Archives de Catégorie: La fée pétasse

Aujourd’hui j’ai vu…

 Il y a des jours de la vie qui sont de vraies bouches d’oubli…

Aujourd’hui j’ai croisé:
     – un homme qui serrait contre son coeur un raton-laveur. Ce devait être un extra-terrestre (l’homme), parce qu’il a disparu brusquement au coin d’une allée. Avec un air de conspirateur (l’homme ; les ratons-laveurs ne sont pas des conspirateurs.).
     – une dame d’âge respectable aux cheveux intégralement violets. Lady Gaga n’aurait pas fait mieux. Mais porté avec un cabas à commissions estampillé « Carrefour », ça fait moins funky…
     – un couple de personnes âgées au volant d’une Polo vert bouteille, qui errait dans le dédale sous-terrain du parking de la résidence. Au vu de l’état d’affolement lisible dans leurs yeux apeurés et clignotant frénétiquement, de leur teint hâve et du bruit étrange et très sonores de leurs estomacs, ils devaient tourner là-dedans depuis longtemps déjà… je les ai libérés sans demander de rançon… 

J’ai aussi fait fuir une jeune fille en lui offrant une place de cinéma (voir ici); elle a dû penser que j’allais lui faire tellement de mal qu’elle s’est enfuie (sans oublier de prendre la place gracieusement offerte, mais sans dire merci) en courant et s’est planquée dans son siège comme si sa vie en dépendait… je dois vraiment avoir une mine patibulaire…ou alors avoir un geste un tant soit peu gentil est totalement déplacé. J’hésite encore…

Les affranchis – le retour

Voilà le début du débat en haut débit. Le début relaté du débat écrit du débit parlé. Bref.

Pendant que les auditeurs de RTL se forment en groupe compact de résistants  et refusent en bloc le mélange éventuel avec ceux de France Inter ou (pire) avec des animateurs ayant opéré sur France Inter (le néologisme de ce pourtant encore court mois d’Octobre est: RTLISTE, soit accaparation par un quidam de l’image d’une entière station), le blog des auditeurs (enfin, auditeurs ,auditeurs… de leur propre aveux la  plupart n’écoutent pas l’émission ; ils se connectent pour dire bonjour, se congratuler et préciser qu’ils éteignent leur radio jusqu’à 12h30…) se transforme en chat différé… les gens se saluent, se donnent des nouvelles, s’échangent des idées de repas… comme si les multiples canaux de communication offerts par le web ne suffisaient pas…on est proche de la qualité de  la conversation par cibie… et les quelques courageux résistants qui apprécient l’émission sont ostracisés purement et simplement…

Après plus d’un mois d’existence, les émissions commencent à prendre leurs marques; les invités étant très souvent les même, il est amusant de comparer les deux diffusions ; sur FI, la quasi absence de coupures permet de créer un esprit de débat dans lequel chacun intervient à sa guise, le panel d’animateurs est principalement féminin et peut être est-ce une des raisons qui expliquent la différence notable de ton : plus léger sans se départir d’un humour parfois corrosif. Sur RTL, on est plus proche d’un enchaînement de chroniques plus ou moins avisées qui laissent peu de place à l’invité pour réellement s’exprimer…

Il ya maintenant chez S.Bern un jeu qui fait participer un auditeur ; sans doute mis en place pour que les « RTLISTES » se sentent moins perdus dans tout ce « blabla intello » qu’ils semblent avoir du mal à écouter… comment dire… une impression de faire un saut dans le temps quand, petite, j’écoutais (déjà) la radio sur un petit poste de bois en forme de maison, en faisant mes devoirs. C’était à la fin des années 70… Internet était de la science fiction et les téléphones portables des outils de bakélite que l’on n’accrochait pas aux murs. Et ils étaient équipés avec un fil et un écouteur… Depuis ces temps reculés, les concepts ont évolués, mais manifestement pas certains animateurs. 

 Sur FI, le gouvernement provisoire est encore un peu poussif, mais les idées sont décalées. Et dans le concept, le speed-dating d’Aline Afanoukoé  a le mérite de perturber certains invités dans un esprit plutôt rigolo. Sa présence drôle et culottée donne un coup de neuf au ton des chroniques dont les piques tournent souvent autour des mêmes thématiques ; en plus elle chante bien.

Enfin, la musique sur FI est toujours de qualité et la tranche 11h-12h30 reste fidèle à ce goût de la nouveauté et de la découverte. La présence live d’un artiste qui aura parfois l’occasion de s’exprimer à l’antenne est tout de même préférable à la rediffusion sur RTL de titres du lointain 20ème siècle, surtout si ces derniers passent régulièrement dans l’émission… disons que si on veut écouter les tubes des années 80, il y a des boîtes qui font des soirées spéciales…

 Quand à la détestable pub qui tranche les échanges entre animateurs et invités sur RTL, c’est toujours rédhibitoire et décidement impossible à intégrer…

La nouvelle appli i-phone : « mon fils est-il gay » ?

 J’avais commencé à cultiver une forme de répulsion pour l’i-phone et ses applications plus inutiles que chronophages (), mais cette dernière innovation mérite que l’on s’y attarde un peu.

Ceux d’entre vous qui utilisent leur téléphone pour téléphoner sont maintenant plutôt rares ; aujourd’hui, un téléphone fait office d’appareil photo, d’accès internet, de baladeur, de point de connexion avec son « réseau social » (le terme désigne la liste des gens qui s’ennuient et aiment à vous le faire savoir en temps réel ou de ceux –moins nombreux- qui pensent être en possession d’informations hautement importantes et ne tolérant aucun délai pour être partagé – des choses folles comme les photos du chien, le portrait de mimine en maillot de bain ou des considérations philosophiques sur l’amour et la tolérance – au moins dans ce dernier cas évite-t-on les sempiternelles diapos de coucher de soleil et de papillon – ), et plus rarement pour passer un appel.
Grâce à son i-phone, il est possible désormais de vivre en parfaite symbiose avec le reste du monde et de laisser de son importante personne des traces partout. Si encore il y avait une corrélation entre l’importance des évènements mentionnés et le nombre de ces traces…

 Donc ces jours ci une nouvelle application voit le jour : celle qui va vous permettre de déceler d’éventuels penchants homosexuels chez votre enfant.  (L’article est là. )
Votre enfant masculin.
Car cette application ne s’applique manifestement pas aux filles. Doit-on en tirer la hâtive conclusion que l’homosexualité féminine est moins importante à prendre en considération pour les parents ?
Pour tous ceux qui se posent la question et n’ont pas la possibilité d’établir un dialogue constructif avec leur garçon, l’i-phone dans son omniscience apporte sans faillir la réponse. Très impressionnant.
A vrai dire, la réponse est binaire (soit oui/non ):

Si votre enfant, au terme d’analyses poussées, est déclaré non gay, vous verrez s’afficher le message suivant : « Vous n’avez pas de soucis à vous faire, votre fils n’est pas gay. Il y adonc de grandes chances pour que vous soyez grand-mère avec toutes les joies que cela procure. »
Ce qui suppose :
           – Que vous êtes une femme ; les hommes n’ont pas ce genre de préoccupations
           – Que votre objectif ultime dans la vie est d’être grand-mère ; soit de vous faire appeler « mamie » et de passer vos mercredi à véhiculer des enfants d’une activité à l’autre.

A l’inverse, si la puissante machine découvre que votre fils est gay, vous verrez arriver le commentaire suivant : – « Inutile de vous voiler la face ! […] Il est gay ! […] Acceptez-le ! Il est attiré par les garçons comme vous par les hommes. »
Ce qui suppose :
          – Que vous le saviez déjà , vu que vous vous voilez la face; donc à quoi bon faire appel à Apple ?
          – Que vous êtes obtuse, incapable de tolérance et de compréhension, limite que vous considériez l’homosexualité comme une maladie…
          – Que vous êtes attirée par les hommes, ce qui conforte mon idée que cette application est destinée aux femmes ; sinon l’acceptation n’a pas lieu d’être, vu que (n’étant pas femme et étant attiré par les hommes) vous êtes vous-même homosexuel.

Ce puissant détecteur de genre s’appuie sur des questions très poussés :

1. Aime-t-il bien s’habiller, fait-il très attention à ses tenues et aux marques ?
Un homme élégant ou coquet est donc fortement soupçonnable d’homosexualité. Messieurs, si vous voulez éviter la confusion, retournez dans vos placards et extrayez le jogging, le t-shirt avec une marque de bière et la chemise de bûcheron…

2. Aime-t-il le football ?
En effet, c’est pertinent. Des sports comme le rugby, la formule 1 ou le judo sont limite tendancieux. Et que dire de la gymnastique, de la natation ou du patin à glace ? Chaque mère digne de ce nom doit rêver que son fils ressemble à un joueur de l’équipe de France. C’est sûr…

3. Avant sa naissance, souhaitiez-vous que cet enfant soit une fille ?
Oui, il faut arrêter de penser quand on est enceinte ; ça risque d’influencer le fœtus.  

4. S’est-il déjà battu ou a-t-il participé à une bagarre ?
Les enfants sages ou discrets, ceux qui préfèrent lire ou construire des maquettes sont anormaux : un vrai homme doit se battre. Pas rétrograde du tout comme idée.

5. Lit-il des journaux sportifs ?
Le sport semble être une forte constituante de la masculinité d’un individu. Par extension, doit-on commenc

6. A-t-il une meilleure amie ?
Il ne faut surtout qu’un petit garçon entre en communication avec une petite fille ; ça pourrait lui donner de mauvaises idées, comme de faire attention à sa tenue, de se comporter de manière polie ou de dire des choses gentilles. Tous traits de caractères dangereux pour la virilité…

7. Aime-t-il les sports d’équipe ?
Hum ; parle-t-on des gladiateurs aux corps huilés ou des rugbymen aux nez cassés ?

 8. Est-il pudique ?
Evidemment : un enfant qui exhibe ses attributs sans aucune pudeur est forcement « un homme » ; parvenu à l’âge adulte, il a des fortes chances de passer pour un pervers, mais i-phone saura sans doute trouver des solutions pour parer simplement à cet effet de bord. D’ii là DSK sera président, de toute façon…

9. Est-il fan des chanteuses divas (Dalida, Mylène Farmer…) ?
Ecouter Dalida est un indice d’homosexualité ; damned. Et avoir un CD de Queen est-il répréhensible, s’expose-t-on à une amende ? On pourrait cataloguer les gens qui achètent des disques de Georges Michael ou d’Elton John ; ils sont sûrement subversifs et dangereux.

10. Reste-t-il longtemps dans sa salle de bain ?
Soyez sans craintes:  i-phone travaille actuellement à une application qui déterminera la durée raisonnable d’occupation de la salle de bain en fonction de l’âge, de la taille et du genre des individus. Ceux qui seront en dessus des temps seront gay, les autres seront sales. Il faut choisir son camp…

11. A-t-il un piercing à la langue, à l’arcade, au nez ou à l’oreille ?
Curieusement on ne mentionne pas d’autres parties du corps plus ciblées…

12. Met-il du temps à se coiffer avant de se montrer ?
Tous les ados à frange sont soupçonnables.

13. Vous posez-vous des questions sur l’orientation sexuelle de votre fils ?
Si la réponse est non, il va falloir justifier l’acquisition de cette application…

14. Etes-vous divorcée ?
Le divorce comme cause avérée de l’homosexualité. On revient enfin à des valeurs sûres… et si on interdisait aux femmes de voter ? de travailler ? d’avoir un téléphone ?

15. Aime-t-il les comédies musicales ?
Un enfant mélomane est dangereux ; derrière chaque fan de Roméo et Juliette se cache un détraqué en puissance. Et les millions de spectateurs de Glee doivent être sévèrement punis.

16. Vous a-t-il présenté une petite copine ?
La différence entre « meilleure amie » et « petite copine » réside dans l’utilisation que l’on fait de l’une et de l’autre. Avec la première on parle ; avec la seconde… on expérimente… il semble donc qu’il soit plus normal de jouer au docteur que de réviser ses leçons. L’homme de demain est une brute en jogging qui ne parle que de foot et utilise les femmes à des fins libidineuses. Belle image…

17. Le père est-il très autoritaire avec son fils ?
Définir autoritaire dans le langage Apple : si « autoritaire » signifie obliger à faires ses devoir et interdire la télé, le père est simplement intelligent…

18. Dans ses relations familiales, dénote-t-on une certaine absence du père ?
Entre le divorce, l’autorité et l’absence, le rôle du père devient compliqué à cerner. Pas assez présent ? trop ? sévère ? pas assez ?

19. Dans son enfance, était-il plutôt timide et discret ?
Et portait-il des lunettes ? avait-il le goût de la lecture et des fleurs ? les petits garçons doivent se battre vous dit le téléphone…

20. A-t-il de la complicité avec son père ?
Le revoilà… un bon père doit sans doute jouer au foot…

J’ai grande hâte de découvrire la prochaine appli i-phone, celle qui décrète que vous êtes un bon élément du paysage français…

A la bonne heure – Les affranchis: on y revient

Evidemment il faut que chacune des émissions prenne ses marques, que les animateurs trouvent leur style et que le public manifeste un tantinet plus son enthousiasme. Mais tout de même… il manque des deux côtés ce qui faisait le sel du fou du roi. Les envolées, les  lâchages, les chroniques acides…
Pour ceux qui nous rejoignent, Ici, la déception… le test RTL et le test France Inter.
Maintenant la tranche 11h-12h30 est aseptisée… politiquement correcte et policée… On dirait que seul Didier Porte se permet de tracer sa voie. Et où est donc passé le père Albert ? Du coup, ça devient beaucoup plus drôle de naviguer sur les commentaires des auditeurs…
Au début, 3 grands courants se dessinaient :
– Les déçus de France Inter qui ne supportent ni la pub, ni la musique ni le manque de causticité.
– Les énervés de RTL qui se sente frustrés d’avoir perdu JP Foucault.
– Les (rares) auditeurs prêts à laisser leur chance aux émissions.

Après 4 semaines d’ »à la bonne heure » et 3 semaines des « affranchis », les courants ont un peu changés :
– Certains auditeurs de FI (dont j’admets faire partie) écoutent l’émission de S Bern en différé : pas de pubs, pas de musiques. Mais l’attention s’étiole, on est moins retenu.
– Certains auditeurs de RTL prônent le changement et l’acceptation…
– La guerre des tranchées continue entre RTL et FI : même s’ils admettent ne plus écouter, les auditeurs continuent de se critiquer par blog…

Définitivement, le plupart des auditeurs de RTL veulent du pain et des jeux… Avoir jeté dans l’arène S.Bern et ses animateurs a déchainé  leur hargne radiophonique. Tournent en rond dans le vortex de leur folie les pauvres quelques auditeurs d’obédiences diverses qui tentent courageusement de s’accommoder du changement… Les uns et les autres sont en pleine catharsis radiophonique…

Donc pour se marrer vraiment, maintenant il faut aller voir du côté des commentaires… Lu sur le blog de l’émission de Stéphane Bern:
– « les auditeurs veulent du CULTUREL [ Jean-Pierre Foucault ] » ; bien sûr « A la bonne heure » est très critiquée pour son côté trop culturel. Alors, question : où se situe la culture ? dans les apéricubes ou dans les livres ?
– « Bonjour le blog. Je suis sur Nostalgie. Un blogueur aime Lorant Deutsch, il est sur France Inter. Allez-y et restez-y. » au moins c’est clair. Cassez vous de là. Cet auditeur dessine une tendance très nouvelle : les gens qui n’écoutent pas l’émission (globalement pour les mêmes raisons  savoir trop de blabla, trop d’invités inconnus, trop intello…) mais continuent d’alimenter le blog de leur critiques acerbes.
– « C’est incroyable la prétention et la suffisance des auditeurs de France Inter sur ce blog ! 99% des gens trouve ca nul… mais eux nous agresse en nous disant qu’on est pas assez intelligents pour comprendre ! »; oui, les auditeurs de France Inter sont une race à part d’invidus violents qui lancent des télérama enflammés sur les passants et haranguent le foule en récitant du Racine… Méfiez-vous d’eux, peuple à la culture télévisuelle… 
– « c’est vraiment nul, des ricanements, des niaiseries, complètement
inintéressant. la vie est tellement morose en ces temps, laissez nous FOUCAULT…. »
– Etc, etc…

La parisienne: pour nous, les filles

Participer à une grande course donne toujours l’impression d’être au cœur d’un évènement important : une couverture médiatique nationale, des dizaines de milliers de participants, une saine émulation… sans parler de la préparation physique, des interrogations diverses sur ses capacités et motivations et surtout… de la pasta-party qui précède, la veille au soir (étape importante de la préparation) ; et puis après : la satisfaction personnelle, le défi relevé et … la médaille…

 Ce matin, c’était la parisienne ; bon, s’il vous plait les habitués des semis et autres marathons on ne rit pas : ce sont 6km mais pour certaines, c’est un réel défi. Respect.
Une course dédiée aux femmes, donc. Motivée par mes récentes expériences journalistiques, j’ai décidé de tester cette nouvelle curiosité et de faire part à mon chaleureux public des résultats de cette expérience.

8h du mat’, j’ai des frissons
je claque des dents et enfile mon caleçon,
seule dans la rue dans mon jogging froissé,
C’est pas l’insomnie mais le sommeil est cassé…
Je perd la tête et mes baskets sont toutes gelées au bout d’mes pieds,
C’est plein de coureurs et de bouteilles d’eau,
J’suis pas seule, pas seule, pas seule..

10h du mat’, pont d’Iéna : Toutes ces femmes parquées entre les grilles montées sur le pont… c’est assez étrange. D’autant que le public est essentiellement masculin… l’ensemble dégage un petit côté zoo…
Dans les courses mixtes, il y a une proportion de femmes de l’ordre de 20 à 30% suivant les épreuves. Là, on peut distinguer une ou deux silhouettes d’hommes perdus au milieu des femmes. Ils se cachent un peu d’ailleurs… capuches, tête baissée… auraient-ils peur ?
Le départ se fait par vague, toutes les 15mn.

 10h15 : Il commence à pleuvoir. Un léger mouvement de foule nous permet d’accéder au pont ; nous sommes parquées…
L’inconvénient des départs par vagues réside principalement dans l’attente qui peut se prolonger … jusqu’à 1h… Sur les autres courses, on part en flot et ça ne pose aucun problèmes… les femmes seraient-elles indisciplinées ?

10h20 : soubresaut dans la foule, nous avançons sur fond de French-Cancan. C’est rigolo. Les organisateurs ambitionnent peut être de voir 20.000 filles lever la jambe…

10h22 : nous franchissons une barrière… d’hommes… si je vous jure : il y a des hommes en travers du pont, tous les 80 cm, positionnés de côté, qui font office de filtre ! Pas un commentaire, personne ne bronche…

Question 1 : les femmes ont-elles besoin de frôler un élément masculin pour se donner du courage ?
Question 2 : qu’est ce qui pousse un homme à accepter un tel rôle ?
Question 3 : si sur les autres courses, donc à fréquentation majoritairement masculine, on faisait des filtres de femmes (de préférence en tenue légère), comment réagiraient les participants ?
Question 4 : après les 7 vagues, ces hommes seront restés 1h30 à faire le filtre, soit 1h30 à se faire frôler par des centaines de femme, pris dans une masse compacte de filles en short… ont-ils payé pour ce job ?

 10h25 : musique et …échauffements… si-si ; sur un podium installé dans le prolongement de la voie à suivre, deux personnes miment l’échauffement que les femmes sur le départ doivent faire. Comte tenu de l’espace plus que réduit dont dispose chacune d’entre nous, cet échauffement (proche des mouvements d’aérobic) est strictement impossible à suivre. A moins de détester ses voisines et de désespérément souhaiter les éborgner. Mais ils ont l’air de bien s’amuser sur le podium et ils sont sans doute payés pour faire ça. Soyons magnanime.
Mais là encore, interrogation : sur les courses mixtes, ça ne se passe pas comme ça, les gens s’échauffent seuls en attendant le départ… Les femmes ne sauraient donc pas se prendre en charge ?l’échauffement, une histoire d’hommes ?

 10h30 : A la question « Vous êtes prêtes ? », des hurlements de joie répondent dans un chœur chargé d’émotion à arracher des larmes à notre ministre des sports… mais l’animateur est un fieffé coquin et nous ne partirons qu’avec la vague de 10h45. Soit 30mn sous la pluie…

10h38 : Re-barrière d’hommes. Filtre d’hommes. Régulateurs ? il faudra décidemment que l’on m’explique leur rôle exact… c’était peut être un club de pervers en t-shirt rouge qui s’est immiscé subrepticement dans la foule de femmes pour se faire du bien…

 10h40 : Re-French-Cancan, re-échauffements. Toujours la pluie.

 10h45 : ça frémit… ça piétine… et…. Ça part !! (enfin)

 La course se déroule assez classiquement: on est là pour courir, on court.
Cependant, la course est ouverte aux marcheuses. Ca aussi c’est particulier. Du coup on se trouve régulièrement coincées derrière des groupes de promeneuses qui discutent tranquillement et n’ont aucunement conscience de déranger celles qui courent. Ca casse un peu le rythme…

Quelques éléments notables à relever sur ce parcours :
Tout d’abord, des hommes se sont joints courageusement à la course ; statistiquement, la moitié d’entre eux étaient déguisés en femmes. Peur ? besoin d’incognito ? défi personnel ? Abnégation et coaching de leur partenaire ? ils avaient en l’air de s’amuser… et un peu l’air de ne pas être totalement à leur place. Un peu comme une femme en bikini sur un terrain de rugby en plein match de finale…
J’ai vu wonder-woman ; pas spider-man, hélas…
Comme d’habitude, quelques groupes se sont déguisés ; le plus rigolo était composé de femmes en tenue noire, longs gants résille élégamment surmontés d’un ruban rouge et coiffées de plumes rouges et noires, avec le maquillage assorti. Façon « Crazy-Horse »  en footing. La classe. Surtout pour celles qui se sont trouvées, avec les aléas de la course, isolées dans une foule non déguisée… Essayez 15 secondes de vous balader avec une coiffe à plumes au supermarché, vous aurez un sentiment approchant.
Quelques panneaux d’encouragement jalonnent le parcours. La palme pour « Plus vite maman, on a faim ». Jusqu’où va se loger le cliché machiste…

A l’arrivée, nous avons droit à la remise de médailles  et à l’extraction de la puce (pour avoir le temps officiel, ce que n’ont pas les plébéiennes qui courent en sauvages) . Il y a ausi une distribution de fleurs… pour une fois, un inconnu m’offre des fleurs… – mais j’ai déjà parlé de ça ici -pour beaucoup,  joie d’avoir tenu le coup. C’était plutôt plaisant et bon enfant. Et ça change des soirées-filles… je suis venue, j’ai vu, j’ai couru.

http://www.youtube.com/watch?v=jOqF3PA4Pxo&feature=related pour les nostalgiques…