Archives Mensuelles: septembre 2011

Singin’ in the brain

Certaines expériences laissent des marques indélébiles. Comme rouler sans casque et sans le réaliser, croiser un extra-terrestre, se mettre à parler papou couramment ou porter une Rolex. Ou chanter. Chanter en public, je veux dire…
C’est là, dans les yeux émerveillés des spectateurs, dans l’extase lyrique qui soulève une salle, dans le frisson partagé de bonheur musical, que la portée de la chanson à texte prend toute sa dimension… 
Alors à toi, public chéri-mon-amour (je sais, ce n’est pas de moi… j’aurais tant aimé…), de partager une nouvelle fois, ici, en ce haut lieu de la culture ouebienne, terreau de la créativité débridée, engrais fertile des éclairs de génie, ambroisie de la littérature contemporaine, une nouvelle expérience de « chanson à texte »

Petit rappel pour ceux qui nous rejoignent tardivement : ce concept révolutionnaire a été élaboré par mézigue une nuit de pleine lune, après avoir dévoré une demi-douzaine de bébés chacals et bu le sang de trois crapauds vierges (mais pas effarouchés) ; je vous raconterai plus tard (si vous êtes sages) à quoi on reconnaît un crapaud vierge. Ca peut servir…
Donc le concept est le suivant : lâcher prise pendant 10 à 15 mn et laisser l’influx créatif jaillir du clavier. De préférence pas de corrections (sauf orthographiques) et aucun souci d’une compréhension quelle qu’elle soit. Le but étant d’approcher le subliminal qui sommeille en tout être un tant soit peu humain. Et blond.

Et nous y voilà ; vouzetmoi ; je vouzaime.
… et je me lance… assez tergiversé…

Couplet 1
A l’aube d’une nocturne tempête
Rugit le poisson aux yeux bleus
Sacrifié pour les couronnes, les rois et les têtes
Pensants, pesants, pédants et par trop vieux

Refrain
Bravons les flots, aimons les dragons,
Chantons les amours et les rêves,
Contre le temps traitre, mes aimés armons,
Nos bras, nos tripes et nos lèvres

Couplet 2
Par les phosphorescents fonds abyssaux
De mon âme aux fulgurances iconiques,
Dans les cerveaux démons des jouvenceaux,
Traîne, inconsolable, la mort onirique.

 Refrain

 Couplet 3
Sans crainte et sans regrets s’avance
La nuit de tourments éludés
Le jour de nos peurs transformées,
Au fond de l’eau épaisse et sombre
Sans fin, sans poids, frissonnant, tombe
Le dernier soupir de l’innocence

Refrain

Voilà : 10mn pour ouvrir la voie vers la célébrité. Ici je lance un appel déchirant : existe-t-il sur cette planète un musicien pour alléger tout ça et en faire un tube disco ? Je travaille au retour de Patrick Juvet…

France Inter vs RTL

Oui, j’avoue… j’écoute France Inter. Depuis tellement longtemps que les animateurs sont devenus mes amis. Ils me parlent tous les matins, les après-midi à la maison et les fins de soirées… Ce qui est étrange, c’est que si moi je les connais comme s’ils appartenaient à mon cercle de connaissances rapprochées, eux n’ont pas même l’idée de mon existence… relation (de compagnie) unilatérale…

Grande fan de l’émission de Stéphane Bern « Le fou du roi », je l’ai écoutée en différé le week-end depuis… suffisamment… pour que l’annonce de la fin de l’émission et de son départ pour RTL me plonge, au printemps dernier, dans la stupeur.

QWA ? On me quitte ? On m’abandonne ? Mais… et que vais-je écouter pendant que je vaque à mes occupations domestiques ? Comment vais-je assumer le repassage ou le rangement ?

Bien, on se doutait de quelques frictions au sein de la maison de la radio, mais de là à me laisser, moi…

En Juin, j’ai donc fait une (très brève) tentative d’écoute de la « première radio de France », histoire d’habituer mes oreilles à un nouveau son, à titre d’entraînement en prévision de l’arrivée de mon héro radiophonique sur cette chaîne. Peine perdue. Rien que les pubs incessantes sont rédhibitoires.

J’ai donc accepté de faire mon deuil de cette tranche de rigolade (me concernant) hebdomadaire.

Mais la vie est ainsi faite qu’elle réserve des surprises… et qu’au cours de l’été j’ai rencontré (dans la vraie vie) Stéphane. Si-si. MOI. Et que même, je me suis sentie autorisée à lui faire part de mon profond désarroi radiophonique. Je tiens à souligner au passage que ce fut une petite conversation fort sympathique. Et que quelques semaines après, portée par un enthousiasme débridé, … nouvelle expérience RTL…

A vrai dire, je ne me suis pas contentée de refaire l’expérience RTL ; j’ai aussi lu attentivement les blogs et commentaires qui foisonnent autour de la nouvelle émission.

…. Là, je ne sais plus où donner de la tête…

Lire les commentaires permet de découvrir la face cachée de la planète radio… il existe des guerres d’auditeurs… des rébellions, des alliances, des conflits entre eux…  manifestement, les auditeurs de RTL ont une préférence nette pour les jeux, la musique des années 80 et la pub débile (on reviendra sur la pub plus tard) et ont du mal à supporte qu’on leur parle… il semble que l’écoute de quelques chroniqueurs, humoristes ou écrivains requiert une telle intensité intellectuelle que c’est insupportable ; éteindre la radio est préférable… Et les auditeurs de France Inter se trouvent qualifiés de vieux, intellos, élitistes… maille god… Alors si écouter Daniel Morin et le père Albert se moquer de Mireille Mathieu entre 2 chansons de Moriarty c’est se montrer intello…

 Opiniâtre, j’ai écouté l’émission baptisée « A la bonne heure ». M’ont choquée les coupures pubs (s’il ya quelque chose qui casse les oreilles, c’est bien la pub), les disques diffusés (mais qui a envie d’écouter JJ Goldman version 80’s ?) et surtout… les rires et commentaires de la blonde indispensable qui décore l’émission… A part ça… une émission de divertissement à tendance (un tout petit peu) culturelle, des invités qui semblent s’amuser et des animateurs qui font de leur mieux pour faire décoller leur tranche horaire… Pas de quoi hurler dans les fils gluants de la toile et se révolter … A vrai dire, en podcast, l’émission débarrassée de toutes ses verrues auditives reste parfaitement écoutable. Un peu trop conventionnelle dans l’humour, mais écoutable.

Pour être équitable,  j’ai écouté « les affranchis » sur France Inter ; l’émission, animée par Isabelle Giordano, reprend la tranche horaire et le concept du « Fou… ». Une évidente recherche a été faite pour modifier le déroulé et le ton de la précédente émission, et  ça marche plutôt bien.

Mais voilà : Les affranchis + A la bonne heure = Le Fou du roi. 
A l’image des suites d’un divorce, les animateurs et chroniqueurs (comme les enfants) ont été répartis entre les parents, les invités (comme les amis) ou les sujets (comme l’électroménager et les livres – encore que vers RTL on part plutôt avec sa télé qu’avec sa bibliothèque -) sont partagés et pour certains restent communs. Pour ceux qui ont été attentifs pendant des années, mêmes vannes, mêmes gimmicks. Pas grand-chose de nouveau. A part le retour bienvenu de Didier Porte (sur RTL).

 Sans doute avec un peu de temps chacun trouvera son rythme et son ton  et que chacune des émissions vivra sa vie . Ah… et aussi  les auditeurs trouveront de vraies raisons de s’insurger. En attendant… je crois que  continuer à osciller entre les deux est faisable… et se délecter des perles enfilées à longueur d’émissions sur les blogs reste sujet à rigolade…

… la suite de l’enquête …