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Conseils de beauté de la fée
En ces temps où la femme se doit d’être lumineuse et sexy, toujours pimpante et souriante, jeune de corps et d’esprit et j’en passe, il est temps de dresser la liste (non exhaustive) de tous les conseils avisés qui, suivis à lettre, lui permettent de respecter les codes de la vie moderne…
Mes sources perso vont être ici agrémentées des sources « magasines féminins » et « infos glanées sur le oueb » ; je vais m’efforcer de décrire la « journée beauté » idéale pour être au top.
C’est une vaste tâche, aussi me permettrai-je de distiller ma science par bribes, histoire que chacune ai le temps d’assimiler, de tester puis de mettre en pratique régulière.
Le découpage sera le suivant :
– Conseils du matin
– Conseils pour la journée
– Conseils du soir
Le matin :
Tous les magasines sont d’accord là-dessus : il faut dormir ; donc le matin s’entend « après une nuit de 8h, paisible, pleine de beaux rêves, réparatrice ». à 23h au plus tard, on dort à poings fermé; ou alors on, se lève quand on veut. Mais c’est assez rare…
Le réveil sonne et il est totalement impératif de commencer sa journée par l’ingestion d’un grand verre d’eau tiède dans lequel on a pressé un citron. Ce sont Pénélope Cruz et Nicole Kidman qui le disent (c’est donc forcément vrai) ; si pour avoir leur physique il faut en passer par là, pourquoi pas ?
Laisser poser le breuvage dans l’estomac pendant 10 mn avant de se lever.
Toujours au lit, il faut maintenant continuer par une série d’étirements variés, destinés à « préparer le corps au lever » ; donc c’est l’esprit parfaitement clair que vous commencez votre journée en faisant le chat, bras et jambes étirés, épaules déliées et en prenant le temps de faire de longues inspirations. Personnellement le matin j’ai plutôt tendance à pester contre le réveil et à essayer de faire comme s’il n’avait pas sonné ; le seul mouvement autorisé serait celui du coup de poing sur le bouton « on » pour anéantir d’un seul geste toute idée de lever. Mais passons et faisons le chat.
Le chat avec un grand verre d’eau citronnée dans le ventre.
Au passage, celles qui ont réussi à avoir leur verre d’eau tiède sans se lever sont balèzes. J’admire.
Ca fait déjà 15mn que le réveil à sonné quand on se lève. Si on n’a pas le teint frais et les paupières légères, le conseil suivant est de mettre 2 petites cuillères au congélateur 5mn. Vous verrez pourquoi après. Pendant les 5 mn, il faut maintenant se préparer un petit-déjeuner équilibré et vitaminé :
Fruits frais, thé léger, fromage blanc, céréales sans sucre, pain grillé (de préférence bio et complet). Si vous êtes désespérée de ne pas pouvoir absorber de sucre, vous avez le droit à une mini cuillérée de miel (de quoi entretenir la frustration). Exit les tartines de nutella, les yaourts aux fruits et les choco-pops. C’est mal. Leur simple vue devrait vous faire prendre 10kg.
Maintenant, vous pouvez sortir les petites cuillères du congélateur et les appliquer sur vos paupières inférieures. Ne pas craindre que la peau, fine à cet endroit, reste collée sur les cuillères. Pendant que les cuillères posent, vous pouvez manger votre petit-déjeuner. Sans perdre de vue que les fruits doivent être absorbés au moins 20mn avant le reste ; débrouillez vous pour faire quelques mouvements de yoga (comme Madonna) entre les fruits et le reste. Mais faites bien attention à ne pas laisser tomber les petites cuillères. En même temps, si elles sont collées par le gel sur la peau, c’est un souci en moins.Profitez de ce moment de zenitude avec vous-même pour allumer votre lampe « effet lever du jour » ; un rayon de lumière blanche en pleine figure pendant au moins 30mn prévient la déprime disent les magasines. Ce sera pour le petit-déjeuner.
Donc le réveil a sonné depuis 30 mn et vous faites le salut au soleil avec vos cuillères sur le visage, la lumière dans le dos et le thé qui refroidit pendant que les tartines grillent et noircissent. Avec un peu d’entraînement vous réussirez à gérer le timing.
Le petit déjeuner se prend sur fond de musique classique (ne pas s’énerver avec les infos et éviter télé-matin, ça préserve l’esprit) en mâchant 30 fois chaque bouchée et en profitant de la lumière en pleine figure (ainsi on ne voit pas les céréales, c’est plus facile d’imaginer que ce sont des choco-pops)
Ensuite, une douche. De préférence tiède, pour ne pas stresser l’organisme ; comme vous êtes respectueuses de l’environnement, vous coupez l’eau pendant le savonnage.
Un petit conseil « bonne humeur » : chantez sous la douche ; ça donne aussi du courage pour se savonner dans le froids avant de remettre l’eau tiède. Pour le rinçage, un jet froid est recommandé. Il doit partir des pieds et remonter doucement jusqu’au bassin ; puis descendre des épaules au bassin. Chantez plus fort, ce sera moins difficile.
Au sortir de la douche, il est fortement recommandé de se sécher scrupuleusement et surtout entre les orteils.
Maintenant, tous les magasines sont formels : il faut hydrater sa peau ; faisons rapidement un petit décompte :
– Crème contour des yeux, à appliquer en tapotant légèrement.
– Crème visage, à appliquer en massant puis faire des pincements sur les joues, dans le cou et jusque derrière les oreilles.
– Baume à lèvres (de préférence après un léger gommage)
– Lait corporel ; en profiter pour masser les zones à risque « cellulite » avec un truc à picots immonde en plastique moche, qui fait mal et pince la peau ; il faut insister au moins 5mn.
– Crème sur les pieds (important surtout en hiver) ; ne pas trop en mettre, sinon les pieds clapotent dans les chaussettes…
– Huile capillaire. Doser savamment cette dernière pour éviter l’effet « cheveux gras »; si c’est râté, repartir à l’étape « douche »…
– Crème sur les mains et les ongles
7 crèmes différentes; il est conseillés de leur faire des étiquettes adaptées au marqueur, histoire de ne pas les confondre…
A ce stade, vous ne pouvez pas envisager une seconde de vous habiller, trop de risques de gras sur les vêtements ; ce n’est pas grave, prenez quelques minutes pour faire de la méditation, comme les actrices américaines. Debout dans la salle de bain, c’est parfait.
Un petit coup de brosse à cheveux la tête en bas pour décoller les racines. Si vous aviez omis d’ôter les cuillères, elles tombent à ce moment d’elles mêmes. Vous découvrez alors que vos paupières inférieures sont rouges vifs ; elles vont mettre 10 mn à reprendre un aspect normal. Ce n’est pas grave, vous pouvez en profiter pour polir vos ongles de pieds.
Puis vient l’étape du brossage des dents ; 3 mn. Les plus organisées auront pensé à le faire sous la douche…
Maquillage enfin… le top c’est d’avoir l’air naturelle ; ça s’appelle «le maquillage nude » ; c’est un concept inventé par des publicitaires cocaïnés jusqu’à l’os pour vous faire acheter des produits très chers qui donneront la subtile impression que vous n’êtes pas maquillée.
Entre le fond de teint, la poudre, l’anti-cernes, l’ombre à paupières, le blush, le mascara et le rouge à lèvres , ce sont une bonne demi-douzaine de produits à répartir artistiquement sur votre visage, en quelques minutes et qui n’auront aucun effet. Cool , non ? C’est pour cela que l’ordre d’application n’a strictement aucune importance.
Maintenant vous êtes prête à vous habiller… cela fait 1h45 que vous êtes levée, vos muscles sont endoloris, votre estomac brûle à cause du citron pris à jeun, vous êtes éblouie par la lumière « du jour », votre maquillage ne masque pas le rouge des paupières gelées et vos voisins tapent sur le mur pour faire taire vos chants tribaux.
La journée peut commencer…
Hier, demain c’était aujourd’hui
C’est vrai en plus.
C’est juste pour souligner l’incongruité des échanges par mail ou sms, parfois. Il est grand temps de prendre en considération le fait que « oui », certains peuvent ne pas lire leurs mails pendant 24h (voir 48h pour les abstinents coriaces) ; essayez, vous verrez. C’est un peu comme une sensation de flottement dans l’hyper-espace. Perdre le fil de tous les trucs passionnants qui arrivent à vos amis, ne pas se sentir obligé(e) de répondre dans l’immédiateté, s’accorder le temps de la réflexion (oui, ça au début ça fait bizarre, surtout pour celles dont le cerveau est chapeauté par une masse blonde…), s’oublier un peu pour se faire oublier.
Donc le mail envoyé « hier » et qui disait « rendez-vous demain », maintenant que nous sommes « demain», ben « demain » devient « aujourd’hui ». Soit, rendez-vous aujourd’hui. C’est moins facile à organiser. D’où l’intérêt parfois du téléphone. De l’appel téléphonique veux-je dire. Histoire d’éviter des bonds désordonnés dans le l’espace-temps (ça faisait longtemps, mais j’aime bien les brèches spaciaux-temporelles et la toute relativité du « ici-maintenant », surtout à l’heure du oueb).
Heureusement que nos organismes gavés de sucres et de graisses gardent un peu le contrôle sur la technologie.
Heureusement que l’inconscient ou sur-moi (Le Surmoi est un agent critique, la plupart du temps inconscient, filtrant les pulsions au travers de normes intériorisées – source wikipedia-) trouve encore la force de s’exprimer par moments.
Par exemple, dans les cas de harassement professionnel:
Fatigué par son boulot, tout individu normalement constitué va prendre sur lui et continuer mine de rien à œuvrer dans l’ombre pour les grands qui mènent le monde (c’est pareil pour les petits qui mènent le monde ; on m’a appris qu « il n’y a pas de petit client ») . Notre quidam va si possible s’organiser des moments plus tranquilles et en profiter au passage pour totalement stresser son assistante, ses collègues ou sa secrétaire, voir une équipe entière, mais globalement il va survivre.
Quand l’inconscient entre en jeu, ça peut donner des digressions intéressantes…
Signaux subliminaux de ras-le-bol du bureau, envoyés discrètement par le cerveau reptilien:
– oubli de brancher son réveil matin un jour qui est supposé commencer par une réunion super-importante : on arrive en retard, hagard et on bredouille pendant 10 mn des excuses bidonnées. La réunion n’a ni queue ni tête, on sort de là énervé, on insulte tout le monde, on tape sur les représentants de la direction, on renverse le café sur le clavier des informaticiens, on déchire l’ordre du jour en dansant la java et en chantant Michel Sardou (y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui trinquent)
– badge d’accès aux locaux (sésame sans lequel l’individu n’est rien dans un immeuble de bureau; d’ailleurs il ne peut même pas sortir du parking…) glissé subrepticement dans un endroit totalement improbable (comme un casque de moto), puis mis sous clé. Tout cela sans aucune conscience de ses actes : on erre dans le parking isolé, le portable ne passant pas, espérant que quelqu’un arrive et nous sorte de là. Quand arrive l’être salvateur, on se jette dessus, du coup on lui fait peur, il nous assomme avec son ordinateur portable qui lui a servi à éviter la corvée de vaisselle la veille au soir, il nous laisse dans un coin et part en hurlant à l’agression. On fini la journée en garde à vue.
– téléphone portable « rangé » dans la trousse de maquillage, elle-même fermée, au fond du gigantesque sac à main plein. De toute façon, le téléphone est resté en mode « veille »… on n’a aucune conscience de tous les appels fondamentaux passés par tous les gens hyper-importants qui veulent partager avec nous des moments de gloire professionnelle ; on est radié de la liste de ceux qui sont chouchous de la direction ; on n’est même plus invité à la cantine ; on est exclu ; on est pas beaux ; personne ne nous aime.
– choix du mauvais virage : prise du périph’ dans le mauvais sens, en pleine heure de point et dans les travaux. On arrive tellement en retard qu’autant rentrer chez soi. On appelle pour prétexter une maladie grave et très contagieuse. On reçoit 2000 mails de travail urgent et 1 mail pour prendre de nos nouvelles. On est triste.
– etc etc etc
En conclusion, on dirait que malgré toutes les barrières technologiques qu’il s’impose, l’homme (au sens « être humain », ça concerne aussi la femme) garde une part d’animalité (ça c’est surtout valable pour « l’homme masculin ») qui le retient de trop s’apparenter aux machines qu’il affectionne et lui préserve un peu de sens commun. Il est utile de ne pas trop brider l’animal en nous, donc; sauf si c’est un poison rouge, sans vouloir offenser mon tiburon.
La fée danse
Certaines périodes de la vie génèrent de drôles de réactions ; les ennuis en cascade par exemple, empêchent le cerveau de se mettre en action. Afin de ne pas se transformer temporairement en potiche décérébrée ou en ménagère de moins de 50ans abrutie par des émissions de télé, intellectuellement proche de l’escargot, du chou-fleur ou (pire) du banquier, quelques possibilités d’activité se profilent :
– Rien faire. Déprimant.
– Lire des magasines piqués au coiffeur. Déprimant.
– Joindre une réunion Tupperware (… je ne vise personne, c’est un concept…). Je ne suis pas prête.
– Préparer une réunion Tupperware. No comment.
– Aborder les voisins (pas le sexy one) pour faire connaissance et organiser un goûter de l’immeuble. Je préfère encore la réunion Tupperware.
– Ranger la cave. Trop dangereux et je n’ai pas de le matériel de spéléo nécessaire.
– Aller courir. Je le fait déjà ; mais au-delà de 3 fois par semaine, on a un tantinet l’impression de régresser vers un comportement mâle et un peu bourrin. J’essaye d’éviter. Et puis je n’aime pas sécher mes cheveux, toute cette blondeur lumineuse, ce blé soyeux…
– Ecrire des chansons pour que Patrick Juvet fasse son come back. C’est une idée, mais la tâche est ardue…
– Imaginer les pires supplices à faire subir à mon banquier. C’est en cours ; déjà à l’annonce de mon nom au téléphone, je sens sa gorge se nouer, la sueur perler entre ses omoplates et son rythme cardiaque s’accélérer dangereusement. Je vais tenter de créer chez lui un réflex pavlovien de trouille à l’évocation de ma personne.
– Danser. AaAAaaah, la belle activité ! le beau défouloir
Danser donc. De préférence tard le soir ou dans la nuit. Avoir fugacement l’impression de vivre plus intensément que ceux qui dorment. Fatiguer son corps pour faire taire son cerveau. Outrepasser le stress générateur d’insomnies par une saine fatigue, ludique, colorée, chargée d’émotions positives (c’est vrai : se déchainer sur rapper’s delight , c’est quand même autrement plus fun que tourner en rond devant son frigo…) ; bon, je crois que vous avez compris la motivation…
Seulement, voilà : en boîte, on n’est pas tout seul à danser. C’est lorsque l ‘on en prend conscience que les choses se corsent et perdent leur côté extatique. Par ce qu’hélas, les dance-floors ne sont pas peuplés que d’êtres en transe à l’idée de faire bouger leurs corps.
Ca commence par le « chauffeur de piste » : un individu costumé pour faire looké, mais raté. Tout en noir, le foulard de pirate sous le chapeau et le pantalon dans les docks martens. J’aime bien les docks, mais pour danser… on y perd un peu son jeu de jambes…
allez savoir pourquoi, le « chauffeur de piste » s’adresse à la blonde la plus proche de la piste, en l’occurrence… pas d’bol…
Un petit pas de 2 sous les yeux désabusés des quelques clubbers qui trainent, pas dans le tempo, pas à l’écoute, juste bon à balancer sa danseuse, un peu comme dans un lave-linge sur le cycle essorage rapide. Le trip « tu es blonde, trémousse toi, fais joli ». Pfff…. Exit le chauffeur ; en plus il est pas beau.
Après ça les chasseurs entrent en scène. Ils sont aisément reconnaissables au fait qu’ils ne dansent pas. Ils dévisagent en faisant de petits mouvements de hanches, façon « je suis un mec sexy ». Pitoyables. Parfois ils émettent de petits cris en roulant des yeux. Atterrant. Impérativement les ignorer.
Autre variété de chasseurs : ceux qui savent danser. Les rois de la piste. Ceux-là sont un peu plus sélectifs : il faut faire joli à leur côté. Pas grave si on ne sait pas danser. C’est mieux même : comme ça on n’entrave pas leurs pas, on ne pourri pas leur show… fiers d’eux, sapés comme des macs tout droit sortis d’un film de Tarantino, à peu près aussi subtils et fins que les dits macs. Pas méchants, mais ils prennent toute la place. Et ils n’ont pas compris que je m’en contrefiche d’eux…Moi aussi, j’veux groover.
Sors enfin du lot le bon danseur. Rare. Plus dangereux car peut faire régner la confusion : dans les bras d’un bon danseur (un vrai bon, hein, j’insiste), on se sent légère et gracieuse, on a confiance, on plane ; on devient la reine de la piste. En plus les bons ont ça de particulier qu’ils laissent à leur partenaire sa part de gloire. En même temps, certains espèrent en récupérer les miettes, ‘faut pas rêver. Rapidement si possible. On ne peut pas leur reprocher d’essayer…
Mais les bons ont ceci de commun avec les poissons rouges qu’ils sont dotés d’une mémoire très courte. 2 à 3 secondes. Donc brille sur la piste ma fille, profites-en parce qu’après tu retourneras à ton statut plébéien de danseuse de base. Et on fera comme si on ne t’avait jamais vue avant… et n’y revient pas, ce n’est pas la peine.
Autre profil : celui qui vient tout seul, mais avec l’objectif inscrit en lettres de feu sur son front de repartir accompagné; ça clignote. il ne sera pas regardant sur la qualité du matériel, au point ou il en est…. Facilement repérable à son sourire figé, il essaye de donner l’impression de s’éclater et cherche désespérément une cible potentielle. Dommage pour lui, il vient seul et il a 100% de chances de repartir seul.
Tant que la place est préservée, l’avantage c’est que l’on peut faire n’importe quoi. Le corps bouge sous le seul contrôle de la musique et la raison n’est pour rien dans tout ça. J’adoooooooore. Mais après 3h du matin, il n’y a plus 1cm2 de libre pour donner à son corps les moyens de s’exprimer correctement, plein de gens qui sont là par hasard et ont tué le temps à boire sont plus ennuyeux qu’amusants et il y en a tellement qui attendent pour entrer qu’il vaut mieux battre en retraite. Mais pas sans avoir piétiné les docks du chauffeur de piste et lacéré son foulard stupide…
Du côté obscur de la force

Changeons de cap pour ce soir. Soyons drôle à faire se rouler par terre les foules, pleurer les statues, se tordre le zouave du pont de l’Alma (à défaut de l’égoutier, la noblesse), s’asphyxier les banquiers.
Ce soir, c’est « macumba night » pour les internautes, whisky à flot pour les clubbers, boule disco et bottes en vinyle orange pour tout ceux qui aiment trémousser leurs corps aux son des Boney M.
Ce soir a sonné l’heure du bilan, des révélations. Attendez-vous à enfin connaître les trucs dingues qui traversent la vie et accessoirement la tête d’une blonde.
D’abord, ôtez-vous de la tête que la blonde est ce petit animal doux et angélique qui fait classiquement se pâmer l’occidental moyen.
La blonde sait aussi très bien s’empiffrer devant la télé en regardant des inepties.
La blonde peut traîner en jogging infâme pendant tout le week-end, chanter faux en balançant ses noyaux sur les terrasses des voisins (en espérant secrètement flinguer leurs plantations), rire grassement et bruyamment à des blagues même pas drôles et se curer les ongles devant tout le monde.
La blonde connaît des tas de gros mots, sait parfaitement construire des phrases ordurières du pire effet et connaît des gestes grossiers qu’elle n’hésite pas à destiner aux hommes. Surtout sur le périph’.
La blonde peut tout à fait passer du rôle de jolie petite chose avantageuse à promener à son bras à celui, nettement moins décoratif, de « fée pétasse ».
Et la fée pétasse agit promptement et se venge sans vergogne.
Moment historique… tocsin, trompettes, angelots nus et Robert Downey Jr en pagne…
Ici est en train de naître sous vos yeux, public ébaubi, la super-héroïne des temps modernes, celle qui traque le malfaisant, qu’il soit réel ou virtuel, qui pénètre les arcanes des cerveaux dérangés pour en extraire la moelle putride et la donner en pâture aux cafards de la toile.
Son but : exterminer les empêcheurs de rêver en paix.
Ses armes : les mots, néologismes, oxymores, borborygmes, faux amis, antonymes et autres substantifs.
Son look : Alors là, je dirais… très élégant et sexy, mélange de cat-woman et Audrey Hepburn, démarche féline, allure gracieuse et fragile, œil de velours et parfum envoutant. Irrésistible. Mais elle est autorisée à changer de look. J’aime bien le genre Carmen Mc Callum aussi. On la décolore un peu et elle est parfaite.
Comment définit-on un empêcheur de rêver en paix, me direz-vous ?
C’est très simple : toute personne qui par ses actes ou ses paroles brise en vous un de ces petits fils doré qui vous donnent l’illusion parfois de pouvoir atteindre les cieux d’un petit coup de talon, de pirouetter dans un flot de strass argentés et d’entendre à vos oreilles résonner une musique divine, de préférence interprétée par Brian Ferry
Un exemple basique:
Vous avez passé un long moment à vous préparer ce matin pour arborer ce look détendu et fatal qui est supposé attirer à vous les foules.
L’Empêcheur De Rêver En Paix (EDREP pour simplifier) arrive et vous pourri votre groove en vous trouvant l’air « affreusement fatigué(e) » ou annoncer que vous avez besoin d’une « bonne » coupe de cheveux. (le « bonne » est sans doute le détail le pire de l’assertion)
Que faites-vous ? Vous filez aux toilettes pour interroger d’un œil inquiet le miroir le plus proche, inondé de lumière crue, qui vous renvoie l’image pitoyable et bleutée de votre propre déconfiture.
Que fait la fée pétasse ? elle répond d’un air détaché « oui, tu as remarqué, mais au moins, moi, j’ai des raisons de ne pas dormir, la nuit… », l’oeil lubrique et la moue mutine.
Ou encore, vous avez l’impression d’avoir (enfin) fait une rencontre sympa avec un individu pas désagréable du sexe opposé ; vous buvez un verre ensemble. L’EDREP qu’il (ou elle) dissimule habilement va se révéler en vous plantant là au milieu d’une phrase au vocabulaire recherché et à l’humour subtil, sans autre forme de procès, pour partir répondre au téléphone. Un appel « important » (plus que vous en tout état de cause).
Que faites-vous ? Basiquement, vous attendez la fin de la conversation.
Que fait la fée pétasse ? Elle se lève et quitte la table sans payer et sans se retourner ; si elle peut renverser une consommation sur les genoux de l’impoli, c’est encore mieux.
Il y a pléthore d’exemples et d’anecdotes à relater ici et la fée ne va pas gêner.
Pourfendons ces individus malsains et jaloux qui nous pourrissent le quotidien, haro sur les malfaisants et place aux rêveurs qui veulent rêver…
Bad karma ou scoumoune?
Bien; il y a des périodes de la vie où … des jours de la vie qui sont des bouches d’oubli (clin d’oeil à la noblesse parisienne qui reconnaîtra, si elle me lit..), des moments que l’on aimerait ignorer, où l’on souhaiterait avoir une mémoire de poisson rouge (ou de salsero), c’est-à-dire 3 secondes. Des périodes durant lesquelles une somme totalement improbable de trucs désagréables arrivent en même temps.
Par exemple quand les déboires bancaires évoqués ici, déjà assez pénibles, se couplent avec … un casse postal… hé bien ça fait : un chèque à destination des impôts dérobé et encaissé par un quidam. Un scénario tellement pourri que même TF1 n’en voudrait pas. Même TF1 jugerait ça pas crédible.
Explication: Il existe des individus assez tordus pour braquer des postes, embarquer le courrier et falsifier les chèques qu’ils y trouvent.
Evidemment, c’est un business qui ne marche qu’à Noël… période d’envoi, non seulement de 4eme trimestre de TVA, mais de cadeaux financiers pour les petits-enfants, les enfants, les parents… et ces individus sont suffisamment malfaisants pour braquer MA poste. Embarquer MON chèque. Falsifier MON chèque. Je ne vois que des publicitaires ou Patrick Juvet pour en avoir après moi comme ça.
Va expliquer ça à la police maintenant :
Moi « alors voilà, on m’en veut à mort, on essaye de me ruiner ; je pense que c’est Patrick Juvet, Didier Barbelivien ou un publicitaire drogué jusqu’à la moelle, voir les 3 réunis, qui complotent contre moi ; ils se sont associés à mon banquier qui n’aime pas que l’on transcrive ses propos incohérents pour les jetter en pâture au grand public».
L’agent de police : « quelles preuves avez-vous ».
Moi : « Quoi, vous ne me lisez pas chaque semaine ? »
…
… ‘faut que je fasse gaffe, je risque de finir en garde à vue…
Ajoutons à cela le technicien de Darty qui refuse d’admettre que mon lave-linge fuit (il croit que c’est un plaisir pervers de bloquer une matinée pour le faire venir ?), mon téléphone fixe qui a expiré après que je lui ai mis des piles (certes, il eu fallu des accus, mais c’est écrit en mini-caractères chinois sur une étiquette délavée) et le circuit électrique de la salle de bain qui fait clignoter l’éclairage et fonctionner le sèche-cheveux en morse, tout ça dans les mêmes 10 jours, et je vais finir par croire au karma… j’ai dû faire un truc hautement répréhensible ces derniers temps, reste à cibler quoi.
Ah… ce soir j’ai croisé mon voisin dans le parking. Devinez quoi ? il descendait les poubelles, en jogging… de là à imaginer qu’il me lit… Aaaarghhhh….
