé ce truc, tu vas le bouffer, ton pain au chocolat !

 Non, vraiment, poursuivons notre dépendance au téléphone, c’est lui qui sait mieux. Pourquoi faire des efforts inutiles ?Et tout ce temps de cerveau libéré pour les pubs…

Sur place ou à emporter?

Rien que de très banal me rétorquerez-vous… Dans un salon de thé, une boulangerie, un snack, on vous dit ça tout le temps et ça vous paraît normal.
Mais changeons un peu nos repères.
Dans le TGV, par exemple, « Sur place ou à emporter » devient un peu… cosmique, non ?
Parce que « sur place », à partir du moment où le train n’est pas en gare, est difficilement conceptualisable. « Sur place » change tout le temps, alors à moins de faire arrêter le train en catastrophe pour rester « sur place » et consommer un sandwich club au prix exorbitant, on ne peut pas consommer « sur place ».
Quant à « à emporter »… moi je veux bien, mais sortir du TGV pour aller déguster le susdit sandwich club au prix exorbitant à l’ombre d’un cerisier en fleurs, c’est un peu compliqué.
Donc « sur place ou à emporter » n’est valable que dans un repère différent de celui dans lequel on évolue habituellement. Soit, dans le train.
En effet, si je substitue mon repère « normal » pour celui du train, je suis raccord avec « sur place ou à emporter ». Mais plein de trucs ne le sont plus. Comme par exemple la vitesse de ma course. En vrai, je courre à 10 ou 11 km/h. Dans le TGV, je deviens Super Jaimie (note à l’intention des gens qui sont nés après les années 70, Super Jaimie était la première femme bionique, ça veut dire qu’elle pouvait accrocher son linge en moins de 10s et faire sa vaisselle pendant que son mari, l’homme qui valait 3 milliards, rotait son hamburger. Et ça nous éclatait, nous les vieux).
Ou encore, la portée de ma voix. En vrai, on m’entend à 5 mètres. Dans le TGV, on m’entend (si la phrase est longue) sur des dizaines de kilomètres. C’est génial comme concept ! On devrait parler uniquement dans le TGV ou l’avion. En plus ça éviterait sans doute de dire pas mal de conneries, si on limitait un peu les espaces d’expression…

En conclusion, deux éléments fondamentaux : la relativité et la précision. Tout est question de point de vue. C’est sans doute ce que pensent les politiques de gauche dans leur analyse de la courbe du chômage. Et la dame du pressing devant ma couette réduite à l’état de couverture pour vieux chien asthmatique.

Pour rigoler encore plus, je vous présente un article révolutionnaire : le soutien-gorge qui s’ouvre si on est amoureuse. Notez bien qu’il n’est pas question du slip qui s’aère si l’homme est amoureux… Là encore, c’est la femme qui doit faire ses preuves…

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/01/28/97001-20140128FILWWW00409-un-soutien-gorge-qui-s-ouvre-tout-seul.php

Contrôler par le net la capacité aux émois féminins me paraît un tantinet réducteur, mais pour le coup « sur place ou à emporter » prend une nouvelle saveur…