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Le cri du poulpe

 

A Paris, par temps de neige, les joyeux pilotes de 2 roues vont à pieds. Ce qui leur donne l’occasion de faire des rencontres. Après avoir croisé des scouts en short (il faudra qu’on m’explique l’intérêt de porter le short par -3degrés) et des pots d’échappement de scoot’ écrasés (j’aurais préféré voir des pots d’échappement en short et des scouts écrasés…), admiré de belles dames haut perchées coincées sur des îlots secs au milieu d’une mer gelée et glissante (souvent ces îlots étaient des plaque d’égout, comme quoi il n’y a pas de dégout à assumer ses goûts en matière vestimentaire) et glissé de concert avec  des touristes qui ne reculent devant rien pour découvrir notre belle capitale, il m’est soudainement revenu une légende urbaine qui a la dent dure :
Les jours de neiges, sur les parcelles vierges de traces de pas (donc là où la main de l’homme n’a pas encore mis le pied), à proximité des arbres, si on reste immobile et concentré, on parvient à entendre le cri du poulpe ; un chant étrange et envoutant, doux comme un chocolat viennois et puissant comme un banquier prêt à signer une assurance vie. C’est dire…
Poupidou, le cri du poulpe résonne encore à mes oreilles… il m’accompagnait à l’exposition Soutine, parmi les portraits torturés et les animaux éventrés. Je me demandais, dans un éclair, pourquoi Soutine n’a pas eu l’idée de peindre un scout éventré, le visage tordu et la moue dégoutée ? Oui, pourquoi ?

La petite fille à la poupée, écrasée par le poids de son avenir sans doute glauque, l’enfant au jouet ont les couleurs ne sont pas sans rappeler les écorchés… la déchéance, ou portrait d’une femme mûre avant l’ère Loréal…

chaim-soutine-desolation_decheance

et cet arbre puissant,soutine-arbre

ces glaïeuls qui paraissent respirer…

soutine G

La neige, la marche, le cri du poulpe « poupidou », tout ça a créé une mystérieuse alchimie qui m’a fait aimer Soutine… mais toujours pas les scouts…

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