Sur place ou à emporter?

Rien que de très banal me rétorquerez-vous… Dans un salon de thé, une boulangerie, un snack, on vous dit ça tout le temps et ça vous paraît normal.
Mais changeons un peu nos repères.
Dans le TGV, par exemple, « Sur place ou à emporter » devient un peu… cosmique, non ?
Parce que « sur place », à partir du moment où le train n’est pas en gare, est difficilement conceptualisable. « Sur place » change tout le temps, alors à moins de faire arrêter le train en catastrophe pour rester « sur place » et consommer un sandwich club au prix exorbitant, on ne peut pas consommer « sur place ».
Quant à « à emporter »… moi je veux bien, mais sortir du TGV pour aller déguster le susdit sandwich club au prix exorbitant à l’ombre d’un cerisier en fleurs, c’est un peu compliqué.
Donc « sur place ou à emporter » n’est valable que dans un repère différent de celui dans lequel on évolue habituellement. Soit, dans le train.
En effet, si je substitue mon repère « normal » pour celui du train, je suis raccord avec « sur place ou à emporter ». Mais plein de trucs ne le sont plus. Comme par exemple la vitesse de ma course. En vrai, je courre à 10 ou 11 km/h. Dans le TGV, je deviens Super Jaimie (note à l’intention des gens qui sont nés après les années 70, Super Jaimie était la première femme bionique, ça veut dire qu’elle pouvait accrocher son linge en moins de 10s et faire sa vaisselle pendant que son mari, l’homme qui valait 3 milliards, rotait son hamburger. Et ça nous éclatait, nous les vieux).
Ou encore, la portée de ma voix. En vrai, on m’entend à 5 mètres. Dans le TGV, on m’entend (si la phrase est longue) sur des dizaines de kilomètres. C’est génial comme concept ! On devrait parler uniquement dans le TGV ou l’avion. En plus ça éviterait sans doute de dire pas mal de conneries, si on limitait un peu les espaces d’expression…

En conclusion, deux éléments fondamentaux : la relativité et la précision. Tout est question de point de vue. C’est sans doute ce que pensent les politiques de gauche dans leur analyse de la courbe du chômage. Et la dame du pressing devant ma couette réduite à l’état de couverture pour vieux chien asthmatique.

Pour rigoler encore plus, je vous présente un article révolutionnaire : le soutien-gorge qui s’ouvre si on est amoureuse. Notez bien qu’il n’est pas question du slip qui s’aère si l’homme est amoureux… Là encore, c’est la femme qui doit faire ses preuves…

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/01/28/97001-20140128FILWWW00409-un-soutien-gorge-qui-s-ouvre-tout-seul.php

Contrôler par le net la capacité aux émois féminins me paraît un tantinet réducteur, mais pour le coup « sur place ou à emporter » prend une nouvelle saveur…

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Publié le 3 février 2014, dans Capillotractions, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Billet très pertinent ! J’ai adoré lire !

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