Archives Mensuelles: février 2006

délire créatif

L’inspiration (pas question ici d’attaquer l’aspect artistique de la chose, hein, juste une humeur du moment)

Donc l’inspiration, disais-je, est une muse versatile et susceptible, qui daigne pointer son petit nez retroussé à des moments choisis par elle seule et pour des durées connues d’elle seule… on peut rester des heures, des jours, à la chercher sans la trouver (notons au passage que c’est un peu comme l’amour, plus on s’échine à sa recherche, moins il semble facile d’accès, mais c’est un autre débat dans lequel je ne me risquerai pas aujourd’hui) et à contrario, elle peut surgi au détour de n’importe quoi et vous emporter l’esprit instantanément… quand la chance veut que l’on soit disponible et proche d’un matériaux de rétention de l’inspiration (papier, crayon, ordi, appareil photo, peinture, …) on peut essayer de transformer l’essai et de lui donner corps, de transformer en un support palpable  nos divagations,  nos échappées dans la 5eme dimension, celle de notre imaginaire, de nos fanstasmes, de nos peurs, de nos angoisses parfois…

Dans le cas contraire, grande est la frustration… difficile de retenir l’influx libéré par l’inspiration, on a beau échaffauder toute sortes de plans d’emprisonnement, apprendre par coeur des bouts de phrases ou répéter comme autant de mantras des mots, expressions, idées emmenées dans son sillage, il est quasi impossible, plus tard, quand on se retrouve enfin face à ce support qui nous a cruellement fait défaut, de transformer toutes ces fournitures en quelque chose d’approchant ce que notre cerveau surchauffé avait élaboré…

Quand on la tient, que dis-je, quand on a la chance de la recevoir en visite, il faut savoir en profiter, la flatter, l’apprivoiser juste pour qu’elle reste le temps nécessaire…la traiter comme une invitée rare et précieuse; il faut savoir la transformer en quelque chose qui flatte sa personnalité capricieuse et qui fait que bientôt elle voudra revenir…

Ivresse des mots qui défilent derrière l’écran vert de mes yeux, des phrases qui s’organisent toutes seules et semblent s’imbriquer les unes aux autres, comme autant d’amants passionnés, folie des doigts qui courent sur le clavier, tremblants de peur à l’idée de  perdre leur précieuse alliée…

J’associe souvent en ce moment une tribu de batraciens hystériques à l’idée que je me fait de l’inspiration… quand la tribu boude, les mots se font ennemis et la syntaxe brutale; quand les batraciens sont heureux, ils dansent et mes neurones  en folie se laissent emporter par le rythme de leurs sarabandes; quand les batraciens délirent, je m’emporte et mon cerveau semble soudain étriqué et  trop maladroit pour traduire fidèlement les sensations brûlantes procurées par le liquide brillant qui bouillonne dans mes veines et veut jaillir du bout de mes doigts gourds…

Sous l’emprise de l’inspiration, on se dédouble, on vit soudainement plus vite, plus fort, le coeur s’emballe, le temps s’accélère, le monde semble à portée de main, on entre en symbiose avec son moi profond, celui qui est sous-jacent, enfoui, caché, culpabilisé peut être…

Oui, l’inspiration est précieuse…  ll fauit  la laisser faire son oeuvre.. à chacun de l’apprivoiser selon ses moyens, ses envies, ses doutes et sa personnalité

Mes batraciens m’appartiennent, ils dansent pour moi parceque je prend soin d’eux, ils savent que je les aime, nous connaissons nos forces et acceptons nos faiblesses

Chacun sa tribu, l’inspiration est en accès libre, pas encore règlementée, halte au plagiat

 

 

GAP

Bon, l’autre jour je fais un petit tour chez Gap, histoire de voir s’il ne traîne pas des fins de soldes, genre l’article de rêve, qui tombe hyper bien, dans un tissu naturel et infroissable, juste à ma taille et dans la couleur qui me flatte le plus, d’une belle coupe qui me donne l’air d’une princesse à la démarche féline et chaloupée, etc etc, tout ça pour 3 euros 57 et avec le sourire de la vendeuse…
Ben non, hein, faut arrêter de rêver, non seulement il n’y a plus rien en solde (à ce sujet, cette année ils ont ressorti leurs fonds de placards invendus des années 12 pour l’occasion), non seulement sont alignés des vêtements de printemps (qu’on a super envie de porter par -5°), mais en plus, et c’est là qu’à mon sens on atteint des sommets de consumérisme débile, ils ont sorti une gamme de vêtements de printemps pour… pour… non, pas pour belle-mères ni pour oncles gronchons, pas pour patrons durs à lâcher des augmentations ni pour futurs stars de la télé, même pas pour les batraciens qui brament en cœur le soir au fond des puits asséchés d’ambroisie couleur cerise … ils ont sorti une collection pour chiens…
Des t-shirts, des sweets, de plein de couleurs acidulées, comme pour les humanoïdes, à capuche ou sans capuche… j’ai pas regardé les prix, j’aurai dû…
Ce qui me rend perplexe, au delà du concept, c’est que si ce type d’article est en vente, ce n’est pas seulement le fruit de l’imagination débridée de stylistes sous amphétamines… c’est que ça doit se vendre…
Donc, différentes questions se bousculent dans mon esprit soudainement en proie au désarroi le plus total:
– Quel est le profil type d’un acheteur de t-shirt pour chien?
– Les chiens ont-ils réellement envie de s’habiller en rose avec des capuches?
– Imaginez les dialogue entre 2 chiens, un vêtu de Gap et un « normal », que peuvent-ils se dire?
– Va-t-on vers une ségrégation canine par la marque?
– Pourquoi Patrick Juvet ne sort-il plus d’albums?
… Je déconne, mais c’est pour ne pas trop m’énerver, parcequ’au fond, ça n’en vaut pas vraiment la peine…