La parisienne: pour nous, les filles

Participer à une grande course donne toujours l’impression d’être au cœur d’un évènement important : une couverture médiatique nationale, des dizaines de milliers de participants, une saine émulation… sans parler de la préparation physique, des interrogations diverses sur ses capacités et motivations et surtout… de la pasta-party qui précède, la veille au soir (étape importante de la préparation) ; et puis après : la satisfaction personnelle, le défi relevé et … la médaille…

 Ce matin, c’était la parisienne ; bon, s’il vous plait les habitués des semis et autres marathons on ne rit pas : ce sont 6km mais pour certaines, c’est un réel défi. Respect.
Une course dédiée aux femmes, donc. Motivée par mes récentes expériences journalistiques, j’ai décidé de tester cette nouvelle curiosité et de faire part à mon chaleureux public des résultats de cette expérience.

8h du mat’, j’ai des frissons
je claque des dents et enfile mon caleçon,
seule dans la rue dans mon jogging froissé,
C’est pas l’insomnie mais le sommeil est cassé…
Je perd la tête et mes baskets sont toutes gelées au bout d’mes pieds,
C’est plein de coureurs et de bouteilles d’eau,
J’suis pas seule, pas seule, pas seule..

10h du mat’, pont d’Iéna : Toutes ces femmes parquées entre les grilles montées sur le pont… c’est assez étrange. D’autant que le public est essentiellement masculin… l’ensemble dégage un petit côté zoo…
Dans les courses mixtes, il y a une proportion de femmes de l’ordre de 20 à 30% suivant les épreuves. Là, on peut distinguer une ou deux silhouettes d’hommes perdus au milieu des femmes. Ils se cachent un peu d’ailleurs… capuches, tête baissée… auraient-ils peur ?
Le départ se fait par vague, toutes les 15mn.

 10h15 : Il commence à pleuvoir. Un léger mouvement de foule nous permet d’accéder au pont ; nous sommes parquées…
L’inconvénient des départs par vagues réside principalement dans l’attente qui peut se prolonger … jusqu’à 1h… Sur les autres courses, on part en flot et ça ne pose aucun problèmes… les femmes seraient-elles indisciplinées ?

10h20 : soubresaut dans la foule, nous avançons sur fond de French-Cancan. C’est rigolo. Les organisateurs ambitionnent peut être de voir 20.000 filles lever la jambe…

10h22 : nous franchissons une barrière… d’hommes… si je vous jure : il y a des hommes en travers du pont, tous les 80 cm, positionnés de côté, qui font office de filtre ! Pas un commentaire, personne ne bronche…

Question 1 : les femmes ont-elles besoin de frôler un élément masculin pour se donner du courage ?
Question 2 : qu’est ce qui pousse un homme à accepter un tel rôle ?
Question 3 : si sur les autres courses, donc à fréquentation majoritairement masculine, on faisait des filtres de femmes (de préférence en tenue légère), comment réagiraient les participants ?
Question 4 : après les 7 vagues, ces hommes seront restés 1h30 à faire le filtre, soit 1h30 à se faire frôler par des centaines de femme, pris dans une masse compacte de filles en short… ont-ils payé pour ce job ?

 10h25 : musique et …échauffements… si-si ; sur un podium installé dans le prolongement de la voie à suivre, deux personnes miment l’échauffement que les femmes sur le départ doivent faire. Comte tenu de l’espace plus que réduit dont dispose chacune d’entre nous, cet échauffement (proche des mouvements d’aérobic) est strictement impossible à suivre. A moins de détester ses voisines et de désespérément souhaiter les éborgner. Mais ils ont l’air de bien s’amuser sur le podium et ils sont sans doute payés pour faire ça. Soyons magnanime.
Mais là encore, interrogation : sur les courses mixtes, ça ne se passe pas comme ça, les gens s’échauffent seuls en attendant le départ… Les femmes ne sauraient donc pas se prendre en charge ?l’échauffement, une histoire d’hommes ?

 10h30 : A la question « Vous êtes prêtes ? », des hurlements de joie répondent dans un chœur chargé d’émotion à arracher des larmes à notre ministre des sports… mais l’animateur est un fieffé coquin et nous ne partirons qu’avec la vague de 10h45. Soit 30mn sous la pluie…

10h38 : Re-barrière d’hommes. Filtre d’hommes. Régulateurs ? il faudra décidemment que l’on m’explique leur rôle exact… c’était peut être un club de pervers en t-shirt rouge qui s’est immiscé subrepticement dans la foule de femmes pour se faire du bien…

 10h40 : Re-French-Cancan, re-échauffements. Toujours la pluie.

 10h45 : ça frémit… ça piétine… et…. Ça part !! (enfin)

 La course se déroule assez classiquement: on est là pour courir, on court.
Cependant, la course est ouverte aux marcheuses. Ca aussi c’est particulier. Du coup on se trouve régulièrement coincées derrière des groupes de promeneuses qui discutent tranquillement et n’ont aucunement conscience de déranger celles qui courent. Ca casse un peu le rythme…

Quelques éléments notables à relever sur ce parcours :
Tout d’abord, des hommes se sont joints courageusement à la course ; statistiquement, la moitié d’entre eux étaient déguisés en femmes. Peur ? besoin d’incognito ? défi personnel ? Abnégation et coaching de leur partenaire ? ils avaient en l’air de s’amuser… et un peu l’air de ne pas être totalement à leur place. Un peu comme une femme en bikini sur un terrain de rugby en plein match de finale…
J’ai vu wonder-woman ; pas spider-man, hélas…
Comme d’habitude, quelques groupes se sont déguisés ; le plus rigolo était composé de femmes en tenue noire, longs gants résille élégamment surmontés d’un ruban rouge et coiffées de plumes rouges et noires, avec le maquillage assorti. Façon « Crazy-Horse »  en footing. La classe. Surtout pour celles qui se sont trouvées, avec les aléas de la course, isolées dans une foule non déguisée… Essayez 15 secondes de vous balader avec une coiffe à plumes au supermarché, vous aurez un sentiment approchant.
Quelques panneaux d’encouragement jalonnent le parcours. La palme pour « Plus vite maman, on a faim ». Jusqu’où va se loger le cliché machiste…

A l’arrivée, nous avons droit à la remise de médailles  et à l’extraction de la puce (pour avoir le temps officiel, ce que n’ont pas les plébéiennes qui courent en sauvages) . Il y a ausi une distribution de fleurs… pour une fois, un inconnu m’offre des fleurs… – mais j’ai déjà parlé de ça ici -pour beaucoup,  joie d’avoir tenu le coup. C’était plutôt plaisant et bon enfant. Et ça change des soirées-filles… je suis venue, j’ai vu, j’ai couru.

http://www.youtube.com/watch?v=jOqF3PA4Pxo&feature=related pour les nostalgiques…

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Publié le 11 septembre 2011, dans La fée pétasse, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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