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Accrochez-vous…

Aujourd’hui, j’ai lavé l’eau. C’est comme ça ; il y a des jours qui sont de vraies bouches d’oubli.
Le poisson m’en sait gré.
A vrai dire, je suis un peu obsédée par le Styx, dans les eaux boueuses duquel sont punis les coléreux et les indifférents. Emportée par l’enfer de Dante. Ces cercles concentriques qui s’enfoncent vers le centre de la terre où réside le diable. Belle image…Donc de la boue du Styx à l’eau du poisson rouge, mon sang n’a fait qu’un tour. La pauvre bête ne me semblant ni coléreuse ni indifférente (quoi que), j’ai préféré sa rédemption.

Bien, c’était une journée au cours de laquelle les éléments se rebellent. Les objets disparaissent, les clés se cachent, les chaussures sont trop courtes ou les pantalons pas assez longs, les lunettes pas assez puissantes, les cheveux trop indisciplinés, les doigts collés au clavier et les yeux sans amulettes ne tiennent pas (c’est fait exprès). Les mots se mélangent et les actes en sont le reflet. Donc on lave l’eau. Heureusement que le poisson n’a pas fini sa carrière de bout-en-train au lave-vaisselle.

Toute la journée, avant de laver l’eau, j’ai travaillé avec mon ordinatueur (il est armé et particulièrement belliqueux) et joué la méprise USB. La violence et la mesquinerie de ces machines m’étonnera toujours.
Ca n’a pas été facile pour tout mon entourage, mais d’un autre côté, l’entournage n’y a pas fait attention. La tension, ça se mérite, ça se délite aussi. L’attention émérite et la tension méritée. Faut faire attention et faut le mériter. C’est vrai quoi.
Ceux qui m’aiment prennent le train et ceux qui suivent tant pis pour eux. Mais ceux qui suivent, là, sont balèzes. Moi-même je m’y perds. Tout n’a pas toujours de sens et de toute façon le sens importe peu, chacun empruntant celui qui l’arrange… pour le meilleur et pour le rire.
On dirait fort que ce soir la muse est partie baguenauder dans les pâturages, avec Gotainer et les réserves de fromage… Moi qui comptais  sur elle pour remplir le frigo, j’ai fait preuve de trop de confiance aveugle, comme quoi il ne faut jamais croire la pub. Depuis le temps que je le dis…
Errons donc, mes frères, dans le dédale du oueb et partons ensemble à la recherche de celui qui saura nous faire oublier que le mouton violet n’existe pas. Il a été emporté par un dragon impatient à la voix de vieux schnock et aux lunettes rayées par ses trop longs cils métalliques.

Le cadavre exquis n’est qu’un rêve, alors que je rêve qu’un exquis cadavre.

J’vous avais prévenus…

Considérations elfiques

En vrac et sans trier, petit lâchage

J’ai la sensation d’avoir enfin été comprise…

Considérations de saison..
Ces derniers jours le printemps semble s’être arrêté sur notre belle capitale… émois suscités par la lumière de l’astre solaire enfin dévoilé, premiers frissons jardiniers, sorties de placard et envie de tout envoyer voler.
Les mouches vrombissent allègrement, croisant des elfes en pyjama rayé au détour de filaments, les ours se trémoussent au rythme des chants de coléoptères et les sorciers fumeux se cachent dans de sombres grottes…

Considérations culinaires…
Je n’avais jamais réalisé qu’un diplomate, ce gâteau composé à partir du recyclage d’autres gâteaux (décidemment ces métiers me poursuivent) était un composite de divers éléments pas forcement compatibles à l’origine, un mix de rebuts, une transformation de denrées destinées à la putréfaction… un diplomate-chef étant un ambassadeur, le parallèle avec la pâtisserie est étonnant. Un ambassadeur semble autrement complexe à réaliser…
En cherchant un peu, entre le Paris-Brest, la religieuse, l’Opéra et le chou on trouve son bonheur… mais j’ai un peu honte d’admettre avoir un faible pour les financiers sous leur forme pâtissière…

Digressions…
Ceci mis à part, il est maintenant question d’expérimentations. Abrogeons nos limites, partons à la recherche de notre surmoi et détruisons allègrement nos frontières. Laissons s’exprimer le petit bonhomme facétieux qui sommeille en nous, lâchons-lui la bride et faisons fi des conventions…

Par les mots, par ici c’est encore le médium le plus simple,
Par les plumes, quoi de plus naturel pour les fées,
Par le son, mais là ce sera compliqué à retranscrire…

Par les mots tout d’abord, renouons donc avec les chansons à texte ; petit rappel du concept : pas de réflexion, 5mn, pas de correction.
Allons-y donc… top, chronooooo

Jour de soir, Jour de soie
Jour de joie, Jour de roi,
Les elfes croisent les doigts
Les fées se rengorgent dans les bois
Les astres s’en mêlent,
Désastres s’emmêle…
Partonzenfant de la fratrie,
Le jour de croire est arrivé
Laissez les rois s’emmêler
Croissez aux sons des hautbois
Croyez le front pâle des jolis minois,
Croassez au fond des miroirs,
Dansez devant vos mouchoirs
Laissez- moi rire,
Laissez les fuir…

Voilà, ça me semble correct… moins de 5mn…


Pour les plumes
,Lâchez vos claviers et  essayez un jour de laisser parler votre pinceau, votre pointe bic ou votre marqueur préféré sur une feuille et vous réaliserez à quel point la libre circulation de l’âme est un exercice difficile…
Pour mieux comprendre, rendez-vous à La Halle Saint Pierre, lieu magique où les œuvres d’art brut côtoient les œuvres pâtissières… un lieu parfait pour traîner ses bottes un jour d’envie d’abstraction…
Pour ceux qui aiment l’art brut, l’expression au sens strict et les œuvres touchantes par leur simplicité presque enfantine, l’exposition « Sous le vent de l’art brut » est un must. 
Pour ceux qui aiment la tarte tatin et les muffins aux myrtilles, c’est aussi un bon spot. Au moins vous vous ouvrirez ainsi une voie vers la culture…
Pour ceux qui aiment l’art brut et les muffins myrtilles, quittez cet écran et précipitez-vous. Maintenant. Sauf pour ceux qui me lisent la nuit. Ceux là peuvent attendre demain. Mais sans perdre de vue que  hier, demain c’est aujourd’hui…
Ne cherchez pas la perfection, ne cherchez pas la compréhension, laissez vous envahir par cette impression de totale liberté. Abstraite des barrières du formalisme, l’âme artistique trouve sa dimension et occupe dans une même arabesque l’espace limité du cadre et l’espace imaginaire du peintre. Ce me rendrait presque lyrique… Allez, lâchons-nous un peu…

              

Scottie WILSON                      Anselme BOIX-VIVES          F.SCHRÖDER-S.
                                                                                                              

Sous le vent de l’Art Brut  
Collection Charlotte Zander
17 janvier – 26 août 2011
Halle Saint Pierre
2, rue Ronsard – 75018 Paris
M° : Anvers, Abbesses

Le cri d’amour du poussin punk

I l y a quelques décennies, mon ami Patrick Juvet (et oui, on y revient) me faisait découvrir deux concepts :
–  La veste à paillettes : je ne m’en suis jamais remise ; ça et les bottes compensées en vinyle orange doivent à mon sens faire partie de toute garde robe qui se respecte. C’est valable pour les hommes aussi.
–  Il peut y avoir un besoin exprimé de femmes : c’est aussi toujours d’actualité.
Pour ceux qui ne voient pas de quoi je parle, un petit come-back dans le monde merveilleux et tant regretté des 70’s.
http://www.youtube.com/watch?v=WgF1ESRNs6I

… j’en profite pour ré-écouter… et comme à chaque fois mon cœur se serre d’émotion…

Sauf que je pourrais rétorquer : bon très bien… où sont les feeeeeeemmmes… on a compris ; mais posons-nous enfin une vraie question, « où sont les hommes ? »
C’est vrai ça.
Evidement en termes de rimes on est moins privilégiés ; spontanément je vois « pomme », « tome », « rhum », « métronome » (mais c’est difficile à caser). « Bibendum » (pas mal et plein d’avenir…)

Mais la réalité est néanmoins là, sous nos yeux ébaubis : un manque catastrophique d ‘hommes. Je veux parler des vrais, pas des bulots, ni des poissons rouges, ni des forcenés de la drague ouebienne (on y reviendra).
Une enquête approfondie m’a amenée à la conclusion suivante : ils ont tous été enlevés et sont retenus contre leur gré sur une planète lointaine ; dans un espace spécial pour les garder, une hommerie.

Voilà comment se passent les choses : tout homme susceptible d’un semblant de normalité est aussitôt enlevé par des forces spéciales (les FSAH « Forces Spéciales Anti Hommes »), bâillonné, ligoté et expédié vers l’hommerie lointaine.
Là, il est pris en charge par le personnel (formé tout exprès) qui le soumet à un traitement de choc :
–  Phase 1 : Injection à doses mortelles de foot à la télé, de séries débiles et de pubs pour voitures
–  Phases 2 : ce que j’appellerai  la « i-transformation » , qui consiste à implanter dans le cerveau un module de soudaine et irrépressible attirance pour tout ce qui relève du téléphone portable, mini-ordi et tout objet pouvant permettre une connexion web permanente ; c’est la préparation à la drague ouebienne.
– Phase 3 : retrait par trépanation de tout ce qui pouvait avoir un rapport même lointain avec quelque attrait culturel (lecture, arts, …)
–  Phase 4, la pire : dé-vocabularisation. L’homme ne comprends plus les mots simples de « bonjour, merci, excuse-moi, s’il te plait » ; il devient à peine poli, voir ouvertement goujat; c’est à cause du module complémentaire obligatoire de transformation en parisien.
–  Phase 5 : poissonisation ; l’homme perd ses repères et ses souvenirs perdurent 3 secondes.

Une fois ce cycle terminé, les hommes ayant survécu sont renvoyés sur terre et placés parmi nous.

D’où ce cri, profond, poignant, émouvant aux larmes que l’on peut entendre les nuit de pleine lune ou les nuit sans nuages, ou les nuits noires ou les nuits blanches ou les nuits folles ou les nuits d’insomnie : « Rendez nous les hooooooooooooooooooommmes »…

Chant rituel

Lundi tu m’ignore
De répondre tu oublies,
Venir  te semble un tort
Ha, vraiment tu n‘es pas poli

Mardi tu veux être unique
Exceptionnel, adulé et lu
D’arrogance tu te piques
Ha, vraiment pour qui te prends-tu ?

Mercredi tu veux assouvir
Tes idées et tes envies
Egoïste et plein du pire
Ha, vraiment tu es pourri

Jeudi tu veux être séduit
Sans essayer d’être tentant
Pérorant et plein d’ennui
Ha, vraiment tu es lassant

Vendredi tu me laisse seule
Tu disparais et m’abandonnes
Ne t’étonnes pas si je t’engueule
Ha, vraiment t’en fais des tonnes

Samedi tu te fâches
Sans raison et pour rien
T’excuser te semble lâche
Ha, vraiment tu n’es pas malin

Dimanche, toi qui m’inspires
Tu ne sais pas, tu n’es pas là
Et puis je n’ose rien dire
Tant pis pour moi, encore une fois.

Conseils printaniers

Le printemps pointe son nez et avec lui… différents syndromes très saisonniers, parfaitement cycliques et reconnaissables sur lesquels il me semble opportun de faire un point.
Avant de commencer, j’aimerais faire un petit aparté ; il semble que les hommes ne se sentent pas concernés par certains des thèmes abordés classiquement dans les textes issus de réflexions féminines. Que certains de ces messieurs se croient au dessus de nos basses préoccupations.
Une fois n’est pas coutume, je me permettrai donc de mettre en parallèle la vision féminine du débat et la vision féminine de la vision masculine du débat.
Pour ceux qui trouvent que ce n’est pas clair, je donne un exemple, basé sur le le syndrome dit « du bikini » : certains hommes (ayant pris la décision de ne jamais donner de noms ici, je ne trahirai pas ma source) estiment ne pas avoir besoin de prendre garde à leur tour de taille avant l’été. Grand bien leur fasse. Mais qu’ils ne négligent pas pour autant le test (simple et efficace) du miroir dans une cabine d’essayage.
Donc : vision féminine ; situation : la femme passe sont bikini de l’an dernier « AAAaaaAArgHHhhh… j’ai l’air de porter une taille 34 alors que je fais du 40… »
Vision féminine de la vision masculine ; situation : L’homme passe un shorty noir et parade devant le miroir en rentrant le ventre et bombant le torse. Il s’imagine qu’il va pouvoir conserver cette attitude pendant tout l’été (l’esprit masculin est radicalement optimiste)… et envisage 10 seconde de reprendre la course à pied. Mais il n’a pas les bonnes chaussures…
Fin de l’aparté et début des considérations sérieuses…

Avec l’arrivée du printemps, tocsin, trompettes, spirales lumineuses et danses de joie dans nos sandales de l’an dernier, fleurissent les éternelles résurgences et doutes …


Résurgence n°1 : j’ai grossi

Vision féminine : catastrophe, armoire pleine de vêtements immettables, fortunes investies dans des produits amincissants, kyrielle de repas sans goût et d’où seule persiste la sensation de manque…
Vision féminine de la vision masculine : pas concerné. Les hommes ne grossissent pas : ils ont du travail et pas de temps à perdre avec des futilités comme le sport en semaine ou les légumes…

Pas de panique ; déjà nos amis publicitaires vont vraisemblablement inventer un nouveau régime révolutionnaire qui fera vendre beaucoup de magasine et de substances inefficaces. Avec un peu de chance, cette année les laboratoires pharmaceutiques ne vont pas sortir de pilule mortelle, mais sans doute essayer d’inonder le marché de mélanges subtils à base de plantes …
Donc ayons confiance dans le monde merveilleux du marketing, et ne paniquons pas : les solutions vont affluer. Mais en gros, pas besoin d’être douée de vision du futur pour voir des jours sans fin passés à mâcher de la salade sans sauce et des galettes de riz, en alternance avec des séances d’abdos et de marche rapide. On aura droit de boire de l’eau et des tisanes de queues de cerise et de prendre un fruit tous les 3 jours. En prenant garder de mastiquer 250 fois chaque bouchée pour en pré-dissoudre les sucres.
Personnellement, je conseille d’éviter le carré de chocolat autorisé tous les 8 jours ¾ : il ne fait qu’entretenir une frustration déjà largement alimentée par l’ingestion de haricots insipides et de biscottes sans goût…
Ceux qui ne sont pas définitivement déprimés après quelques semaines de privations peuvent passer à la phase active de la remise en forme : le sport.


Résurgence n°2 : se mettre au sport

Vision féminine : achat d’une tenue de couleur appropriée, abonnement dans un club, recrutement de copines motivées sans lesquelles tout ça n’a pas de sens.
Vision féminine de la vision masculine : achat d’une tenue technique très coûteuse et en inadéquation totale avec le niveau pratiqué, abonnement dans une salle de sport, grandes discussions avec les copains sur les performances et les progrès, plus de temps passé à parader et parler fort de la pratique du sport que de temps passé à la pratique elle-même.
…Ceci n’est pas sans rappeler un adage, justifié par ailleurs…

« se mettre au sport » ne signifie pas forcément souffler, suer et souffrir lors d’interminables cours rythmés par une musique insupportablement forte et entouré de supermen ou superwomen qui n’ont pas l’air de faire me moindre effort pour réaliser les exercices… il y a d’autres alternatives comme, par exemple, aller courir en forêt ou dans un parc, aller danser en faisant abstraction des cocktails alcoolisés ou faire une demi-journée de shopping avec des lests de 1kg à chaque mollet (non ce n’est un truc de malade mental; c’est un truc qui permet d’optimiser astucieusement son temps).
Ayant testé ces 3 activités, je peux en rapidement faire un petit bilan :
          – Courir en forêt : super si on aime la boue, les pierres mesquines embusquées sous des feuilles mortes, les chiens en liberté et les VTT projecteurs de gouttelettes.
          – Courir dans un parc : présente l’avantage indéniable de permettre de croiser chaque personne courant dans le sens inverse 2 fois par tour. Donc pour une innocente tentative de drague, permet de se préparer à plusieurs rencontres avec l’objet de sa convoitise. Rencontre brève, certes, mais néanmoins réelle… le tout est de savoir agir promptement.
          – Aller danser : très bien si on ne redoute pas le contact rapproché avec des individus au QI proche de celui du bulot. Avantage indéniable : on peut revêtir son habit de lumière sans se poser la question de l’adéquation avec le dress-code de la soirée. Et croyez-moi, en fait d’habits de lumière, tout est permis…
          – Faire du shopping lesté : très bien pour les jambes, mais un peu compliqué à expliquer lorsque l’on soulève son jean (pas slim)  pour essayer une paire d’escarpins…

Résurgence 3 : Je n’ai rien à me mettre
…Pas forcément lié à la résurgence 1.

Vision féminine : Devant une garde-robe pleine à craquer, au moindre tiroir coincé par des vêtements tire-bouchonnés, à la moindre étagère débordante et aux cintres prêts à céder sous la pression des tenues empilées, on se dit que non, décidément rien de tout ça n’est portable ; pas de la bonne longueur, pas de la bonne couleur, trop petit, trop mou, impossible à assortir…
Vision féminine de ma vision masculine : l’unique jean est troué et irréparable, les t-shirt sont vrillés à force d’avoir été lavés et les chemises à manches courtes sont définitivement ringardes (mais ça fait 15 ans que je le dis). Et les baskets de sport, c’est moche. On ne parle pas à un homme qui porte des baskets de sport. Sauf dans le bois ou à la rigueur dans un parc et dans ce dernier cas seulement si l’homme au dessus des chaussures tourne dans le sens inverse de nous.

Ce problème récurrent de la vacuité du dressing peut être contourné par une stratégie imparable : posséder un jean sublime dont on ne se lasse pas. Celui qui va avec les escarpins vertigineux, les bottes en vinyle orange, les converses, les bottines branchées et les tongs en plastique. Celui qui s’accorde avec un dos nus sexy et un t-shirt street-art, ne paraît jamais ni trop propre ni trop sale, est suffisamment long pour être retroussé sur les chaussures branchées, assez près du corps sans être moulant (pire sans être cette abjection qu’est le « slim ») et (si possible) pourvu d’un détail fun mais discret. (Le mien a 2 petits rivets strassés oranges et l’intérieur des poches en tissus à motif exotique…)
Ajoutez à cela une ou deux paires de chaussures qui donnent une démarche de déesse du cat-walk et le tour est joué : On peut attendre les soldes…

Pour ceux dont la parade pré-printanière consiste à se mettre en entre parenthèse, voir en stand by, ne vous découragez pas : tout passe, tout casse, tout lasse, tout s’efface… ainsi va la vie et vive le mambo…spécial dédicace pour vous:  http://www.youtube.com/watch?v=ooh-SI-A824

échauffements

Parfois on éprouve le besoin impérieux de vivre à fond une envie. En ce qui me concerne et pour l’avoir déjà mentionné, je vis souvent « on stage » sur mes musiques préférées. Rien de bien méchant et ça n’engage que moi, mais ça peut parfois me mettre dans une situation à laquelle j’aurais préféré échapper…

Dernier exemple en date: l’impression, dans l’ascenseur, d’être en train de descendre l’escalier du Lido. Oui, c’est très bête.

Je ne sais plus quelle musique a généré cette pulsion, mais me voilà dans l’ascenseur (dont l’avantage est d’être équipé d’un très grand miroir) en train de préparer ma descente altière, toute de strass vêtue, la perruque raide et bleue bien en place et le sourire colgate (dans ma tête, hein, la tenue).  Chacun ses délires, que celui qui ne s’est jamais imaginé en John Travolta dans Grease ou en Harrison Ford dans Indiana Jones, que celle qui n’a jamais rêvé monter sur une scène prestigieuse ou pousser la chansonnette à l’Olympia me jette la première veste à paillette…

L’avantage de l’ascenseur, chez moi, outre le fait qu’il permet de se mirer à satiété, est qu’il s’ouvre sur un autre miroir, encore plus grand, dans l’entrée de l’immeuble, en général très bien éclairée et …déserte… Comme mon expérience de show-girl se faisait plutôt tard, je n’avais aucune raison de me retenir et me voilà en pleine inspiration sortant de la cabine en projetant bras et jambes et en faisant de bon cœur les  grands gestes chorégraphiés pendant la descente. Le pied. La projection ultime.
L’éclairage à fond, la musique, le public, tout y est … show-time dans ma tête..

Ce que je n’avais pas prévu, c’est que ce soir là (un vendredi) quelque voisin mal intentionné avait organisé une fête non fumeurs.

« Fête non fumeurs » se traduit par « on envoie les fumeurs dehors » ; « dehors » étant dans le cas qui nous intéresse « devant l’immeuble », soit en pleine ligne de mire de … la sortie de l’ascenseur…

C’est donc devant un public dense et très réceptif  que j’ai fait mes premiers pas dans l’univers du show, sobrement vêtue, certes, mais équipée d’écouteurs dont le mérite premier est d’isoler de ses congénères. Soit à rester dans son petit monde un (trop) long moment avant de réaliser la présence des autres.
Le tableau est dressé, pas la peine d’en f aire plus… je suis sortie en essayant de prendre un air naturel, priant pour que le noir ambiant devant l’immeuble préserve mon anonymat….

En même temps et compte tenu de cette étrange propension que j’ai en rencontrer, dans ces cas là, mon voisin sexy, pour une fois il n’était pas là… c’est déjà ça, voyons le côté positif des choses.