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Tout n’est que question de point de vue…

Lecteur-Chéri-Ma-Tartiflette, laisse moi commencer par te la souhaiter bonne. Par ce que ça se fait et parce que, toi et moi, on n’est pas des sauvages.

Voeux

Maintenant que la tradition a été respectée, je propose que nous entrions dans le vif du sujet. A savoir l’angle sous lequel on se place pour réfléchir ou émettre un jugement.

Pour bien commencer l’année, laisse-moi te conter une parabole que j’appellerai « la parabole de la piscine ».
A la piscine où je me rends religieusement chaque samedi, le bassin dit « Olympique » (le saint des saints, cet endroit mystique qui fleure la testostérone et dans lequel on ne rentrer qu’en franchissant une grille -façon entrée dans l’arène- et un portillon -façon je suis un gladiateur, mais j’ai pas été assez entraîné et je vais rencontrer les lions et j’ai peur et j’ai froid et je rentre mon ventre pour faire comme si j’avais le droit d’être là et je serai mieux sous la couette quelle idée débile de venir se cailler là dedans-), bref,  le bassin donc, est divisé en 3 espaces: nageurs débutants, moyens, rapides. Je passe l’espace « palmes », je ne suis pas un canard. Je te rappelle que je suis un gladiateur au corps musculeux, super-puissant, sans peur et sans reproche. J’ai été capturé alors que je devrais être roi d’un pays mystérieux où le chocolat ne  fait pas grossir.  Je vais me battre pour sortir de là la tête haute. Et toujours accrochée à mes épaules, si possible. Et aussi, j’ai été faire le marché et j’ai trouvé du bon poisson.

gladiachinch

Mais je m’égare, revenons à la piscine (on peut laisser le poisson à la maison). Ce qui nous intéresse, ce sont les espaces « moyens » et « rapides ». Quand on entre dans le bassin et qu’on n’est pas débutant, il faut choisir si on se considère comme « moyen » ou comme « rapide ». Sauf que la frontière entre les 2 est floue. Si encore on faisait passer un tests d’aptitude, ce serait simple. Mais non, il est laissé au bon jugement de chacun de décider s’il est moyen ou rapide.
Laisse-moi te dire que quand tu as fait l’effort de te lever, de sortir dans le froid, de t’enfoncer un bonnet ridicule en latex sur le crâne et de patauger dans l’eau froide du pédiluve dégueu au lieu de rester au lit avec un bon bol de café, tu n’as aucune, mais aucune envie de te considérer comme « moyen ». Tu te sens déjà super-héroïque.
Pas super-érotique pour deux sous par contre. (rapport au bonnet de latex, aux lunettes de natation et à l’absence de tout artifice type « maquillage », « soutien-gorge push-up », « brushing », « chaussures à talons », etc. La piscine, c’est le jeu de la vérité)
Donc, choisir « moyen » est un déchirement. Perso, je ne peux pas. En plus, modestement, j’ai tendance à considérer que je suis plus rapide que la moyenne. Donc que le moyen, par extension. Et c’est vrai. 15 ans de tests en bassin l’ont prouvé. Je suis rapide, le samedi avant 13h30.
Si je viens en semaine à midi, il y a dans l’arène des gladiateurs super-motivés capables de me noyer d’un coup de paume bien asséné. En semaine, je ne me pose pas la question: je suis moyenne. Pourquoi? C’est là que ça devient intéressant. Je pourrais considérer que:
1 – le samedi, ayant mieux dormi, je suis plus en forme
2 – 13h30 est plus mon heure que midi
3 – la position de la planète par rapport à l’alignement des trous noirs de notre galaxie est plus propice à mon hydrodynamisme le samedi (question d’ascendant)
Alors que, bêtement, le samedi les gens qui viennent ne sont pas les mêmes qu’en semaine à l’heure du déjeuner.
Donc, le samedi à 13h30, je suis rapide, par rapport à mon système de valeurs à moi. Malgré un alignement favorable des planètes.
Au même titre que, seule visiteuse du repas de Noël de la maison de retraite du coin, je suis super-jeune. Seule dans ma salle de bain, je suis une chanteuse qui fait hurler les foules et se déchaîner la toile. Derrière mon écran d’ordinateur, je suis invincible en orthographe.
Question de point de vue ou de système de repères.

Exactement comme à l’expo « Splendeurs et misères – images de la prostitution 1850-1910 » au musée d’Orsay en ce moment.
Dans cette belle expo, il y a 2 endroits interdits aux mineurs. On s’attend à y trouver de sulfureuses images (un peu comme les trucs ridicules présentés à l’expo Jeff Koons, qui s’exhibait avec la Cicciolina en tenues d’Adam et d’Eve ). Ce sont surtout des vues assez crues « en action » dans des bordels. Devant ces images, les gens s’agglutinent et semblent prendre un certain plaisir.
Questions:
1 – Sous couvert que nous sommes dans une expo, dans le très respectable musée d’Orsay, le fait de se rincer l’œil devant des images pornos peut-il être considéré comme « acte culturel »?
2 – Tous ces spectateurs bien habillés et bien pensants auraient-ils le même sourire joyeux et la même frisure de la pensée si on leur mettait sous le nez un magazine pudiquement considéré comme « de charme » ou « masculin »?
3 – Par opposition, le gros pervers qui reluque Playboy en douce au kiosque en bas de chez moi peut-il être taxé de faire un acte de rébellion culturelle en sortant l’art des musées?
4 – Les quelques 130 ans qui nous séparent des modèles représentés à l’expo sont-ils le gage de la distanciation nécessaire?
Je ne sais pas et je dois aller dîner, donc je vais te laisser répondre tout seul comme un grand, mais j’aurais bien aimé qu’au terme de l’expo, comme ça se fait de plus en plus, un espace « faites-le vous même » soit mis à la disposition du public, pour permettre aux gens de faire eux-mêmes leurs images au bordel…  en photographe, on pourrait proposer le pervers du kiosque.

En conclusion, je t’engage, Lecteur-Chéri-Ma-Biquette, à bien contextualiser ta réflexion avant d’émettre un jugement: quelle heure est-il, ai-je bien dormi, sommes-nous en semaine ou le week-end, où suis-je, qui sont les gens qui m’entourent et combien d’années se sont écoulées depuis les évènements?
Penses-y demain, à la réunion de service, lors de ton prochain RDV avec ton banquier ou ton dentiste et dimanche, lors du déjeuner en compagnie de ta belle-famille… Quoi qu’il en soit, adopte le point de vue qui fait de toi le gladiateur de ton existence (parce que, j’en suis sûre, sous tes airs « France-Inter », toi aussi, tu aimes les films de gladiateurs) …

 

 

 

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Estivale promiscuité 3

Le début du débat débité des buts des bas ici

Ah… l’été… En ville, l’été a un air de piscine, de parcs et de cinéma (ces derniers pour échapper aux -rares il est vrai- accès de chaleur). Autant de lieux privilégiés pour découvrir les moeurs étranges de nos congénères…

La piscine tout d’abord.

Anxieux de donner à leurs corps le maximum de couleurs, la plupart des gens arrivent aux heures les pires. A partir de 13h, ils déboulent munis de glacières, d’enfants hurleurs et de préférence en groupes compacts. En général, je pars avant mais les aléas des emplois du temps obligent parfois à des sacrifices… Ma dernière expérience m’a permis d’étudier les comportements de deux types de groupes très répandus : les familles avec enfants en bas âge et les djeuns. Pas question d’essayer d’évaluer lesquels sont les pires, ils rivalisent avec trop de sérieux…

Commençons par les familles avec enfants en bas-âge : par chance, j’ai été mise en contact avec une famille qui cumule toutes les tares :
–          La mère qui ne sait pas parler autrement qu’en claironnant à la ronde
–          L’enfant qui coure, saute et crie absolument partout, sur toutes les serviettes, dans toutes les oreilles
–          Le père qui parle aussi en hurlant, mais avec le bonus des grossièretés…

Une bien belle expérience, dont voici des dialogues choisis. Par égard pour eux, les prénoms sont changés…

La mère              MAIS OU IL EST MON TITOU ? HEIN ? MAIS OU IL EST ?     HAHAHAHAHA…. IL EST LAAAAA !!!! (l’enfant est à 50cm de mes oreilles). Répété 4 ou 5 fois, ça use.
Le Titou               HAHAHAHAHAHAHA (mais  c’est normal pour un gamin de 3 ans)

Le jeu a duré environ 10 longues minutes, puis la mère a regagné sa place, mais à continué de s’adresser à son Titou. Qui se trouve donc approximativement à 10 m d’elle. Mais toujours à 50 cm de mes oreilles.

La mère               NON TITOU ! REVIENS !! REVIENS !! VIENS LA !!! (on pourrais croire qu’elle s’adresse à son chien, je vous l’accorde) 2mn se passent… IL EST OU LE PAPA DU TITOU ? IL EST LAAAAAAAA !!! (le père fait donc une remarquée entrée en scène…)
Le père (classe)               ELLE EST OU LA GUEULE DU TITOU (véridique..) ELLE EST LA, LA GUEUELE DU TITOU !!! TA GUEULE, C’EST TON VISAGE !!! (si-si, ce sont les termes exacts, cette histoire est vécue…)
La mère               OH ! ELLE EST OU LA xxxx DU TITOU ? (j’ai mis du temps à réaliser, mais xxxx désignait le zizi du gamin) ELLE EST LAAAAAA !

Là-dessus, le môme part en hurlant et saute partout.

La mère               OH ! IL NE FAUT PAS MONTRER COMME CA  TA xxx AUX FILLES ! CA VA LEUR FAIRE PEUR !!! (véridique toujours, j’avais l’impression d’être dans un monde parallèle…)

Quand cette délicieuse famille a eu fini par se taire, se sont installées à mes côtés (en vrai, elles se sont installées quasiment sur ma serviette, après l’avoir poussée et éloigné mes affaires) deux gamines de 14/15 ans, qui ont commencé par expulser leur fumée de cigarette consciencieusement vers moi. Je ne retranscrirai pas leur édifiante conversation sur les garçons qu’elles étaient supposées retrouver. C’est trop pitoyable.
A bout de 15mn, les garçons arrivent. Le plus stupéfiant n’est pas qu’ils se soient installées à moins de 10 cm de toutes les autres personnes présentes, ou qu’ils aient posé leurs serviettes sur mes pieds, voir leurs pieds sur le livre que je lisais. Non, le plus stupéfiant, c’est que ça leur a semblé normal. Ils ont agi exactement comme s’ils étaient seuls au monde. Ensuite, ils se sont mis à parler. Enfin, « parler » est un grand mot… en 10 mn, l’expression « j’m’en bas les couilles » est revenue 10 fois.

 

Au cinéma

Le téléphone n’est pas l’ami des salles de cinéma. Soit les gens oublient de l’éteindre (et là on a la sonnerie initiale puis la sonnerie du répondeur, souvent des musiques qu’on super-envie d’entendre, là, mainteannt), soit ils estiment qu’il y a peu de monde dans la salle et donc que le film n’est pas bien, et donc qu’ils peuvent répondre, soit ils continuent leurs échanges toujours passionnants sur facebook (« j’suis au ciné », « le film commence », « c’est trop nul », « l’acteur est trop mignon », …), soit ils utilisent la lumière de l’écran pour fouiller dans leur sac… Ce jour là, j’ai tout eu. Mais le pire a été une dame très en colère qui avait choisi de se mettre juste derrière la porte pour vociférer dans son téléphone.

Après quoi, 30 mn avant le fin du film, deux dames ont ouvert la porte et se sont plantées là, dans l’embrasure (avec le flot de lumière inhérent) pour se lancer dans la discussion suivante, à haut et très intelligible voix :

–          Oh ! le film n’est pas fini (ben non, quand les gens sont installés dans le noir et que d’autres gens parlent sur l’écran, ça veut dire que le film est en cours…)
–          Ah… ben oui, tu as raison
–          Zut… bon, qu’est ce qu’on fait ? (cassez vous les deux bourges)
–          Ben je sais pas… (c’est pas compliqué, ON SE CASSE ET ON REFERME LA PORTE)
–          … (ON SE CASSE  je vous dis –en pensée-)
–          On attend là ? (NON NON… OSCOUR)
–          Ben non, on va connaître la fin du film…. (MAIS T’ES CON OU QUOI ?  CASSE TOI !)
–          Bon, on attend dehors… (BRAVOOOOO)

Le pire, c’est que les mêmes vont hante les salles en hiver, pour se mettre à l’abri du froid…